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empreintes DIGITALes

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  • empreintes DIGITALes

    Sylvain-Claude Filion, SOCAN — Le Compositeur Canadien, no 2:3, 1 juin 1991

    Originaire de Montréal, d’esprit vif et dynamique, Jean-François Denis dorlote un bébé qui grandit très vite: l’étiquette empreintes DIGITALes, consacrée à la musique électroacoustique et lancée en janvier 1990.

    Pour cet ex-enseignant de l’Université Concordia qui a été parfaire ses connaissances au Mills College de Californie, la naissance d’empreintes DIGITALes n’est pas le fruit du hasard. «L’intention était vieille, explique Denis, c’est un projet que j’avais depuis quelques années. Il a commencé à se concrétiser en août 1989 lors de l’obtention de nos premières bourses.»

    Appuyé par le musicien Claude Schryer, Denis a créé l’étiquette pour combler un besoin. «II y avait des chefs-d’œuvre au Canada en musique électroacoustique et il n’y avait absolument aucun moyen de les entendre, sauf si le hasard nous plaçait dans la bonne ville un soir où se déroulait un concert.»

    En créant leur propre étiquette, Denis et Schryer mettaient sur pied la première compagnie de disques indépendante de musique électroacoustique en Amérique du Nord. «Naturellement, on vit de subventions, s’il n’y en avait pas, on pourrait difficilement se lancer dans la production de disques», de préciser Denis. C’est pourquoi les six premiers albums mis sur le marché, grâce au Conseil des Arts du Canada, ne regroupent pratiquement que des artistes canadiens. «II y avait du rattrapage à faire, bien sûr, mais nous voulions aussi monter un catalogue assez rapidement, afin de mieux convaincre les distributeurs et les détaillants.» Les six albums sont: Ligne de vie: récits électriques, consacré à l’œuvre de Christian Calon; Lieux inouïs, qui regroupe cinq œuvres de Robert Normandeau; Volt d’Alain Thibault, qui réunit huit pièces pour piano MIDI, soprano, quatuor de saxophones et bande; Électro clips, un disque collectif qui comprend 25 pièces de compositeurs de divers pays durant chacune trois minutes; Action/Réaction, qui regroupe des œuvres interactives de Daniel Scheidt, de Vancouver, et Anecdotes, qui illustre les œuvres du compositeur Yves Daoust s’étalant sur plus de dix ans.

    C’est la compagnie Scandinavian Record Import (SRI), basée à Peterborough (ON) et le Centre de musique canadienne qui distribuent les disques d’empreintes DIGITALes. Grâce à des contacts personnels, les disques sont aussi distribués en France, en Belgique, au Luxembourg, dans les Pays-Bas, au Japon, dans le Royaume-Uni et aux États-Unis. «Nous sentons un succès certain, affirme Denis, le fabriquant vient de nous livrer le second tirage de nos premiers disques, qui avaient été pressés à 1000 copies chacun. Électro clips, paru en novembre, était épuisé six mois à peine après sa sortie.»

    Difficile de confiner la musique électroacoustique dans une case précise. «Pour moi, d’expliquer Denis, l’électroacoustique est une musique qui s’intéresse au timbre sonore avant tout. Une musique qui va au-delà de la matière sonore, en scrutant l’intérieur pour articuler ces timbres sonores. Mais ce n’est pas de la musique de laboratoire, le produit est décanté.»

    Non seulement l’électroacoustique semble vouloir être de plus en plus accessible, mais elle décroche même des succès à la radio! Électro clips a été le #1 sur le «Top 40» de la station communautaire CITR de Vancouver. Radio-Canada fournit aussi un appui solide quant à la radiodiffusion.

    Pour Jean-François Denis, le futur est chargé de projets. On élabore déjà une série de huit ou neuf disques qui ne comprendront que quelques pièces et qui seront diffusés à très bas prix. «C’est vrai que la réimpression de nos disques laisse entrevoir une rentabilité, et pourra renforcer notre autonomie, mais il ne faut pas se leurrer: on reste un produit hautement marginal.»

    … la naissance d’empreintes DIGITALes n’est pas le fruit du hasard.

    On the Edge

    Sylvain-Claude Filion, SOCAN — Canadian Composer, 1 juin 1991

    In January 1990, Montréal composer and ex-Concordia University professor Jean-François Denis fulfilled a long dormant dream of creating a label devoted exclusively to electroacoustic music. Now 18 months later, empreintes DIGITALes (for “digital imprints” or “impressions”) has released six compact discs.

    Denis and his partner Claude Schryer started North America’s first independent electroacoustic label to fill a perceived need: “We saw all these Canadian electroacoustic masterpieces that nobody could hear unless they were in the right town on the night of a concert,” Denis recalls. The company operates with substantial assistance from the Canada Council for the Arts: “Without them, we could hardly get involved in record production at all.”

    The first six titles are Ligne de vie: récits électriques, devoted to works by Christian Calon; Lieux inouïs, featuring five works by Robert Normandeau; Volt, a group of eight works for MIDI piano, soprano, saxophone quartet and tape by Alain Thibault;

    Électro clips, a collection of 25 electroacoustic “snapshots” by composers from various countries; Action/Réaction, featuring five interactive works by Vancouver’s Daniel Scheidt; and the newly released Anecdotes, a group of compositions by Yves Daoust.

    empreintes DIGITALes releases are distributed by Scandinavian Record Import (SRI) of Peterborough, Ont., and through the Canadian Music Centre, as well as in France, the Benelux countries, Japan, the UK and the US. “Our manufacturer has just delivered the second pressing of our first discs; of which 1,000 copies had been made initially,” says Denis. “And Électro clips, released last November, sold out in six months.”

    How would Denis classify electroacoustic music? “It’s hard to place it in a specific category. It’s music that puts the emphasis on timbre before anything else. Yet it’s not laboratory music: the final product is sophisticated.”

    Denis is full of plans. He is currently working on a series of records of longer pieces to be sold as cheaply as possible. But he remains realistic: “Of course, the second pressing of our original recordings indicates a degree of profitability and could help me financially. But let’s face it, what we’re selling remains very much a fringe product.”

    … North America’s first independent electroacoustic label…

    Electro Traces Canadian Tour

    James Harley, Computer Music Journal, no 15:2, 1 juin 1991

    Electro Traces took place from 22 February through 9 March, 1991, and was the first pan-Canadian concert tour of electroacoustic music. The tour was realized by the Montréal-based group DIFFUSION i MéDIA, who also produce the empreintes DIGITALes series of CDs, several of which have already been reviewed in the journal. The Electro Traces tour featured the work of several Canadian composers and performers, including works by Christian Calon, Robert Normandeau, Alain Thibault, Claude Schryer, Jean-François Denis, and Daniel Scheidt. Seven concerts were held in cities from Vancouver in the west to Quebec City in the east. A custom “sonic diffusion” system was designed for the tour for real-time spatialization of the performances using the “acousmatic” techniques pioneered by the GRM in Paris.

    … the first pan-Canadian concert tour of electroacoustic music.

    Or séries

    André Major, Son hi-fi vidéo, 1 mai 1991

    Pour les compagnies de disques, la période des fêtes est synonyme de grande joie. Malheureusement, cette période de l’année ne fait pas que des heureux; plusieurs séries d’importance sont victimes de négligence «criminelle» et sont oubliées à la faveur d’artistes populaires qui, plus souvent qu’autrement, ne méritent pas autant de considération. Question de se faire bonne conscience, votre humble serviteur vous offre l’occasion de vous repentir et présente sans plus tarder trois séries dignes de mention.

    […]

    empreintes DIGITALes

    J’ai consacré une petite place à l’étiquette québécoise empreintes DIGITALes lors du dernier numéro. En fait ce label mérite beaucoup plus d’attention. Pour faire une longue histoire courte, je me suis familiarisé avec les gens du label empreintes DIGITALes lors du festival Montréal Musiques Actuelles (New Music America) de novembre dernier lors du lancement de l’album Électro clips. S’inspirant de la technique du vidéo-clip, chaque pièce est présentée sous la forme de vignettes de trois minutes; Électro clips est en ce sens l’album rêvé pour celui qui désire s’initier à la musique électroacoustique. Le plus récent album de cette série est Action/Réaction de Daniel Scheidt. La musique de Scheidt est très évoluée, elle donne à la voix humaine une place qui est trop souvent négligée par ce genre musical. J’aime beaucoup. Trois albums complètent cette série innovatrice, soit Ligne de vie: récits électriques de Christian Calon, un album réalisé dans la pure tradition électroacoustique, Lieux inouïs de Robert Normandeau qui est le médium parfait de la musique pour cinéma et enfin Volt d’Alain Thibault qui présente le compositeur le plus «branché» de cette ambitieuse maison. Le prochain album sous étiquette empreintes DIGITALes, Anecdotes, d’Yves Daoust, est prévu pour juin.

    En fait ce label mérite beaucoup plus d’attention.

    Nouvelles empreintes musicales

    Philippe Ménard, Spirale, no 105, 1 avril 1991

    Après avoir voulu produire à compte d’auteur mon disque les Contes électroniques en 1987 et m’être totalement cassé la gueule dans cet impitoyable marché, j’ai voulu rencontrer quelques-uns de ceux qui, malgré l’hostilité ambiante, continuent de faire de la production indépendante de disques et de cassettes. J’ai rencontré les représentants des trois jeunes étiquettes qui me paraissaient les plus dynamiques du côté des musiques marginales: Michel F Côté pour Ambiances magnétiques, Jean-François Denis et Claude Schryer pour empreintes DIGITALes et Pierre Moreau pour Zénobie.

    Trois étiquettes pour trois créneaux musicaux presque exclusifs. Ambiances magnétiques pour les musiques populaires marginales, presque toujours à «beat», puise pour une large part dans la tradition de la musique improvisée, empruntant plusieurs de leurs traits musicaux tant au jazz qu’à l’écriture électroacoustique, mélangeant avec plaisir sons acoustiques et électroniques, naturels et culturels, forge dynamique d’un idiome hybride indissociable du concert ou de l’interprétation live. empreintes DIGITALes pour les musiques électroacoustiques savantes, musiques à trames comme les précédentes sont à beat, plus tenues, moins hachées, musiques très introspectives, psychologiques, promenades intérieures la plupart du temps dramatiques, pleines de surprises «catastrophiques» au détour des montages, musiques timbrales, colorées, très culturelles aussi par la présence et l’exploration de citations du répertoire, musiques selon un éventail qui va du style GRM (Groupe de recherches musicales de Paris) un peu académique à l’électropop sophistiqué. Enfin Zénobie, pour la musique de théâtre, musique d’application comme au cinéma, puisant ses traits évocateurs tant dans le répertoire du vingtième siècle que dans les idiomes jazzés, répétitifs, électroacoustiques, nouvel-âge même.

    J’ai volontairement négligé toutes les étiquettes institutionnelles à vocation pédagogique. Elles sont nombreuses, car presque toutes les grandes écoles de musique de Montréal ont la leur. J’ai voulu m’intéresser aux jeunes créateurs/entrepreneurs indépendants, davantage investis dans la diffusion publique des œuvres enregistrées. Dans ce contexte, la seule étiquette qui manque vraiment à mon tableau de chasse est Amplitude, pour le créneau jazz.

    Une première constatation générale: ces «labels» existent parce que, tels des drapeaux, ils flottent au-dessus de territoires inoccupés. À l’unanimité, on reconnaît qu’il n’y a pas de producteurs locaux pour ces musiques marginales, pas plus qu’il y a trois ans lorsqu’on me répondait: «Mon cher monsieur, Sylvie Tremblay n’a pas vendu 1000 copies de son dernier disque; quand on en aura écoulé 50 du vôtre, ce sera le grand max.» Dans les cas d’Ambiances magnétiques et de Zénobie, ce sont des expériences financièrement et humainement coûteuses avec d’autres producteurs qui ont conduit René Lussier, André Duchesne, Pierre Moreau à devenir producteurs. Ces musiciens ont donc occupé des territoires laissés libres. Et j’ai été agréablement surpris de constater avec quel respect mutuel chaque groupe s’est lancé dans la production, sans marcher dans les plates-bandes de l’autre.

    Deuxième constatation: ces «labels» tiennent par la volonté opiniâtre de leurs initiateurs. Tous ces producteurs indépendants, regroupés en collectif ou non, reconnaissent être à la fois missionnaires et entrepreneurs. Missionnaires parce qu’ils savent très bien que, si elle est culturellement nécessaire, l’entreprise n’est pas à court terme financièrement rentable. Mais entrepreneurs tout de même, parce qu’il y a des produits et un marché pour ces produits, que ce marché se travaille comme une bonne terre, qu’il y a les médias à sensibiliser, des droits de médiatisation à toucher, des subventions et programmes d’emploi divers à exploiter, et peut-être même sur un titre ou deux, de l’argent à faire. Ces jeunes producteurs, dans tous les cas à la fois compositeurs et diffuseurs, devraient être les premiers visés par toute nouvelle politique culturelle de notre si vaillant ministère! lls devraient être les premiers à bénéficier de l’aide publique pour les services qu’ils rendent à notre culture nationale. L’actuelle ministre aux si négligées affaires culturelles devrait vite reconnâître et aider ces indispensables agents de diffusion musicale au Québec.

    Troisième constatation: notre ministère québécois est honteusement absent de ces «affaires musicales». Si ces étiquettes existent et si les catalogues grossissent, c’est sans exception grâce au programme fédéral d’aide à l’enregistrement musical (PADES), administré soit directement par le ministère des Communications où il a vu le jour ou par le Conseil des Arts pour le volet «Musiques alternatives». Ce n’est pas sans intérêt de le mentionner à l’heure où notre ministère veut, dans la grande tourmente souverainiste, devenir seul «chef d’orchestre» des grandes œuvres culturelles.

    Pour le créateur, avoir des musiques enregistrces en circulation publique, c’est augmenter ses revenus à la fois par les droits mécaniques et les droits de médiatisation (radio, télévision, cinéma, etc.); c’est augmenter son «audibilité», donc ses chances d’obtenir des contrats de nouvelles musiques, d’enrichir le répertoire; c’est sortir de l’anonymat pour participer ouvertement à l’édification d’une culture vivante.

    Sauf pour Pierre Moreau (Zénobie), toutes les demandes d’aide adressées au Conseil des Arts l’ont été par les créateurs eux-mêmes, devenus pour l’occasion producteurs de leur propre musique. Ce ne sont pas les compagnies qui sollicitent l’aide mais les individus créateurs avec l’appui de la compagnie de production. Les raisons varient. La maison de production de l’étiquette empreintes DIGITALes, DIFFUSION i MéDIA, n’ayant pas les deux ans d’opération requis pour être admissible au programme, doit obligatoirement faire transiter sa demande par le compositeur. À la réception de la subvention, ce dernier la verse à la compagnie selon un protocole d’entente entre les deux parties. Ambiances magnétiques est un regroupement ou collectif de huit producteurs indépendants (Michel F Côté, Jean Derome, André Duchesne, Joane Hétu, Diane Labrosse, Robert Marcel Lepage, René Lussier et Danielle Palardy Roger), qui s’adressent directement au Conseil des Arts pour le compte d’Ambiances magnétiques. Mais selon Michel F Côté, le jour n’est pas loin où, sans doute, Ambiances magnétiques soumettra aussi des demandes d’aide. Zénobie étant une entreprise à but lucratif, ne peut être admissible au programme. Mais, de plus, il n’est pas sûr que la musique de théâtre soit jugée suffisamment «alternative» par les jurys pour être subventionnée! Moreau souligne l’hypocrisie qui consiste à produire sans but lucratif des disques avec lesquels on espère malgré tout faire de l’argent. Mais, on le verra, c’est encore un très petit marché et, en attendant d’en faire, on a besoin de l’aide publique au moins pour se mettre sur les rails de la lucrativité. À toutes les CIDEC et autres organismes d’aide, ne cherchez pas: voilà des «incubations» culturelles qui ont besoin de vous.

    Les produits

    Pour ma petite enquête, j’ai écouté le seul disque du catalogue Zénobie (Moreau), les quatre titres d’empreintes DIGITALes (Calon, Normandeau, Thibault, Électro clips), mais deux seulement des quinze titres d’Ambiances magnétiques. Ce n’est pas mon intention de faire une critique détaillée qui serait de toutes façons injuste surtout à l’endroit d’Ambiances magnétiques. Mais j’aimerais dégager quelques caractéristiques générales et jouer un peu de la comparaison entre les différents produits.

    Globalement, on a affaire à des productions très soignées, tant au plan sonore que visuel, techniquement irréprochables à quelques très minimes bruits de surmodulation pour un titre d’empreintes DIGITALes, très bien documentées. Grâce à l’enregistrement au laser, la musique électroacoustique bénéficie enfin d’une dynamique et d’une lisibilité qui rendent justice à ces œuvres si généreuses en gros sons et trames riches. Pour peu qu’on ait une chaîne de qualité, on prend un plaisir aussi grand que lors d’un concert de bandes (aussi appelé acousmatique). Des trois étiquettes, c’est certainement cette dernière qui a la palme de l’invention et de l’exploration sonores, menées par de véritables magiciens du son. Âmes sensibles et nourries des élixirs nouvel-âge, s’abstenir! Ces musiques sont dramatiques, quelquefois souffrantes, toujours exigeantes, sans concession à la moindre facilité. Elles sont à mille lieues des «douceurs» nouvel-âge, même si les homorythmies impulsives et quelquefois «japonisantes» d’un Thibault sont incomparables aux récits presque cinématographiques des deux autres.

    Thibault par le biais de ses percussions tonitrnantes fait un peu le pont avec les produits des deux autres étiquettes. La percussion (ou un certain beat) est très présente aussi dans la musique de Moreau, mais de façon généralement plus discrète et dans un contexte plus jazzant. En plus de sa grande mâîtrise de la modulation et de l’orchestration, c’est l’éclectisme de l’écriture de Moreau qui nous séduit. Plus mélodique et plus restrictive dans ses matériaux que les musiques d’empreintes DIGITALes, la musique appliquée de Moreau est aussi plus accessible, nous promenant dans des paysages sonores plus ou moins connus des écritures savantes traditionnelles, du jazz et du rock. Cet éclectisme est une sorte d’exigence de la commande théâtrale, et Moreau reste encore un des grands virtuoses du genre à Montréal.

    Les deux titres d’Ambiances magnétiques écoutés—les deux derniers: Des pas et des mois, Tétreault/Côté/Lussier, et Vous serez un ange, Letarte — appartiennent à ce courant de «new music» urbaine.

    Je m’empresserais d’ajouter: nouvelle musique populaire, en ce qu’elle tire les idiomes populaires vers l’innovation et l’expérimentation dans le sens contraire d’un Thibault ou d’un Moreau qui eux tirent les idiomes savants (et sérieux!) vers une plus grande légèreté et une plus grande accessibilité. On sent chez les créateurs d’Ambiances magnétiques la volonté de se faire une niche dans un genre hybride qui utilise une rythmique simple mais efficace et surtout très «transculturelle» comme support de l’improvisation, du «bruitisme» des disques coupés de Tétreault ou d’un requestionnement de la chanson avec Letarte. Les audaces sont un peu annulées par des facilités. En comparaison des deux autres étiquettes, au plan musical, c’est certes plus mince, moins fourni, plus artisanal; pour certaines pièces, plus familier; pour d’autres, totalement déroutant. Les mélismes modaux, presque grégoriens, de Geneviève Letarte sont trop semblables d’une chanson à l’autre pour vraiment nous accrocher à sa poésie du quotidien. Les musiques des pas et des mois sont données comme de très courts flashes sonores, très moqueurs mais trop courts à mon avis, sans aucun développement. Flash pour flash, je préfère les vingt-cinq électroclips d’empreintes DIGITALes qui sont de véritables petits bijoux sonores. Délectation garantie!

    … une dynamique et d’une lisibilité qui rendent justice à ces œuvres si généreuses…

    Review

    Ios Smolders, Vital, no 19, 1 avril 1991

    Montréal, Canada, is home base of DIFFUSION i MéDIA, an organization for the promotion of electroacoustic music that also runs empreintes DIGITALes. empreintes DIGITALes is a record label wich focuses its attention on electronic and electroacoustic music. It is run by composers Claude Schryer and Jean-François Denis.

    DiM surveys the whole landscape of american electronic composition and picks out the finest results. In 1991 a newsletter will see the daylight, in wich the music, composers and performing artists of empreintes DIGITALes are presented in print. In 1990 they have released a series of compact disks with samples of the finest american electronic music of today.

    … a series of compact discs with samples of the finest American electronic music of today.
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