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Nicolas Bernier

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    Nicolas Bernier / Akousma 5 Nouvelle direction

    Réjean Beaucage, Voir, 11 décembre 2008

    Le compositeur Nicolas Bernier est le nouveau directeur artistique de la société Réseaux, un renouvellement qui se sent dans la programmation de la série Akousma 5.

    On a connu le compositeur Nicolas Bernier à travers sa collaboration au duo Milliseconde topographie, avec Delphine Measroch, dont on a pu voir des vidéomusiques (regroupées sur le DVD Tricycle) et découvrir l’installation submersible sub•a•quat•ic en 2006… dans la piscine du Centre sportif de l’UQAM (à l’instigation, déjà, de Réseaux). On pourrait aussi l’avoir connu avant, alors qu’il faisait du rock dans son Outaouais natal: “J’ai toujours eu le désir de pousser les choses plus loin, explique-t-il, ce qui fait que le rock est vite devenu du post-rock, puis de l’improvisation; après mon arrivée à Montréal, au fil de mon exploration de la scène culturelle, je me suis retrouvé dans un concert électroacoustique présenté par l’ACREQ et je n’y ai rien compris, mais j’ai adoré! J’ai tendance à aimer ce qui ne se dévoile pas du premier coup.” C’est en suivant les cours de musicologie à l’Université de Montréal qu’il a découvert qu’on y enseignait aussi la composition électroacoustique. Le changement de programme n’a pas tardé.

    La société de concert Réseaux a mis sur pied la série de concerts acousmatiques Rien à voir en 1997 et, après la 15e édition en 2004, est arrivée la série Akousma, qui, étrangement, voulait s’affranchir du créneau acousmatique (musique diffusée dans le noir) pour toucher aux autres aspects de la musique électroacoustique (musique mixte, installation, vidéomusique, etc.). Le nouveau directeur artistique s’est fait passer le flambeau par les fondateurs Jean-François Denis, Gilles Gobeil et Robert Normandeau en avril dernier, et il veut pour le moment revenir à la musique acousmatique: “La vidéomusique dans le cadre de Réseaux, ça ne m’intéresse pas; je pense que l’on en voit suffisamment ailleurs. Actuellement, je suis dans une phase “anti-multi”. J’ai l’impression que le milieu de la musique se trompe en croyant faire avancer la musique en la jumelant à d’autres formes d’art. Je pense que pour faire avancer la musique, il faut travailler sur… la musique!

    Cela dit, Nicolas Bernier compte bien élargir la vision de ce que l’on considère habituellement comme de l’acousmatique. “Je ne cherche pas tant du côté des nouvelles formes de présentation, mais plutôt du côté des nouvelles esthétiques”, explique Bernier. Ainsi, le programme présenté ce jeudi par les compositeurs français Georges Forget et Sébastien Roux ramène la “mélodie” dans la musique électroacoustique; le lendemain, le compositeur suisse d’origine espagnole Francisco Meirino (alias Phroq) proposera ses explorations bruitistes. “Il est plutôt de la scène underground, explique Bernier, et joue habituellement avec un système de diffusion stéréo, mais cette fois-ci, on pourra entendre son travail en surround.” Il partage le programme avec Christian Bouchard (Theresa Transistor), qui présentera des œuvres acousmatiques en création. La soirée de clôture sera réservée à deux électroacousticiens chevronnés, l’Ontarien Darren Copeland (pour une première fois à Réseaux) et Robert Normandeau, qui présenteront aussi des créations. Des musiques, encore et toujours, à découvrir.

    [Entretien avec un musicien-compositeur en électroacoustique], Sébastien Roux de passage à Montréal dans le cadre du festival Akousma

    Charles Prémont, Le Lien multimédia, 11 décembre 2008

    Originaire de Lyon, maintenant Parisien, Sébastien Roux se dit musicien avant d’être un compositeur. Malgré tout, le jeune trentenaire figure parmi les artistes de la scène électroacoustique qui réussissent à sortir un album, ou du moins un projet, par an. «Je me déplace beaucoup, j’ai la chance de faire pas mal de spectacles, dit-il. Je travaille beaucoup avec les gens de la danse et avec des artistes visuels.» Son dernier album, Songs, a été lancé sur l’étiquette 12K de New York. Revenant tout juste d’un voyage dans la métropole américaine, Sébastien Roux présentait les influences qui l’inspirent dans son travail lors d’une conférence organisée par le festival Akousma.

    N’étant pas un académicien, c’est par le rock qu’est passé Sébastien Roux pour en venir à l’électroacoustique. «Je fais de la musique depuis que j’ai 13 ans, explique-t-il. J’avais un groupe rock avec lequel on a fait beaucoup de musique expérimentale, un peu dans le style de Godspeed You Black Emperor! Lorsque le groupe a cessé d’exister, j’ai continué dans cette veine. Au début, je faisais guitare, pédales d’effets et ordinateur. Après j’ai fait guitare et ordinateur et finalement, aujourd’hui, j’utilise seulement mon portable.» Il utilise principalement Max/MSP pour créer ses œuvres ainsi que des logiciels de montage audio.

    Le jeune artiste tire ses influences de tout ce qui lui tombe sous la main. De la musique, dont une rencontre marquante avec le compositeur George Aperghis, mais aussi des films, des documentaires radiophoniques et des livres. «Le documentaire m’intéresse beaucoup, explique-t-il. Le documentaire filmé, mais aussi ceux que l’on produit pour la radio. Il y a énormément de textures dans ces œuvres.»

    Son prochain projet, Concaténative Music, est né d’une collaboration avec l’artiste Vincent Epplay et sera lancé sous l’étiquette Brocoli. «C’est de la musique qui est basée sur des collages et qui s’inspire beaucoup des années 60. Pour collaborer, chacun travaillait sur sa partie. Après on finalisait le morceau ensemble. Chaque pièce a subi beaucoup d’allers-retours entre nous deux. On avait qu’une seule règle: pas question de revenir en arrière.»

    Akousma s’installe au Monument-National

    Nicholas Lavallée, Le Journal de Montréal, 11 décembre 2008

    Le Festival de musique électroacoustique Akousma a débuté hier au Monument-National. Jusqu’à samedi, l’événement propose des «voyages au centre du son» par le biais de l’œuvre d’une dizaine de musiciens d’ici et d’ailleurs.

    C’est avec la musique du compositeur écossais Pete Stollery et une performance inusitée des artistes sonores Jacques Poulin-Denis et Martin Messier que s’est ouvert hier le cinquième Festival Akousma. Durant quatre soirées, Akousma propose à l’auditeur des programmes doubles qui le plongent dans l’univers de douze créateurs sonores.

    Le compositeur français Sébastien Roux présente ce soir son premier concert en sol Québécois.

    «Nous voulons présenter les musiques électroacoustiques sous toutes ses formes dans un environnement qui permet d’apprécier chaque son», précise Nicolas Bernier, directeur artistique du festival.

    Le spectateur est invité à s’asseoir et à «ouvrir ses oreilles» pour profiter du système de son surround comme au cinéma.

    Ce soir, c’est l’œuvre du compositeur français installé au Québec Georges Forget qui occupera l’espace du Monument-National. Il sera suivi de Sébastien Roux, une figure marquante de l’électronique dans l’Hexagone.

    Pour son premier festival à titre de directeur artistique, le jeune compositeur Nicolas Bernier espère attirer d’autres oreilles que celles des musiciens, enseignants et étudiants en musique, qui en composent habituellement le public.

    Demain, Christian Bouchard offre le premier concert solo, alors qu’en deuxième partie, le bruitiste Suisse Phroq présente une musique abrasive produite avec des microphones.

    Le festival se conclut samedi avec deux pionniers de la musique électroacoustique canadienne, Darren Copeland et Robert Normandeau.

    Le festival Akousma

    Charles Prémont, Le Lien multimédia, 10 décembre 2008

    Le festival Akousma, cinquième édition, du 10 au 13 décembre 2008 au Monument national

    Le festival Akousma, organisé par la société de concerts électroacoustiques Réseaux, en est à sa cinquième édition. Pour la première fois, l’événement est orchestré par le nouveau directeur de Réseaux, Nicolas Bernier, qui espère apporter sa touche à l’événement. «Les organisateurs des versions précédentes étaient d’une autre génération, explique-t-il. Je pense qu’avec ma venue, on pourra voir un nouveau genre d’artiste.» Une programmation qui, l’espère-t-il, saura plaire à l’ancien comme au nouveau public.

    Le jeune directeur de Réseaux a voulu mettre la gomme pour sa première édition. «On a un peu plus de conférences qu’avant, dit Nicolas Bernier. Je ne m’attends pas à attirer les foules, mais j’espère être capable de toucher un plus large public que celui habitué aux performances électroacoustiques. Le son est partout aujourd’hui et il y en a tout le temps. Je pense que les gens sont plus habitués à entendre des sons abstraits. En présentant un panorama de ce qui se fait en électroacoustique, on va peut-être aller chercher plus de monde.»

    La programmation est composée de coups de cœur et de rencontres qu’a faites le directeur de Réseaux au cours des dernières années. «Ce sont des gens dont il faut absolument présenter les œuvres», dit-il. Le festival Akousma marque une des rares occasions pour cette scène musicale de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques à Montréal. «On veut que notre communauté se rencontre, dit Nicolas Bernier. Il y a souvent des projets qui émergent des échanges qui prennent place lors d’Akousma. On vient aussi à la rencontre du public pour parler aux gens et leur présenter notre musique.»

    Le festival présente six concerts et huit conférences. Les billets sont disponibles sur le réseau Admission et au Monument national. Les conférences sont gratuites.

    Akousma — Ambiances électroniques et éclectiques

    Christophe Huss, Le Devoir, 9 décembre 2008

    C’est aujourd’hui que s’amorce, au Monument-National, le Festival Akousma, qui se prolongera jusqu’à samedi. Akousma, organisé par Réseaux des arts médiatiques, a pour but de faire découvrir au public les univers des musiques électroacoustiques et acousmatiques.

    Cette cinquième édition est placée, pour la première fois, sous la direction artistique de Nicolas Bernier qui a succédé à Jean-François Denis, Gilles Gobeil et Robert Normandeau à la tête de Réseaux. En créant Akousma, Réseaux avait voulu s’ouvrir à toutes les formes de créations électroacoustiques (mixte, vidéo-musique, installation).

    L’objectif de Nicolas Bernier est d’ouvrir la porte également à d’autres esthétiques. «Nous présentons cette année des musiques où les hauteurs — pour ne pas dire les mélodies — sont particulièrement prégnantes [Sébastien Roux, Georges Forget]. On peut y discerner des référents empruntant à la musique populaire, ce qui je crois se manifeste de plus en plus chez les nouvelles générations de compositeurs, même les plus sérieux ou les plus classiques. Je n’aurai pas peur donc de flirter avec les musiques populaires. Mais je dis bien flirter puisque bien entendu, la musique électroacoustique en reste assez loin», déclare Nicolas Bernier au Devoir, ajoutant qu’à l’opposé, il désire aussi présenter lors de cet Akousma(5) des musiques plus brutes. Par exemple, vendredi, Phroq, qui propose, selon lui, «une musique qui relève de l’expérience, de la puissance du son comme phénomène physique plutôt que comme phénomène intellectuel».

    Akousma: nouvelle mouture

    Alain Brunet, La Presse, 9 décembre 2008

    Avec l’arrivée du jeune compositeur Nicolas Bernier à la barre d’Akousma, on assiste à un changement de garde dans la direction artistique de ces quatre programmes acousmatiques présentés en autant de soirs.

    Acousmatique? Voici le procédé: assis confortablement au Monument National, on s’immerge dans les univers de compositeurs électroacoustiques sélectionnés par l’état-major de Réseaux, cette société de concerts qui présente Akousma pour une cinquième fois. Plongés dans le noir, les mélomanes bénéficient d’une amplification (très) haute fidélité et absorbent ainsi cette matière sonore.

    Au fil des quatre programmes se succéderont des compositeurs issus de générations, cultures, nationalités et horizons différents: Martin Messier, Jacques Poulin-Denis, Pete Stollery, Sébastien Roux, Georges Forget, Phroq, Christian Bouchard, Robert Normandeau, Darren Copeland et Andreas Kahre.

    «Je veux présenter tout le spectre. On a souvent l’impression que la musique électroacoustique est austère, ce qui n’est pas vrai», souligne le nouveau directeur artistique de Réseaux. Nicolas Bernier, 30 ans, a remplacé Robert Normandeau, Gilles Gobeil et Jean-Francois Denis. Ces derniers ont longtemps partagé le leadership de Réseaux et siègent désormais dans un comité artistique de l’organisation.

    Inutile d’ajouter que Nicolas Bernier voit d’un bon œil l’arrivée de sa génération dans le portrait des musiques électroniques dites savantes.

    «Comme plusieurs compositeurs de mon âge, je suis éclectique. Je fais de la performance, de la musique pour la danse ou le théâtre. Je ne suis pas issu d’une tradition classique instrumentale. J’ai écouté beaucoup de musique électroacoustique et de musique actuelle. Bien sûr, la musique classique m’a influencé… comme les autres.» À l’origine, Akousma a été mis sur pied pour sortir les concerts acousmatiques de leur cadre, en associant la recherche sonore à celle d’éléments visuels — vidéo, projections, etc. Nicolas Bernier, lui, compte se démarquer autrement: «Je reviens au son unique avec des concerts pour la plupart présentés dans le noir. Là où ça éclate, cependant, c’est dans la diversité des esthétiques.»

    Il enfile le programme d’Akousma pour illustrer son affirmation.

    «Demain soir (mercredi), l’Écossais Pete Stollery s’inscrit dans la tradition des musiques acousmatiques comme Réseaux en présente depuis longtemps. Pour ce même soir, nous avons programmé la seule performance incluant des éléments visuels. Martin Messier et Jacques Poulin-Denis se feront face et se mettront à dessiner. Les sons émanant des crayons et du papier seront captés et traités en temps réel.

    «Jeudi, le compositeur montréalais (d’origine française) Georges Forget a l’habitude de travailler sur des motifs, une démarche un peu comparable à celle de son compatriote Sébastien Roux. Ce compositeur français présente un projet conçu à partir d’instruments acoustiques. C’est mélodique à la rigueur, ça flirte un peu avec la pop.

    «Vendredi, le Suisse Francisco Meirino alias Phroq fait dans le bruitisme. Personnellement, je vois un rapport entre ce qu’il crée et ce que composent les électroacousticiens. C’est un peu violent mais c’est vraiment bien construit. Au même programme, Christian Bouchard a déjà enregistré sur l’étiquette montréalaise Empreintes Digitales. Ce que j’ai entendu de son travail récent est super contrasté; il passe aisément d’un discours minimal à un langage très rude. C’est notre soirée hardcore!

    «Samedi, on termine avec nos «classiques». Robert Normandeau, notre vedette internationale de l’acousmatique, présentera trois pièces dont une création. Darren Copeland (qui a fondé créé l’organisme NISA, un peu l’équivalent de Réseaux à Toronto) a fait beaucoup de pièces destinées à la diffusion radiophonique. Il utilise notamment la voix dans son travail. Avec la collaboration de l’artiste multidisciplinaire Andreas Kahre, il présentera une pièce sur le thème de l’eau. Pour ce, il a notamment effectué des prises de son sous-marines!» Immersion, avez-vous déduit?

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