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Diversion in JazzoSphère

“Critique”, Éric Normand, JazzoSphère, March 11, 2004
Thursday, March 11, 2004 Press

Tom Walsh est un tromboniste très actif et très respecté au Canada. Il joue dans une foule de formations (tous styles confondus) en plus de faire de la musique pour la danse. Il s’agit ici d’un deuxième album pour la formation Noma — le premier remontant à 1996. Groupe double, à l’exemple d’Ornette Coleman, mais un propos tout autre; côté cour funky: guitare électrique à effets (Guy Kaye), basse électrique (Alan Basculis) et «funk drum» (François Chauvette); côté jardin jazz: guitare préparée bruitiste de Rainer Wiens, la contrebasse de Normand Guilbeault et le «jazz drumset» de Thom Gossage. Au centre, Tom Walsh au trombone, mais aussi à l’échantillonneur et aux commandes de ce groupe à deux faces. Le résultat est fascinant. On trouve en Walsh un soliste sobre et surtout un arrangeur très fin. Empruntant à la fois à toutes les tendances «funky» de la musique américaine (trip hop, funk, fusion), au jazz et aux univers plus abstraits, Walsh montre une connaissance des musiques de son temps et une sérieuse aptitude à les mélanger. Ouvertures grattouillantes et fondus enchaînés viennent bouleverser une musique sophistiquée remplie de réminiscences (dont In Walked Bud), d’arrêts et de reprises. La plupart des pièces sont d’ailleurs divisées en plusieurs plages (à la manière de la musique classique?) qui continuent, sans coupures évidentes, le développement d’un thème.

Du plus racoleur au plus difficile, Walsh se permet tout, simplement parce qu’il sait rendre fertiles les rencontres inusitées. Loin des parodies de genres, Walsh mélange les styles sans les diluer. En prime, la prise de son live est plus que convaincante. Épatant.

Épatant.