Une poésie mélancolique traverse, avec des circonvolutions et à son rythme, les 13 morceaux de Ch’val, l’album du guitariste montréalais André Duchesne, patiemment construit en solitaire chez lui, entre marches matinales et évocations poignantes de sa sœur disparue — c’est elle qui «rêvait de chevaux». La guitare est à l’avant-plan, aux parties pas toujours écrites, mais Duchesne y ajoute basse, batterie — et, en de rares occasions, sa voix, plus récitante que chantante —, groupe virtuel à lui tout seul: le résultat est tendre, débutant par un échevelé Ch’fal ch’fal, suivi du mélodique À celle qui rêvait de chevaux, avant que l’inspiration ne se perde dans des pérégrinations plus jazzy (Rêves de chevaux).