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Ambiances Magnétiques in Jazzman

“L’essor des musiques actuelles”, Thierry Lepin, Jazzman, no. 84, October 1, 2002
Tuesday, October 1, 2002 Press

En 1983, Michel Levasseur fonde le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, et toute une nouvelle scène du Québec trouve son nom. Cousines des musiques improvisées, les musiques actuelles se définiraient comme “l’extrême dans tous les courants, que ce soit le jazz, la chanson ou le rock. Des sphères très différentes, amenées à se rencontrer”, selon la saxophoniste et vocaliste Joane Hétu.

Cette même année, un collectif de musiciens (Jean Derome, André Duchesne, Robert Marcel Lepage, et René Lussier) prend le nom d’Ambiances magnétiques. Il sera rejoint deux ans plus tard par Joane Hétu, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, puis Michel F. Coté et Martin Tétreault. Si Ambiances magnétiques est devenu aujourd’hui le label emblématique de ces nouvelles musiques, la réussite n’était pourtant pas évidente: “Au Québec, les gens sont toujours très surpris de voir que les musiciens de musiques actuelles tournent à l’extérieur, sont connus et reconnus. La musique instrumentale est mal perçue. Comme une plante indigène, qui pousse très bien, adaptée au climat; même si les gens s’entêtent à planter des tulipes”, précise Jean Derome.

En vingt ans, la scène des musiques actuelles n’a cessé de gagner du terrain, et de se diversifier. En 1991, Joane Hétu fonde la compagnie de distribution Dame, sur la base d’Ambiances magnétiques. Une structure à but lucratif, qui permet d’obtenir les soutiens financiers devenus indispensables. Depuis, le label a signé plus de cent disques, et Dame gère aussi la distribution d’autres étiquettes. Ces dernières années, les métissages musicaux sont synonymes d’un véritable décloisonnement, et d’un important renouvellement du public. Pour Michel Levasseur, fondateur du festival de Victoriaville, “dans les années 80 et 90, le public venait du jazz d’avant-garde, mais aujourd’hui la plupart du jeune public vient de la scène du rock, grâce à la popularité de groupes comme Sonic Youth, ou God Speed You Black Emperor!“ Membre de ce groupe montréalais, Mauro Pezzente a ouvert le club Casa Del Popolo, devenu le point de rencontre entre la scène francophone et anglophone. Tom Walsh (trombone) ou Rainer Wiens (guitare) s’associent aux précurseurs d’Ambiances magnétiques, qui eux-mêmes parrainent une nouvelle génération. Formation emblématique de ces dernières années, Klaxon Gueule réunit Bernard Falaise (guitare), Alexandre St-Onge (basse) et Michel F Côté (batterie). Un trio qui délaisse aujourd’hui l’instrumentation traditionnelle pour se tourner vers l’électronique, une musique bruitiste aux textures sonores d’une grande richesse. Alexandre St-Onge s’associe par ailleurs à l’anglophone Sam Shalabi, figure de proue de la scène électronique, dont Montréal devient peu à peu une plaque tournante sur le continent américain.