Sauter au contenu principal
actuellecd

DAME

13 résultats
  • 1
  • 2
  • 3
  • Critique

    Mathilde Recly, atuvu.ca, 7 février 2017

    Le 16 février prochain, Le Vivier présentera une Grande soirée anniversaire pour les 25 ans de la maison de disques DAME, qui représente le courant de musique actuelle au Québec. Rendez-vous a été pris avec sa fondatrice Joane Hétu, pour parler avec elle du rôle joué par DAME depuis sa création à aujourd’hui, tout comme des prochains enjeux et de cette fameuse soirée anniversaire sous forme d’un grand concert produit par Productions SuperMusique.

    D’où vous est venue l’envie de créer DAME? Y a-t-il eu un événement déclencheur?

    J’ai commencé à faire de la musique au début des années 1980, alors qu’à la même époque était créée l’étiquette indépendante Ambiances Magnétiques dont je suis devenue membre en 1985 par le biais de Wondeur Brass. À cette époque, on produisait des vinyles et il n’y avait pas beaucoup d’étiquettes indépendantes, «non commerciales» ou peut-être devrait-on dire «de création». Les musiciens d’Ambiances Magnétiques peinaient à avoir du soutien pour produire leurs albums et l’étiquette se structurait sans aucun appui tant du gouvernement du Québec que du Canada. En 1991, après avoir consulté certains intervenants gouvernementaux et à la lumière de leurs propositions, j’ai fondé DAME, acronyme de Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera, qui a le mandat de produire et de distribuer les disques de l’étiquette Ambiances Magnétiques tout en ouvrant son catalogue à d’autres étiquettes.

    Quels genres de musique ou d’artistes regroupez-vous sous l’étiquette «musiques en marge de l’industrie commerciale et représentant principalement le courant de musique actuelle au Québec»? Comment avez-vous choisi vos artistes, par exemple?

    En tout premier lieu, j’ai toujours travaillé en collaboration avec les artistes. J’ai établi un lien de confiance avec eux et nous avons produit les albums en additionnant leurs moyens et ceux de DAME. Nous avons grandi ensemble et la relation de partenariat s’est solidifiée. Je ne travaille pas dans l’idée que je cherche un talent, non, je travaille avec des artistes que je rencontre, à travers les affinités qui s’opèrent dans la communauté. C’est 25 ans d’histoire, c’est plus d’une centaine de musiciens qui ont produit chez DAME. Ce ne sont pas des musiciens nécessairement très connus, mais ils sont tellement intéressants, pour en nommer quelques-uns: Jean Derome, Pierre-Yves Martel, Tim Brady, Danielle Palardy Roger, Martin Tétreault, Pierre Tanguay, Diane Labrosse, Lori Freedman. C’est une grande famille dans un monde parallèle. DAME documente ce patrimoine musical précieux et fait en sorte que ces musiques soient représentées, soutenues, disponibles et que cette histoire artistique soit accessible d’une certaine façon. Au final, ce sont les affiliations, l’intelligence de la musique et des relations humaines qui ont guidé DAME.

    Quelles sont les principales missions de votre maison de disque?

    Eh bien, c’est un long parcours 25 ans, alors j’ai eu à m’adapter à plusieurs situations. Quand j’ai fondé la compagnie, on produisait des vinyles, puis on est passé aux CDs, et maintenant c’est le format numérique en plus du vinyle qui revient, tout cela est assez incroyable. L’idée principale, c’est de diffuser cette musique. En ce moment, l’industrie est complètement chamboulée. C’est assez compliqué de s’y retrouver, mais je garde toujours en tête que c’est important d’enregistrer ces musiques, et de les rendre disponibles via le plus de plateformes possibles. On ne peut prédire ce que l’Histoire retiendra, mais je crois à cette musique, je l’aime, je la respecte et je lui accorde une tribune. J’ai un magasin virtuel sur www.actuellecd.com où on peut encore acheter des disques physiques. Ces musiques sont aussi distribuées sur des plateformes numériques comme iTunes et bandcamp. Et puis, si quelqu’un s’intéresse à l’un de ces musiciens et qu’il tape son nom par exemple sur Google, il va forcément arriver sur le site d’actuellecd.com, qui est référentiel. Le site propose des portraits de musiciens incluant la discographie de ceux-ci, des photos, des notices biographiques, des critiques et ainsi on retrouve un historique musical de l’artiste. C’est une mine d’or, il me semble!

    Et justement, en parlant de l’industrie musicale qui a beaucoup évolué, est-ce que vous avez eu l’impression que le rôle que vous aviez à jouer avec DAME depuis les 25 ans qu’elle existe a aussi changé?

    Oui, c’est sûr. Le monde est devenu plus individualiste, dans tout. Je travaille avec l’idée du collectif, parce que si l’on se met tous ensemble, on va être plus forts et l’on va avoir plus d’impact. Mais en règle générale, les artistes pensent maintenant qu’ils peuvent s’en sortir tout seuls. Avant, dans les années 1980, on ne pouvait pas, on était obligés d’être avec une major sinon on n’arrivait à rien. Ensuite, il y a eu une prolifération de compagnies et d’étiquettes indépendantes, et enfin, on en est arrivé au stade où les artistes peuvent s’autoproduire du début à la fin. Les artistes, désormais, font un album avec DAME, un autre avec une autre maison de disques et puis encore un autre à leur nom qu’ils gèrent eux-mêmes sur leur bandcamp… Il y a une multitude de sources, mais je pense que le cœur de DAME reste quand même une référence puissante et appréciée des artistes et du public.

    Quand vous enregistrez les artistes de DAME, y a-t-il un studio en particulier avec lequel vous travaillez, une salle de prédilection pour faire la captation de la musique, ou cela est spécifique à chaque cas?

    Je n’impose rien à personne, mais historiquement depuis le début d’Ambiances Magnétiques, plusieurs musiciens se sont associés au Studio 270 à Montréal, où Robert Langlois y est le preneur de son. Il doit y avoir près de la moitié des disques de DAME qui ont été faits là-bas. Mais les musiciens peuvent enregistrer leur album où ils veulent.

    Qu’est-ce qui vous a rendue le plus heureuse depuis ces 25 ans que DAME existe?

    Tout ce parcours a été d’une certaine façon un sacrifice pour moi, quand j’y pense. Je suis aussi musicienne, j’ai amputé plus de la moitié de ma vie de compositrice et d’instrumentiste à travailler chez DAME. Maintenant, je ne pourrais pas laisser couler le bateau. Pour la communauté de musiciens, pour mes amis, pour ma musique, j’en ai besoin d’une façon viscérale, c’est en moi, je veux toujours sortir de nouveaux disques, soutenir de nouveaux projets. Je suis vraiment contente après 25 ans de constater que DAME a tenu la route. On est une belle équipe, on travaille fort. Je suis encore fascinée par les nouvelles avenues que prend la musique, je vibre à ça. J’ose espérer qu’il y aura une vie future pour la structure et l’histoire qui y est archivée. C’est émouvant de penser que DAME est l’une des rares compagnies en musique spécialisée au Canada qui existe depuis 25 ans. D’ailleurs, dans le monde, on n’est pas beaucoup non plus.

    En quoi consiste votre affiliation avec Le Vivier? Qu’est-ce que cela vous permet mutuellement?

    Le Vivier est un diffuseur de musiques nouvelles qui regroupe plus de 30 organismes. Le milieu a travaillé à mettre sur pied Le Vivier car c’est important de créer un lieu identitaire fort pour les musiques nouvelles à Montréal et au Québec. DAME est un organisme satellite au Le Vivier, puisque c’est une compagnie de disques et que le principal objectif du Vivier est de présenter des concerts. Je suis également codirectrice de Productions SuperMusique, qui est aussi membre du Vivier et qui produit le concert du 16 février prochain. SuperMusique a d’ailleurs fêté son 35e anniversaire l’année passée, ça fait donc longtemps qu’on est impliqués ensemble et qu’on représente la musique actuelle et improvisée. Le Vivier est le petit nouveau dans tout ça, on fonde beaucoup d’espoir dans cette aventure car c’est stimulant d’avoir un lieu vibrant qui réunit le milieu.

    Pour terminer, pourriez-vous justement nous donner des détails croustillants sur cette grande soirée anniversaire qui a lieu le 16 février prochain au Gesù?

    On est très heureux de présenter ce concert! On va habiter trois lieux: le hall d’entrée, l’Espace Custeau et l’amphithéâtre du Gesù. Il va y avoir plusieurs prestations musicales, un kiosque de disques qui défie toutes compétitions, et des surprises! L’Ensemble SuperMusique (16 musiciens) interprétera, en première mondiale, une pièce commandée par Productions SuperMusique au tromboniste/compositeur Scott Thomson Archive/Mémoire, qui revisite le catalogue de l’étiquette Ambiances Magnétiques à laquelle s’ajoutera 7 autres prestations associées à des nouveautés discographiques.

    Cette soirée sera donc l’occasion de célébrer la vitalité, la richesse et l’enthousiasme des musiques nouvelles, avec:

    • Plus de 40 musiciens
    • 1 création de la pièce Archive/Mémoire
    • 8 performances musicales
    • 9 lancements d’albums (Ambiances Magnétiques, Collection qb)
    • 3 lancements d’albums numériques (Mikroclimat)
    • 1 kiosque de disques défiant toute compétition
    • + des surprises

    Cette soirée sera donc l’occasion de célébrer la vitalité, la richesse et l’enthousiasme des musiques nouvelles…

    DAME en fête au Gesù

    Marc Chénard, La Scena Musicale, 1 février 2017
    Sans tambour ni trompette, DAME marquait ses 25 ans l’an dernier. Cependant, ne voulant pas que l’anniversaire passe inaperçu, elle choisit plutôt de le célébrer en cette nouvelle année.

    Ambiances nouvelles

    Marc Chénard, La Scena Musicale, 1 février 2013

    À l’automne 2011, le mot courait depuis un moment dans le milieu des musiques actuelles de Montréal que l’étiquette maîtresse du genre, Ambiances magnétiques, cesserait ses activités. Fondée en 1983 par un noyau de musiciens novateurs, la maison allait établir un style aux confins de tous les autres: loin du jazz, mais zyeutant la musique improvisée libre, se tenant loin de la pop la plus rock, mais attirée tout de même par ses tendances plus expérimentales, cette jeune cohorte ne dédaignait pas non plus les recherches de pointe en musique contemporaine, sans toutefois se camper dans des partitions entièrement écrites.

    De ses débuts modestes, l’étiquette prit son plein essor en 1992 avec l’établissement de sa maison de distribution Dame Distribution musique actuelle. D’une vingtaine de titres à cette époque, le catalogue passa à plus de 200 titres, comptant plusieurs parutions incluant des grandes pointures internationales en musiques de création.

    Mais tout juste un an après la sortie de sa «dernière» cuvée, Ambiances nous revient, tel un Phénix renaissant de ses cendres. En effet, trois nouveaux titres s’ajoutent à son catalogue, ceux-ci lancés en public à la mi-décembre. Profitant de l’occasion, on signalait la reprise de ses activités mais à un rythme réduit, trois ou quatre nouveautés par an au plus. Sans plus tarder, passons à ces trois albums en question.

    Quatrième document issu du trio Derome-Guilbeault-Tanguay, Wow! (AM209) confirme la merveilleuse confrérie de ces trois complices empreints de jazz jusqu’aux bouts de leurs phalanges. Se vouant bien sûr au répertoire de la note bleue, le groupe propose également des compositions tout aussi convaincantes de Derome, qui excelle toujours à la flûte, tout comme à ses deux saxos. Guilbeault, de sa pulsation de roc, est un véritable Gibraltar, Tanguay est un modèle de swing et d’inventivité. Que vous ayez entendu les autres enregistrements, peu importe, tout fana de jazz ne saurait se passer de ce disque au titre des plus pertinents.

    Autre disque, autre proposition musicale, celle-ci nous vient de l’Ensemble SuperMusique (Bruit court-circuit AM210). Cette formation «toutes étoiles» (à défaut d’un meilleur descriptif) incarne comme nulle autre l’esthétique de ce collectif. Six titres s’étalent sur cette surface d’un peu plus de 50 minutes, l’un d’eux offert en deux versions d’ailleurs si dissemblables qu’il est difficile de reconnaître leur parenté. Outre Derome (qui, chose intéressante, joue du saxo ténor ici), on retrouve les Martin Tétreault, Joane Hétu, Danielle Palardy Roger et des plus jeunes comme Guido del Fabbro (vln), Émilie Girard-Charest (vcl.) et Virgil Sharkya (synthé.) Les habitués seront comblés.

    La Femme territoire (AM211), enfin, est une œuvre de plus d’une heure de Joane Hétu, créée à l’Agora de la Danse en 2010. J’ai assisté au spectacle et apprécié, mais il manque ici la dimension visuelle de cet événement pluridisciplinaire (dont on peut voir quelques photos dans le livret incluant tous les textes lus et chantés). Je laisse donc aux auditeurs le soin de former leur propre opinion sur ce disque.

    Mais tout juste un an après la sortie de sa «dernière» cuvée, Ambiances nous revient, tel un Phénix renaissant de ses cendres.

    Actualités ambiantes

    Marc Chénard, La Scena Musicale, 1 mars 2011

    Il y a de cela un an, une onde de choc déferla sur la communauté musicale lorsque le Conseil des Arts du Canada lui servit un cadeau empoisonné: d’une part, il annonça une augmentation de l’enveloppe budgétaire des subventions pour la production d’enregistrements sonores, mais de l’autre, il abolissait le programme d’appui aux musiques dites spécialisées. Peu importe que l’on soit un groupe de la relève faisant ses premiers pas, un ensemble de musique expérimentale ou une formation bien établie en musique pop, tout le monde était désormais placé dans le même bateau, avec les pires conséquences imaginables. Certains appréhendaient l’hécatombe, en l’occurrence la disparition de nombreuses étiquettes de disques indépendantes laissées pour compte dans l’attribution des fonds publics. Mais en cette nouvelle année, qu’en est-il de la prétendue déconfiture de ces musiques dites marginales?

    Si l’on considère le jazz, parmi d’autres musiques créatives, le désastre n’a pas eu lieu, du moins pour le moment. En fait, la production se maintient et les nouveautés continuent d’affluer. Il serait alors malvenu de sonner le glas, mais les impacts de ces politiques ne se font sentir qu’à plus long terme. Tel est le point de vue de Joane Hétu, directrice du label Ambiances magnétiques et de la maison de distribution DAME. «Il ne fait aucun doute que le milieu est considérablement fragilisé par cette politique du fédéral, mais cela ne nous a pas empêchés de produire plusieurs titres l’an dernier (voir ci-dessous) et d’en ajouter de nouveaux à notre catalogue.» Au moment de cette conversation, le tout nouvel enregistrement du trio Derome-Guilbeault-Tanguay venait d’arriver au bureau (album dont nous reparlerons autour de son lancement, prévu pour le printemps). «En 1992, poursuit-elle, j’ai assisté au passage du vinyle au CD en plus d’avoir mis sur pied DAME, un travail considérable que je devais gérer de front avec ma carrière artistique. Après tout ce temps, une certaine fatigue s’installe et j’ai envie de passer le flambeau.» Pour l’avenir, toutes les options sont ouvertes, maintient-elle, son souhait le plus ardent étant de trouver des successeurs prêts à négocier le prochain tournant, soit celui du format compact au mode virtuel. Avis aux intéressés.

    Il ne fait aucun doute que le milieu est considérablement fragilisé par cette politique du fédéral

    Dame! Déjà dix ans

    Sophie Bernard, Convergence, no 2:4, 1 février 2002

    Pour fêter ses dix ans d’existence, la maison de disque DAME s’est payée un événement SuperBoom de cinq soirées, 14 spectacles et neuf lancements de disque.

    En dix ans, ce regroupement d’étiquettes québécoises indépendantes spécialisé en musique actuelle a construit un catalogue de plus de 160 disques compacts. Sa directrice, la musicienne Joane Hétu, avait de quoi jubiler. Ce sont tous les noms importants de la musique actuelle que l’on retrouve sous la houlette de DAME, de Jean Derome, en passant par Michel F Côté, René Lussier, Normand Guilbeault, Robert Marcel Lepage, Nathalie Derome, Charles Papasoff ou encore Joane Hétu elle-même.

    La musique actuelle, également appelée musique de création, de recherche, de traverse, improvisée, a ses lettres de noblesse depuis plus de quinze ans au Québec. Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) est une des rares, mais non moins importantes, plateformes de diffusion récurrentes.

    Lorsque Joane Hétu a décidé de lancer DAME il y a une décennie, c’était d’abord pour répondre à ses propres besoins. «Il est important de munir les artistes de structures pour les soutenir dans la production, la promotion et la distribution de leurs œuvres», explique-t-elle. «Et DAME leur offre un minimum de visibilité et de moyens.» Car, on le sait, la musique actuelle n’est pas du genre commercial, ceux qui en font ne sont pas là pour l’argent. «Quand j’ai lancé DAME, je me rappelle, l’étiquette Ambiances magnétiques comptait 15 vinyles et trois disques compacts», ajoute-t-elle. «Et maintenant, c’est tout un catalogue qu’on propose. DAME a prouvé sa raison d’être. Il est vrai que nous aimerions offrir plus, mais j’estime avoir fait des miracles avec le peu de moyens à notre disposition. DAME a aidé à construire une identité, même si Ambiances magnétiques existait déjà. Ce regroupement de six ou sept étiquettes indépendantes a permis de rassembler quelque 200 musiciens québécois.» Et c’est dans ce rassemblement que se trouve la force de la musique actuelle au Québec.

    Est-ce que DAME a joué un rôle dans la reconnaissance de la musique actuelle au Québec? «Je crois plutôt que cette reconnaissance vient du travail de chaque musicien, de chaque concert présenté. Ce qui est le plus éloquent, c’est la musique elle-même. En fait, le rôle de DAME est surtout politique. Cela a permis la reconnaissance de la terminologie auprès des organismes de financement, cela nous a donné accès aux différents programmes. C’est un combat constant. Et si nous sommes maintenant mieux représentés, au Conseil québécois de la musique par exemple, la masse d’argent n’a tout de même pas suivi.»

    Étonnamment, alors qu’en danse, la part du lion du financement va à la danse contemporaine, du côté de la musique, c’est celle datant d’avant le début du 20e siècle qui amasse les fonds publics. Il ne resterait que des miettes pour la création… Pourquoi? «Il parait que l’oreille est plus conservatrice que l’œil», soupire Joane Hétu.

    Laissons un peu le passé et voyons où en est la musique actuelle ici et maintenant, au Québec. «On ne peut pas dire que le Québec fasse partie des grandes vedettes de la musique actuelle au niveau international», reconnaît la directrice de DAME. «Et cela même si des gens comme René Lussier ou Jean Derome sont connus hors de nos frontières… En fait, on suit un peu la logique économique: il y a les États-Unis, l’Europe, le Japon, puis viennent le Canada, le Québec.» Par contre, ici même, le fait que le groupe Papa Boa «fasse» une salle lors du Festival international de jazz de Montréal est encourageant pour tous.

    Que sera DAME dans dix ans? «Il fallait d’abord passer le cap des dix premières années», estime Joane Hétu. «Cet anniversaire a confirmé la pertinence de DAME. En ce moment, l’industrie du disque est en profonde mutation. On assiste à une démocratisation des moyens de production et de diffusion, grâce aux disques compacts et à Internet. Il y aura toujours de la place pour un lieu comme DAME.» Et Joane Hétu ne rejette pas l’idée d’affilier sa maison de disques à d’autres groupes, de s’ouvrir à d’autres éventualités. «Je n’exclue rien, sauf de larguer DAME, qui vit actuellement une crise de croissance indéniable. Nous aurions besoin d’une équipe plus importante, nous avons l’obligation de nous adapter au marché. Et même si je suis fatiguée, même si parfois je ressens un certain découragement, surtout en cette période bizarre, troublante, ce qui compte, c’est la force créatrice des musiciens. Je ne traîne pas DAME comme un boulet. Au contraire, ça pousse en arrière! Il y a des projets et, surtout, une qualité de langage musical, de discours.»

    Et cette qualité de langage musical, le magazine Convergence vous en fera entrevoir certains pans, en présentant, au cours des prochains numéros, des portraits de ceux qui font la musique actuelle au Québec, en commençant par Joane Hétu.

    … tous les noms importants de la musique actuelle…
  • 1
  • 2
  • 3