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  • Ice Machine dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 5 juin 2009
    vendredi 5 juin 2009 Presse

    Enfin, le projet collaboratif entre D Kimm et Alexis O’Hara se concrétise sur disque. J’ai vu ce duo au FIMAV en… 2007? 2006? Ce sont deux poétesses/artistes sonores à l’arc muni de multiples cordes. O’Hara tend vers la dérision et le sarcasme psycho-sexuel sur fond bruitiste; Kimm est plus en demi-teintes, alliant humour et tendresse, profondeur et pulsion. Ensemble, elles concoctent un joli raffût! Textes intrigants, textures sonores froides (après tout, cela s’appelle Ice Machine) et parfois trash. Très réussi.

    Très réussi.

    Ice Machine dans Pinkushion

    «En marge», Fabrice Fuentes, Pinkushion, 4 juin 2009
    jeudi 4 juin 2009 Presse

    «Nous transcendons le Palpable et l’Impalpable, d’où notre nom: Mankind», annonce dans son Manifeste le duo féminin D Kimm et Alexis O’Hara. Enregistré dans ce haut lieu montréalais du post-rock qu’est l’Hotel 2 Tango, Ice Machine convoque le fantôme halluciné de William Burroughs, les greffes machinocorporelles de David Cronenberg, l’enfance trouble de Victor Erice, la fuite du temps de Béla Tarr et la poésie narrative de DM Thomas. Autant d’écrivains et cinéastes qui sont l’objet d’un hommage singulier sur Repressed Love, montage hétéroclite de bruitages électroniques et de voix épars, de bribes de dialogues filmiques et de récitations littéraires échappés d’un dictaphone, le tout sur fond de rythme myocardique, comme si le morceau offrait une déambulation poétique dans les méandres d’un cerveau littéralement dérangé. L’espace imaginaire du duo muli-instrumentiste déploie ainsi ses impulsions noisy et effusions ambient, souffle et rythmes vitaux mêlés à l’instar de l’ouverture Mile End Throat Singers, un morceau qui repose sur des «laborieux chants de gorge» et des «summer dog vocals» progressivement distordus par des loops et des effets de pad, jusqu’à laisser poindre une angoisse diffuse, coupée court par des rires espiègles. Que ce duo de Canadiennes revendique son manque de savoirs, préférant de loin faire et défaire une musique spontanée et inconfortable, souvent conçue à l’instinct, mais pensée après-coup, voilà qui nous comble quand trop de disques affichent une prétention et une maîtrise qui n’ont d’égal que l’ennui dans lequel ils nous plongent. Un raccourci, forcément réducteur, assimilerait Mankind à un CocoRosie trash: le bricolage élevé au rang d’art participe en effet d’un enchantement ou d’une trivialité qui génèrent des visons musicales proprement distordues et originales où une fausse insouciance enfantine côtoie constamment des marges plus interlopes de la conscience. Chez Mankind se produit une étrange intrication du cul et du cerveau, du beau et du laid, du léger et du profond. En somme, de la vie palpable et de l’impalpable mort.

    … le bricolage élevé au rang d’art participe en effet d’un enchantement ou d’une trivialité qui génèrent des visons musicales proprement distordues et originales…
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