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Érick d’Orion

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  • Érick d’Orion in Voir

    “Expo Québec est mort, vive Humanorium!”, Catherine Genest, Voir, August 3, 2016
    Wednesday, August 3, 2016 Press

    Une fête foraine décalée réunissant BGL, Diane Landry, Érick d’Orion et plusieurs autres.

    L’étrangeté et l’esthétique vintage inhérente au monde des foires fait corps avec l’art actuel. Un exercice de développement de public tout simplement génial, rêvé puis concrétisé par les commissaires Vincent Roy (EXMURO) et Ève Cadieux.

    Imaginez: vous marchez paisiblement sur Grande Allée, sur la portion hors du buffets de discothèques, puis tombez nez à nez avec un enclos rouge et jaune, ses lumières qui scintillent à la nuit tombée et jusqu’à 23h, ses roulottes de gitans, l’odeur des hot dogs, son carrousel central métallique. Immédiatement appâté, et sans trop savoir de quoi il s’agit, vous faites vite de gagner le parc d’attraction, cette version tordue d’un parc éphémère de Beauce Carnaval, mais qui en reprend les mêmes codes esthétiques.

    «Quessé ça?»

    D’abord étrenné à Calgary en 2012, Le Carrousel du décadent et Ô combien ludique trio BGL se stationne dans le parc du MNBAQ pour d’innombrables tours de pistes à donner le tournis. Oserez vous déposer votre popotin dans le panier d’épicerie?

    Une autre héroïne locale, en la personne de la douce Diane Landry, présente pour sa part une œuvre mécanico-sonore intitulée Le bouclier magique. L’expérience, à la fois surnaturelle et relaxante, donne l’impression d’aller à la rencontre d’un gentil fantôme.

    Mais ce qui trouble, ce qui marque le plus, c’est Le Musée de la mort du singulier (vraiment un euphémisme!) photographe torontois Jack Burman. L’artiste canadien articule sa pratique vraiment deep autour d’un genre de dialogue entre le monde des vivants et celui d’outre-tombe. Ses œuvres, des portraits de gens décédés, glacent le sang tout en nous laissant avec une drôle de sensation d’apaisement au sortir de la caravane. On devine, ça fait drôle de l’écrire, que le croqueur d’images a un profond respect pour ses sujets inertes et souvent démembrés ou décapités.

    Je ne me souviens pas d’avoir été aussi dérangée par l’art, chose excessivement rare de nos jours puisque tous les tabous me semblaient transcendés jusqu’ici… D’autant plus qu’après coup, on m’a appris que le type ne retouchait pas ses photos. Ces couleurs surannées, ce sont les vraies!

    Vincent Roy et Ève Cadieux ont misé sur la peur, la curiosité, la fascination, pour bâtir ce corpus d’œuvres (essentiellement des installations) présentées jusqu’à ce dimanche le 7 août sur les Plaines d’Abraham.

    Je laisse le mystère planer quant aux autres propositions, toutes plus déconcertantes les unes que les autres, celle de Joan Fontcuberta étant même fortement déconseillées aux jeunes de moins de 18 ans. Je n’ai, moi-même, pas pu y rester longtemps.

    L’étrangeté et l’esthétique vintage inhérente au monde des foires fait corps avec l’art actuel. Un exercice de développement de public tout simplement génial

    Érick d’Orion in Le Journal de Québec

    “Entre l’inquiétant et le ludique”, Yves Leclerc, Le Journal de Québec, July 29, 2016
    Friday, July 29, 2016 Press

    Il n’y aura pas d’Expo Québec cet été, mais l’esprit de la fête foraine est bien en vie, jusqu’au 7 août, au parc du Musée national des beaux-arts du Québec.

    Oubliez les manèges traditionnels, les jeux d’adresse douteux et la barbe à papa, l’exposition Humanorium — L’étrange fête foraine, présentée par EXMURO arts publics, est un clin d’œil moderne au passé.

    Cet événement en art actuel, ouvert tous les jours, de 13 h à 23 h, propose neuf attractions mises sur pied par des artistes de Québec, Montréal, Toronto et Barcelone.

    On peut faire un tour dans un carrousel déjanté, fabriqué avec des clôtures de sécurité et des paniers d’épicerie, visiter un Musée de la mort, regarder des photos de gens qui manipulent leurs corps et qui s’affichent sur le web et se faire raconter une histoire ou sa destinée par une voyante à partir de cartes qu’elle a créées.

    Le Petit Acousmonium est une petite cabine où, dans la noirceur, on peut entendre un maelström sonore de sons liés aux parcs d’attractions.

    «J’ai fait de la capture de sons à La Ronde et dans la section manèges des Galeries de la Capitale, et j’ai enregistré des spectacles de feux d’artifice à Montréal pour en faire une masse sonore liée aux ambiances des fêtes foraines», a expliqué l’artiste Érick d’Orion.

    Regard sur l’être humain Vincent Roy, directeur général et artistique d’EXMURO, a eu l’idée de cette fête foraine hors du commun et gratuite, lors d’une visite à Expo Québec, avec sa fille, il y a sept ans.

    «On est allé dans une maison des horreurs dans une roulotte. Ça coûtait autour de 8$ pour deux personnes et la moitié des affaires ne fonctionnaient pas. Il n’y avait aucun feeling et c’était décevant. J’ai pu voir l’arrière du décor et ça m’a donné l’idée d’en faire une version artistique», a-t-il raconté, aujourd’hui, lors d’un point de presse.

    Une idée qui a été lancée, qui a évolué et qui a fait son chemin pour en arriver à Humanorium — L’étrange fête foraine.

    Vincent Roy croit que cette initiative a du potentiel pour se promener un peu partout à Québec, au Québec, au Canada et sur la côte Est américaine.

    «Je vois cette installation se bonifier et vivre durant 10 ans. C’est une exposition qui se situe entre l’inquiétant et le ludique. Humanorium, c’est un regard sur l’être humain, ses beautés et aussi ses failles. Il y a des malaises et des questionnements», a-t-il poursuivi, précisant que certains pavillons demandent une supervision parentale.

    «J’ai fait de la capture de sons à La Ronde et dans la section manèges des Galeries de la Capitale, et j’ai enregistré des spectacles de feux d’artifice à Montréal pour en faire une masse sonore liée aux ambiances des fêtes foraines», a expliqué l’artiste Érick d’Orion.

    Martin Bédard, Alexis Bellavance, Érick d’Orion, Georges Forget, Sarah L’Hérault, Danys Levasseur, Mark Lowe, Nataliya Petkova, Patrick Saint-Denis in Le Devoir

    “Porte d’entrée sur la musique actuelle”, Jérôme Delgado, Le Devoir, May 15, 2015
    Friday, May 15, 2015 Press

    Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, et ses sons non formatés, prend son envol.

    Il pleuvait à boire debout, ce lundi matin. Mais place Sainte-Victoire, espace de verdure au cœur de Victoriaville, rien ne semblait arrêter la musique. Si l’auditoire se faisait rare, les interprètes, eux, ou plutôt elles, ne cessaient de jouer. Elles? Des installations sonores, ou des machines de toutes sortes, si vous préférez, fabriquées avec des objets aussi dissonants que des portes de «chars», des piscines gonflables ou des… arbres.

    Il pleuvait et pleuvait lors de ce premier jour du volet arts visuels — n’ayons pas peur des paradoxes — du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). Volet distinct du reste de la programmation: le FIMAV ne débutait officiellement que trois jours plus tard.

    Les «installations sonores dans l’espace public» sont ici une chose bien à part. Pas besoin de billet d’entrée, ni d’horaire fixe, elles se découvrent presque au hasard d’une promenade. Ou d’une randonnée cycliste puisque, sur cette place Sainte-Victoire, dominent la «vélogare» et la Route verte — ou sentier Transcanadien.

    «La musique actuelle peut prendre d’autres formes qu’un spectacle. C’est ce que j’essaie de montrer, dit Érick d’Orion, artiste et commissaire depuis 2011 de l’exposition sonore du FIMAV. Beaucoup de compositeurs ont une pratique en installation et travaillent le son comme matière première.»

    Pour le festival, le volet visuel et sonore est une formidable vitrine. Et, plus que jamais en cette édition, une porte d’entrée. Sur le bord de la piste cyclable, une dizaine de portières de voitures trônent, bien debout, comme un monument coloré à la «cour à scrap». Il s’agit d’une installation signée Sarah L’Hérault, intitulée 124 portes de chars. Sa musique? Une bande qui émet les sons associés à cet objet, de l’alarme déclenchée par son ouverture au claquement émis par sa fermeture.

    «On venait à peine d’installer les portes qu’un cycliste s’est arrêté», confie Érick d’Orion, convaincu que l’homme, une fois descendu de son vélo, venait d’ouvrir ses oreilles à tout le festival. D’une certaine manière, selon le commissaire, les installations font aussi «connaître les formes de musique qui ne sont pas formatées». «Les gens rigolent, et c’est tant mieux.»

    Une grande part du succès de ces installations repose sur les groupes scolaires. En 2014, une trentaine d’entre eux étaient passés les voir. Lundi, malgré la pluie, des écoliers faisaient déjà le parcours. Selon Érick d’Orion, les enfants aiment à ce point leur visite qu’ils reviennent avec leur famille. Les statistiques du FIMAV ne disent pas le contraire: sur les 16 000 festivaliers de l’édition 2014, on considère que 11 000 se sont pointés place Sainte-Victoire.

    Diversité de propositions

    Érick d’Orion a retenu sept propositions, dont la majorité s’expérimentent en plein air. Il a voulu offrir une vaste étendue de ce qui se fait en musique, entre des compositions plus électroacoustiques, ce qu’il appelle le «old school», des œuvres «plus tape-à-l’œil» et d’autres davantage du type bricolage et animées par l’imprévu et l’accidentel.

    Place Sainte-Victoire, il y a bien un kiosque à musique, et c’est abrité sous son toit que le piano trafiqué, renversé et démembré par Nataliya Petkova laisse frapper ses marteaux. Pas loin de ce kiosque, le parc possède aussi sa piste de breakdance. C’est autour d’elle, cachés derrière une baie d’arbres, que résonnent les haut-parleurs de l’œuvre Duramen, de Martin Bédard et Georges Forget. Le titre de la pièce évoque la partie interne de l’arbre, et c’est donc celui-ci ou ceux-là qui s’expriment à travers des airs envoûtants, type new age.

    Dans un espace sous forme de rotonde, les passants découvriront Fenêtres, d’Alexis Bellavance. Il s’agit de trois bassins d’eau (des piscines gonflables) sur lesquels flottent des miroirs. Simple en apparence, l’œuvre est d’une belle complexité. La musique qui en émane, le déplacement des miroirs, le reflet du ciel, tout est relié et ces trois oasis d’eau forment tout un orchestre.

    Plus proches du spectacle, avec un début et une fin, les installations de Patrick Saint-Denis et de Danys Levasseur mettent en scène des androïdes musicaux. Celle du premier, à voir à la vélogare, offre une gigue à base d’accordéons. L’autre, à dénicher derrière un centre communautaire, est un festin audiovisuel basé sur la mécanique d’instruments nés par l’assemblage de déchets industriels. À la fin du numéro de Réserve phonique, on a presque le goût d’applaudir.

    On comprend que les écoliers veuillent y revenir.

    … et ses sons non formatés…

    Martin Bédard, Alexis Bellavance, Érick d’Orion, Georges Forget, Sarah L’Hérault, Danys Levasseur, Mark Lowe, Nataliya Petkova, Patrick Saint-Denis in La Nouvelle Union

    “Des installations sonores intrigantes et invitantes”, Manon Toupin, La Nouvelle Union, May 13, 2015
    Wednesday, May 13, 2015 Press

    Pour une sixième année consécutive, le FIMAV propose, dans sa programmation, des installations sonores dans l’environnement du parc Sainte-Victoire. C’est l’occasion de découvrir des créations intrigantes, mais aussi invitantes.

    Le circuit propose cette année sept arrêts afin d’apprécier des œuvres musicales qui viennent s’intégrer à l’environnement. Les artistes ont opté, en grande majorité, pour des objets de la vie courante avec lesquels ils sont parvenus à créer une poésie musicale. Le commissaire aux installations, Érick d’Orion, a expliqué que l’équipe prenait de l’expérience en la matière. «Cette année, on remarque aussi moins de complexité technique», a-t-il souligné.

    Il faut dire qu’il n’est pas nécessairement évident de trouver des artistes prêts à venir installer leurs œuvres pour le FIMAV. Le fait que quatre d’entre elles soient installées à l’extérieur, faisant face aux intempéries, peut en décourager certains. Aussi, ces installations sonores sont destinées, en majorité, à un grand public qui n’est pas nécessairement habitué à ce genre artistique.

    Érick a donc opté pour des œuvres simples qui captent rapidement l’attention des passants. «Il faut des installations accessibles, ajoute-t-il, et solides lorsqu’elles sont installées à l’extérieur.»

    Pour le commissaire, le rêve serait d’approcher les artistes une ou deux années à l’avance et leur attitrer un endroit spécifique. Ainsi, l’œuvre serait réalisée spécifiquement pour le lieu. Déjà cette année, deux installations ont été faites de cette façon. Il y a 124 portes de chars de Sarah L’Hérault et Duramen de Martin Bédard et Georges Forget qui répondent à ces critères.

    Les installations sonores ont été montées sous la pluie dimanche dernier, et il a fallu attendre mercredi matin avant que le beau temps soit de la partie. À ce moment, les groupes d’élèves ont commencé leur visite du circuit, appréciant chaque œuvre expliquée par des bénévoles chevronnés. En tout, 31 groupes scolaires ont réservé une visite (le même nombre que l’an dernier) et on espère 12 000 visiteurs, tout comme en 2014.

    Une visite du circuit

    Les passants seront peut-être attirés par les portières de voitures, installées tout près de la piste cyclable. Il s’agit de l’œuvre de Sarah L’Hérault présentée en première mondiale et intitulée 124 portes de chars. Il s’agit en fait de huit portières de vieilles voitures installées aux abords de la piste, qui émettent toutes un son différent. Ça peut être un bruit de déverrouillage, un klaxon, un démarreur, bref des sons reliés aux véhicules automobiles. Le tout présenté dans un ordre qui en fait une joyeuse mélodie. «C’est un peu la porte d’entrée des installations sonores», dit Érick en souriant.

    Les visiteurs voudront peut-être poursuivre le circuit dans la salle d’exposition de la Bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot qui accueille l’œuvre de Mark Lowe intitulée Singularity. Il s’agit d’une vidéo sonore un peu hypnotique qui présente un double vortex. Dans le noir presque total, une vidéo propose un premier vortex, créé par le retrait d’un bouchon dans une baignoire pleine d’eau. Une trame sonore, diffusée par des bandes magnétiques, vient ajouter à l’ambiance qui invite à la réflexion.

    Installations sonores

    Du côté de l’agora (derrière la bibliothèque), Duramen intrigue les passants. L’œuvre, composée par Martin Bédard et Georges Forget, n’est que sonore. Rien à voir. Il ne faut que s’installer au milieu de l’agora et se laisser entourer par la composition des deux musiciens. Les haut-parleurs ont été cachés dans la haie qui donne un effet «surround». «C’est du cinéma pour les oreilles, une allégorie du bois et des arbres», ajoute le commissaire. D’où le nom de l’œuvre «Duramen» qui est la partie interne de l’arbre. Une installation sonore électroacoustique enveloppante qu’il faut expérimenter sans faute.

    Le kiosque à musique, de son côté, propose Composition en V+ de Nataliya Petkova. Il s’agit de deux pianos, les tables d’harmonie plus précisément, réduits à leur plus simple expression. Avec des moteurs, les cordes présentent des sons et une discrète mélodie.

    Derrière la Vélogare, c’est l’installation d’Alexis Bellavance qui attire l’attention. Elle est formée de trois petites piscines munies chacune d’un haut-parleur et d’un miroir. Le visiteur pourra donc entendre ce trio inhabituel où l’eau vient aussi amplifier les sons de grenouilles et d’eau. L’œuvre s’intitule simplement Fenêtres puisque le miroir vient refléter le ciel comme s’il s’agissait d’une fenêtre.

    Dans la Vélogare, c’est Patrick Saint-Denis qui a installé Pentafold. Une joyeuse œuvre formée de cinq accordéons (tous identiques) et qui viennent former un chœur robotisé. Un élaboré système informatique permet de présenter une pièce puis des pauses ou les accordéons soupirent en même temps avant de reprendre le boulot et animer les amateurs.

    Finalement, il ne faut pas manquer la saveur locale des installations sonores, du côté du Centre Emmaüs. Présentée en première mondiale et en collaboration avec le Grave, l’installation du Chestervillois Danys Levasseur impressionne. Avec ses cinq sculptures sonores qui offrent une pièce musicale d’une quinzaine de minutes. «Danys a mis quatre années de travail avant de présenter sa première installation et sa composition Réserve phonique», explique Érick d’Orion.

    Une installation sonore électroacoustique enveloppante qu’il faut expérimenter sans faute.

    Érick d’Orion in Voir Québec

    “Critique”, Catherine Genest, Voir Québec, November 14, 2013
    Thursday, November 14, 2013 Press

    Plus qu’une trame de fond, la musique de Bach se fera entendre au-delà des enregistrements sur lesquels on pèse sur play. Érick d’Orion, figure de proue de l’art audio à Québec, y signe pour une première fois des compositions dédiées à un spectacle de danse contemporaine. Loin de se contenter d’un simple remixage, d’Orion s’est approprié Bach et l’a façonné comme on concasse la pierre sortie d’une carrière. Des créations originales au-dessus desquelles flotte le fantôme de Johann Sebastian.

    Érick d’Orion, figure de proue de l’art audio à Québec, y signe pour une première fois des compositions dédiées à un spectacle de danse contemporaine.

    Érick d’Orion in Le Devoir

    “Plus que juste un peu”, Sylvie Nicolas, Le Devoir, October 16, 2012
    Tuesday, October 16, 2012 Press
    La chute du piano a de quoi ravir dans son assemblage ludique de sons, de présences, d’images, de voix, de texte et d’espace.
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