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  • Où est-il donc ce rêve? in Touching Extremes

    “Review”, Massimo Ricci, Touching Extremes, December 25, 2016
    Sunday, December 25, 2016 Press

    I recall Joane Hétu’s activity with Wondeur Brass — a respectable band — countless years ago, then lost track of the coordinates. Largely unaware of the Quebecois’ subsequent operations, I gladly devoted myself to the analysis of this CD, comprising a 57-minute work for an a cappella ensemble (12 voices) instructed and directed by Hétu.

    This occasionally theatrical phonetic patchwork caused mixed reactions. Joker — described as a “chorale bruitiste” in the presentation — is a sort of poor man’s avantgarde choir, featuring a good number of spoken snippets (a little too many for my liking) and improvised sections merged with composed parts and out-and-out songs. You take what it gives according to your personal inclinations which, depending on the moment, could mean an elastic-minded acceptation, an approving nod, or a thorough refusal.

    Genuinely praiseworthy are the tangled counterpoints (often of the involuntary kind) and a few remarkable harmonic fluctuations enriched by an indisputable human warmth. Archetypal expressions related to astonishment, playfulness or inquietude are more reminiscent of certain shopworn traditions of “cultivated avant-vocalism”, and quite ostentatious in that sense. Finding hints to newness (and real interest) in there becomes harder, although the cultural values and the overall consciousness remain intact.

    Où est-il donc ce rêve? would possibly earn a better mark had this reviewer experienced Joker in a live context, where the probability of a deeper individual involvement is high; this debut album is just a recorded demonstration of what they do. Surely over average, but not necessarily one to return to in a hurry.

    Genuinely praiseworthy are the tangled counterpoints (often of the involuntary kind) and a few remarkable harmonic fluctuations enriched by an indisputable human warmth.

    Joane Hétu in Le Devoir

    “La constance s’appelle Joane Hétu”, Serge Truffaut, Le Devoir, December 17, 2016
    Saturday, December 17, 2016 Press

    S’il fallait baptiser la constance, autrement dit lui choisir un nom propre, alors Hétu Joane, avec un n seulement au prénom et sans h, conviendrait à merveille. Oui, à merveille. Car cette femme qui est [saxophoniste], compositrice, animatrice, bruitiste — oui ça existe! — est également productrice déléguée de l’étiquette montréalaise Ambiances magnétiques depuis une bonne trentaine d’années. En d’autres mots, 30 ans, c’est un bail quasi emphytéotique.

    Cette longueur de temps permet par ailleurs d’avancer ceci: chez Joane Hétu, la constance se conjugue avec l’opiniâtreté. À l’évidence de ce trait de caractère, il en aura fallu des doses. On exagère? Nenni!

    Au fil du temps évoqué et si l’on a bien compté, Hétu a mis la main à la pâte sur environ 250 albums. Quand on sait combien il est très difficile de maintenir le cap lorsqu’on est à la barre d’une maison qui a une conception de la culture qui n’est pas celle des industries culturelles, celle dominée par la conception économique dite de l’achalandage, on se dit que 250 disques égalent autant de luttes. De combats incessants.

    Et dans quel but? Afin de donner leurs places aux musiques actuelles, de mettre la lumière sur les artistes qui combinent la musique contemporaine, le free-jazz, les folklores, l’improvisation… En un mot comme en mille, afin d’accorder toute sa place à la liberté. Celle de l’artiste, il va sans dire.

    Soyons honnête, voire franc du collier: des musiques actuelles, on ne connaît vraiment pas grand-chose. Mais voilà, comme on est un affreux privilégié — on reçoit leurs productions —, on a constaté, au fil des écoutes, que cette étiquette montréalaise était plus intéressante qu’ECM. On ne dit pas meilleure, mais bel et bien plus intéressante. Chez ECM, il y a toujours eu un «p’tit» côté BCBG qui explique, peut-être, une certaine timidité devant tout ce qui a trait à la prise de risque que commandent les musiques actuelles.

    On peut être agacé, interloqué, imperméable à cette esthétique, reste qu’elle est l’écho sonore d’un monde dont ses artisans s’appliquent à démonter la complexité. Au ras des pâquerettes, cela s’est traduit par ceci: la publication toute récente de Joker – Chorale bruitiste, sous la direction de Joane Hétu et de l’Ensemble SuperMusique fondé et animé par Danielle Palardy Roger.

    Pour reprendre les mots d’Hétu: «Joker s’intéresse aux sons marginaux, aux défaillances vocales, aux territoires périphériques, aux interstices entre les tons afin d’accéder à un chant choral, non par le biais du répertoire, mais par celui d’une langue à inventer.»

    À cela, on ajoutera que certains des textes déclinés par Joker, qui rassemble douze chanteurs plus un narrateur également chargé des ambiances sonores, sont inspirés du Livre des étreintes d’Eduardo Galeano (Lux éditeur) et de La fin des temps d’Haruki Murakami (Points).

    Quant à l’Ensemble, il regroupe 20 instrumentistes, plus 4 chanteurs, dirigés par Roger et [Jean] Derome. Ils détaillent quatre compositions excédant chacune les 10 minutes. Que ce soit avec Joker ou avec l’Ensemble, la déstabilisation, l’aventure, l’étonnement sont au rendez-vous. On ferait un film muet aujourd’hui que ces albums seraient les compagnons parfaits aux images. Car c’est peut-être cela, Ambiances magnétiques, la traduction sonore de toutes les images du monde mondial.

    … la déstabilisation, l’aventure, l’étonnement sont au rendez-vous.

    Où est-il donc ce rêve? in SilenceAndSound

    “Critique”, Roland Torres, SilenceAndSound, December 6, 2016
    Tuesday, December 6, 2016 Press

    Joker est une chorale montréalaise pas comme les autres, prenant les mots pour les faire glisser sur les pages blanches de livres en mouvement.

    Dirigées par Joane Hétu, les 13 voix nous entrainent dans un monde imaginaire fait de balancements et de souffles, d’instants en suspension et de brouillages sonores, où les bruissements se transforment en contes poétiques aux dérives surréalistes.

    Les mots ne sont pas les seuls éléments au centre de Où est-il donc ce rêve?, les intonations, les caquètements, les rires et les onomatopées font aussi partie du voyage, transformant les histoires en instants abstraits, où le rêve, thème central de ces 19 titres, cherche à prendre la poudre d’escampette, pour fuir la nuit et rejoindre une fiction plus profonde, aux frontières oniriques pour opéra absurde aux borborygmes nocturnes tourbillonnants. Fascinant.

    Fascinant

    Spam Me in Vital

    “Review”, Dolf Mulder, Vital, no. 1060, December 5, 2016
    Monday, December 5, 2016 Press

    You may know Quebec-based François Couture for his work as a reviewer of experimental music for his blog Monsieur Delire. He stopped this blog in 2015. One of his last sentences on his blog: “After 20 years of journalism, I finally felt ready to make music instead of writing and talking about other people’s music”. And ends announcing his first musical statement Spam Me, “based on comments published by spambots on this blog through the years”. Why wait so long I asked myself after having a good time with this record which I found a very amusing and worthwhile trip. Yes Couture is ready to make his own statement. The ‘songs’ are constructed from field recordings, noisy textures and some added instruments, plus let’s not forget the voice of Couture. There is a pleasant free anarchistic spirit at work here. Some of the stuff is hilarious, some of it deadly serious. In each track Couture plays a variety of instruments and is helped out by one or more of his mates. Most of the compositions are by Couture. The rest mentions other players as co-writers. Tracks like Moncler Uomo start from a classical Canterbury-RIO aesthetic. Also the title track is evidently inspired from this tradition. Osady Sciekowe again sounds very European and brings Peter Hammill to my mind. Other tracks like the opening piece Payday Loans are a noisy collage, or of a very different nature. You Left Me and You Took All of My Hammill Records, Baby, Now I’m All Alone with My VDGG Cold-Turkey Blues is the most abstract track on this record. A sound work of flutes, voices and objects. To conclude, Couture takes some very directions on his debut album. Whatever he is doing his music is organic, spirited and enjoying.

    … his music is organic, spirited and enjoying.

    String Quartet No. 3; Unhörbare Zeit in WQXR

    “Alex Ross’s current obsessions: Jürg Frey, String Quartet No3”, Alex Ross, WQXR, November 6, 2016
    Sunday, November 6, 2016 Press

    Jürg Frey belongs to the Wandelweiser group of composers, who tend to write slow, quiet, sparse music, interspersed with significant silences. Frey’s Third Quartet is to some extent a typical Wandelweiser creation, with dynamic markings that range from pp to ppppp. Less typical is the whispery voluptuousness of the harmony, which sometimes recalls Schreker or early Schoenberg. This is music of enveloping mystery and enigmatic beauty.

    This is music of enveloping mystery and enigmatic beauty.
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