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Nicolas Bernier

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    Nicolas Bernier prend la direction artistique de Réseaux

    Le Lien multimédia, 18 avril 2008

    Le compositeur Nicolas Bernier assure désormais la direction artistique de Réseaux (aussi connu sous le nom de Réseaux des arts médiatiques), groupe qui fait la promotion de la musique électroacoustique à Montréal depuis 17 ans. Deux des fondateurs du groupe, Robert Normandeau et Jean-François Denis, étaient présents lors du dernier concert Pulsar pour en faire l’annonce publiquement. Le Lien Multimédia a rencontré Nicolas Bernier juste avant sa prestation au concert.

    Visiblement encore sous le choc de son nouveau rôle, Nicolas Bernier est enthousiaste face à ses nouvelles fonctions. «Mon but, ce sera vraiment de faire écouter et découvrir la musique électroacoustique. De faire éclater les styles pour que l’on n’associe plus nécessairement cette musique à de l’académisme, mais surtout à un art qui dépasse ses limites», dit Nicolas Bernier.

    Conscient de la tradition qui s’est forgée au cours des 17 dernières années où l’organisme a été actif, Bernier se fait rassurant quant à sa volonté de perpétuer la tradition. «Le réseau est un organe de diffusion très précieux pour cette musique. On oublie trop souvent que la musique électronique que l’on écoute à la radio aujourd’hui vient de la recherche musicale et d’études très sérieuses», indique Nicolas.

    Tournant autour de Réseaux depuis ses premières années universitaires, Nicolas Bernier dit être ému par l’offre que lui ont fait les anciens directeurs de la société. «Je pense qu’ils cherchaient quelqu’un qui adorait cette musique, qui avait le goût de la faire découvrir tout en voulant promouvoir le travail des autres», explique Nicolas.

    En tant que directeur artistique, Nicolas Bernier aura à organiser un événement qui se déroule sur plusieurs jours, Akousma, et de quelques concerts ponctuels chaque année. «Pour le moment, je trouve que c’est une grosse responsabilité, mais je viens juste de commencer, c’est normal. Je sais que je vais me développer une vision avec le temps», explique le nouveau directeur.

    … quelqu’un qui adorait cette musique, qui avait le goût de la faire découvrir tout en voulant promouvoir le travail des autres.

    Ni de l’art sonore, ni de la musique

    Charles Prémont, Le Lien multimédia, 8 février 2008

    Nicolas Bernier est un artiste multidisciplinaire. Entre compositions électroniques, vidéos et design, il tente de rejoindre plusieurs publics. Son duo, Milliseconde topographie, qu’il complète avec Delphine Measroch, joue sur la frontière entre art traditionnel et numérique. «Il y en a qui font de l’art sonore, d’autre de la musique. Nous, on ne fait ni l’un ni l’autre, alors on ne «fit» jamais nulle part», explique, en guise d’introduction, Delphine Measroch.

    Le «problème identitaire» de Milliseconde topographie est bien réel. «Les critiques ne savent plus où donner de la tête. On envoie nos DVD à des critiques de musique, ils disent que c’est de l’art visuel, on l’envoie aux critiques d’art, ils pensent que nous sommes des musiciens», déplore, impuissant, Nicolas.

    Tirer dans tous les sens, voilà ce qui l’allume. «J’ai besoin d’explorer plusieurs avenues pour être satisfait. C’est ce qui a bien marché avec Delphine: elle s’intéressait aussi beaucoup à d’autres formes d’expressions que simplement la musique. Dans le milieu, c’est très difficile de trouver son «âme sœur» artistique», avoue-t-il.

    La technique utilisée par Milliseconde topographie pour créer leurs sons traduit parfaitement leur goût du compromis. En utilisant le logiciel Max/MSP, Delphine et Nicolas enregistrent des instruments conventionnels, mais aussi des bruits de jouets, de vieilles caméras Super8 et des sons ambiants, pour ensuite y ajouter des effets.

    «Ce qui est super, c’est que l’on peut enregistrer la même note sur dix pistes différentes et mettre un effet sur chacune d’elle. Ça donne un son «électro», mais on s’arrange toujours pour que l’on reconnaisse la facture de l’instrument organique. On veut transcender la froideur de l’art numérique», explique Nicolas.

    Le duo a vu le jour en 2004, peu après que Delphine et Nicolas se soient rencontrés sur les bancs d’école. Les deux étudiaient dans le programme de composition électroacoustique de la faculté de musique de l’Université de Montréal. «Je décrirais Milliseconde comme de «l’électro-subtile», c’est quelque chose d’ambiant où l’on reconnaît des sons de plusieurs provenances», explique Nicolas en riant.

    Mettant à profit leur goût pour le visuel, ils ont produit un DVD et même des «affiches à disques». C’était en 2005. «C’était un projet que l’on a fait avec un ami artiste, Urban9. Nous avions fait plusieurs affiches en sérigraphie et nous y avions collé des enveloppes avec un disque à l’intérieur. Urban partait le soir et les affichait un peu partout en ville. Les passants pouvaient ainsi se procurer notre musique», raconte Nicolas.

    D’autres projets

    Nicolas n’a pas que Milliseconde topographie comme projet. Pour vivre, il compose, principalement pour le théâtre et la danse. «Je travaille présentement pour la compagnie de danse O Vertigo. Avant, j’ai fait Ubu et Othello à l’usine C», assure-t-il.

    Un autre de ses essais est un duo électro-folk qu’il complète avec Simon Trottier. «C’était écrit dans le ciel qu’on ferait de la musique ensemble. On a fini par trouver deux jours où l’on était libre, on s’est enfermé dans un studio et on a produit un album», raconte Nicolas sous les rires de Simon. Ils seront du «Mois Multi» à Québec, un festival d’art multidisciplinaire qui se déroule du 13 au 24 février prochain.

    Les deux compères s’apprêtaient à livrer une performance lorsque le Lien les a rencontrés. Heure de tombée oblige, il fut impossible de rester pour livrer une critique en bonne et due forme. Vous pouvez vous faire votre propre idée en allant sur le site de 12rec, l’étiquette net qui les a pris sous leurs ailes.

    Entre compositions électroniques, vidéos et design, il tente de rejoindre plusieurs publics.

    trans_canada Festival: Trends in Acousmatics and Soundscapes

    Wibke Bantelmann, Computer Music Journal, no 29:3, 1 septembre 2005

    The trans_canada festival of electroacoustic music by Canadian composers at the Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM) in Karlsruhe was certainly no everyday experience for the interested German public. A festival of acousmatic music—and acousmatic music only—is quite unusal. The German avant-garde music scene is still uncommonly lively, but most composers prefer either instrumental music (with electroacoustic elements) or multimedia works. The idea of invisible music seems not to touch the German musical sensibility.

    Despite this, 460 visitors found their way to ZKM. During 10-13 February, 2005, they experienced a four day-long plunge into the Canadian way of composing, and had the opportunity to learn more about the “Canadian Example” as Daniel Teruggi of the Groupe de recherches musicales (GRM) called it in his paper. According to Mr. Teruggi, the liveliness and outstanding quality of the electroacoustic music scene in Canada is the result of good composers but also of academically sound research and training and a wide range of philosophical approaches to music. The opening of the festival showed another aspect of this “example.” Paul Dubois, the present Canadian ambassador to Germany, came from Berlin to open the festival—cultural policy in Canada apparently knows and supports the electroacoustic scene intensely, quite contrary to German policy.

    Francis Dhomont, Robert Normandeau, Gilles Gobeil, Nicolas Bernier, Hildegard Westerkamp, and Louis Dufort took part in the festival and presented works (Ned Bouhalassa was invited but for health reasons was unable to attend). Nine pieces were commissioned by ZKM and received their world premieres at the festival.

    trans_canada not only offered an occasion for Germans to learn about Canadian acousmatic music; apparently, it also connected the Canadians themselves. “It seems we had to come to the ZKM in Karlsruhe to get together,” said Robert Normandeau at the last concert. And so, the Francophone composers from the east, rooted in the Paris school of “musique concrète,” met the Anglophone soundscape composers from the West coast. “I was very much surprised when Francis Dhomont told us that he does not like the original sounds to be changed so much that you can’t distinguish their origin any longer,” said Hildegard Westerkamp. “We are not as far away from each other as I used to think.”

    This proved to be quite true, as could be heard. The parallels between their new works, Brief an den Vater by Mr. Dhomont and Für Dich—For You by Ms. Westerkamp, were striking. Both compositions were not only inspired by but also formally based on literature and the structure, the sound, the rhythm of the text. The work by Mr. Dhomont, with the scraping of a pen as a sort of leitmotif, was no less abstract than Ms. Westerkamp’s music with its sea-sounds (gulls, wind, waves). And her fantasy land called “home” is not more “real” then his world of inner struggle. Both works showed an extreme sensitivity for subtle, delicate sounds which were spread in many layers, throwing shadows of sound, and constantly and slowly developing into new shapes and shades. The differences between the works seemed after all (to this listener at least) to be ones of personal style and expression than of basic principles.

    Another new work with words came from Darren Copeland. I don’t want to be inside me anymore was quite singular in the festival due to its definite focus on content, on a “real story.” This fact gave the piece a strong dramatic quality leaving hardly any room for imagination. The intention of the sounds to build around the absorbing, sometimes even vexatious, words seemed to force the listeners to constantly keep their full attention on the meaning of the text. It was a deeply impressive piece, even if it was to a certain extent more dramatic than musical. (Although other listeners might experience it differently if they do not understand the German text.)

    In a way, this work resembles a compositional style of a very different kind, that of Barry Truax. The connection may be found in the very sense of reality in both composer’s works: the reality of the feeling of isolation on one hand, and the reality of an existing landscape (streams, peaks, caves) on the other.

    Even Gilles Gobeil’s magnificent medieval drama, Ombres, espaces, silences…, followed roughly this direction. This piece was not about feeling or landscape, it was about reality, too, in this case the reality of history, only by far more sublime, sensitive, and imaginative. Not “cinema for the ear” but a “novel for the ear” (something like The Name of the Rose?)! However, the form and structure of this work is by far more of a narrative nature than strictly abstract-musical.

    It was Robert Normandeau and the youngsters of trans_canada who were most abstract, and therefore the strongest advocates of a true “invisible music.” It was not only not to be seen, it was not to be imagined. There was nothing real, nothing you could get hold of, it was more or less a complete deconstruction of sounds, ideas, narration. They appeared not to start from any landscape, be it imagined or real, inside or outside the head; they started from ideas, ideas of sound, ideas of form. Even the antique Writing Machine in the work by Nicolas Bernier was more a (slightly exotic) sound than a sense, more a historical reminiscence than an element of form.

    Coincidence shows her unaccountable face, experiment and surprise follow. You could hear experience and mastery in the work of Robert Normandeau, of course. You were always sure that it was him who played with coincidence and not the other way round. His world premiere, ZedKejeM, was highly dynamic, with the energy and rhythm from a dancefloor, but still showed the deepness, density, and versatility of a deep-thinking organizer of energy and fantasy. Every single sound seemed well calculated, the effects carefully set.

    The music of his younger colleagues, Mr. Bernier and Louis Dufort, was more spontaneous, wandering dreamily through all the possibilities of technique and sound, to find out what would happen. Mr. Dufort spread a richness and variety of colors in a free, open structure that simply followed the beauty of the sounds created. In contrast to that, Mr. Bernier followed an intellectual plan, he set his rules and let them work. One always sensed the will behind the music, one always tried to follow and understand the experiment instead of just enjoying the result. But, on the other hand, this method produced a certain strong energy in the work. This composer had the power to raise and hold the intellectual interest of the listener.

    All in all, it was fascinating to take in over a few days such a wide range of styles and personalities, and to learn a little about their methods.

    trans_canada also provided the chance to meet the composers in person. Each of them delivered a paper about their work. They could only give a rough survey, of course, in a 45-min talk. Rather than concentrating on techniques or software, most composers just tried to acquaint their colleagues and the small number of other interested people with their sources of inspiration, their opinions, their philosophy. Remarkable was the clear delivery of all the composers and the relaxed atmosphere of these sessions. There seemed to be no need to impress anyone, and not so much need to discuss, let alone debate. Everybody was open-minded and respected the others, as if trying to learn and understand, not to question fundamentals.

    It was like a good talk between colleagues and friends. Mr. Normandeau provided insight into his large archive of sound and his permanent work on the human voice. Mr. Gobeil expressed his preference for the sound of exotic instruments (like the Daxophone) and his dislike of techno music (inducing him to write a techno-piece). Mr. Dhomont talked about the relation between accident and control in his work, marking his own position somewhere between Pierre Boulez and John Cage:Boulez would say: ‘This is incidental, throw it away;Cage would say: ‘This is incidental, so I take it;’ I say: ‘Look, there is an interesting incident, but should I take it?’” He also used the opportunity to call for more polyphony in electroacoustic music instead of the exclusive concentration on creating the most original, most exotic new sound: “In an orchestra, you mix different instruments, but the single instrument becomes not less beautiful.”

    The exceptional environment of ZKM supported this beautiful richness of sounds and the inventiveness of the composers immensely. The two concert venues offer exquisite acoustics. They were equipped with 70 concert loudspeakers, placed in either circles or in a kind of “acousmonium surround environment.” This, in conjunction with the timbral and spatial qualities of the works, created an extraordinary musical experience.

    … it was fascinating to take in over a few days such a wide range of styles and personalities…

    Étoiles montantes

    Danielle Dubois, La Scena Musicale, no 10:6, 16 mars 2005

    […] Nicolas Bernier, compositeur (musique électroacoustique); âge: 27; ville: Ottawa, ON; école: Université de Montréal; professeurs: Robert Normandeau, Jean Piché. Compositeurs préférés: Maurizio Martusciello (Italie), Robert Normandeau, Louis Dufort, Gilles Gobeil, Francis Dhomont, Stéphane Roy, Martin Bédard (D’Amours métal), Luc Ferrari, Serge Gainsbourg.

    «À chaque fois que je gagne un prix ou qu’une de mes pièces est sélectionnée pour un festival, je suis bouche bée», raconte Nicolas Bernier, qui a d’abord essayé d’approfondir ses connaissances sur la musique électroacoustique en lisant des traités. Moins de cinq ans plus tard, il ne cesse de décrocher prix et stages un peu partout. Son approche de la composition est simple: «Je crois que le meilleur sort quand la composition se fait rapidement et intensément». Il affirme fonctionner d’abord avec ses oreilles; le travail intellectuel vient plus tard. Nicolas est reconnaissant envers ses amis, qui lui font découvrir des musiques qui ne sont pas étudiées à l’université. Bien que certains d’entre eux considèrent sa musique abstraite, ils sont capables de l’apprécier. De l’enthousiasme, Nicolas en a en réserve, pour une carrière qu’il entrevoit comme hétéroclite. «Je veux toucher à tout tout tout! Musique acousmatique, musique électro plus populaire, installation, vidéo, développement d’outils, etc.» À plus long terme, Nicolas souhaite développer la scène culturelle dans sa région natale de l’Outaouais. Son prochain projet: une installation avec haut-parleurs et vidéo sous l’eau, dans une piscine. «Un projet très excitant, qui nous permettra de renouveler nos maillots de bain!», affirme-t-il. […]

    Moins de cinq ans plus tard, il ne cesse de décrocher prix et stages un peu partout.

    Promesse de belles éclosions

    François Tousignant, Le Devoir, 21 janvier 2005

    Pas bête de lancer cette nouvelle série basée sur l’électroacoustique qui intègre danse, arts visuels… pour revivifier des activités en crise. Un premier bravo à Réseaux pour cette initiative qui remplace les Rien à Voir. Très bien aussi de commencer la manifestation par des lauréats du Prix Hugh-Le Caine de La Fondation SOCAN. On se fait une idée de ce qu’accomplissent les jeunes et des personnalités des jurys de 2003 et 2004.

    Une chose en commun chez tous ces jeunes compositeurs: ils ne sont guère apprentis et maîtrisent fort bien la technologie. Un peu trop même: hormis Googolplex et À l’horizon du silence, on entend beaucoup de jeux de boutons décoratifs sans toujours une grande substance.

    Pourtant, Nicolas Bernier manie bien les «entonnoirs» pour engouffrer ou faire s’épanouir le son; son œuvre montre une réelle sensibilité au timbre, à sa distribution; l’effet, s’il est souvent superficiel, n’est jamais gratuit. En cela, la dernière pièce du programme va bien plus loin dans le même genre; Dorward sait en effet se protéger de la complaisance. Sa pièce est la plus courte et aussi la plus structurée. Ici, on tient un musicien.

    L’autre bon moment fut la seconde prestation de Wilson: Googolplex. Bien des musiques acousmatiques usent du phonème et s’y cassent les dents. Pas lui; on passe de l’humour à l’horreur, du trivial au sérieux avec une discipline de musique «pure» généralement si réfractaire au matériau linguistique souvent anecdotique. Ill faut regretter y quelques flottements de montage. Avec l’expérience, il arrivera à plus finement fignoler la technique.

    Peu à dire d’Ellipse (de Baril) et de la «proposition» Marcoux. Cette année-là, le jury a couronné du trop vert. Même le premier prix, l’œuvre de Leclerc, reste encore dans des frontières gauchement limitées — ou mal explorées. L’intégration de la trompette en direct par le truchement de l’écho est efficace, mais son écriture reste banale, comme bien des commentaires enregistrés. Pourtant, il y a plus que de bonnes idées, sans pour autant apporter autre chose que des promesses une fois le temps de la concentration venu car, malgré même l’usage de simple stéréo plutôt que les huit pistes des confrères, cela se montre de fort bon niveau et porteur de potentiel.

    … de fort bon niveau et porteur de potentiel.
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