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Billet

Idiolalla dans Revue & Corrigée

«Disques», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 70, 1 décembre 2006
vendredi 1 décembre 2006 Presse

Deux vocalistes, femmes, et un batteur, homme. Une pochette illustrée d’un clown. Un concept, “idiolalla”. Terme désignant l’utilisation d’un langage inventé correspondant à une condition psychiatrique (bref, ce n’est pas le kobaïen, encore que Vander apparaît souvent comme un possédé!). Le martèlement, parfois erratique, parfois plus régulier de Jean Martin est propice à toutes les outrances orales, plus proches de la pratique d’un Phil Minton que de Lauren Newton ou de Maggie Nicols, puisque le langage de DB Boyko et de Christine Duncan est fait d’onomatopées, susurrées, éructées, vomies. Mais pas seulement. Cetrains passages se rapprochent des voix diphoniques mongoles, peuvent aussi évoquer certaines pratiques ethiniques collectives — les youyous, par exemple. Christine Duncan travaille régulièrement la voix aux côtés de Jean Martin au sein de Barnyard Drama, basé à Toronto (quatre CDs depuis la fin des années 90) après avoir œuvré dans des formations de gospels. DB Boyko est, comme elle, originaire de Vancouver mais s’est plutôt produite sur la scène contemporaine (acoustique et électroacoustique). Tous les trois ont déjà émargé sur le label québécois dans le récent oratorio de Danielle Palardy Roger Bruiducœur, prières des infidèles. Ecoutez Idiolalla. Une expérience des plus vivifiantes, à défaut d’être totalement inédite.

Une expérience des plus vivifiantes