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  • String Quartet No. 3; Unhörbare Zeit in Point of Departure

    “Moment’s Notice”, Michael Rosenstein, Point of Departure, no. 54, March 1, 2016
    Tuesday, March 1, 2016 Press

    Jürg Frey is inextricably tied to the group of Wandelweiser composers and musicians, and like that group, his music continues to elude easy categorization. The last year has been a particularly fruitful one, revealing extensions to his compositional approach. There was the release of the two-disc set Grizzana and other pieces 2009-2014 for small ensemble on the Another Timbre label as well as his residency at the Huddersfield Contemporary Music Festival, featuring multiple performances of his pieces. Two other releases, Circles and Landscapes and String Quartet No. 3; Unhörbare Zeit deserve special focus as each represents the continued development of Frey’s compositional sensibilities. […]

    Frey’s string quartets, particularly Striechquartett II, are some of his most absorbing pieces, particularly as performed by Montréal-based Quatuor Bozzini. In these pieces, the composer makes potent use of the microtonal nuances of the string instruments to elicit fragile, almost vocalized voicings of his poised harmonic structures. Where his second string quartet created a diaphanous scrim of sound, on String Quartet No. 3, he opens things up, introducing a spaciousness to the deft voicings. The members of the quartet are completely synched in to Frey’s strategies, fully embodying the tonal structures into a singular sound. Frey writes about this piece, “Elemental materials and constructions are thereby perceived as a sensation, and mindfulness consists in hanging these sensations in balance before they have arrived at the limitations of expressiveness.” And it is the way that the quartet hangs at the edges of expressiveness, letting the sensations of the notes and harmonies play out without investing them with dramatic expression. It is this equanimity and stability that allows the piece to play out in a totally absorbing way.

    Unhörbare Zeit (inaudible times) adds two percussionists to the mix and here the structure opens up even more. The durations of silence are as central to the piece as the sounds of strings and the low rumbles of percussion. Frey states that he is working with “audible and inaudible durations that appear partly simultaneously and partly consecutively. They give the piece lucidity and transparency, as well as materiality and solidity.” While silence as a structural element has been fully absorbed into the vocabulary of contemporary composition, it is the way that Frey gives the silences weight and dimension within this piece that really stands out. The balance of the timbre of strings, low register percussion, the rustle of room sounds and the mercurial pacing of sound and silence is fully entrancing.

    The balance of the timbre of strings, low register percussion, the rustle of room sounds and the mercurial pacing of sound and silence is fully entrancing.

    Les accords intuitifs in SilenceAndSound

    “Critique”, Roland Torres, SilenceAndSound, February 3, 2016
    Wednesday, February 3, 2016 Press

    Si le titre du nouvel opus de la formation de musique contemporaine et actuelle, Ensemble SuperMusique est tiré de l’œuvre de Raymond Gervais, il est en fait l’interprétation de cinq œuvres différentes d’autant de compositeurs: Yves Bouliane, Bernard Falaise, Malcolm Goldstein, Joane Hétu. La particularité de ces interprétations est la composition même de cet orchestre peu banal, constitué pour l’occasion de 20 musiciens, sélectionnés pour leurs qualités d’instrumentistes mais aussi d’improvisateurs, capables de jouer et de ressentir les œuvres choisies tout en y insufflant une part de leur personnalité intrinsèque, offrant ainsi à chaque interprétation une sensation de moment unique et non renouvelable. Les Accords Intuitifs sont un voyage sensitif à travers les musiques actuelles, avec ses montées et ses descentes, ses plages de douce quiétude saupoudrées d’invectives sonores et de dérapage dans des paysages rocailleux bercés de poussière électrique et de classicisme vrillé. Entre électro-acoutisque organique et improvisation tendue, dérapages controlés et sensations poil à gratter, les cinq titres proposés sont l’occasion de découvrir et de vivre une expérience unique, aux allures de sortie spatio-temporelle dans les méandres poétiques d’un espace musical trop peu connu du grand public. Très fortement recommandé.

    Très fortement recommandé.

    Rêves de béton in Le canal auditif

    “Critique”, Philippe Desjardins, Le canal auditif, February 2, 2016
    Tuesday, February 2, 2016 Press

    Galerie Stratique est le projet du compositeur québécois Charles-Émile Beullac, dont le premier album remonte à 2001 avec Nothing Down-To-Earth. Après ses débuts à saveur de IDM et d’ambient, Beullac nous a offert un virage sublime vers la matière première avec Faux World en 2008. On se demandait ce qui se passait depuis; et il nous est finalement revenu en novembre dernier avec son nouvel album, Rêves de béton. Composé de vingt courtes pièces qui retournent aux sources de la musique concrète et électronique; Beullac nous emporte dans un rétrofuturisme de grande qualité.

    Sur les galets démarre sur un son de synthèse scintillant, auquel s’ajoutent des cliquetis, un frottement métallique et du gamelan. La table est mise pour une expérience sonore singulière. Marée montante enchaîne sur une atmosphère lynchienne mélangée à des interférences spatiales. Quinze nœuds continue dans la lignée intersidérale avec ses clapotis synthétiques. Ville engloutie est davantage insaisissable; début grave, chant aérien, vibraphone, et son de thérémine joué comme une bande magnétique élastique.

    Karst et Magma passent comme des interludes sci-fi; la première fait un clin d’œil aux années 60, tandis que la deuxième à un certain classique début des années 80. Céphalée est plus percussive, reprenant les impacts de la première pièce en les combinant à des drones panoramiques. Rêve de bitume est un autre interlude ambiant, à la Boards of Canada cette fois-ci.

    Crépuscule industriel monte le niveau d’un cran avec son mixage de fou, à mi-chemin entre le minimalisme chirurgical et l’atmosphère enveloppante des «pads» synthétiques… wow. Zone de gris continue dans la précision, mais de façon plus expérimentale. Fièvre mélange un bourdonnement «bouetteux» avec des sonorités radioactives. Tintamarre reprend le vibraphone et l’atmosphère étrange de Marée montante, effets sonores très sixties et basse rythmée en plus.

    Bikini Island sonne comme la deuxième partie de Tintamarre, en plus mélodique. Anxiété lyrique retourne à l’expérimentation; ça oscille, ça grésille, les circuits en chignent jusqu’à ce que les «pads» et le thérémine prennent le relais. Aspérités et Combustion lente sonnent, quant à elles, comme la suite de Crépuscule industriel; même finesse microscopique, même délice auditif.

    Hyperlinked Landscape fait dans la trame ambiante, avec échantillons cuivrés et rythme jazzé tandis que Flötentanz contraste avec ses impulsions qui rebondissent jusqu’à l’écrasement. Futur antérieur est clairement plus aérienne avec ses échantillons de flûte et son solo de sax. Tibia Utricularis termine l’œuvre sur des notes d’électro expérimental, de pungi et de gamelan.

    Rêves de béton est un album pour audiophile d’abord, une sorte de satellite gravitant autour de la planète électronique. Il a un côté intellectuel pour son inspiration de Schaeffer et Stockhausen, culturel pour ses sonorités indonésiennes, comique pour ses mises en scène rétro futuristes, ou technique pour l’excellence de la production. On pardonnera le format très court des pièces, qui permet de passer d’une idée à l’autre sans trop de souci, mais qui désoriente par moment.

    Rêves de béton est un album pour audiophile d’abord, une sorte de satellite gravitant autour de la planète électronique. Il a un côté intellectuel pour son inspiration de Schaeffer et Stockhausen, culturel pour ses sonorités indonésiennes, comique pour ses mises en scène rétro futuristes, ou technique pour l’excellence de la production.

    Les accords intuitifs in Voir

    “Guide albums”, Réjean Beaucage, Voir, January 28, 2016
    Thursday, January 28, 2016 Press

    La compagnie de distribution de disques de musique actuelle DAME, loin de s’effacer dans le virtuel, lançait en décembre 10 nouvelles galettes qui démontrent encore une fois la vitalité de ce créneau. Ici, l’Ensemble SuperMusique rassemble 20 instrumentistes répartis en deux groupes distincts de 12 musiciens (quatre d’entre eux jouant dans les deux) pour interpréter des œuvres de Malcolm Goldstein, Raymond Gervais, Yves Bouliane, Bernard Falaise et Joane Hétu, dont les partitions laissent beaucoup d’espace aux interprètes. L’enregistrement et le mixage de Robert Langlois et Joane Hétu rendent bien l’enchevêtrement de textures sonores que construisent les musiciens, particulièrement dans les pièces de Falaise, qui se signale aussi à la guitare, et de Hétu (sax, voix, direction). Beau recueil.

    Beau recueil
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