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Torticolis in Le Devoir

“Jours fastes!”, Serge Truffaut, Le Devoir, October 10, 1998
Saturday, October 10, 1998 Press

Demain comme après-demain, ces deux musiciens seront les premiers à occuper la scène. Puis, les autres membres de Castor les rejoindront pour jouer les pièces de ce qui est leur deuxième album. Après quoi, les membres des Dangereux Zhoms qui n’auront pas encore arpenté la scène du Lion d’or débarqueront pour présenter dans son intégralité les pièces comprises dans le dernier album. En fait, le show des Dangereux Zhoms constituera la deuxième partie au complet de cette soirée au long cours.

Causette

Bon. Avec Derome, on a eu un brin de causette, histoire de mieux saisir la riche géographie musicale qui est la sienne. C’est ainsi qu’on a appris que… «J’ai baptisé la première pièce Saalfelden, parce que c’est dans cette ville autrichienne que j’ai composé ce morceau. J’étais en tournée avec Fred Frith. Nous étions dans une van. Il pleuvait beaucoup. Et j’ai remarqué que les essuie-glaces avaient des rythmes différents. C’est cela qui explique d’ailleurs que cette pièce est faite de plusieurs lignes que chaque musicien est libre de choisir. «Le deuxième morceau, soit Le Retour, décrit la joie de revenir chez soi après une tournée. C’est fait de trois voix mélodiques et de cinq lignes rythmiques différentes. Je l’ai beaucoup travaillé avec les musiciens. La troisième pièce, Anchive, c’est un hommage à Duke Ellington et en particulier à ses compositions aux titres énigmatiques. Anchive, c’est une contraction d’anchois et d’archive. C’est un travail sur les cycles.»

«Les Autres Oiseaux fait évidemment référence aux chants d’oiseaux. Lorsqu’on est dans une clairière, il arrive parfois d’entendre un premier oiseau, puis un deuxième répond avant que plusieurs y aillent simultanément. C’est pour ça que cette pièce est faite de plusieurs lignes qui n’arrivent jamais en même temps.»

Puis, il y a Torticolis, celui qui frappe souvent les musiciens en tournée, et Duo, Zuripari,pièce écrite entre Zurich et Paris lors d’une tournée, et enfin c’est Rubingen, du nom d’une petite ville allemande où Derome s’était perdu. Et alors? L’album Torticolis? Live au TLC, c’est la géographie musicale de Derome; l’album Mets ta langue, c’est la physique de l’amour; l’album Nous perçons les oreilles, c’est l’improvisation pure et dure, c’est la musique du hasard. L’ensemble de ces albums, c’est TOUT Derome. C’est beaucoup.