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  • Canot-camping, expédition 4 dans La Scena Musicale

    «Critique», Dominique Olivier, La Scena Musicale, no 7:6, 1 mars 2002
    vendredi 1 mars 2002 Presse

    L’«instrumentiste-compositeur-chef d’orchestre-improvisateur» Jean Derome nous a habitués à des événements musicaux inusités, et, surtout uniques, débordants d’imagination et de surprises. Mettant à profit l’art du compositeur, la personnalité des musiciens qui l’accompagnent dans ses expérimentations, les aléas du hasard et bien d’autres choses encore, Derome, récipiendaire du Prix Opus 2001 «Rayonnement à l’étranger», nous invite cette fois à une expédition (ou plutôt à deux) en canot-camping.

    Présenté à la Cinquième salle de la Place des Arts et produit par SuperMémé, Canot-camping, Expéditions 5 et 6 nous invite à partager un voyage à l’itinéraire imprévisible et soumis aux intempéries avec 11 musiciens improvisateurs membres de l’Ensemble SuperMusique. Les 13 et 14 mars, Jean Derome et ses accompagnateurs parcourront un «réseau de pièces» appelé Canot-camping et que son créateur accepte (un peu malgré lui) de comparer à une courtepointe aux morceaux de dimensions variables. «Il s’agit en fait de plusieurs pièces reliées. Chacune est appelée par une série de gestes qui annoncent les éléments à venir, les sections libres ou la continuation d’une même action. Chaque fois que j’ai repris Canot-camping, l’itinéraire a été différent. Je fais moi-même du canot dans une immense réserve, le parc de La Vérendrye. Il est impossible de tout visiter en une fois. Dans nos expéditions musicales, le pourcentage d’improvisation est à peu près le même que dans un voyage. Ça permet de ne pas rester pris dans une pièce fermée (à comprendre dans les deux sens du terme…)».

    «Faire quelque chose d’aussi ouvert avec 11 instrumentistes n’est pas de tout repos, souligne Jean Derome. Il est difficile, lorsque la polyphonie devient très complexe, de suivre les mouvements de chaque musicien. Dans un orchestre symphonique, les musiciens sont nombreux à jouer la même ligne. Ici, la grande complexité ne permet pas toujours d’analyser ce que les autres font. La pièce balise un peu le travail et façonne ce qui se passe». Pour ce faire, Derome et ses complices ont conçu un système de signes, inspirés à la fois du langage de l’improvisation et de celui des sourds-muets. Ce système compte maintenant plus de 60 signes. «Nous avons passé bien des répétitions à simplement apprendre les signes. Maintenant, je peux faire des choses assez intéressantes: m’adresser aux musiciens avec des consignes sur le temps, les pulsations, enfin des choses relativement précises. Ça n’est pas encore suffisamment précis à mon goût, mais nous continuons à développer le système pour qu’il s’accorde à nos besoins.»

    Dans ce contexte, Jean Derome assume plus que jamais le rôle de chef d’orchestre, tout en restant un des acteurs sonores importants de l’expédition. «En général, j’essaie de faire des choses qui se passent de chef, parce que j’accepte très difficilement de tourner le dos au public. Dans Canot-camping, je suis un des joueurs, mais je consacre aussi beaucoup de temps à donner les consignes aux autres musiciens.»

    Sa quatrième version est celle qui a le plus fait évoluer Canot-camping (après une première dans le cadre d’une Exposition de musique au Théâtre de la Chapelle, une deuxième, au Festival de musique actuelle de Victoriaville et une troisième, au Festival de jazz d’Ottawa). Canot-camping, Expédition 4, le 100e disque à paraître sous étiquette Ambiances magnétiques, sera lancé dans le cadre des concerts Expéditions 5 et 6. «Nous avons accompli en studio un vrai travail de fond», précise Jean Derome, ce qui a fait considérablement évoluer notre musique. «C’est pour moi une approche beaucoup plus abstraite qu’avec les autres productions que j’ai réalisées: il y a eu une recherche profonde sur les textures, les rythmes, le côté aquatique des sonorités et du déroulement. Après Expédition 4, je voulais abandonner le projet. J’étais donc très content que SuperMémé veuille le produire.» Peu optimiste sur l’avenir de Canot-camping en tournée, Jean Derome, à nouveau très motivé par la nouvelle existence de la pièce, rêve maintenant de poursuivre le projet… sur disque. Alors, à bientôt, peut-être, pour d’autres expéditions sonores.

    Canot-camping, expédition 4 dans Coda Magazine

    «Recent CD’s», James Hale, Coda Magazine, 1 novembre 2001
    jeudi 1 novembre 2001 Presse

    Like fellow alto player John Zorm, Jean Derome can seem so ubiquitous in his corner of the music scene that it’s difficult to imagine what the music would be without him. For 25 years, Derome has been at the heart of improvised music in Quebec, collaboring with a revolving cast of characters and leading projects that reflect both his own individualistic approach to instrumental expression and culture of his province. Featuring 10 members of his musical circle, his “canoe camping” series is both representative of his distinctive approach and of how his work parrallels Zorn’s. Like Zorn’s “game pieces”, Canot-camping is a highly variable conducted work of collective improvisation. Mirroring the unpredictability of a canoe trip, the work relies on a set of 60 hand gestures and the reactions of improvisers as skilled as bassist Normand Guilbeault, percussionist Pierre Tanguay and trombonist Tom Walsh, all in pursuit of Derome’s key question: “Do we tame noise, or does noise tame us?” From pre-departure parking to a climatic encounter with some rapids, the fourth expedition in Derome’s series combines small instrumental gestures and responses into an evocative adventure.

    … series combines small instrumental gestures and responses into an evocative adventure.
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