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Michel F Côté

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  • Unstable Friends, Chants rupestres, L’âme de l’objet, Le barman a tort de sourire, Les Fleurs de Léo, Compil zouave, Duo déconstructiviste, Bavards, Grain, Muets, Bob, Bruire, Michel F Côté, Klaxon Gueule dans actuellecd.com

    «Michel F Côté», David Turgeon, actuellecd.com, 29 juin 2003
    dimanche 29 juin 2003 Presse

    Alors que nous entamons cette série d’articles sur divers thèmes en rapport avec la musique de notre catalogue, pourquoi ne pas commencer avec le plus difficile à cerner des artistes du collectif Ambiances Magnétiques, le prolifique et éclectique batteur Michel F Côté.

    Membre tardif d’Ambiances Magnétiques (il se joignit au groupe en 1988), Côté se plaça lui-même d’emblée en exergue, au sein de groupes à géométrie variable. On put l’entendre pour la première fois dans le premier album de Bruire, Le barman a tort de sourire, une boîte à surprise avec pas moins de 14 musiciens invités. Bruire est le très poétique groupe-projet de Côté, dans le cadre duquel il joue avec les codes de l’avant-garde, de la chanson et de la musique d’ambiance. Cet album inaugura d’ailleurs une trilogie qui se continua de manière toujours plus mature avec Les Fleurs de Léo, pour conclure avec l’inoubliable L’âme de l’objet. Ce voyage en trois étapes nous aura permis d’entendre des collaborateurs tels que Geneviève Letarte, Jerry Snell, René Lussier, Ikue Mori, Claude St-Jean et Jean Derome, tous contribuant à nourrir l’imagination fertile du batteur.

    Il fallut plus de six ans pour entendre un nouveau projet de Bruire, celui-là fort différent: Chants rupestres, quatuor d’improvisation avec Jean Derome, Normand Guilbeault et Martin Tétreault. C’est qu’entretemps, Côté s’est adonné à des activités passablement plus… déconstruites. On peut en voir les premières séquelles dans une collaboration avec Diane Labrosse, un CD quelque peu obscur, justement intitulé Duo déconstructiviste. Et si le premier disque (double) de son nouveau projet Klaxon Gueule, Bavards, garde une énergie «rock» très reconnaissable, c’est ce projet qui poussera Côté dans ses retranchements les plus abstraits.

    Car le moins que l’on puisse dire, c’est que la sortie de Muets, joli brûlot minimaliste complètement à l’opposé de Bavards, en surprit plus d’un. Il faut dire que ce disque, paru en 1999, était déjà plus en phase avec son époque que le Duo déconstructiviste qui était, en rétrospective, peut-être un peu trop en avance sur son temps. Mais ce changement était également dû à l’évolution esthétique du contrebassiste, Alexandre St-Onge, qui, d’un jeu relativement «classique», se tourna du jour au lendemain à une approche autrement plus conceptuelle de l’instrument. Côté et le guitariste Bernard Falaise le suivirent allègrement dans cette direction. Leur dernier disque en date, Grain (enregistré en compagnie de Sam Shalabi et Christof Migone), confirma cette tendance tout en la poussant plus loin encore dans la sophistication, faisant de cette œuvre l’une des plus abouties du corpus de Côté.

    Mais le batteur ne s’arrête pas là et retontit encore là où on ne l’attend pas. Ainsi, avec Éric Bernier et Guy Trifiro, il crée un nouveau groupe, Bob, dont le nouveau disque, Unstable Friends, vient tout juste de paraître. Sous une pochette plutôt déviante et très attrayante se profile une sorte de retour à la «pop» bizarre des débuts de Bruire! On connaît également l’existence, à travers les branches, d’un nouveau projet intitulé Mecca Fixes Clock (on y reconnait en tous cas les initiales du compositeur!) lorgnant davantage vers l’ambient orchestral. Côté reviendrait-il donc à ses premières amours?

    S’il est si ardu de dresser un portrait de Michel F Côté musicien, c’est peut-être aussi que son activité s’étend au-delà de la musique comme tel. En effet, il n’est pas rare d’entendre notre protagoniste au théâtre et à l’art performance, notamment en compagnie de Robert Lepage et de Catherine Tardif. Cette face de son travail trouve son écho sur Compil zouave, seul disque édité au nom du compositeur jusqu’à maintenant. Il faut mentionner également que Côté a débuté comme animateur de radio, entre autres à Radio-Canada, et qu’il a également écrit pour la revue Esse.

    On peut voir Michel F Côté comme une sorte de baromètre de l’activité du collectif Ambiances Magnétiques à travers les années: aux expérimentations avec la chanson des années 1980 succède l’impro-composition lyrique qui marqua le catalogue AM des années 1990, suivi elle par un type d’improvisation plus extrême, basée sur la présence physique de l’instrument.

    24 avril 2002: Michel F Côté, deux concerts à la Casa del Popolo

    dimanche 3 février 2002 En concert

    Deux concerts à la Casa del Popolo (Montréal) où le percussionniste Michel F Côté et le guitariste Bernard Falaise mettront leur talent au service de petits ensembles, en compagnie des contrabassistes Nicolas Caloia et Éloi Deit. Le premier, 24 avril 2002, Lori & the Blue Mangos mettant en vedette Lori Freedman à la clarinette basse. Le second, vendredi 26 avril 2002, Frank Martel & L’Ouest céleste avec Frank Martel à la voix et guitare.

    22 février 2002: Soi-même / Priser à deux, un duo de Côté et Tardif

    mardi 29 janvier 2002 En concert

    Dans le cadre du Mois Multi, le musicien Michel F Côté s’associe à la chorégraphe Catherine Tardif pour présenter «Soi-même / Priser à deux», un duo minimaliste où musique et corps se confondent délicatement. Cette soirée audio présente aussi au public une installation sonore de Jean-Pierre Gauthier, «Piézoom», et une performance audio de Steve Heimbecker, «What is not Babylone». Une présentation de Recto-Verso, à la salle Multi du complexe Méduse (Québec) vendredi le 22 février 2002.

    Après six ans, Bruire récidive

    mercredi 23 janvier 2002 Nouveautés

    Six ans après L’âme de l’objet, Michel F Côté nous présente un nouvel album de l’ensemble Bruire. Accompagné cette fois-ci par Jean Derome (saxophone), Martin Tétreault (tourne-disques) et Normand Guilbeault (contrebasse), le prolifique percussionniste nous présente sur Chants rupestres 15 compositions rudes et envoutantes, comme les paysages vierges qu’ont affrontés les premiers membres de notre espèce. Lancé lors d’un mémorable concert du SuperBOOM, à La Chapelle en novembre, cette édition limitée se présente dans une pochette unique, fait à la main!

    L’âme de l’objet, Bruire, Michel F Côté dans Musicworks

    «Critique», Éric Boulé, Musicworks, no 65, 1 juin 2001
    vendredi 1 juin 2001 Presse

    De toutes ces parutions j’avoue avoir été particulièrement séduit par celle du collectif Bruire. Après Le Barman a tort de sourire et Les fleurs de Léo, voici L’âme de l’objet. À l’exception de Michel F Côté qui en est le principal animateur, Bruire est une formation au visage changeant. Sur ce dernier-né on retrouve toujours Côté aux percussions qui, cette fois, s’est entouré de Serge Boisvert au chant et à la trompette, de Jean Derome aux instruments à vent, de Claude Fradette à la guitare et à la basse et de Martin Tétreault aux tourne-disques. Cette heureuse réunion a donc tout ce qu’il faut pour surprendre. Les percussions de Côté offrent des sonorités riches et sont employées de subtile façon. Messieurs Boisvert et Derome sont ici les auteurs de mélodies et de ritournelles des plus joyeuses. La basse et la guitare de Claude Fradette supportent d’intéressante manière cet ensemble devenant encore plus fou lors des interventions insoupçonnées d’un Martin Tétreault dont on savoure toujours l’inventivité. Le travail de Bruire s’inscrit à mon sens dans une tradition d’ensemble désireuse de mettre à l’avant-scène ce travail d’écoute et de dialogue poussant la musique vers un devenir se définissant dans l’acte même de l’exécution (peut témoigner de tout ceci la première plage du disque intitulée Les deux mégots). Résultat: des envolées rythmiques se dessinant comme des courses folles vers on ne sait où, des embarquées très prenantes sur fond de folklore (Prières), ambiances chaudes et ce je-ne-sais-quoi donnant à cette musique un air de fête. Le jeu des musiciens est tout simplement efficace, plein de ces surprises et de ces instants fous laissant apprécier toutes sortes d’agencements sonores d’un très grand intérêt. À noter également la beauté de certaines mélodies rappelant le monde du cirque (Gelsomina). Aussi, l’imaginaire propre au jeu émanant de la musique de Bruire reste tout de même d’une proximité étonnante avec le travail des Residents. À se procurer absolument lorsque vient le moment de rompre un tant soit peu avec les états d’âme trop objectifs. Animisme médicamenté que ce petit disque.

    À se procurer absolument…
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