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  • Data in Sound of Music

    “Recensioner”, Thomas Millroth, Sound of Music, September 1, 2012
    Saturday, September 1, 2012 Press

    Det ska sägas direkt. Det elektroakustiska mummel som stiger ur detta vackra svarta album blev för mig en av månadens stora överraskningar. Magnifikt muttrat av den franska elbasisten och förstärkta-småprylar-improvisatören Éric Normand. Ingen talar någonsin ur skägget; det är som om varje ton som hörs räddats från att sväljas levande.

    Det är en härlig känsla, som att vakna kallsvettig ur en kvävningsdröm orsakad av sömnapné. Normand har valt några sakkunniga, läs det bokstavligt, att slå sig ihop med för att göra varje musik så förtroendeingivande det går. På sin hemsida har han citerat Sokrates: ”Allt är oväsen för den som är rädd.” Och på albumet raljerar han underfundigt kring denna low-fi-musik, där han lyfter fram den bokstavliga betydelsen, alltså låg trovärdighet eller trohet. Här finns inte ett löfte som hålls, alla scheman spricker.

    Tillsammans med Christine Abdelnour genomgår han två strålande otrogna duetter. Hennes sax andas och fluffar, ibland tröttnar hon och bara lyssnar medan Normand väljer att glittra och prassla med sin bas, fast det hörs inte att det är bas. Christine börjar snart flyga runt med sina minsta och mest sönderbitna flageoletter. Efter de numren står håren rakt ut på hela min kropp.

    De ljud som Martin Tétreault skapar med pickup låter som ett slags sjuk puls, som misstroget pickar mot Normands hemmagjorda elektronik. Hans pick-up och rytmiska ljud på gitarr tillsammans med Normands knaster känns som tandläkarborr i käften. Men det är vackert som svidande motljus. Samtidigt svidande artificiellt. Hjärtat slår hårt efter denna arytmi.

    För att inte tala om de svalda grottljud som Sébastien Cirotteau får ur sig med mikrofonen i munhålan. Återigen frossar Normands hemmagjorda prylar i obegripliga banaliteter, som dock sammanstoppade ger ifrån sig stark elektrisk störning. Detta är musik som akut allergi. Klåda i hela hörselgångarna. Cirotteau har också en egen anti-virtuos uppvisning som trumpetare, där inte ett tomrum lämnas orört, läpparna trycks okyskt mot frampressade toner; Normand visslar och glitchar lyckligt bredvid.

    Mario Gauthier slutligen fyrar av sin analoga synth med en frenesi som om han hade glömt något och måste skynda sig. Det är nästan i all sin hast smeksamt, litet kokett och samtidigt ganska roligt. Ibland känns det som om han övade sig på ett språk han just höll på att uppfinna. Här får jag äntligen höra något så vanligt banalt som en kort rundgång. Äntligen tillbaka i normaliteten. Och visst svänger Gauthier tillsammans med Normand. Häftigt rotig impro. Ett album fullt med fula ljud att ta till sig, om kroppsreaktionerna klarar av det. Utfärder i ljudens utmarker för att utforska och finna musikens trovärdighet i vartenda hörn.

    Éric Normand och hans duokompisar Christine Abdelnour, Martin Tétreault, Sébastien Cirotteau, Mario Gauthier har gjort ett sanslöst album av oväntade ljud. Där musiken är deras hela avsikt, fast de inte visste hur från början. Personligen är jag särskilt svag för Normand-Abdelnours två duos. Normand verkar vara en orädd människa, nyfiken, prövande och totalt närvarande i alla möten. Upprepning och självbekräftelse? Inte för honom. Jaget är alltid något annat, någon annan stans än man vill inbilla sig.

    Detta är förstås ett album som inte vill vara uppvisning för lyssnaren, men som hela tiden snackar med mig, frågar, ifrågasätter, påstår. Det är mycket starkt. Och ovanligt. Att våga inte veta hur.

    Data in Revue & Corrigée

    “Data low-fi duets”, Julien Héraud, Revue & Corrigée, no. 93, September 1, 2012
    Saturday, September 1, 2012 Press

    Éric Normand est un compositeur, bassiste et improvisateur québécois, que vous avez déjà pu entendre au sein du Grand groupe régional d’improvisation libérée (avec Evan Parker) ou encore aux côtés du saxophoniste et flûtiste Jean Derome. Mais pour ces Data low-fi duets, on ne trouve aucun de ses collaborateurs réguliers, puisqu’il s’agit de sept duos enregistrés avec des musiciens n’ayant joué qu’une fois avec Éric Normand entre 2007 et 2010. Lors de ces sessions, Normand jouait principalement avec des sources électroniques usuelles ou faites maison. À ses côtés, on retrouve — pour à peu près deux duos chacun — Christine (Sehnaoui) Abdelnour (saxophone alto), Martin Tétrault (pickup, surfaces, rhythm’n sound for guitar), Sébastien Cirotteau (trompette amplifiée, microphones) et Mario Gauthier (synthétiseur analogique, objets). Pour les deux collaborations avec la saxophoniste Abdelnour, Éric Normand ne joue que de la basse électrique. Mais on peine à la reconnaître, puisqu’il s’agit d’un jeu axé principalement sur le frottement des micro-contacts et sur les larsens. Un jeu qui correspond plutôt bien à l’exploratrice du saxophone alto, qui répond très bien aux souffles fantomatiques et spectraux d’Abdelnour, mais aussi à ses mélodies d’harmoniques, harmoniques vertigineuses, denses, et spectaculaires. Une longue note linéaire se confond avec un larsen, ou bien est mise en relief par une stimulation manuelle des micro-contacts. Deux pièces calmes, multiphoniques, aux couleurs fantomatiques et parfois extrêmement tendues, pour un dialogue peut-être calme et linéaire, mais tout de même intense. Ensuite, il n’est plus vraiment question de reconnaître les sources sonores sur les autres duos. Les deux pièces avec Martin Tétrault par exemple correspondent exactement au titre de l’album. Des improvisations low-fi, avec un matériel archaïque. Improvisations sur des couleurs corrosives et rudimentaires, telles des fréquences radios, des larsens, des bruits de jacks. Improvisations proches du circuit-bending et de l’électroacoustique peut-être low-fi mais créative. Même si on se croirait dans un bidonville de la musique électroacoustique, on ne peut s’empêcher d’être surpris par l’amplitude de la palette de couleurs produites par les deux musiciens. Les deux duos avec Cirotteau réservent aussi quelques surprises, alors qu’on jurerait entendre une trompette (étendue certes) sur le premier enregistrement, les notes indiquent qu’il ne s’agit que de microphones placés dans la bouche ou stimulés par les doigts de Normand. C’est peut-être court et crade, on pense au Nihilist Spasm Band, mais tout de même stimulant, créatif et énergique. Leur deuxième pièce, malgré la présence d’une trompette amplifiée, est peut-être aussi abrasive, avec de nombreux timbres granuleux, et une grande place accordée au silence et aux intensités faibles. Et à Mario Gauthier (compositeur et musicologue montréalais) de conclure ce disque avec un duo à tendance très harsh, où s’entremêlent aussi bien des fréquences extrêmement basses que des ultra-aigus à la Justice Yeldham. Une conclusion violente, puissante, sans répits et riche en textures. Certainement la plus intense de ce disque. Pour conclure, il s’agit là d’une compilation réussie pour découvrir l’engagement d’Éric Normand dans l’improvisation électroacoustique. De plus, c’est intéressant de ressentir la joie et la spontanéité des premières collaborations, avec leurs défauts qui disparaissent souvent sous le plaisir et l’excitation ressentis par les deux musiciens.

    … il s’agit là d’une compilation réussie pour découvrir l’engagement d’Éric Normand dans l’improvisation électroacoustique.

    Vivaces in ImproJazz

    “Critique”, Philippe Renaud, ImproJazz, no. 190, September 1, 2012
    Saturday, September 1, 2012 Press

    Le Grand Groupe Régional d’Improvisation Libérée (GGRIL) est un ensemble fondé il y a maintenant sept ans par des musiciens de Rimouski, une petite ville de l’Est du Québec située à des centaines de kilomètres des grands centres urbains. Par la constance et l’implication de ses membres, le groupe contribue à faire de sa région une plaque tournante des musiques libres au Québec. En plus de ses propres créations, le GGRIL a travaillé avec plusieurs compositeurs invités pour des ateliers ou des créations: Jean Derome, Joëlle Léandre, Danielle Palardy Roger, René Lussier et d’autres. Vivaces a été enregistré en concert, à Rimouski, suite à une courte séance de travail avec Evan Parker. Le CD reprend l’intégralité du concert, dans l’ordre et sans montage, afin de préserver la spontanéité de cette brève rencontre avec un des pères de la «free music». La musique est totalement improvisée, mais des gestes simples sont utilisés par Evan Parker et Raphaël Arsenault, afin de créer des mouvements de masse et de donner des directions à la musique. On retrouve dans ce collectif Éric Normand (elb), en quelque sorte le coordonateur du label dirigé par Eric Bras. La première pièce est laissé à la libre improvisation des douze musiciens avec, en interventions non dirigistes mais contrôlées, les saxophones d’Evan, au soprano ou au ténor. La seconde pièce, la plus longue, est elle organisée par le britannique, tout au moins dans sa construction. L’édifice s’élève peu à peu, avec cette attention toute particulière du «professeur» malgré lui qui donne la parole à chacun, l’expérience du maitre profitant d’autant plus que les instruments sont variés et divers, maelström dans lequel évoluent violon, trombone, accordéons (diatonique et chromatique, qui interviennent à juste titre pour ponctuer de manière colorée les phrases musicales des autres instrumentistes), et aussi un tuba grognon à souhait qui met en valeur les interventions plus légères des clarinettes. L’orchestre se situe quand même à un niveau supérieur à celui d’une masterclass, savant mélange de professionnels et d’amateurs que ce disque très réussi permettra de mieux faire connaître. Et, entre nous, la relève est bien là. Sachons l’écouter, même si elle nécessite un petit coup de pouce d’artiste, disons, confirmé…

    L’orchestre se situe quand même à un niveau supérieur à celui d’une masterclass, savant mélange de professionnels et d’amateurs que ce disque très réussi permettra de mieux faire connaître.

    Jane and The Magic Bananas in The WholeNote

    “Review”, Ken Waxman, The WholeNote, no. 18:1, September 1, 2012
    Saturday, September 1, 2012 Press

    Exemplars of a distinctive Québécois aesthetic called Musique Actuelle, the oddly named Jane and the Magic Bananas is actually a trio of male performers who during nine bizarrely titled improvisations confirm the links between Heavy Metal and Musique Concrète.

    With Michel F Côté’s drums electronically amplified, plus Alexandre St-Onge extending his resonating double bass lines with self-controlled electronics, and electric guitarist Sam Shalabi moving from arena-rock-styled flanged distortion to intricate and off-centre note clusters the sonic result is as aleatoric as it is atmospheric. A tune like Passing the Gates of Shalmir-Keshtoum for instance, languidly contrasts electrically oscillated bass motion with drum clatters and ruffs; whereas staccato guitar runs plus heavy-gauge bass strings plucked and resonating for maximum physicality, meet nerve beats from the drummer on Gul Shah’s Hunchback Henchmen. Meanwhile among Côté’s seemingly random hits and rumbles on In Which Jack’s Cruise is Ended, Shalabi manages to weave dense chording and filigree licks in such a way as to sounds as if several guitarists are present. Most characteristically, each player appears to take off in a different direction on Third Invasion of the Swingsguord until cross-patterning drums, a slurred bass ostinato and distorted guitar licks combine for a sound eruption that makes Pierre Schaeffer’s pioneering Étude aux chemins de fer sound as hushed and primitive as liturgical plain song, while avoiding the blank nihilism of Hard Rock. If Jane and the Magic Bananas can be faulted, it’s that the three players don’t extend the humor implicit in their name and song titles to leaven some of the dense chiaroscuro-colored improvisations here.

    … a sound eruption that makes Pierre Schaeffer’s pioneering Étude aux chemins de fer sound as hushed and primitive as liturgical plainsong…

    Jean Derome in Le culte

    “Confortable inconfort”, Louis-Philippe Labelle, Le culte, September 1, 2012
    Saturday, September 1, 2012 Press
    La chose n’a pas besoin d’être conservée, il y a une beauté dans le fugitif.
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