Paul Grégoire est un drôle d’oiseau; un de ces durs à cuire que, jamais, l’on ne mettra en cage. Fuyant comme la peste les itinéraires fléchés, et brûlant à grand renfort de rires carnassiers tous les feux rouges de la création, Paul Grégoire est un ovni décapant. Chanteur dégingandé, amateur d’alcools forts et trébuchants, saxophoniste hasardeux (à côté James Chance c’est du Mozart!), doté d’un humour féroce et d’une tendresse voilée, il y a du Bobby Lapointe dans ses histoires absurdes et dérapantes, du Red dans sa voix éraillée et du jazz dans ses reprises hilarantes de standards (Les feuilles mortes, Only You, Every Time We Say Goodbye…). Bref, un joyeux bordel organisé par quelques musiciens amis et familiers du collectif Ambiances Magnétiques (Michel F Côté, Jean Derome, Robert Langlois, René Lussier). Et comme chaque torchon trouve sa guenille, comme le chante si bien Grégoire, nul doute que de ce côté de l’Atlantique, quelques hurluberlus notoires sauront s’amouracher de la poésie lunaire et absurde de notre barde québécois. Hic hic hic hourra!