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  • Chèvre, Chevreuil in Le Devoir

    “L’homme de chantiers; René Lussier est la cheville ouvrière de l’improvisation”, Serge Truffaut, Le Devoir, May 16, 1998
    Saturday, May 16, 1998 Press

    La Vie qui bat, celle du chevreuil et celle de la chèvre, c’est la musique de la vie animale. C’est «pété». C’est fou, joyeusement. Ce sont autant de fables qu’il y a de morceaux. C’est Lussier qui roucoule, par guitare interposée, comme une grenouille. C’est Tanguay qui rythme, par batterie interposée, la vie du petit cheval.

    La Vie qui bat, volume 1 et volume 2, c’est «de l’improvisation libre. C’est une entente: on s’assoit et on improvise dans le respect de l’autre. C’est une histoire de confiance musicale. Ce n’est pas du jazz. Ce sont des rythmes, des notes. C’est libre de références. C’est comme trippé. Ce n’est pas manufacturé. C’est le plaisir qu’on recherche à faire de belles choses ensemble».

    Guitariste éclectique, compositeur très sensible, arrangeur plein d’humour, animateur, militant, acteur… René Lussier est davantage qu’un musicien. Il est artiste.

    Dur Noyau Dur, René Lussier in Le Devoir

    “L’homme de chantiers; René Lussier est la cheville ouvrière de l’improvisation”, Serge Truffaut, Le Devoir, May 16, 1998
    Saturday, May 16, 1998 Press

    René Lussier est peut-être bien un homme de chantiers. Depuis des lunes, en fait depuis vingt-cinq ans, il construit. Il échafaude, il édifie, il maçonne. Il travaille beaucoup, énormément et toujours avec conviction. Probablement que des chantiers, musicaux s’entend, il est l’architecte. René Lussier est certainement un architecte des sons.

    Signe des temps, à dire vrai de son temps, son agenda de travail est chargé. Tenez, la semaine qui s’achève a commencé par un spectacle, en compagnie de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), au Palais Montcalm. Le lendemain, Lussier lançait un compact intitulé Chronique d’un génocide annoncé. On aura deviné qu’il s’agit là de la musique du film réalisé par Danièle Lacourse et Yvan Patry.

    Les grands explorateurs

    Demain à 13h, demain au Festival international de musique actuelle à Victoriaville, ce guitariste, compositeur, improvisateur se produira en solo. Un peu avant ou un peu après, il lancera deux albums qu’il a réalisés avec le batteur Pierre Tanguay. Les titres? La Vie qui bat? chèvre et La Vie qui bat? chevreuil. Antérieurement à tout cela, mais récemment, il a lancé un album confectionné avec Martin Tétreault aux tables tournantes, pick-up et radio. C’est pas fini.

    Le 29 mai, dans le cadre de l’émission Les Décrocheurs d’étoiles à Radio-Canada, sera diffusé un long collage poésie-musique que Lussier a concocté avec le poète franco-ontarien Patrice Desbiens, qui incidemment fut le sujet de notre entrevue du lundi; du dernier lundi. Puis, le 20 juin, en compagnie de Pierre Tanguay et du chanteur Fred Fortin, ce sera le show Gros Mené. Un show de chansons et rock sauvage. Ensuite, ce sera une série de trois concerts de musique improvisée au Musée d’art contemporain.

    Soyons un instant comptable. Faisons les comptes comme les additions. René Lussier, c’est 20 albums parus sous son nom; 24 participations aux albums des autres; 55 musiques pour des courts métrages ou des documentaires, et enfin six compositions commandées par la SMCQ, Tim Brady, etc. Bref, l’inventaire de ce qu’a accompli ce musicien de 41 ans en impose.

    Ce souci ou cette éthique du travail que Lussier cultive constamment avec humour est probablement la conséquence ou l’antidote à ce constat qui est sien: «Il est évident que le showbiz n’a pas été fait pour notre musique. Chaque note qu’on joue est contre la musique commerciale.»

    Lorsqu’il emploie le «nous», il parle de lui et de Martin Tétreault, de Pierre Tanguay et de Jean Derome, de Robert Marcel Lepage, de Tom Walsh, de Joae Hétu… Bref, il parle de toute la bande qui a formé et tient à bout de bras depuis une vingtaine d’années l’étiquette Ambiances Magnétiques.

    Il parle d’eux, tous ces musiciens montréalais, mais aussi de Fred Frith, de Evan Parker, d’Eugene Chadbourne, de Hans Reichel, de Derek Bailey, de Marilyn Crispell… soit tous ces musiciens ou artistes européens comme américains qui préfèrent explorer des territoires inconnus plutôt que les territoires des lieux communs, des poncifs. Entre eux comme entre ces continents, ils se connaissent et se fréquentent régulièrement.

    Dur noyau duret les autres

    Dur noyau dur, c’est le titre de l’album qu’il vient de signer avec Martin Tétreault. C’est un disque fait de sculptures sonores. C’est Lussier à la guitare électrique et Tétreault aux tables tournantes, pick-up et radio. C’est surtout «le goût de faire une musique ayant une charge électrique. Une chose ayant de la puissance et aucune censure». Dur noyau dur, c’est un long écho musical «à une phrase de Claude Gauvreau: n’ayons pas peur du bizarre échevelé».

    Dur noyau dur, c’est également des titres en dur. C’est Azur, Bouture, Brûlure, Cyanure, Dictature, Emmanchure, Engelure, Enrayure, Fioriture, Froidure, Gravure, Jointure, Luxure, Manufacture, Mercure, Nervure, Obscur, Parjure, Revoyure, Sciure, Sculpture et Sépulture. Dur noyau dur se compose des chapitres de… n’importe quelle vie.

    Il échafaude, il édifie, il maçonne. Il travaille beaucoup, énormément et toujours avec conviction.

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? in 7 jours

    “Critique”, Francine Grimaldi, 7 jours, May 16, 1998
    Saturday, May 16, 1998 Press

    Robert-Marcel Lepage est un clarinettiste marginal et pratiquement incomparable. Son style est ludique, contemporain, joyeuse-ment imagé et multiethnique. Son œuvre est inclassable et rafraîchissante. Quelles que soient vos préférences, vous trouverez votre bonheur dans une des 22 plages de cet album. Une dizaine de pièces proviennent de musiques de films qu’il avait composées pour Bruno Canière (L’art n’est point sans Soucy), pour Carlos Ferrand (Clip Art), pour Jacques Godbout (Pour l’amour du stress) et pour Jean-Philippe Duval (Sobo). Lepage est entouré d’une vingtaine de musiciens de premier ordre, comme le trompettiste Louis Babin; Tom Walsh, au trombone; Jean Derome, au saxo, à la flûte, à la ocarina et au piccolo; Serge Lépine et Rick Haworth aux guitares; Iain Booth à la cornemuse. 4/5

    … quelles que soient vos préférences, vous trouverez votre bonheur dans une des 22 plages de cet album. Très bon.

    volume 2: Hourra pour la bastringue, Ambiances Magnétiques in Splendid E-Zine

    “Review”, George Zahora, Splendid E-Zine, May 11, 1998
    Monday, May 11, 1998 Press

    Splendid has reviewed quite a few Ambiances Magnétiques releases in the past few months -enough, I think, for regular readers to have learned to expect challenging music from the label. This sampler makes a great introduction -despite including a lot of quirky electroacoustic sound sculptures, there’s a healthy dose of comparatively “traditional” music here: rich orchestral ensemble works, intimate jazz pieces, street music and frenetic art-rock MlDI-operas. The result is a sampler that’s surprisingly warm and welcoming- a cushion of familiar sounds in which even the most timid listener can safely experiment. Another success for Ambiances Magnetiques

    Another success for Ambiances Magnétiques…

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? in Le Musicien

    “Critique”, Le Musicien, no. 10:3, May 1, 1998
    Friday, May 1, 1998 Press

    Le musicien mélodiste montréalais Robert Marcel Lepage présente son sixième album, Les clarinettes ont-elles un escalier de secours?, sur étiquette Ambiances Magnétiques. On y reconnait sa touche particulière, son sens mélodique, ses orchestrations colorées, ses sonorités inspirées des musiques du monde, son talent de conteur et son humour. Cette dernière création de Lepage explore avec bonheur les multiples influences qui ont forgé sa musique. De ces sources d’inspiration, le musicien a réussi le pari de réunir différents genres musicaux pour en faire une musique vivante et cohérente, une musique métissée, texturée, dense, typique de notre époque. Quelque vingt musiciens ont participé à la réalisation de ce disque.

    Ayaya Moses in Tone Clusters

    “The well-tempered guitarist”, Ken Egbert, Tone Clusters, no. 68, May 1, 1998
    Friday, May 1, 1998 Press

    Our final CD here is from The Fred Frith guitar quartet. The idea of a guitar quartet makes perfect sense, really, if you consider how back in the early ’80s the World Saxophone Quartet, taking a page out of the book describing the string quartet’s structure, decided to write a repertoire for itself (consisting as it did on its inception of jazz giants David Murray, Oliver Lake, Julius Hemphill and Hamiet Bluiett, they had no trouble doing so) as well as to commission works to perform from modern composers. Fred Frith needs no intro, of course, and neither do his fellow axemen Nick Didkovsky, René Lussier and Mark Stewart. The most striking piece on Ayaya Moses is Pulau Dewata, a Claude Vivier piece of bewildering but lovely complexity, combining pure bell-like cadences with busy structure and slipknot-like turnabouts. There are odd bits here that recall the complexity of gamelan music and others that build expertly on the highly structured efforts of 1972-74 King Crimson (Fracture, We’ll Let You Know). No shrinking violet, however, is the opening Ayaya, written by Lussier and combining a sly pop-like opening and some feedback experiments that will make your eyebrows disappear once the shock of the initial wittily shifting structure is swept aside. Olivia Bignardi, an Italian clarinet player and modernist, contributes two tart bits full of interlocking riffs and careful melody, and Frith of course, writes one of his more concise tunes (Freedom is your Friends II). It’s almost a chamber piece for highly controlled feedback, and might at some point show up in a later composition for string orchestra, it’s that plastic. Nobody woodsheds here, nobody shows off, in fact it’s hard to figure who’s playing what from time to time. You’re forced to listen to the totality, to throw your attention wide, and I think that’s a credit to the players: any one of them could have showboated the other three offthe stage, but of course then this CD wouldn’t exist. And that would be a shame. So I hate to disappoint anyone, but the guitar is not going anywhere. These fellows will see to it, and thanks to all of them.

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