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  • The Feeling of Jazz in La Scena Musicale

    “Critique”, Félix-Antoine Hamel, La Scena Musicale, no. 11:5, February 1, 2006
    Wednesday, February 1, 2006 Press

    Après nous avoir offert un splendide premier album l’an dernier (10 Compositions de Jean Derome), ces trois grosses pointures des musiques créatives québécoises récidivent avec un second opus. Cette fois, point de compositions originales, mais 11 lectures comprenant des pièces familières (comme You’d Be So Nice To Come Home To) ou des plus obscures (dont deux compositions du pianiste hollandais Misha Mengelberg). Il y a certainement ici un sentiment de légèreté, renforcé par le commentaire de Derome dans la pochette: «Ça me repose de ne pas jouer mes compositions». Le répertoire est assez varié pour maintenir l’intérêt, avec des pièces signées Duke Ellington, Sonny Clark, Fats Waller, Lee Konitz, celles-là intercalées de standards éprouvés, mais intelligemment réinterprétés. Le caractère informel de la session est souligné par les vocaux de Jean Derome, qu’on aurait toutefois pu distribuer plus judicieusement tout au long de l’album plutôt que de les concentrer dans la deuxième moitié. Trois étoiles et demie pour la musicalité. 4/6

    Bruiducœur, prières des infidèles in Ici Montréal

    “Compact!”, François Nadon, Ici Montréal, January 26, 2006
    Thursday, January 26, 2006 Press

    Cet oratorio de Danielle Palardy Roger est une œuvre singulière qui nous plonge du début des temps jusqu’à nos jours dans notre combat inégal face à la mort. Les voix y sont omniprésentes. Dans cette œuvre où nous retrouvons un choeur mixte amplifié, des récitants, des solistes et des percussions qui viennent ponctuer cette suite, l’écriture et l’improvisation se courtisent sans cesse. Le texte récité est appuyé par des lignes mélodiques, des cris et onomatopées et même des chants d’inspiration grégorienne. Bruiducœur… exige une écoute active afin d’apprécier ses qualités. C’est un album surprenant qui mérite qu’on lui dédie une oreille curieuse et ouverte. 8/10

    C’est un album surprenant qui mérite qu’on lui dédie une oreille curieuse et ouverte.
    8/10

    Flat fourgonnette (Mescal Free Style) in Le Journal de Montréal

    “Critique”, Jean Beauchesne, Le Journal de Montréal, January 21, 2006
    Saturday, January 21, 2006 Press

    Flat Fourgonnette s’adresse à tous ceux qui chérissent en mots, en notes, en feelings les road movies, les clochards célestes de Jack Kérouac, les originaux atypiques coast to coast, de préférence d’est en ouest, de Moondog à Captain Beefheart, de Violent Femmes aux Long Ryders, de Pavement à The Arcade Fire. Classé un peu vite dans le giron de la musique actuelle, ces dix-neuf courtes pièces mélangent avec une ironie et une dérision omniprésentes des influences blues, country, rock de chambre, jazz, tango, airs de fanfare; le tout agrémenté de collages tantôt atmosphériques, impressionnistes ou rythmés, mais délicieusement déjantés. La livrée est impeccable, l’alignement complet comptant entre autres Bernard Falaise, Fred Boudreault, Claude Fradette, Normand Guilbeault, Jean Derome, etc. Brillant et accessible, Flat Fourgonnette est un album de génie que n’aura pas réalisé Rick Rubin.

    Flat Fourgonnette est un album de génie…

    The Feeling of Jazz in Le Soleil

    “Saxo ensorceleur”, Michel Truchon, Le Soleil, January 21, 2006
    Saturday, January 21, 2006 Press

    Quel souffle chez le Québécois Jean Derome! Au fil de 11 pièces judicieusement choisies parmi les classiques du jazz, ce saxophoniste et flûtiste nous envoûte littéralement, avec la complicité de Normand Guilbeault (contrebasse) et de Pierre Tanguay (percussion), évoluant avec son aisance coutumière dans des airs plus proche du jazz grand public que de la musique actuelle et de l’improvisation qui sont l’une des étiquettes de cet homme à tout faire. «Cette musique est tatouée dans nos cœurs et nous la jouons parce que nous l’aimons et que ça nous rend heureux de le faire», écrit-il dans la présentation de l’album. Un bonheur partagé par l’auditeur qui ne peut que se délecter à l’écoute notamment de Jump for Joy et de The Feeling of Jazz. Sublime interprétation aussi de A Bit Nervous de Misha Mengelberg et de I Won’t DanceDerome peut faire valoir ses talents de chanteur. L’album le confirme comme l’un des maîtres de la note bleue au Québec et peut sans peine être conseillé comme un outil d’apprivoisement et de démystification de cette musique parfois déroutante.

    L’album le confirme comme l’un des maîtres de la note bleue au Québec…

    Bozzini Quartet in La Presse

    “Boudreau: l’originalité”, Claude Gingras, La Presse, January 19, 2006
    Thursday, January 19, 2006 Press

    Impossible de ne pas le remarquer: le Quatuor Bozzini faisait mardi soir salle presque comble — lire quelque 300 personnes — dans ce même vénérable Redpath Hall de McGill où notre autre «quatuor moderne en i», le Molinari, en attire habituellement 100. Et il a attiré cet auditoire en dépit des conditions atmosphériques et, qui plus est, avec un programme entièrement local.

    Il est vrai que le concert faisait partie de la saison de la SMCQ et comportait une création de Walter Boudreau, le pittoresque directeur de l’organisme. Le milieu du contemporain y était bien représenté, notamment par plusieurs collègues de Boudreau et des deux autres compositeurs au programme, Denys Bouliane (partenaire de W. B. dans maintes entreprises) et Jean Lesage.

    Le quatuor de Boudreau créé mardi soir devait l’être, à l’origine, par le Molinari, mais les circonstances ont voulu qu’il passe éventuellement au Bozzini. Autre rapprochement entre les deux ensembles: mardi soir, on avait placé le Bozzini le long d’un mur latéral et les sièges (d’ailleurs tout neufs) en demi-cercle autour. On y voyait mieux les musiciens; surtout, on entendait mieux. Musica Camerata suit aussi cette formule. Le Molinari devrait y venir à son tour.

    On peut ignorer le titre donné par Boudreau à son quatuor. Ce qui compte, c’est ce qu’on entend: de lointains échos de Victoria (Tomas Luis, bien sûr!) savamment imbriqués dans le tissu musical et créant avec celui-ci des contrastes très forts et très poétiques. Il y a là pour 28 minutes de plans sonores différents et d’agrégats dont certains sont absolument nouveaux en langage de quatuor à cordes. Une immense réussite, à réentendre. Le troisième Quatuor de Jean Lesage, également en création, et une reprise de Denys Bouliane complétaient le programme et reçurent, comme le Boudreau, des exécutions absolument magistrales de la part du Bozzini. De riches dissonances chez Lesage, des bruissements extrêmement raffinés chez Bouliane, mais il n’y a ni chez l’un, ni chez l’autre, l’originalité de Boudreau. Mardi soir, en tout cas.

    … [les 3 œuvres] reçurent des exécutions absolument magistrales de la part du Bozzini…
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