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Joane Hétu in La Gazette des femmes

“Son en tête”, Pascale Guéricolas, La Gazette des femmes, no. 27:2, September 1, 2005
Thursday, September 1, 2005 Press

Pour mieux faire connaître les musiciens de concert, souvent oubliés des médias, le Conseil québécois de la musique a décidé d’en donner en «adoption». C’est une musicienne profondément originale que la Gazette des femmes a choisie pour «fille»: Joane Hétu. Qui d’autre aurait fondé des groupes aussi éclatés que Wondeur Brass, Les Poules, Castor et compagnie, Nous perçons les oreilles? Pas étonnant que cette artiste de 47 ans soit considérée comme l’un des piliers de la musique actuelle québécoise.

D’abord attirée par les sonorités rock, cette amoureuse du son a plongé ensuite dans l’improvisation, l’instrumental, le bruitisme (musique inspirée des sons de l’environnement). Depuis, son saxophone chante comme le vent dans les branches aux côtés du piano ou de l’échantillonneur, à la recherche de l’émotion par le son. La compositrice ne dédaigne pas intégrer parfois des bouts de textes à ses œuvres. En ce moment, elle travaille sur La filature, un projet de théâtre sonore mené par l’Ensemble SuperMusique, important rassemblement de musiciens actuels. Dans ce spectacle, qui sera présenté à l’Usine C en mars prochain, la vidéo, la danse et l’éclairage seront au service du son, un renversement total par rapport aux conventions habituelles.

Complètement libre dans ses compositions et ses improvisations, la musicienne a néanmoins les deux pieds sur terre lorsqu’elle porte sa casquette d’administratrice. En 1991, elle fondait la compagnie de disques DAME (Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera). Son catalogue contient maintenant près de 140 disques en musique actuelle, souvent vendus directement au consommateur via Internet. «Je n’ai jamais cru au père Noël; je préfére m’occuper moi-même de mes affaires, explique-t-elle. Le genre de musique que je pratique a besoin de structures souples qui encouragent la création.» Parallèlement à la composition et aux concerts, elle mène aussi un combat pour la reconnaissance de la musique actuelle, avec ses complices de toujours, Danielle Palardy Roger et Diane Labrosse. Encore trop peu de femmes dirigent des groupes, se préoccupe Joane Hétu, qui se dit toujours persuadée de la nécessité du féminisme. Elle-même, par sa double carrière d’artiste et de gestionnaire culturelle, contribue à faire entendre la musique au féminin.

Elle-même, par sa double carrière d’artiste et de gestionnaire culturelle, contribue à faire entendre la musique au féminin.