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Billet

Jean Derome et les Dangereux Zhoms dans La Presse

«Ces Zhoms de Derome qui aiment le danger», Alain Brunet, La Presse, 15 mai 2008
jeudi 15 mai 2008 Presse

Un portrait signé Dyane Raymond (éd Varia) le décrit par l’expression «homme musique». Pour ceux qui le connaissent depuis le début de sa carrière, c’est-à-dire plus d’une trentaine d’années, il est aisé d’affirmer que Jean Derome est un barde redoutable.

On ne peut qualifier le compositeur, leader d’orchestre, flûtiste, saxophoniste voire multi-instrumentiste de dangereux personnage. Sa musique, toutefois, peut fréquenter le danger. Et le mélomane qui ratisse le champ gauche, ne lui est-il pas essentiel de mettre ses certitudes en péril? Voilà ce à quoi nous convient ce soir les Dangereux Zhoms de Jean Derome, en ouverture du 25e Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

«Le 13 décembre dernier à La Sala Rossa, rappelle le musicien, j’ai présenté une longue pièce intitulée Traquenards pour célébrer les 25 ans de travail des Productions Traquen’Art — spécialisées dans les musiques d’avant-garde. Michel Levasseur, directeur artistique du FIMAV, y était.

«Il s’est montré intéressé à reprendre le concept tout en me commandant une autre pièce que j’ai intitulée Plates-formes, en lien avec les Productions Plateforme qui organisent le festival de Victo et qui célèbre aussi ses 25 ans. Chaque pièce fait plus d’une demi-heure — 35 et 32 minutes. Fait à souligner, on ne jouera pas le matériel du dernier disque des Dangereux Zhoms (To Continue), paru en décembre.»

Il faut également indiquer qu’un quintette forme le noyau du concept: Jean Derome aux saxophones et flûtes, le contrebassiste Pierre Cartier, le pianiste Guillaume Dostaler, le batteur Pierre Tanguay, le tromboniste Tom Walsh.

Or, dans le cas qui nous occupe, les fresques au programme requièrent sept musiciens supplémentaires: aux Zhoms de Derome se joignent la saxophoniste Joane Hétu, le trompettiste Gordon Allen, le guitariste Bernard Falaise, la violoniste Nadia Francavilla, l’altiste Jean René, la clarinettiste Lori Freedman, le DJ Martin Tétreault. «C’est donc une occasion de poursuivre le projet, j’ai deux autres pièces en banque pour cet ensemble. Donc, l’équivalent de deux concerts complets. Le problème à venir n’est pas tant le répertoire disponible que l’embauche de 12 musiciens! Mais… il y a le plaisir du compositeur qui dispose de plusieurs crayons de couleur! Finalement l’idée me plaît, les Dangereux Zhoms peuvent avoir leur configuration «de luxe».»

À travers Traquenards et Plates-formes, Jean Derome estime avoir dressé une sorte de bilan de la musique actuelle.

«J’ai voulu en présenter les différentes approches: jeux d’improvisation, parties écrites, références au jazz contemporain, bruitisme, etc. C’est assez composite, mais je pense qu’il y a une unité. Par ailleurs, je me suis inspiré des titres des pièces pour en nommer chaque partie. Ainsi, pour Traquenards, il y a Trompe-l’œil, Malentendu, Attrape-nigaud, etc. Pour Plates-formes, il y a Plateforme continentale, Dérive des continents, Plaques tectoniques, Plateforme électorale, etc. Ces pièces me semblent consistantes, les musiciens sont très concentrés. C’est beau à voir!»

Pour ceux qui le connaissent depuis le début de sa carrière, c’est-à-dire plus d’une trentaine d’années, il est aisé d’affirmer que Jean Derome est un barde redoutable.