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  • Jean-François Denis: le grand défricheur de l’électroacoustique

    Catherine Genest, SOCAN — Paroles & Musique, 19 juin 2026

    En 2026, le prix Christopher-J-Reed est remis à Jean-François Denis, cofondateur du label empreintes DIGITALes, entièrement dévoué à la musique électroacoustique.

    La récompense, qui vise à souligner le caractère exceptionnel du travail d’un éditeur ou d’une éditrice de musique, est décernée cette année à un homme aux multiples talents, à un artisan de cœur, mû par la mission d’archiver.

    Plus qu’un entrepreneur et un artiste, Jean-François Denis exerce le métier d’éditeur pour la bonne raison, pour laisser, avec les disques de son label, une trace pérenne des œuvres électroacoustiques qui étaient trop souvent cantonnées aux voûtes des universités, disponibles seulement en circuit fermé.

    «Quand j’étais professeur à Concordia, il y avait, dans le bureau que je partageais avec Kevin Austin, des étagères de bandes, des centaines d’œuvres électroacoustiques accumulées au fil des ans, après avoir été présentées en concert. Je me disais que c’était un peu bête que moi j’y aie accès, parce que j’ai la clé, mais que ce ne soit le cas de personne d’autre.»

    Trouver sa niche

    D’un œil extérieur, Jean-François Denis peut avoir l’air de ramer à contre-courant, à force d’efforts pour valoriser une forme d’art encore méconnue du grand public. Mais ce parcours qui est le sien n’est pas celui du combattant. Bien au contraire. En lui, la passion pour la musique électroacoustique coule tout naturellement de source, et depuis longtemps.

    «Si on recule, moi, j’ai fait un bac en communications, à l’Université Concordia. Vers la fin de mes études de premier cycle, j’ai suivi des cours d’électroacoustique. Je n’avais aucune idée de ce à quoi ça ressemblait, mais on m’avait recommandé d’aller voir ce qui se faisait en création sonore de manière beaucoup plus abstraite. Ça m’a beaucoup allumé!»

    Dès lors, son destin, en quelque sorte, est scellé. Jean-François Denis ne se détournera plus jamais de ce médium artistique. Il suivra tous les cours en musique électroacoustique offerts par Concordia avant de partir pour Oakland, en Californie, pour faire sa maîtrise au Mills College, des études de deuxième cycle complétées en 1984.

    Fédérer toute une communauté

    Il y a dans la démarche et le parcours de Jean-François Denis quelque chose qui commande de la patience et un effort constant en termes de développement du public, voire de médiation culturelle.

    Heureusement, il ne fait pas cavalier seul; c’est plutôt l’exact contraire. Si son label existe, c’est d’abord par désir de rassembler. Avant de cofonder empreintes DIGITALes avec son ami Claude Schryer en 1989, Jean-François Denis était bien conscient du vide à combler, de la demande provenant de son milieu, de sa niche. Pourtant, il a essuyé moult refus à l’époque.

    «Aucune autre maison de disques existante à Montréal, au Québec ni au Canada, ne voulait avoir une collection électroacoustique. [La raison qu’on me donnait] c’est qu’il n’y avait pas de marché pour ça», se remémore le principal intéressé.

    Quand on lui fait remarquer qu’il a donné tort à ces gens, qu’il leur a prouvé le contraire, Jean-François Denis regarde ses pieds, sourit et rougit timidement: «Je sais pas… Je sais pas ce que j’ai prouvé…»

    Commander l’avant-garde

    L’impressionnante feuille de route de Jean-François Denis en fait foi: il a été de toutes les révolutions technologiques des quatre dernières décennies en adoptant, qui plus est, ces nouveaux outils de transmission et de diffusion un peu avant tout le monde; de la cassette au disque compact, du [DVD-Audio] ou [Blu-ray] au format FLAC, des envois postaux aux courriels.

    Concernant l’intelligence artificielle, il se fait presque rassurant. «Chaque fois qu’il y a des nouvelles technologies, ça vient bousculer les affaires. Au début, ça crée des déséquilibres et ça crée des abus, des zones d’inconfort. Puis, la société, les citoyens, les acteurs, les milieux, les entreprises finissent par intégrer la bestiole. Et là, ça retrouve un certain sens. […] Ça va prendre les gouvernements pour encadrer les comportements [liés à l’IA]. Ça va prendre 10 ou 15 ans, c’est toujours comme ça. L’analogie qui me vient en tête, c’est celle des courriels, avec les spams…»

    Prendre notre mal en patience, donc. Le gars qui a vu neiger a parlé: le milieu de la musique devrait s’en sortir — avec quelques égratignures, quelques bleus — mais, peut-être (c’est notre interprétation) s’en trouver renforci. Jean-François Denis est un pragmatique et un rêveur, à forces égales, et cette combinaison de traits de personnalité est si rare qu’il est tentant, en l’écoutant, d’analyser ses dires, de les prendre pour parole d’évangile.

    Inspirer les autres

    On ne pourrait lancer des fleurs à Jean-François Denis sans évoquer son implication communautaire. Le directeur artistique d’empreintes DIGITALes redonne au monde de la musique au sens large, à ces collègues de tous styles confondus. Au fil des ans, monsieur Denis a siégé à moult conseils d’administration, dont celui de la SOCAN, actuellement et depuis 2024. Auparavant, il s’est impliqué de la même façon pour le Conseil québécois de la musique et le Centre de musique canadienne. Il a même été le président de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM) entre 2014 et 2020.

    La vidéo-hommage présentée le 19 juin dernier, lors de la remise du prix Christopher-J-Reed à Montréal, pendant Les Francos, met en lumière ce témoignage de Robert Normandeau, lui-même un artiste appartenant à la grande famille d’empreintes DIGITALes: «En 1987, Jean-François a été à l’origine de l’incorporation et des règlements généraux de la Communauté électroacoustique canadienne. […] C’est ce qui nous a permis d’être présents à travers les différents conseils des arts, notamment. Il était très difficile d’obtenir de l’aide, à l’époque.»

    Autrement dit: si les artistes d’électroacoustique sont aujourd’hui éligibles à des bourses et à des subventions, c’est en grande partie grâce à lui. S’ils et elles sont porté·e·s en estime pour les institutions, c’est aussi un peu, ou beaucoup, à cause de Jean-François Denis.

    Générer un impact planétaire

    Jean-François Denis, c’est un géant dans son domaine. Il ne le dira pas, ne se prêtera pas les bretelles, mais tous les artistes de l’univers électroacoustique (à l’échelle du monde entier) rêvent de publier une œuvre sous l’égide de son label. C’est ce que nous faisait remarquer Michelle Ferland, responsable des opérations pour l’APEM, l’instance qui remet le prix Christopher-J-Reed depuis 2013, et qui en sélectionne les gagnant·e·s.

    Des 201 albums constituant le catalogue de sa maison, beaucoup sont signées de la patte de créateur·trice·s qui résident et créent à l’étranger. C’est en personne, en voyage, en allant à la rencontre des artistes et des œuvres, que Jean-François Denis sélectionne ceux et celles qui recevront son sceau d’approbation, qui rejoindront Denis Smalley (Nouvelle-Zélande / Royaume-Uni), Jon Appleton (États-Unis), Hildegard Westerkamp (Allemagne / Canada), Paul Dolden (Canada), Annette Vande Gorne (Belgique) et Åke Parmerud (Suède) dans son club des plus sélects, sa maison de disques forte de 37 ans d’histoire.

    Quand on demande à Jean-François Denis si relancer une telle boîte serait aujourd’hui faisable, même dans la conjoncture économique difficile, il renchérit, du tac au tac: «Il n’y a pas de bon moment pour se casser le doigt.»

    Il faut oser, en outre. Taire ses doutes. Et parfois, ça marche; Jean-François Denis en un exemple probant.

    La récompense, qui vise à souligner le caractère exceptionnel du travail d’un éditeur ou d’une éditrice de musique, est décernée cette année à un homme aux multiples talents, à un artisan de cœur, mû par la mission d’archiver.

    Jean-François Denis: Electroacoustic Music Trailblazer

    Catherine Genest, SOCAN — Words and Music, 19 juin 2026

    The 2026 Christopher J Reed Award is presented to Jean-François Denis, co-founder of the record label empreintes DIGITALes, which is entirely devoted to electroacoustic music.

    Created to recognize exceptional work in music publishing, this year’s edition honours a man of many talents, a dedicated builder at heart, driven by an archivist’s sense of purpose.

    More than an entrepreneur and artist, Jean-François Denis has pursued music publishing for the right reason: to ensure that—through his label’s recordings, electroacoustic works too often confined to university archives and accessible only within closed academic circles—would leave a lasting trace.

    “When I was teaching at Concordia, the office I shared with Kevin Austin had shelves full of tapes—hundreds of electroacoustic works that had accumulated over the years after being performed in concert,” he says. “I thought it was a little absurd that I had access to them because I had the key, but no one else did.”

    Finding One’s Lane

    From the outside, Jean-François Denis might seem like an outlier, tirelessly championing an art form still largely unfamiliar to the general public. But his path has never been one of struggle. Quite the opposite: his passion for electroacoustic music has always felt natural, self-evident, and deeply rooted.

    “Looking back, I started with a BA in communications at Concordia. Toward the end of my studies, I enrolled in a few electroacoustic music classes. I had no idea what it sounded like, but someone had suggested I check out what was happening in more abstract forms of sound creation, and it really sparked something in me!

    From that point on, his path was, in a sense, set. Jean-François Denis would never turn away from the medium again. He went on to take every electroacoustic music course Concordia offered before heading to Oakland, California, to pursue a master’s degree at Mills College, which he completed in 1984.

    Bringing a Community Together

    There is something in Jean-François Denis’ approach and career that calls for patience, steady effort, and a long-term commitment to audience development, if not even cultural mediation.

    Fortunately, he has never been in it alone. Quite the opposite. If his label exists, it is above all out of a desire to bring people together. Before co-founding empreintes DIGITALes with his friend Claude Schryer in 1989, Jean-François Denis was well aware of the gap that needed to be filled, and of the demand coming from his own community and his own niche. Still, at the time, he was met with no shortage of refusals.

    “No existing record label in Montréal, Québec, or Canada wanted to have an electroacoustic collection,” he recalls. “The reason I was given was that there was no market for it.”

    When it’s pointed out to him that he proved those people wrong, Jean-François Denis looks down at his feet, smiles, and blushes shyly. “I don’t know… I don’t know what I proved…”

    Spearheading the Avant-Garde

    Jean-François Denis’ impressive track record says it all: he has lived through every technological revolution of the past four decades, often adopting new tools for transmission and distribution shortly before everyone else, whether it was cassette tapes, compact discs, DVD-Audio, Blu-ray or FLAC, or even emails.

    When it comes to artificial intelligence, he sounds almost reassuring. “Every time new technologies come along, they shake things up. At first, they create imbalances and abuses, areas of discomfort. Then we, as a society — citizens, movers and shakers, communities, companies — eventually learn to incorporate whatever it is into our lives, and then things start to make sense again. […] Governments will have to step in to regulate behaviour [around AI]. It’ll take 10 or 15 years. That’s always how it goes. The closest analogy that comes to mind is email and spams…”

    In other words, patience will once again be required. The veteran has spoken: the music industry should make it through — with a few scratches and bruises — and perhaps (this is our interpretation) emerge better and stronger for it. Jean-François Denis is equal parts pragmatist and dreamer, and that combination is rare enough that, listening to him, it’s tempting to weigh his words carefully and take them as gospel.

    Inspiring Other

    No tribute to Jean-François Denis would be complete without mentioning his community involvement. As artistic director of empreintes DIGITALes, he gives back to the broader music world, and to his peers across genres and disciplines. Over the years, Denis has served on numerous boards, including SOCAN’s since 2024. He previously made similar contributions to the Conseil québécois de la musique and the Canadian Music Centre, and even served as President of the Association des professionnels de l’édition musicale (APEM) from 2014 to 2020.

    The tribute video presented on June 19 during the Christopher J Reed Award ceremony in Montréal (as part of Les Francos), features this testimonial from Robert Normandeau, himself an artist from the extended empreintes DIGITALes family: “In 1987, Jean-François was behind the incorporation and bylaws of the Canadian Electroacoustic Community. […] That’s what allowed us to be represented at the various arts councils, among others. At the time, it was very difficult to get support.”

    In other words, if electroacoustic artists are eligible for grants and funding today, it is largely thanks to him. And if they are now held in esteem by various institutions, Jean-François Denis deserves some, and probably a lot, of the credit.

    Creating a Global Impact

    Jean-François Denis is a giant in his field. He won’t say it himself—he’s not one to toot his own horn—but electroacoustic artists around the world dream of releasing a work under his label’s banner. That’s what Michelle Ferland, Director of Operations at APEM, the organization that presents the Christopher J Reed Award and selects its recipients since 2013, pointed out to us.

    Of the 201 albums in his label’s catalogue, many are by creators who live and work abroad.

    Jean-François Denis chooses them in person while travelling, by going out to meet the artists and the works himself—the ones who will receive his seal of approval and join Denis Smalley (New Zealand / United Kingdom), Jon Appleton (United States), Hildegard Westerkamp (Germany / Canada), Paul Dolden (Canada), Annette Vande Gorne (Belgium), and Åke Parmerud (Sweden) in his most exclusive of clubs: his 37-year-old record label.

    When asked whether starting a label like that today would even be possible, especially in such a difficult economic climate, Jean-François Denis answers without missing a beat: “There’s no good time to break your finger.”

    One also has to be willing to take the leap, to quiet one’s doubts. Sometimes, it works. Jean-François Denis is living proof.

    Created to recognize exceptional work in music publishing, this year’s edition honours a man of many talents, a dedicated builder at heart, driven by an archivist’s sense of purpose.

    empreintes DIGITALes Label Overview

    Avant Music News, 14 février 2025

    The empreintes DIGITALes label was founded in 1989 and is based out of Montréal, Canada. Its focus is acousmatic, electroacoustic, and musique concrète. With nearly 200 releases in its catalog, the label is a very large resource and repository of music that strictly and/or loosely falls into this style. Below is an ongoing and growing list of our Avant Music News reviews of empreintes DIGITALes albums.

    … the label is a very large resource and repository of music…

    Four Discs from empreintes DIGITALes

    Wende Bartley, The WholeNote, no 19:8, 1 mai 2014

    It’s been close to 25 years since the founding of the unique Montréal-based label empreintes DIGITALes (empreintesDIGITALes.com) in 1989 by Jean-François Denis and Claude Schryer. Solo-directed since 1991 by Denis, the label has produced 130 discs representing 107 composers and specializes in contemporary electroacoustic music, acousmatic and musique concrète. Although these genres of music are not the common fare for most of the concert events listed by The WholeNote, it is important to realize that the technical innovations and ways of thinking that have been pioneered by the practitioners of this music have had a wide influence on a vast array of musical forms and styles as well as media-based art forms.

    One of the most distinguishing features of electroacoustic music in general is that it is composed primarily within a studio environment and is designed to be listened to through loud speakers. And although the ingredients of melody, rhythm and harmony can be an aspect of electroacoustic music, its primary focus is on the sound itself, which can originate from recordings made in a particular acoustic environment, or generated and processed through purely electronic or digital technologies. Sometimes the original sound source is recognizable – such as recordings of ocean waves or the inside of a piano, and in other situations, the sounds have been studio processed beyond recognition of their original context.

    Back in 1990, empreintes DIGITALes offered its own vision of the wide array of possibilities within the electroacoustic genre. It published the groundbreaking Électro clips CD which featured three-minute miniatures by 25 different composers, each one representing a unique approach to working in a studio environment.

    More recently, the label has released four new albums by four unique composers: Martin Bédard (Montréal), Pierre Alexandre Tremblay (Montréal/UK), Andrew Lewis (UK) and David Berezan (Calgary/UK). Although the pieces are of longer duration than the three-minute clips, each disc presents four unique approaches and aesthetic visions.

    Each of Bédard’s five acousmatic compositions on his Topographies CD (IMED 13121) creates a sonic picture of specific acoustic environments, ranging from recordings made in restored jail cells to the soundworld of trains. He also weaves in tributes to what he calls “phonoculture” – lyrics from a Rush song or the audio heritage of a specific community. He is captivated by specific behaviours, whether those be of a night watchman or of metal under stress, and his compositions are expressions of his curiosity.

    The five compositions on Tremblay’s 2-disc set entitled La marée (IMED 13123/124) are excellent examples of the interaction between live performers and a form of live processing of the solo instrumentalist. I found his piece Le tombeau des fondeurs particularly engaging with its rhythmic and timbral pulsations that create a seductive sonorous quality suggestive of the casting of a metal or bronze bell or gong. All his pieces are meditations on life, a balancing of contradictions.

    The music of Lewis on his CD Au-delà (IMED 13125) is a great example of pure acousmatic music in which the original sound sources are heavily processed and the original context is predominantly unrecognizable. However, Lewis’ skill at weaving sounds together creates strong impressionistic and imaginary soundscapes. His track Cân, the Welsh word for song, takes the Welsh musical heritage beyond the traditional sounds of harps and male choirs. Short interjections of these traditional sounds are juxtaposed with more abstract sonic textures.

    And finally, the music on Berezan’s Allusions sonores (IMED 13122) offers the listener a window into the places he has visited. Seeing himself as a composer who collects and “uncovers” sounds as part of his creative process, each of the five pieces reflects places he has personally visited or interacted with. Ranging from the sounds of a Balinese thumb piano to recordings made in Alberta’s badlands to the chirping sounds of temple and palace floors in Japan, listening to Berezan’s music is similar to listening to the ocean. Each piece has a very distinctive wave-like motion with the constant ebb and flow of the sound textures rising up and then falling away.

    These four discs are a testament to the ongoing commitment this independent label has for a very unique and distinct genre of music. It is known and respected internationally and considered the go-to place for the keen listener and connoisseur of electroacoustic music in all its varied forms.

    … known and respected internationally and considered the go-to place for the keen listener and connoisseur of electroacoustic music…

    electro:thèque: des œuvres acousmatiques en ligne

    Des arts sonnants, 3 février 2012

    C’est un site où l’on peut écouter de belles pièces électroacoustiques. Il est géré par le [site] canadien www.electrod.com, bien connu des férus d’acousmatique.

    On ne peut donc pas, natuellement, télécharger. Si le disque nous plaît, il suffit… de l’acheter, en ligne, en toute légalité, et en son âme et conscience puisque nous auront pu l’écouter dans intégralité.

    Le répertoire n’est pas une playlist à rallonge, mais un choix ciblé de compositeurs que la maison décide de mettre en valeur pour un temps, avant de proposer d’autres artistes. Ce qui permet de découvrir des pièces ou compositeurs qui seront mis en avant, et de ne pas s’égarer dans une jungle de titres où l’on ne sait plus où donner de l’oreille.

    Ce retour à une certaine modération, sélection affichée et assumée, confortée par une esthétique sobre et une navigation aisée, est devenu assez rare de nos jours, et à ce titre d’autant plus appréciable.

    Certes me diront certains esprits chagrins, la démarche est commerciale! Oui mais à l’époque où les compositeurs de musique électroacoustique, dont les créations ne sont pas diffusées et vendues à grande échelle tant s’en faut, ont eux aussi besoin non seulement de reconnaissance, mais aussi de réseau de distribution, les Metamkine n’étant pas légions, saluons ce genre de portail. En tout cas, reconnaissons lui une ligne éditoriale et des choix très judicieux, un plaisir pour nos oreilles.

    Écoutez par exemple Klang (1982) de Jonty Harrison. Une petite pépite qui je trouve, entre parfaitement en résonance avec l’esprit de ce site. Mais aussi les Points de fuite de Francis Dhomont, le Quatuor d’Yves Daoust… Que du beau son!

    A écouter bien sûr au casque ou avec une bonne paire d’enceintes pour apprécier les finesses de ces musiques, même si certaines d’entre elles sont à la base pensées dans une écriture multiphonique.

    … une ligne éditoriale et des choix très judicieux, un plaisir pour nos oreilles.
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