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  • Océan pour la suite dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Lancements», Gabriel Bélanger, SOCAN — Paroles & Musique, no 10:1, 1 mars 2003
    samedi 1 mars 2003 Presse

    Sylvie Chenard, guitariste électrique et compositrice, est une artiste engagée qui présente ici un disque fort intéressant. Musique instrumentale inspirée de subtiles sonorités marines, cet enregistrement constitue une expérience d’écoute hors du commun. En effet l’univers sonore présenté est original et touchant et semble tout droit sorti de quelque rêve surréaliste. Secondée de Maryse Poulin, Alexandre St-Onge et Martin Tétreault, Sylvie Chenard fait une démonstration magistrale de l’intérêt d’une démarche aussi personnelle. À écouter attentivement…

    À écouter attentivement…

    Canot-camping, expédition 4 dans JazzoSphère

    «Critique», EN, JazzoSphère, 1 mars 2003
    samedi 1 mars 2003 Presse

    Depuis déjà quelques années Jean Derome amène sa famille d’improvisateurs en canot-camping. Après des expéditions aux festivals de jazz d’Ottawa et celui de musique actuelle de Victoriaville, voici enfin le trajet qui se rend jusqu’à chez vous; l’expédition 4 en CD. Le canot-camping sert de tremplin métaphorique à Derome pour entraîner dix musiciens dans une aventure musicale improvisée. Il s’agit d’un véritable jeu de rôle pour musiciens dans lequel la nature à son mot à dire; aussi la température influencera l’expédition. À l’instar de John Zorn et de ces «cards games», notre Dangereux Zhom a comploté un système de soixante signes gestuels qui lui permettent de diriger les musiciens. Et dans toute cette aventure on retrouve, dans une grande cohérence, plusieurs des climats auxquels Derome nous a habitué: ambiances où se mélangent électronique, objets et instruments inventés, improvisation instrumentale délurée, parties composée, décalages (les divers canots allant à des vitesses différentes) et bien sûr des chants et divers bruits buccaux, le tout dans un climat d’humour qui réussit à exorciser l’aridité que pourrait avoir ce genre de démarche. Il en résulte une excursion des plus intéressantes pour le voyageur se passionnant pour l’improvisation sous toutes ses formes. Pour donner le ton, laissez-moi citer deux «choses à savoir», courtes phrases ready-mades que Derome a pêché dans un manuel scolaire chrétien des années 50 pour illustrer son disque: «Ceux qui sont apprivoisés interprètent les signes que nous leur faisons.»«Le langage des animaux n’est pas très élaboré, mais il suffit à leurs besoins». Et nous n’avons besoin de rien de plus pour prendre hardiment la défense des animaux. À écouter absolument avant la fin du beau temps.

    Il en résulte une excursion des plus intéressantes pour le voyageur se passionnant pour l’improvisation sous toutes ses formes.

    Grain dans JazzoSphère

    «Critique», EN, JazzoSphère, 1 mars 2003
    samedi 1 mars 2003 Presse

    Grain est le troisième album de la formation montréalaise Klaxon Gueule. Enregistré en 2000 (bien qu’il paraisse seulement à la fin de 2002), l’album marque une fois de plus une borne dans l’évolution de la formation. Klaxon Gueule est initialement composé de Michel F Côté à la batterie, Alexandre St-Onge à la basse et Bernard Falaise à la guitare. Au fil des années, la formation est restée la même, mais l’utilisation des instruments s’éloigne progressivement de leur fonction habituelle pour s’intéresser aux textures. Ici, la disparition de l’instrument est presque complète: la batterie est absente, la basse se fait rare et fantomatique, la section rythmique cède le pas à des textures presque uniquement électroniques concoctées par le bassiste et le batteur. Seul Bernard Falaise demeure fidèle à sa guitare. Devenu spécialiste du bruitisme, son jeu se fond à merveille dans ce flot électronique. Au groupe se joignent deux invités: Christof Migone et Sam Shalabi, également à l’électronique (ils sont tous deux complices de St-Onge, respectivement dans les formations Undo et Shalabi Effect, deux formations à forte tendance électronique). Une multitude de sources électroniques donc se rencontrent sur cet album qui est le fruit d’une session d’improvisation remixée par les membres du groupe. Le titre Grain colle à merveille à cette musique toute en textures envoûtante, intrigante, narrative. Les pièces fonctionnent souvent par accumulations: un premier son sert de «drone», de terrain qui rend possible tous les événements, Ies apparitions sur différents plans, différents volumes. Mené par des rythmiciens l’emboîtement des sons est intéressant: les différents échantillons semblent se rencontrer pour briser les pulsations internes de chacun d’eux jusqu’à créer de véritables rythmiques tribales issues de leur confrontation (fer pour bronze). Encore une fois, les KG nous invitent à les suivre dans leur évolution. Ce sont des musiciens qui réfléchissent la musique et qui refusent le «sur place» (leurs albums nous le montrent bien). Cette fois-ci, ils nous emmènent dans des contrées toutes électroniques avec la même habileté qu’ils nous avaient montrée dans leur format instrumental. Un disque intelligent, dosé et brillamment réalisé (enregistré et mixé par les membres du groupe). Reste que certains s’ennuieront de la folie instrumentale de ces trois improvisateurs chevronnés.

    Un disque intelligent, dosé et brillamment réalisé.

    All Is Bright, But It Is Not Day dans JazzoSphère

    «Critique», EN, JazzoSphère, 1 mars 2003
    samedi 1 mars 2003 Presse

    Voilà que Fred Frith se paie l’une de ses trop rares mais régulières visites chez Ambiances Magnétiques. Cette fois-ci. il y retrouve Jean Derome et Pierre Tanguay qui le suivront aux Etats-Unis pour enregistrer en une seule joumée, All is bright, but it is not day. Au programme: improvisation. Pas de thème. pas de réelle ligne mélodique, on travaille en abstraction, en paysages sonores parfois très violents, parfois paisibles avec, à la fois, le côté sombre et grinçant que Frith cultive avec brio et l’humour que l’on connaît à ces trois oiseaux rares. À la manière de la musique électroacoustique, Ie trio nous propose une multiplication de sources, d’événements, de timbres et de textures. Aussi, frottements, chuintements, clapotis, sifflements s’ajoutent aux saxophones (que l’on n’entend que très peu), flûte, guitare, batterie, hammonica, appeaux… sollicités. La conception du disque fait intervenir un quatrième musicien, celui qui capte le son, Myles Boisen. En effet, l’ingénieur intervient en temps réel sur l’improvisation musicale, offrant ainsi divers changements de points de vue — ou de points d’écoute (la fonction créative de la prise de son rappelle encore une fois les préoccupations de la musique électroacoustique). Deux courtes pièces sont principalement basées sur ces opérations de mixage (Pachinko et Ornettology), tandis que le reste de l’enregistrement se déploie en de longues pièces texturées où se mélangent habilement les références les plus incongrues; depuis le rock psychédélique (Canadian psycho) jusqu’à la musique électronique et concrète en passant par une sorte d’ambiant brut (Cutting to the chase, Élégie électrique) et par tout ce qui s’appelle «musique libre». All is bright but it is not day est un disque organique, brut, risqué et libre: un disque qui, déboussolant à première écoute, sait se renouveler à chaque nouvelle écoute afin de dévoiler un peu plus ses subtilités.

    … un disque organique, brut, risqué et libre…

    Les contes de l’amère loi dans The Wire

    «Soundcheck Review: The Boomerang», Julian Cowley, The Wire, no 230, 1 mars 2003
    samedi 1 mars 2003 Presse

    Canadian trio Les Poules existed at a point where ambitious oppositional rock churned up in the wake of Henry Cow converged with the lawless new wave energies of groups like The Raincoats and lUecoex. Les contes de l’amère loi (Ambiances Magnétiques), recorded in 1986, is a concept album of sorts, addressing relationships between human emotions and technology, but there’s nothing grandiose or inflated about it. Joane Hétu, Diane Labrosse and highly effective drummer Danielle Palardy Roger all play synthesizers and manage to make them gutsy and urgent. All three sing too, carefully stylised and dramatic. Added pungency comes from Hetu’s alto playing, at times reminiscent of the feisty approximations of Lora Logic. The Iyrics are vivid and witty. It’s an album that always impressed, in much the way Cassiber’s reconds have done, and arguably it sounds stronger now than when it first appeared.

    … it sounds stronger now than when it first appeared.

    All Is Bright, But It Is Not Day dans Hour

    «Review», Mike Chamberlain, Hour, 27 février 2003
    jeudi 27 février 2003 Presse

    The real-time improvisations of Fred Frith (guitar), Jean Derome (reeds) and Pierre Tanguay (percussion) were processed by sound engineer Myles Boisen in his Oakland studio in 2001. There is a dark funhouse atmosphere to the music with snatches of silliness (the laughing that opens the album), whimsy (Where Your Children Are) and skronk (Canadian Psycho). The process is as interesting as the results at times, which is part oF the danger of improvisation. So the album is uneven, but the high moments are high enough to make the wait worthwhile.

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