Sauter au contenu principal
actuellecd

Ambiances Magnétiques

102 résultats
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • Portrait: Les Poules

    François Couture, AllMusic, 21 novembre 2002

    Les Poules began as a side project for Joane Hétu (vocals, sax), Diane Labrosse (keyboards) and Danielle Palardy Roger (drums), three members of the feminist collective Wondeur Brass. The release of their first LP in 1986 cemented the relationships and the musical approach of this trio: a partly improvised form of synthetic avant-pop. The members went on to participate in many other projects. In 2000 the trio itself was resurrected as a free improv unit and a new CD came out in 2002.

    The year is 1986, the location Montréal. A group of avant-rock feminists has been active for a few years under the name Wondeur Brass. Started as a political music theatre, it has evolved into a provoking experimental pop group. At that point Hétu, Labrosse and Roger, the three most avant-gardist elements of the collective, felt the need to retract from the large ensemble (which has counted as many as nine members at one point) to work on their own small-scale project, christened Les Poules — “the chicks,” a bitter name for feminists. The music on Les contes de l’amère loi, released in 1986, shows a sharper focus than Wondeur Brass’ Ravir (1985): post-new-wave in spirit, cold and chaotic, the songs left more room to improvisation and yet packed more punch. Instead of bringing back the other members of WB, on hiatus, the trio decided to sack them and hire bassist Marie Trudeau. This quartet recorded Simoneda, Reine des esclaves under the moniker Wondeur Brass before switching to Justine and releasing two more albums in the 1990s. Hétu, Labrosse and Roger continued to work on each other’s solo projects and co-run the production company SuperMusique, but everyone believed Les Poules was a project of the past.

    In 2000, Hétu, Labrosse and Roger performed in Victoria and Vancouver (Canada) as a trio again and the use of their old group name came naturally. A year later, Ambiances Magnétiques reissued Les contes de l’amère loi on CD and the trio presented a concert in Montréal. No nostalgia is involved, the old repertoire has been buried. The new Poules play quiet free improvisation. Lyrics have devolved into abstract vocalizations, the keyboard licks have become treated samples, the beats have turned into textural percussion work. Prairie Orange came out in 2002.

    Lyrics have devolved into abstract vocalizations, the keyboard licks have become treated samples, the beats have turned into textural percussion work.

    Jazz au Québec: portrait d’une génération

    Thierry Lepin, Jazzman, no 84, 1 octobre 2002

    En Amérique du Nord, le Québec fait figure de trublion. Et l’impact planétaire du Festival de Montréal cache en partie la forêt: depuis quelques années, une identité du jazz au Québec transparaît. Sous l’impulsion des «parrains» Vic Vogel et Bernard Primeau dans un premier temps, la création du label Effendi, remarquable vitrine, plus récemment: un jazz ancré sur la mélodie et l’ampleur du chant. Même si quelques agitateurs viennent y semer des herbes plus folles.

    Oscar Peterson, Maynard Ferguson, ou Paul Bey y sont nés. Dans les années 50 et 60, les nuits montréalaises sont rythmées par des dizaines de clubs de jazz, où se produisent notamment le guitariste Nelson Symonds, le contrebassiste Charlie Biddle, le batteur Bernard Primeau, ou Vic Vogel, futur chef d’orchestre d’un big band qui deviendra légendaire. Une scène essentiellement anglophone, qui s’affirme dans la tradition du jaz américain. On voit tout juste poindre l’éclosion d’une nouvelle génération qui prend plus ouvertement ses distances avec son voisin. Mais elle grandit sous le signe d’une certaine morosité. À la fin des années 60, le maire de Montréal souhaitant débarrasser la ville de la mafia, ferme clubs et cabarets. Suite aux mouvements souverainistes, de nombreux anglophones quittent le Québec, et la chanson, relayant ce souci identitaire, éclipse presque les autres formes musicales. En quelques années, la scène florissante du jazz connaît de sérieux revers.

    C’est au début des années 80 que le jazz québécois prend véritablement son envol. Oliver Jones (piano) entame une carrière internationale, Michel Donato (contrebasse) et Karen Young (chant) renouvellent l’art du duo, et Uzeb avec Alain Caron (basse) surfe sur la vague du jazz-rock. La création du festival de jazz de Montréal fait figure de révélateur (voir ci-après), fidélisant peu à peu un nouveau public, ouvrant des perspectives inédites pour les musiciens. Dans la foulée, le label Just’ln Time (fondé en 1983) commence à témoigner de l’effervescence et servira d’exemple. Car Montréal attire de plus en plus les musiciens pour des loyers peu élevés et des universités (notamment l’anglophone McCill) dont l’enseignement musical gagne en réputation.

    Au cours des années 80 et 90, apparaissent notamment sur le devant de la scène les saxophonistes Charles Papasoff, André Leroux, Joël Miller, Christine Jensen, Rémi Bolduc, Yannick Rieu, François Carrier, ou Frank Lozano, les pianistes Lorraine Desmarais, Yves Léveillé, Thüryn Von Pranke, Eric Harding, les guitaristes Sylvain Provost, Norman Lachapelle, Greg Amirault, les contrebassistes Normand Guilbeault, George Mitchell, ou les batteurs Michel Lambert, Thom Gossage, Karl Jannuska et Martin Auguste. Une communauté qui se retrouve souvent dans des formations parallèles (notamment autour du label Effendi). Citons aussi le trompettiste et arrangeur Bill Mahar, et son Altsys Jaz Orchestra, ou encore le jeune groupe [iks], autour du bassiste Pierre Alexandre Tremblay.

    Parallèlement, l’émergence: des musiques actuelles se concrétise autour du festival de. Victoriaville et du label Ambiances magnétiques (voir plus loin). Peu à peu, les différentes scènes vont se rencontrer. René Lussier invitant Frank Lozano, ce dernier formant par ailleurs le groupe Maze Lacuna avec Rainer Wiens (guitare préparée) et Thom Gossage (batterie).

    Face à cette efférvescence, le problème de la diffusion se pose encore plus crûment. Certains musiciens montent leur propre label, à l’instar de Lorraine Desmarais (piano) ou Charles Papasoff (saxophone), d’autres enregistrent pour la première fois grâce à de toutes nouvelles compagnies: DSM, Lost Chart, Red Toucan, ou encore Victo (émanation du festival de Victoriaville). La politique culturelle du Québec remplit alors pleinement son rôle, notamment grâce à la Sodec, qui apporte son soutien à l’industrie du disque, à côté de celle du cinéma. En 1999, Alain Bédard et Carole Therrien créent Effendi, devenu en trois ans le label de référence du jazz québécois. Originaire de la ville de Québec, Alain Bédard y débute sa carrière en tant que contrebassiste, à la fin des années 70, aux côtés notamment de Pierre Tanguay (batterie). Le jazz s’y démarque alors de Montréal, par une vision moins traditionnelle, et un fort ancrage mélodique. Un esprit qu’Alain Bédard s’attachera à retrouver avec Effendi. Une démarche de producteur, mais pas seulement: «Effendi est né d’un besoin collectif, les musiciens avaient des projets qui n’aboutissaient pas, précise Alain Bédard. Au Québec, il y a très peu d’agents ou de tourneurs, donc il a fallu aussi y penser, assurer nous-mêmes la gestion, chercher des subventions pour les projets. Je suis toutes les étapes. Mais surtout je veux travailler avec des musiciens qui se prennent en main, qui veulent développer leur carrière. Beaucoup préfèrent rester à Montréal enseigner et jouer de temps en temps, plutôt que de vraiment s’investir.» Le problème est posé. Si le Québec fourmille d’excellents musiciens, nombre d’entre eux sont sédentaires et souffrent d’un certain syndrome du sideman. À l’instar de Frank Lozano (saxophone): «Je joue dans beaucoup de formations, et j’enseigne à l’université McGill. Si je me sens bien en tant que sideman, c’est aussi par paresse. Cela prend beaucoup de temps d’avoir sa propre formation, plus d’administration et moins de musique. Donc, pour le moment, je préfère jouer dans les groupes des autres et leur apporter ma musique.» D’autres musiciens sont plus tranchés, tel Yannick Rieu: «Que faire pour survivre? Enseigner, ou changer de pays. Il faut bouger, on n’a pas le choix.» En effet, le boom du festival de Montréal cache le problème crucial des lieux de concerts. Si d’autres festivals ont vu le jour au Québec (Rimouski, Chicoutimi), les salles dédiées au jazz se font rares même à Montréal, en dehors des clubs (l’Upstairs, le Biddle’s), et de certains bars tels l’Escogriffre et le Sergent recruteur. Quant à jouer dans le reste du Canada, ou aux États-Unis, il est souvent plus facile de penser d’abord à l’Europe. Les musiciens québécois seraient-ils condamnés à s’exporter? François Théberge a choisi la France, tout comme le batteur Karl Jannuska, plus récemment. Rares sont ceux dont l’horizon se limite aux frontières de leur pays, mais ceci ne leur est sans doute pas exclusif.

    L’essor des musiques actuelles

    Thierry Lepin, Jazzman, no 84, 1 octobre 2002

    En 1983, Michel Levasseur fonde le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, et toute une nouvelle scène du Québec trouve son nom. Cousines des musiques improvisées, les musiques actuelles se définiraient comme “l’extrême dans tous les courants, que ce soit le jazz, la chanson ou le rock. Des sphères très différentes, amenées à se rencontrer”, selon la saxophoniste et vocaliste Joane Hétu.

    Cette même année, un collectif de musiciens (Jean Derome, André Duchesne, Robert Marcel Lepage, et René Lussier) prend le nom d’Ambiances magnétiques. Il sera rejoint deux ans plus tard par Joane Hétu, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, puis Michel F. Coté et Martin Tétreault. Si Ambiances magnétiques est devenu aujourd’hui le label emblématique de ces nouvelles musiques, la réussite n’était pourtant pas évidente: “Au Québec, les gens sont toujours très surpris de voir que les musiciens de musiques actuelles tournent à l’extérieur, sont connus et reconnus. La musique instrumentale est mal perçue. Comme une plante indigène, qui pousse très bien, adaptée au climat; même si les gens s’entêtent à planter des tulipes”, précise Jean Derome.

    En vingt ans, la scène des musiques actuelles n’a cessé de gagner du terrain, et de se diversifier. En 1991, Joane Hétu fonde la compagnie de distribution Dame, sur la base d’Ambiances magnétiques. Une structure à but lucratif, qui permet d’obtenir les soutiens financiers devenus indispensables. Depuis, le label a signé plus de cent disques, et Dame gère aussi la distribution d’autres étiquettes. Ces dernières années, les métissages musicaux sont synonymes d’un véritable décloisonnement, et d’un important renouvellement du public. Pour Michel Levasseur, fondateur du festival de Victoriaville, “dans les années 80 et 90, le public venait du jazz d’avant-garde, mais aujourd’hui la plupart du jeune public vient de la scène du rock, grâce à la popularité de groupes comme Sonic Youth, ou God Speed You Black Emperor!“ Membre de ce groupe montréalais, Mauro Pezzente a ouvert le club Casa Del Popolo, devenu le point de rencontre entre la scène francophone et anglophone. Tom Walsh (trombone) ou Rainer Wiens (guitare) s’associent aux précurseurs d’Ambiances magnétiques, qui eux-mêmes parrainent une nouvelle génération. Formation emblématique de ces dernières années, Klaxon Gueule réunit Bernard Falaise (guitare), Alexandre St-Onge (basse) et Michel F Côté (batterie). Un trio qui délaisse aujourd’hui l’instrumentation traditionnelle pour se tourner vers l’électronique, une musique bruitiste aux textures sonores d’une grande richesse. Alexandre St-Onge s’associe par ailleurs à l’anglophone Sam Shalabi, figure de proue de la scène électronique, dont Montréal devient peu à peu une plaque tournante sur le continent américain.

    On Line

    Thierry Lepin, Jazzman, no 84, 1 octobre 2002

    En la matière, le site des Ambiances Magnétiques est sans doute l’objet le plus abouti. Du rock bruitiste aux musiques improvisées, www.actuellecd.com constitue une excellente base de données, avec une multitude de liens sur les avant-gardes, dont le site de Victoriaville, autre grand festival du coin. Des news éditées, des extraits audio pour tester, voire s’éprouver, des biographies bien écrites, mais aussi des infos pratiques ou professionnelles (qui distribue quel label en France par exemple…). Un site à découvrir pour y dénicher les têtes chercheuses. […] Ça donne envie.

    Portrait: Rainer Wiens

    François Couture, AllMusic, 15 juin 2002

    Although active as a professional guitar player since the end of the 1970s, Canadian Rainer Wiens has constantly been falling through the cracks ofthe recording industry, leaving very little trace of his work and only since he moved to Montréal in the mid-’90s. Except for a couple of free improv records and participations in projects by members of the collective Ambiances Magnétiques, Wiens’ music has been related to the stage (dance, theatre, new opera) and thus remains largely undocumented.

    Wiens studied guitar with John Becker, Allan Torak, and Tony Bradan. He also studied improvisation and jazz harmony with New York pianist and noted educator Barry Harris. This private instruction prepared him for every possible work in the jazz business and soon Wiens was working the Toronto club circuit as a sideman for a constellation of local names. In 1978 he formed the left-field jazz group Silk Stockings. It toured throughout the 1980s, making appearances at various jazz festivals in Canada, but also in England and Hungary. During that period the guitarist forged himself a personal form of expression, abstract but with a lot of charm. He makes extensive use of the prepared guitar, often approaching the instrument more like a Gamelan ensemble than something with six strings.

    Since the late 1980s, his focus shifted toward a collaboration with artists from other fields. The 1990s saw him writing small-scale operas with librettist Victoria Ward (“Homeless,” “Down Here on Earth”), scoring music for films by Barbara Sternberg (“C’est la Vie,” 1997; “Like a Dream That Vanishes,” 1999), and collaborating with dancer Lucie Grégoire. He co-founded with Jan Komarek the Sound Image Theatre where he supplied music for many productions.

    In the mid-’90s he moved to Montréal and hooked up with the musicians of Ambiances Magnétiques. His solo album Bonunca Dream Music, self-released in 1995, was picked up for distribution by the collective’s label. A trio session with longtime partners Malcolm Goldstein and John Heward (Chants cachés, 1999) helped bring some attention to his work. Heco-founded the group NOMA with trombonist Tom Walsh and by 2002 was leading his own group Follow Follow.

    Portrait: Guillaume Dostaler

    François Couture, AllMusic, 15 juin 2002

    A pianist and keyboardist based in Montréal, Guillaume Dostaler is what you can call a trusty sideman. He is a favorite collaborator among Ambiances Magnétiques artists and has appeared on records by Jean Derome, Robert Marcel Lepage, Joane Hétu, Patrice Desbiens and Nathalie Derome. His work with international artists has been limited, mostly because of his preference to remain in Montréal, but he played with Lawrence “Butch” Morris on his visit to the city. He is a gifted pianist with a mind opened to new ideas.

    Dostaler had a classical music upbringing and studied piano at the renowned École Vincent d’Indy in Montréal. He started playing professionally in the early 1980s with a number of ensembles, mostly in jazz and new music, but also briefly performed funk. His first gigs included Karen Young, René Lussier, Lepage, and Derome. His seat in the latter’s avant-jazz group Jean Derome et les Dangereux Zhoms throughout the 1990s is what brought him the most attention. With this group he recorded three CDs for the label Ambiances Magnétiques (Carnets de voyage, 1994; Navré, 1995; Torticolis, 1998) and appeared in dozens of jazz and new music festivals across Canada (Montréal, Vancouver, Guelph), the United States (Edgefest in Ann Arbor, Michigan) and Europe (Moers in Germany, Banlieues Bleues in Paris, France).

    When Morris came to conduct a Montréal ensemble in 1995, Dostaler enlisted and so appears on the document Conduction 23 (1996, NewWorld). But his talent both as a cutting-edge improvisor and imaginative sideman are better illustrated on Derome’s witty Je me souviens and Hétu’s minimalist Musique d’hiver. He also toured Quebec as part of performance artist/singer Nathalie Derome’s trio for Les 4 Ronds Sont Allumés.

    … a cutting-edge improvisor and imaginative sideman…
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9