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  • Danielle Palardy Roger in SOCAN — Paroles & Musique

    “Le bruit, sans fureur”, Guy Marceau, SOCAN — Paroles & Musique, no. 10:3, September 1, 2003
    Monday, September 1, 2003 Press

    Danielle Palardy Roger est une battante de la musique actuelle. Même au banc de sa batterie, baguettes en main, la musicienne, compositrice, improvisatrice et productrice est mue par une force tranquille: celle des artistes qui n’ont d’autres choix que de faire ce qu’ils font tellement leur vocation est viscérale. À 54 ans, sous des cheveux bouclés en bataille et derrière des yeux d’un bleu profond, la rebelle est encore fidèle au poste et poursuit son travail de pionnière qui a mis la musique actuelle sur la carte québécoise.

    À 27 ans, forte d’une créativité qu’elle déployait déjà en arts visuels, Danielle Palardy Roger s’est remise à la pratique artistique après avoir tourné le dos à l’académisme contraignant des arts appliqués. «À la suite d’une rencontre avec des musiciens d’avant-garde, j’ai décidé de plonger en musique, même si je n’avais pas de formation académique. Et justement, c’est en abordant ce nouveau monde sans cadre précis que j’ai pu explorer et développer ma créativité avec l’improvisation.»

    Danielle Palardy Roger jouait des «drums» dans une fanfare, ce qui explique le choix de son instrument de prédilection, la batterie (et les percussions). «Je pouvais exprimer les rythmes et les sons, et il y a des rapprochements à faire avec la peinture comme le tachisme, l’automatisme et tout l’art du mouvement. Mais ce qui me portait et me porte encore, c’est l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.» Le résultat: d’étonnantes fresques sonores, bruitistes, exploratoires, souvent minimalistes mais qui ne laissent pas indifférent. Le bruit, sans fureur.

    Pionnière dans l’aventure

    Évidemment, Danielle Palardy Roger n’était pas seule dans l’aventure. «Au début des années 80, on parlait peu du vocable ‘musique actuelle’. En Europe, on disait plutôt musique de traverse ou improvisée. Avec notre premier vinyle (du groupe Wondeur Brass), on s’est aperçu qu’on s’inscrivait dans un courant qui se précisait de plus en plus, porté par les musiques de Jean Derome, René Lussier, André Duchesne, Joane Hétu et Diane Labrosse. Ces deux dernières sont directrices artistiques de SuperMémé (devenu SuperMusique), une société de concerts fondée avec elle en 1979. Tout ce beau monde s’est regroupé pour fonder ensuite l’étiquette de disques Ambiances Magnétiques (aujourd’hui représentée par DAME), premier pas important pour la diffusion des musiques de la jeune scène actuelle au Québec. Et, presque simultanément, naissait le Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

    En 25 ans, plusieurs aventures, en concert et sur disque, ont ponctué le parcours de la musicienne et de ses alliées des premières heures: le trio Les Poules et Tricotage, un duo récemment formé avec la contrebassiste française Joëlle Léandre, sans compter tous les collectifs bruitistes et concerts thématiques avec de grands noms de la musique actuelle ainsi que les tournées internationales et nationales. Et des événements majeurs, tel le premier Festival international des musiciennes innovatrices, ont beaucoup contribué à la cause des femmes dans l’industrie musicale. De plus, Danielle Palardy Roger est l’auteure d’une vingtaine de compositions, pour musique écrite ou improvisée dont la Symphonie portuaire 2001, le livret et la musique du conte pour enfant L’Oreille enflée (1994), des musiques pour la danse, ainsi que de nombreux ducs, trios et quatuors pour divers instruments. Tout ça, un peu dans l’ombre…

    Un long pèlerinage

    Il faut avoir la vocation pour évoluer dans un courant plutôt «underpround» qui n’est pas précisément populaire. Mais les petits pas gagnés sont pour Danielle des pas de géant. Aujourd’hui, en plus de ses activités d’artiste, elle est notamment vice-présidente du Conseil d’administration du Conseil québécois de la musique et vice-présidente du Conseil régional du Centre de musique canadienne au Québec. Un lieu privilogié pour faire bouger les choses.

    «Dans tous les courants de la musique d’aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer, le développement du public est difficile. Tout le monde peut dire qu’il a entendu parler de musique actuelle mais ça ne veut surtout pas dire qu’on en consomme ou en écoute. C’est la reconnaissance de ces musiques qui pose problème et c’est en partie à cause du peu d’appuis à la diffusion de nos radios commerciales et d’État. Le public accuse un grand retard dans la perception des arts sonores, alors qu’il a pourtant bien absorbé l’éclatement des arts visuels. Je l’explique par la difficulté du corps à absorber le son qui fait écho jusque dans les viscères, un son qui déstabilise et dérange plus l’organisme qu’une image choquante.»

    Danielle affirme que le jeune public est celui de l’avenir pour la musique actuelle. «Il est ouvert, très réceptif et démontre beaucoup d’intérêt et d’aptitude pour le genre. Et même dès l’enfance. Joane Hétu et moi donnerons d’ailleurs un atelier d’improvisation à des élèves du primaire à l’École Maisonneuve (Hochelaga-Maisonneuve) où ils composeront une pièce avec la technique d’improvisation.»

    Parmi ses nombreux projets, Danielle écrit présentement Bruiducoeur, un oratorio de plus d’une heure pour chœur, solistes et narrateurs qui sera présenté à l’Espace Go au printemps 2004. Mentionnons aussi la composition d’une partition graphique pour l’ensemble SuperMusique (ensemble à géométrie variable) en vue des Journées québécoises de la musique improvisée en février prochain, et une tournée aux États-Unis et en Espagne avec le trio Les Poules au cours de l’automne. Un vœu pour l’avenir? «Avoir plus de temps pour rêver, composer et créer.»

    Pour Danielle Palardy Roger, le temps est précieux et compté. Sa vie est réglée comme du papier à musique et pas question d’en perdre une seconde. Autrement, elle ne serait pas où elle est aujourd’hui. La situation de la musique actuelle au Québec est encore une de ses principales préoccupations. Voilà certainement un enieu de taille dans le travail de la musicienne, enjeu qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

    … l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.

    Nous perçons les oreilles in The Squid’s Ear

    “Big Sound in a Small City”, Kurt Gottschalk, The Squid’s Ear, no. 13, September 1, 2003
    Monday, September 1, 2003 Press

    […]Hétu on alto and vocals, Derome on alto, flute, bass flute and an array of sound-making devices, both singing and vocalizing, their songs (sung in French) were miniature portraits of domesticity and getting along, imparting a feeling of cooking dinner while the news plays in the next room. Intimate enough as to simply breathe into the microphone and through the saxophone. And jazz being the macho business that it is, you have to appreciate a guy who’ll go onstage and play patty-cake with his wife.[…]

    … you have to appreciate a guy who’ll go onstage and play patty-cake with his wife.

    Nous perçons les oreilles in Signal to Noise

    “Review”, Mike Chamberlain, Signal to Noise, no. 13, September 1, 2003
    Monday, September 1, 2003 Press

    Speaking of intimacy, Jean Derome (reeds, flutes, small instruments, voice) and Joane Hetu’s (reeds and voice) presentation of Nous perçons les oreilles was a touching musical portrait of family intimacy presented by two confident and mature performers who invested every ounce of wit and playfulness at their disposal. This was one of those performances that did not hit one over the head at the time but resonated long after.

    This was one of those performances that did not hit one over the head at the time but resonated long after.

    Bozzini Quartet in Le Devoir

    “Naissance d’une grande œuvre”, François Tousignant, Le Devoir, August 29, 2003
    Friday, August 29, 2003 Press
    … lors de l’écoute, l’oreille s’émerveille de se sentir si intimement transportée.

    Télépathie in Splendid E-Zine

    “Review”, Walt Miller, Splendid E-Zine, August 26, 2003
    Tuesday, August 26, 2003 Press

    Imagine two painters working on the same canvas: two visions and two different palettes result in a finished work, with no communication in preparation or during the process. It’s hard to picture a movement built around collaborative improv for visual arts, but what would be the point? The beauty in a painting is the finished work, whereas listening to music as it’s conceived and put to tape can be incomparably more satisfying. Obviously, jazz is a prime example, but experimental/noise music, with its rule-breaking, anything-goes uniqueness, holds extra appeal for many.

    Aimé Dontigny and Diane Labrosse are unlikely collaborators given their histories. Dontigny is known for his underground solo work, as well as his releases with free-noise collective Napalm Jazz and electronic duo morceaux_de_machines. Labrosse is possibly more on the establishment tip, having landed commissioned work ranging from theatre, dance and cinema to more recent events sponsored by various Canadian arts councils. Musical background be damned; Dontigny and Labrosse — both improv enthusiasts — gel wonderfully on this rare meeting, recorded live on April 20, 2002.

    From the onset of Télépathie’s four tracks, the mood is darkly cinematic and unsettling, with Dontigny and Labrosse delivering succulent sounds plucked and chosen with inventive reasoning — but don’t even bother trying to tell who’s doing what. The underwater experience of t.s.f. is encapsulated in suffocating classical strings, pitched down in shark tank acoustics with the morass of industrial noise and oxygen bubble escapement filling the vacuum. Despite the piece’s near-beatlessness, the duo gets off to an aggressive start, assaulting you with enough sonic imagery that you’ll fear drowning. By the time the droning strains of antenne parabolique introduce themselves, Télépathie has established itself; you will travel down this weightless track — which features a company of wailing, chain-rattling digital banshees and the chatter of hungry android rats building to crescendo — with morbid curiosity and anticipation. photo satellite brings more drones — the first half slathered with a racket wrought of static, and puking turntables (Merzbow would be proud), the second half built around low frequencies, harsh buzzes and percussive noise pinging off the walls like a superball. média tactique holds the disc’s closest moment to rhythmic intent, with crunchy, chopped up beats that sound like all of Autechre’s gear short-circuiting at once. It’s a fitting album closer, offering a peek at a more conventional — and thus more commercial — direction that the duo could follow if they tried.

    It would be nice if Dontigny and Labrosse formed a recurring project, but there’s no suggestion that this will happen. Likely, this collaboration is one of a kind — a shame, in a way. One thing is certain: as a duo, they have an intuitive connection that enhances the bone-chilling tunes they’ve recorded for Télépathie.

    … they have an intuitive connection that enhances the bone-chilling tunes they’ve recorded…
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