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  • Le bal in Voir

    “La Fanfare Pourpour”, Olivier Robillard Laveaux, Voir, March 18, 2004
    Thursday, March 18, 2004 Press

    En 1975, l’Enfant Fort est devenue sur le Plateau-Mont-Royal une fanfare symbo lique de la contre-culture; une forme orchestrale évoluée pour qui le temps ne semble pas avoir d’existence. Jouant dans les rues pour les enfants, les nouveaux mariés et les vieilles sur leur balcon, pour eux, seuls la fête et le plaisir comptent. Se rebaptisant ensuite Pouet Pouet Band, Montréal Transport Limité et aujourd’hui La Fanfare Pourpour, la troupe de musiciens (environ une quinzaine, âgés entre 18 et 63 ans) lance le lundi 22 mars au Lion d’or son deuxième album, sous la direction de Jean Derome. Intitulé Le bal, il vous transporte avec finesse grâce à ses valses et ses airs aux accents jazz; cajun et swing. Un amalgame chavirant et rafraîchissant qui jouit d’un engouement renouvelé en ce 21e siècle.

    Un amalgame chavirant et rafraîchissant qui jouit d’un engouement renouvelé en ce 21e siècle.

    Le bal in Ici Montréal

    “Fanfarons”, Patrick Baillargeon, Ici Montréal, March 18, 2004
    Thursday, March 18, 2004 Press

    Qui ne connaît pas la Fanfare Pourpour? Qui n’a jamais vu cette joyeuse bande à une occasion ou une autre? Collectif à géometrie variable, la Fanfare est le meilleur remède contre la morosité et les jours de cafard, toujours partante pour jouer partout, pour une cause qui lui tient à cœur ou tout simplement pour le plaisir de faire de la musique entre amis et en famille. Parce que, depuis ses debuts en 1975 (sous le nom de L’Enfant Fort puis du Pouet Pouet Band), cette fanfare est surtout une histoire d’amour et d’amitié. Une longue histoire de sons et de sens, marquée parles allées et venues d’un tas de musiciens et de tripeux, une histoire qui dure encore aujourd’hui avec la sortie du bal, deuxieme album du collectif. La Pourpour, c’est un collectif mais c’est d’abord une gang de chums qui ne cesse de grandir,insiste Lou Babin, accordeoniste et membre de la première heure avec quelque huit autres musiciens toujours à bord. La Pourpour, c’est une histoire d’amitié et de projets communs. C’était ça au départ, et ça l’est toujours aujourd’hui. Reste que, si le passé nous a tissés, c’est ce qu’on fait aujourd’hui qui nous définit.»

    Le bal, voilà ce qu’elle fait aujourd’hui,la troupe. Et elle valse. Elle valse entre le swing, le jazz de Nouvelle-Orleans, le cajun, le ragtime, la chanson française et la musique klezmer ou arabe avec une belle aisance et un plaisir toujours contagieux. «Avec ce disque, on est en train d’écrire une autre page de l’histoire de la Pourpour, s’enthousiasme Lou. Il y a plus de chansons, plus d’improvisation, plus de couleur aussi. Le plus étonnant, c’est qu’on a enregistre tout l’album live en sept jours! On voulait le feeling d’un concert ou d’une répétition et c’est Jean Derome, qui fait partie de la Fanfare, qui a dirigé un peu tout ça. Il a amené beaucoup de calme et d’humour en studio. Y’a une espèce de spontanéité qui nous sied bien dans toute cette entreprise, poursuit la musicienne. Un album, c’est une empreinte, un témoignage et, ce disque, on trouve qu’il représente bien ce qu’est la Fanfare aujourd’hui. Avec Le bal, on sent qu’on n’a pas terminé et que l’aventure risque de se poursuivre encore longtemps.»

    … la Fanfare est le meilleur remède contre la morosité et les jours de cafard…

    Le bal in La Presse

    “Musique pourpour tous!”, Aleksi K Lepage, La Presse, March 2, 2004
    Tuesday, March 2, 2004 Press

    Il était une fois dans les années 70… Au cœur du Plateau Mont-Royal, alors encore grouillant d’authentiques bohèmes, s’attroupaient tous les samedis après-midi quelques musiciens — plus ou moins improvisés — pour aller défiler dans les rues avec trompettes, guitares et tambours, sous les yeux des passants amusés et des autorités suspicieuses.

    Pour ces étranges menestrels, il était plus important d’être ensemble et de s’éclater que de savoir vraiment bien jouer. C’était d’ailleurs un jeu; ils jouaient à la musique. C’étaient les belles annees de L’Enfant Fort, rassemblement originel qui va devenir, après 1000 transformations, la Fanfare Pourpour telle qu’on la connaît aujourd’hui.Ils sont 15 «fanfarons» en tout. C’est-à-dire 16, depuis hier, puisque la charmante Mara Tremblay vient d’ajouter son nom à côte de ceux de Lou Babin, Jaco Duguay, Jean Derome, Jonas Slowanski, Luc Proulx, Nemo Venba et les neuf autres qu’on ne peut malheureusement nommer, question d’espace. La plupart sont issus de L’Enfant Fort et d’autres regroupements éclatés comme la Pouet Pouet Band et Montréal Transport Limité. Sont venus les rejoindre plus récemment quelques jeunes musiciens attirés par l’aventure. Pourpour couvre donc trois générations, l’aîne ayant soufflé ses 68 chandelles et le cadet n’ayant vu passer que 23 printemps.

    En guise d’ambassadeurs, Babin, Proulx et Derome ont bien voulu accueillir un journaliste pour promouvoir la parution de leur deuxieme album intitulé Le bal, qui sera lancé dans le monde au Lion d’or jeudi prochain. Deux disques en 30 ans? On ne pourra les accuser de surexposition. «On n’a jamais pensé en termes de réussite; au départ, ce n’était pas notre projet de faire des disques, explique Babin. On faisait de la musique pour les gens, en plein milieu de la rue. Des fois, on bloquait la circulation. On allait jouer comme ca, juste parce qu’il faisait beau. On allait répéter dehors, au grand plaisir des gens. On voulait leur donner le goût de faire de la musique.

    Proulx se rappelle qu’au tout début, rue Duluth, n’importe qui voulait participer à l’expérience, avec n’importe quel instrument jusqu’à des chaudrons, si bien qu’ils ont dû être selectifs: «Il y avait des gens qui voulaient faire de la musique avec nous, mais ça ne marchait pas. C’était cruel parfois, on commençait à nous trouver un peu «sectaires». C’est une question d’affinité.

    Les cancres n’entrent pas dans la Fanfare Pourpour, mais Babin admet que, si elle apprécie le jeu d’un musicien, elle doit d’abord aimer sa personnalité.

    Jean Derome, compositeur multi-instrumentiste accompli et improvisateur très respecté, agit pour ce nouveau disque en tant que grand superviseur. II s’opère selon lui, qu’importe que les musiciens soient professionnels ou amateurs, une sorte de magie au sein de la Fanfare: «On arrive a un jeu d’ensemble qui dépasse la performance, dit-il. Le fait qu’un musicien soit très bon ou un peu moins bon n’a pas d’importance. On a enregistré tout le monde ensemble, on n’a pas mis d’écouteurs, on enregistre comme on pratique. Ça sonne super bien comme ça.»

    Musique du peuple

    Ils n’iront pas nécessairement faire leur numéro sur les planches du Téléthon de la dystrophie musculaire, mais les gens de la Panfare n’en demeurent pas moins doucement engagés, certains enjeux sociaux leur tiennent à cœur: «On joue pour les causes qui nous touchent et qui nous préoccupent, précise Proulx, par exemple la Journée sans auto. C’est vrai que c’est une bonne idée d’enlever ces paquets de voitures de notre centre-ville une fois de temps en temps.» On a pu les voir et les entendre dans les tentes de l’ATSA (Action terroriste sociaiement acceptable) au parc Émilie-Gamelin ou—si vous êtes vraiment mal pris dans la vie—à la Old Mission Brewery. «C’est une façon d’aider un peu, comme on peut, de faire sourire, d’aileger la souffrance», ajoute Babin.

    Leur musique est d’ailleurs proche du peuple, populaire dans le sens premier, dans le sens de noble. Des airs faciles a fredonner, sans artifices, parfois dansants, parfois mélancoliques (souvent les deux en même temps), une musique qui emprunte à certaines traditions européennes et qu’on dirait presque anti-techno, comme une sorte de folklore qui n’a pas tout à fait existé: «C’est la musique du peuple, qui vient du peuple, mais ce n’est pas la musique qu’on vend généralement au peuple», dit Derome, qui déplore ces nouvelles manufactures de vedettes à la Star Académie: «On fonctionne de plus en plus par sondages. Ça donne l’impression aux gens d’avoir vraiment choisi. Vous avez voté pour tel ou tel? Maintenant, achetez son disque, venez voir son show. J’ai l’impression que les gens qui votent à Star Academie pensent avoir enfin de l’influence, plus qu’en politique.»

    Ces boomers atypiques sont-ils nostalgiques? Regrettent-ils les folles annees 70? Pas tout à fait, même si Proulx admet que le Plateau Mont-Royal, où tout a commencé, a beaucoup changé, et pas pour le mieux, lui qui vivait alors dans un logement de 45,50$ — qui doit coûter 4550$ aujourd’hui, en exagérant à peine!

    Pour Derome, le fameux «esprit du Plateau» n’est plus qu’une espèce de piège à touristes, d’autres choses se feront ailleurs d’où il émergera des phénomènes aussi gratuits, jouissifs et spontanés que L’Enfant Fort de 1975. En attendant, l’aventure Pourpour continue, vers Dieu sait quoi. Sans doute la Fanfare va-t-elle gagner, par ce nouveau disque débordant de chaleur et de sincérite, les cœurs d’un jeune public fatigué par la chanson pop usinée.

    … ce nouveau disque débordant de chaleur et de sincérite…
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