Joue Free, Bernard Falaise, Normand Guilbeault, Robert Marcel Lepage dans Le Devoir
Mettons, et non supposons, que le trio formé de Normand Guilbeault à la contrebasse, Bernard Falaise à la guitare et Robert Marcel Lepage à la clarinette ait vu le jour en 1963, lorsque Jimmy Giuffre, qui joue de l’instrument dont joue Lepage, Steve Swallow, qui est propriétaire d’un engin dont Guilbeault est également propriétaire, et Falaise, qui pince des cordes là où Paul Bley intercalait les touches du grand piano, ont injecté une forte dose d’improvisation dans l’univers du jazz.
L’album que propose la troïka Falaise-Lepage-Guilbeault est de la même eau que celui que signa, il y a 37 ans de cela, le triumvirat amené par Giuffre. Les six morceaux conçus par les Montréalais sont autant d’échos aux pièces composées par leurs aînés. Joue Free, titre de l’album qui vient de paraître sur Ambiances Magnétiques, est une exploration, pour reprendre l’expression imprimée au dos de la pochette, du
En hommage à l’œuvre de l’auteur du célèbre
L’ensemble est d’autant plus réjouissant que les trois musiciens démontrent une maîtrise exemplaire de leur instrument respectif comme des subtilités propres à tout exercice d’improvisation. Si la musique de Lepage, Falaise et Guilbeault n’est pas de tout repos, si elle n’est pas une de ces musiques conçues à l’aune de la respectabilité, elle a ceci d’essentiel qu’elle favorise le regard droit devant.

