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The Feeling of Jazz in Jazzman

“Critique”, Franck Bergerot, Jazzman, no. 130, November 1, 2006
Wednesday, November 1, 2006 Press

Quoi de commun entre cette batterie, cette contrebasse, ces saxophones, cette flûte ou même cette voix qui proclame autant qu’elle chante? La truculence des timbres et des débits, des mélodies et des tempos. Une hâte joyeuse, jamais précipitée. Un enracinement qui est sève et bourgeonnement plutôt que sclérose. On pense à la graisse sonore d’un Hamiett Bluiett ou à la pensée zigzagante d’un John Tchicai, à la rondeur d’un Charles Mingus, à l’eclectisme et au bonheur de battre d’un Joey Baron. Dans son texte de présentation, Jean Derome s’excuse presque de ne rien inventer mais se réclame de la nécessité pour la musique de s’incarner. On l’excuse, lui et ses comparses, parce qu’ils nous font partager l’urgence brûlante qu’ils ont de rejouer Ellington, Sonny Clark, Cole Porter, Fats Waller, Jerome Kern, Lee Konitz ou Misha Mengelberg. La brutalité de la formule à trois est habillée d’arrangements discrets mais qui font la différence, ou parfois d’un simple élan straight-ahead qui n’appartient pourtant qu’à eux. (Roboratif)

Une hâte joyeuse, jamais précipitée. Un enracinement qui est sève et bourgeonnement plutôt que sclérose.