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unPacked

Susanna Hood Trio / Steve Lacy, Judith Malina

… absolutely stunning and warrants the deepest of dives. The WholeNote, Canada

The resulting songs embrace a broad but intense emotional range, inspiring the compelling inventiveness with which this trio develops its own visions. Musicworks, Canada

Relever les défis que pose la musique de Steve Lacy est au fondement même de ma démarche musicale et s’avère toujours stimulant et productif. Je suis heureuse que cette musique m’ait permis de toucher au cœur même de ce projet, la poésie de Judith Malina. Les paroles sont importantes et la musique de Lacy est le médium qui permet d’aller à leur rencontre et de leur donner vie — les faire danser. Je suis ravie de partager cette danse avec vous.

Susanna Hood


Livret numérique PDF de 20 pages (5 Mo) inclus dans le téléchargement

  • SODEC

CD (AM 278, 2023)

  • Étiquette: Ambiances Magnétiques
  • AM 278
  • 2023
  • UCC 771028127825
  • Durée totale: 51:44
  • Boîtier sympathique
  • 126 mm × 126 mm × 5 mm
  • 35 g

Sur le web

Téléchargement (AM 278_NUM, 2023)

  • Étiquette: Ambiances Magnétiques
  • AM 278
  • 2023
  • UCC 771028127825
  • Durée totale: 51:44
  • Boîtier sympathique
  • 126 mm × 126 mm × 5 mm
  • 35 g

Sur le web

Notes liminaires

Entremetteurs

Quelques mois avant sa mort en 2004, Steve Lacy donnait une conférence à Montréal où il déclarait que pour un jeune musicien, «il est important de suivre son appétit». Répondant habilement à une question sur l’enseignement de la musique, il suggérait de prendre de la distance avec la musique et mettre l’accent sur l’ensemble des pratiques artistiques, évoquant au passage quelques héros non musiciens tels que Giacometti et Braque. Il conclut son raisonnement avec un commentaire moqueur sur la tendance dans l’enseignement de la musique contemporaine à travailler en vase clos: «le jazz est supposément une forme d’art alors, si vous êtes des artistes, il faut aimer l’art». [Ces citations sont tirées d’une transcription d’un enregistrement de Steve Lacy réalisé lors d’une conférence à l’Université McGill, le 30 janvier 2004. Je remercie Eric Lewis pour cet enregistrement.]

Lorsque j’ai initié Susanna à l’œuvre de Lacy en 2008, je savais qu’elle aimait l’art bien affirmé, à l’instar de celui de Lacy. À cette époque, elle était reconnue comme une interprète et chorégraphe exceptionnelle en danse contemporaine, qui poursuivait également une pratique vocale rigoureuse. Fille de peintre, elle a depuis signé des œuvres importantes et remarquables, inspirées notamment du peintre Francis Bacon et de la poète P.K. Page. À mes yeux, Hood+Lacy est un duo bien apparié, non seulement pour leur amour sans limites de l’art, mais aussi pour la dimension profondément artisanale de leur travail, leur hallucinant souci du détail.

Susanna et moi avons beaucoup travaillé ensemble sur la musique de Lacy de 2008 à 2012. Je la considérais déjà comme la meilleure interprète de la musique vocale de Lacy, point final. unPacked va plus loin encore. Les performances sont stupéfiantes. Ceux qui n’ont jamais entendu l’enregistrement original de Lacy, Packet (avec Irene Aebi et Frederic Rzewski, New Albion Records, 1995), admireront ces compositions, qui se situent selon moi au sommet de l’héritage de Lacy en matière de musique vocale. Ceux qui connaissent Lacy remarqueront toutefois quantité de détails et de modifications — certaines arrangées, d’autres improvisées — qui contribuent à rendre ces interprétations distinctes et remarquables.

Tania Gill, comme Rzewski ou — plus près d’elle d’un point de vue stylistique — Paul Bley, possède un toucher qui lui est propre et infiniment engageant. Son jeu dans le registre médian du piano lui permet de donner vie au matériau contrapuntique de Lacy avec une touche subtile d’invention et d’intelligence. Kayla Milmine relève le défi de jouer la musique de Lacy au saxophone soprano, préservant sa pureté intervallique avec la qualité timbrale d’une spécialiste du soprano, sans jamais copier le style inimitable du maître.

Toutefois, le véritable jumelage ici est celui de Susanna et la femme de théâtre et poète Judith Malina avec Lacy, l’entremetteur amoureux de l’art dont l’œuvre a réuni ces deux créatrices. Certains moments de The Melancholy Life of Woman, Do Not Judge Me Lightly et Joy sont déchirants par leur expression d’un féminisme sage et doux-amer qui s’attache néanmoins avec espoir à un humanisme bienveillant. Ce jumelage se confirme davantage encore par le choix judicieux de Susanna d’inclure deux poèmes de Malina qui ne font pas partie de Packet, deux poèmes parfaitement intégrés dans cette suite. Voilà des textes écrits par une artiste mature et interprétés avec la plus totale sympathie par une autre artiste mature, chacune ayant besoin de l’autre pour vivre.

La musique présentée sur ce disque est complète et entièrement formée, un monument d’amour et d’engagement. Elle ne peut toutefois rendre complètement justice à cet élan, amoureux de l’art, qui pousse Susanna Hood à «suivre son appétit» dans ces improvisations dansées très rythmées qui donnent au groupe une dimension des plus remarquables en contexte de performance. Comme je l’écrivais dans le programme du Festival de jazz de Guelph 2023: «Ce qui rend [ce trio] si particulier, ce sont les fascinantes improvisations dansées de Hood; comme improvisatrice qui allie danse et musique, elle est tout simplement sans égale».

Nul doute que Steve Lacy l’aurait beaucoup aimée.

Scott Thomson [traduction française: Yves Charuest, ix-23]

Quelques articles recommandés
La presse en parle

Review

Yoshi Maclear Wall, The WholeNote, no 29:6, 1 juin 2024
… absolutely stunning and warrants the deepest of dives.

Review

Stuart Broomer, Musicworks, no 148, 1 juin 2024
The resulting songs embrace a broad but intense emotional range, inspiring the compelling inventiveness with which this trio develops its own visions.

Critique

Philippe Renaud, Le Devoir, 9 mars 2024

La Montréalaise Susanna Hood, musicienne et danseuse, lançait l’été dernier une campagne de financement pour produire un enregistrement de la performance unPacked que la chanteuse avait montée avec son trio (Tania Gill au piano, Kayla Milmine au saxophone soprano). Remercions les donateurs d’avoir permis de concrétiser l’édition de cette réinterprétation, aussi vitale qu’essentielle dans le propos, de la suite Packets (1995), composée par le regretté pilier du jazz d’avant-garde Steve Lacy, à partir de poèmes écrits par l’actrice et dramaturge Judith Malina, cofondatrice du Living Theatre, phare du théâtre militant et engagé. Entre jazz contemporain, art lyrique et musique contemporaine, la démarche (et la voix claire, nuancée) de Hood inscrit dans notre époque ces mots qui, résumait alors Lacy, parlent «du théâtre, de la vie, de la mort, de la naissance, du vieillissement, de la douleur et de l’errance d’être une femme». Et de théâtre (de l’opéra?), unPacked en est farci, ces chansons éclatant grâce aux échanges vigoureux entre les trois interprètes.

… aussi vitale qu’essentielle…
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