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  • Famille in The Sound Projector

    “Whither Canada? Part 1”, Ed Pinsent, The Sound Projector, August 19, 2016
    Friday, August 19, 2016 Press

    Joane Hétu is a vocalist and sax player, renowned on the Montréal free improvisation “scene”. Her Famille (AM 225 CD) is a selection of concert recordings made between 2009 and 2015; the Mercredimusics @ Casa Obscura series of concerts might be the Canadian equivalent of Company Week, dedicated to free improvisation. Certainly, the team-up-with-anyone spirit nurtured by Derek Bailey is alive and well in Canada, if these snapshots are anything to go by. There’s a long list of fellow improvisers on the sleeve here with which Joane has thrown down her vocal and woodwind exploits, including a few names we recognise, such as Pierre-Yves Martel, Philippe Lauzier, and Alexandre St-Onge. Not every track is an outright winner for me, but the subdued mysterious mood running through this album is very intriguing, and my preference is for those cuts which whine and drone exquisitely without anyone appearing to exert themselves very much. Joane Hétu’s sax work is adequate, her voice work is far more distinctive, and while her errant hooting may be an acquired taste her murmurs and pained squeaks are strangely satisfying, in spite of their minimal content. So far a picture emerges of Canadian improvisers being capable of far more restraint than you might find, let’s say, during an evening with Peter Brotzmann and Evan Parker.

    … the subdued mysterious mood running through this album is very intriguing…

    Spam Me in BRBR

    Spam Me: Éloge de l’incompétence”, Ariane Gruet-Pelchat, BRBR, August 10, 2016
    Wednesday, August 10, 2016 Press

    Internet vient forcément avec quelques inconvénients, comme celui de voir les messages indésirables enterrer toute communication pertinente dans les boîtes de réception. Si la plupart des gens mettent ces pourriels au recyclage sans même s’en rendre compte, le bidouilleur de sons et ex-journaliste musical CE François Couture y a plutôt décelé une source insoupçonnée de poésie.

    Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

    Pour quelqu’un qui travaille quotidiennement avec les mots (Couture met du beurre sur son pain en faisant de la traduction), ces pourriels et leur langue approximative étaient fascinants. «Ce sont des échecs de communication monumentaux, au point où je ne peux pas imaginer que quelqu’un aille cliquer sur les liens qu’ils essaient de nous vendre.»

    Mettre ces simulacres de textes en musique, c’était donc à la fois travailler avec un matériau tellement absurde qu’il devenait symbole de liberté, et le fantasme d’insuffler du sens et de la poésie à quelque chose qui en est totalement dénué.

    Le paroxysme de l’exercice est sûrement la chanson Spam Me, qui consiste en un assemblage des signatures des différents courriels. «S’il y a un texte qui n’a vraiment rien à dire c’est bien Spam Me!», s’exclame CE François Couture par téléphone. Dans une finale qui suinte les clichés du bon chanter, il sort son vibrato large, ses voix de tête et de poitrine et ses inflexions vocales stylisées pour «exprimer un ras-le-bol face à tous ces foutus courriels qu’on reçoit jour après jour.»

    Ce qui est amusant, c’est que Couture prend un malin plaisir à prononcer toutes les failles contenues dans les assemblages de lettres. Lorsque «Anonyme» lui écrit «If yyou are looking for are not tender and are scrawny, they may not be becomibg enough milk.», Couture souligne oralement les erreurs de frappe.

    «La première difficulté de ces textes-là c’était de les chanter, point, parce que ce ne sont pas des phrases convenables et qu’elles ne coulent pas dans la bouche. Puis, c’était de trouver le ton juste pour essayer de leur donner un sens.»

    Claudiquant sur le dancefloor

    Pour ce faire, CE François Couture, aussi membre des groupes d’improvisation RBC, qui lançait également une cassette le 8 août, et La Forêt rouge, dont on a parlé ici, a entrepris un processus d’association avec des pièces qu’il avait travaillées pendant des mois.

    «J’ai sélectionné les pourriels qui s’adaptaient le mieux à mes rythmes parfois un peu claudiquants et mes mélodies parfois un peu étranges». Le texte de Hendrix, par exemple, s’est retrouvé marié à sa trame musicale car «je sentais que je serais en mesure d’y mettre la nostalgie un peu trouble qu’il m’inspirait.»

    De Payday Loans à Osady Sciekowe, CE François Couture offre aux summums de l’incompétence langagière des écrins faits de rock in opposition, de field recording, d’opérette et d’improvisation. Ironie dans certains cas, démarche sincère pour donner de la grandiloquence à quelque chose qui n’en a pas dans d’autres, les compositions peuvent facilement faire passer les textes pour de sérieux efforts littéraires.

    Chaque composition a commencé sous forme d’improvisation, que Couture a ensuite «cannibalisée» et éditée. En se donnant la permission de retravailler des improvisations à l’aide de plusieurs sources, comme des enregistrements de terrain, le musicien a pu créer des juxtapositions parlantes. Payday Loans, par exemple, est rythmé par une captation de pas dans la neige, et les refrains et couplets sont délimités par la différence de timbre entre le centre de la route et son bas-côté.

    Éloge de la laideur

    D’autres surprises sont arrivées grâce à son choix d’instruments, Couture affectionnant particulièrement ceux qui fonctionnent mal. «Dans Osady Sciekowe, il y a un passage où j’utilise un archet sur une cymbale extrêmement cheap, et il en sort des espèces de cris de baleine, c’est vraiment ahurissant comme hurlements. La pièce aurait probablement duré 2 minutes 30 si ça n’avait pas été de ce passage-là qui a ouvert sur bien d’autres idées.»

    Le loop de synthétiseur de Hendrix, lui, est le résultat de «circuits qui auraient bien besoin d’être nettoyés et ont un effet plus ou moins fiable», et les trois premières chansons de l’album mettent en évidence une utilisation détournée du berimbau, un instrument à percussions sud-américain que Couture utilise comme une sorte de contrebasse. «Ça sonne tout croche et j’adore ça», décrit-il en riant.

    CE François Couture, qui ajoute un «ce» à son nom pour ironiser sur ses nombreux homonymes, est un gaillard expressif au coffre puissant. Inspiré par Johanne Hétu, Peter Hammill, Phil Minton et Keiji Haino, «qui privilégient l’intensité de la performance à la précision des notes», Couture a également développé une gymnastique buccale variée qu’il exploite allègrement sur Spam Me.

    Stupeur et tremblements

    Avant d’embrasser pleinement son côté musicien, CE François Couture était à la barre d’émissions de radio et de chroniques pour le All Music Guide et son propre blogue, Monsieur Délire. D’abord formé au piano, il a pourtant mis sa création musicale de côté pendant ses années de chroniqueur.

    «J’ai cessé de croire à ce que je faisais musicalement et ai complètement arrêté de jouer quand j’ai commencé à écouter des musiques expérimentales», avoue-t-il, jugeant que ce qu’il faisait à l’époque était «très ordinaire». «Le cliché qui veut qu’un critique musical soit un musicien frustré, c’était exactement mon cas.»

    Après vingt ans d’écoute et d’analyse musicale à raison de cinq ou six nouveautés par jour, il a finalement décidé de renverser les rôles à nouveau, de mettre la hache dans sa carrière journalistique et de faire confiance à sa création.

    Est-ce que ça l’a intimidé de refaire de la musique après en avoir tant écouté? «Ah, mets-en! Tellement! J’envoie l’album à des journalistes que je connais bien et à des artistes que j’admire, et je me dis qu’ils vont me ramasser! Je me lance là-dedans en tremblant un peu dans mes bobettes, mais en même temps j’ai confiance dans le matériel, et je crois que cet album et son éclectisme me représentent pleinement.»

    Une confiance qui lui permet de mettre sa figure «la plus bête, la plus straight, la plus “pas préparée”» sur la pochette, les mots Spam Me tenus devant lui comme sur une photo de prison, pour hurler à tous de lui «garrocher des spams en pleine face».

    Si la plupart des gens mettent ces pourriels au recyclage sans même s’en rendre compte, le bidouilleur de sons et ex-journaliste musical CE François Couture y a plutôt décelé une source insoupçonnée de poésie.

    Érick d’Orion in Voir

    “Expo Québec est mort, vive Humanorium!”, Catherine Genest, Voir, August 3, 2016
    Wednesday, August 3, 2016 Press

    Une fête foraine décalée réunissant BGL, Diane Landry, Érick d’Orion et plusieurs autres.

    L’étrangeté et l’esthétique vintage inhérente au monde des foires fait corps avec l’art actuel. Un exercice de développement de public tout simplement génial, rêvé puis concrétisé par les commissaires Vincent Roy (EXMURO) et Ève Cadieux.

    Imaginez: vous marchez paisiblement sur Grande Allée, sur la portion hors du buffets de discothèques, puis tombez nez à nez avec un enclos rouge et jaune, ses lumières qui scintillent à la nuit tombée et jusqu’à 23h, ses roulottes de gitans, l’odeur des hot dogs, son carrousel central métallique. Immédiatement appâté, et sans trop savoir de quoi il s’agit, vous faites vite de gagner le parc d’attraction, cette version tordue d’un parc éphémère de Beauce Carnaval, mais qui en reprend les mêmes codes esthétiques.

    «Quessé ça?»

    D’abord étrenné à Calgary en 2012, Le Carrousel du décadent et Ô combien ludique trio BGL se stationne dans le parc du MNBAQ pour d’innombrables tours de pistes à donner le tournis. Oserez vous déposer votre popotin dans le panier d’épicerie?

    Une autre héroïne locale, en la personne de la douce Diane Landry, présente pour sa part une œuvre mécanico-sonore intitulée Le bouclier magique. L’expérience, à la fois surnaturelle et relaxante, donne l’impression d’aller à la rencontre d’un gentil fantôme.

    Mais ce qui trouble, ce qui marque le plus, c’est Le Musée de la mort du singulier (vraiment un euphémisme!) photographe torontois Jack Burman. L’artiste canadien articule sa pratique vraiment deep autour d’un genre de dialogue entre le monde des vivants et celui d’outre-tombe. Ses œuvres, des portraits de gens décédés, glacent le sang tout en nous laissant avec une drôle de sensation d’apaisement au sortir de la caravane. On devine, ça fait drôle de l’écrire, que le croqueur d’images a un profond respect pour ses sujets inertes et souvent démembrés ou décapités.

    Je ne me souviens pas d’avoir été aussi dérangée par l’art, chose excessivement rare de nos jours puisque tous les tabous me semblaient transcendés jusqu’ici… D’autant plus qu’après coup, on m’a appris que le type ne retouchait pas ses photos. Ces couleurs surannées, ce sont les vraies!

    Vincent Roy et Ève Cadieux ont misé sur la peur, la curiosité, la fascination, pour bâtir ce corpus d’œuvres (essentiellement des installations) présentées jusqu’à ce dimanche le 7 août sur les Plaines d’Abraham.

    Je laisse le mystère planer quant aux autres propositions, toutes plus déconcertantes les unes que les autres, celle de Joan Fontcuberta étant même fortement déconseillées aux jeunes de moins de 18 ans. Je n’ai, moi-même, pas pu y rester longtemps.

    L’étrangeté et l’esthétique vintage inhérente au monde des foires fait corps avec l’art actuel. Un exercice de développement de public tout simplement génial

    Érick d’Orion in Le Journal de Québec

    “Entre l’inquiétant et le ludique”, Yves Leclerc, Le Journal de Québec, July 29, 2016
    Friday, July 29, 2016 Press

    Il n’y aura pas d’Expo Québec cet été, mais l’esprit de la fête foraine est bien en vie, jusqu’au 7 août, au parc du Musée national des beaux-arts du Québec.

    Oubliez les manèges traditionnels, les jeux d’adresse douteux et la barbe à papa, l’exposition Humanorium — L’étrange fête foraine, présentée par EXMURO arts publics, est un clin d’œil moderne au passé.

    Cet événement en art actuel, ouvert tous les jours, de 13 h à 23 h, propose neuf attractions mises sur pied par des artistes de Québec, Montréal, Toronto et Barcelone.

    On peut faire un tour dans un carrousel déjanté, fabriqué avec des clôtures de sécurité et des paniers d’épicerie, visiter un Musée de la mort, regarder des photos de gens qui manipulent leurs corps et qui s’affichent sur le web et se faire raconter une histoire ou sa destinée par une voyante à partir de cartes qu’elle a créées.

    Le Petit Acousmonium est une petite cabine où, dans la noirceur, on peut entendre un maelström sonore de sons liés aux parcs d’attractions.

    «J’ai fait de la capture de sons à La Ronde et dans la section manèges des Galeries de la Capitale, et j’ai enregistré des spectacles de feux d’artifice à Montréal pour en faire une masse sonore liée aux ambiances des fêtes foraines», a expliqué l’artiste Érick d’Orion.

    Regard sur l’être humain Vincent Roy, directeur général et artistique d’EXMURO, a eu l’idée de cette fête foraine hors du commun et gratuite, lors d’une visite à Expo Québec, avec sa fille, il y a sept ans.

    «On est allé dans une maison des horreurs dans une roulotte. Ça coûtait autour de 8$ pour deux personnes et la moitié des affaires ne fonctionnaient pas. Il n’y avait aucun feeling et c’était décevant. J’ai pu voir l’arrière du décor et ça m’a donné l’idée d’en faire une version artistique», a-t-il raconté, aujourd’hui, lors d’un point de presse.

    Une idée qui a été lancée, qui a évolué et qui a fait son chemin pour en arriver à Humanorium — L’étrange fête foraine.

    Vincent Roy croit que cette initiative a du potentiel pour se promener un peu partout à Québec, au Québec, au Canada et sur la côte Est américaine.

    «Je vois cette installation se bonifier et vivre durant 10 ans. C’est une exposition qui se situe entre l’inquiétant et le ludique. Humanorium, c’est un regard sur l’être humain, ses beautés et aussi ses failles. Il y a des malaises et des questionnements», a-t-il poursuivi, précisant que certains pavillons demandent une supervision parentale.

    «J’ai fait de la capture de sons à La Ronde et dans la section manèges des Galeries de la Capitale, et j’ai enregistré des spectacles de feux d’artifice à Montréal pour en faire une masse sonore liée aux ambiances des fêtes foraines», a expliqué l’artiste Érick d’Orion.

    Les accords intuitifs in Rock progresivo

    “Crítica”, Master Kob Legendario, Rock progresivo, July 16, 2016
    Saturday, July 16, 2016 Press

    De vuelta está el gran ensamble de Montréal: la convención de expertos en materia de improvisación registra otro disco en su apreciable trayectoria. Lideriados por Danielle Roger y Joane Hetu, esta vez se dieron a la tarea de ejecutar 5 piezas compuestas entre el período de 1976-2015. La suma de los esfuerzos de gente de Justine, Klaxon Gueule, Quartetski y otros músicos increíbles da por resultado un trabajo electro-acústico fenomenal, con tendencias de improvisación demasiado libres y para una buena variedad de instrumentos. El contenido vanguardista se presenta en algunas fases de música drone, donde la maquinaria roba protagonismo y los instrumentos se comportan mecánicamente. Muy poco le deben a la música docta contemporánea o al jazz de estándares, ésta gente se descuadra de géneros y convenciones para poner en práctica lo que les venga en mente: un libertinaje musical total. El molde estructural de cada track obedece al máximo riesgo creativo, y el curso de las composiciones siempre es impredecible. Y justo cuando la dirección de un tema parece tener más cohesión y ritmo, es en ese momento que aparece su sentido extraterrestre de como hacer contrapuntos entre instrumentos y máquinas. Lo único que parece sonar más humano es el swing del comienzo del último track, pero en poco tiempo lo deconstruyen y mal viajan gracias a elementos disonantes, discordantes e improvisatorios. Y el highlight del álbum me parece que es precisamente ese: así es como tiene que se sonar el jazz de vanguardia de este siglo.

    Invisible Backgrounds in The Squid’s Ear

    “Heard in”, Paul Serralheiro, The Squid’s Ear, July 11, 2016
    Monday, July 11, 2016 Press

    Philippe Battikha is a trumpeter who travels the Montréal-NYC axis and is a sometime resident of either city. In Montréal he has been a vital part of the improvised music scene, helping to set up a couple of spaces devoted to presenting this music. In this introspective yet, ironically, outward-looking solo album of original works featuring mainly Battikha’s lovely, open horn sound — grainy at times, at others a pure rounded shape, or an airy fancy — the lingering effect of the music is of peace. This is a soothing set of compositions/improvisations: even when they use archival street sounds of NYC, or noise loops, these serve as broad counterpoint to the lyrical gesture, with an effect similar to hearing surf on a nearby shore. Along with trumpet, Battikha also takes up the keyboard for some simple yet effective backdrops/accompaniments to his trumpet lines, and on two tracks he is joined by bassist Jonah Fortune.

    The titles of the pieces strike me as humorous and seem at times a kind of Dadaistic compliment or contrast to the actual music. The first track, for instance, which sets a beautiful lyrical, meditative mood, is called Plantain. A quiet low-fi noise piece called Super 8 seems to allude to the rolling sound of film in a projector. A stirring piece by the name of Time for New Hands stands out due to its featuring a segment from a speech by Nelson Mandela, saying “It is time for new hands to lift the burdens.” A piece of wisdom amid a treasure of gems such as these glowing, warm and deep offerings from Battikha and his trumpet to the muse, inspired by the muse.

    A beautiful album.

    A beautiful album.
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