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  • Subsurface in The Wire

    “Review”, Dan Warburton, The Wire, no. 327, May 1, 2011
    Sunday, May 1, 2011 Press

    Another elegant outing on Berlin’s schraum imprint. Subsurface pits Ostendorf’s trumpet and Lauzier’s bass clarinet and alto sax against the well-prepared piano of Philip Zoubek, skilfully juxtaposing lugubrious subterranean gurgles with bright, chattery (but never aggressive) exchanges. Lauzier’s bass clarinet is exquisite, notably in its high register on Spectral Radiance, and Ostendorf is no slouch when it comes to post-Axel Dörner huffery puffery, but he’s at his best playing the long note game against Zoubek’s E-bow and Lauzier’s silky sax. Calm City and Slow Collapse are simply gorgeous. As for Zoubek, everything he has released to date has been first class, and this is no exception.

    Another elegant outing

    Fléchettes in Improv Sphere

    “Critique”, Julien Héraud, Improv Sphere, May 1, 2011
    Sunday, May 1, 2011 Press

    Pour des musiciens qui n’ont pas l’habitude de collaborer, le duo est certainement la formation la plus adéquate pour se découvrir et s’appréhender dans l’improvisation libre, dans la mesure où la liberté et les potentialités propres au solo sont encore possibles tout en étant enrichies par l’écoute. Sur Fléchettes, le percussionniste français Lê Quan Ninh s’associe au polyinstrumentiste québécois Jean Derome qui n’hésite pas à s’essouffler dans des appeaux à la manière de Joseph Jarman.

    Plus que sur les timbres pourtant très recherchés, cette unique improvisation de 45 min. joue sur les dynamiques et les intensités, et c’est sur ce plan que l’écoute bat son plein. L’intensité émise par les objets en résonance sur la grosse caisse est toujours appuyée par la diversité des vents, diversité des instruments, des modes de jeux, des voix, et des techniques étendues. Si le son est hétérogène et diversifié, l’intention n’est jamais scindée en deux individus, elle est toujours une et jouée pleinement par chacun des musiciens. L’improvisation se fait donc très intense et organique, clairement structurée par une conscience unifiée et une volonté commune. L’exploration sonique de Lê Quan Ninh qui s’attache plus à la résonance des métaux et des peaux qu’à l’attaque ou au rythme (presque complètement absent), est superbement enrichie par le très énergique Jean Derome.

    Une improvisation vraiment puissante, riche d’inventivités et de trouvailles, de variations d’intensité et de timbres. Un disque aux reliefs saisissants et remarquables, dans l’énergie comme dans l’intensité, d’une richesse éprouvante. Recommandé!

    Un disque aux reliefs saisissants et remarquables, dans l’énergie comme dans l’intensité, d’une richesse éprouvante. Recommandé!

    Primero in Le carrefour des opinions

    “Critique”, Yves Alavo, Le carrefour des opinions, April 27, 2011
    Wednesday, April 27, 2011 Press

    Quatre talentueux musiciens et la voix magique d’Irem Bekter donne une nouvelle vie au folklore argentin dans une improvisation animée et teintée de sons jazzés. Bien intégrée dans la nouvelle vague de vie culturelle montréalaise qu’elle a changé par son talent et les horizons qu’elle offre aux publics, Irem Bekter vient de mettre au monde une œuvre. Irem Bekter Quintet offre un spectacle d’une rare beauté dans lequel le folklore latin et l’atmosphère québécoise se métissent dans des créations nouvelles que vous avez le privilège de découvrir en un programme chaleureux et passionné, trame mélodique du nouveau CD, Primero.

    Irem Bekter est d’abord une artiste d’une classe unique en ce qu’elle incarne avec talent et brio un nouveau cosmopolitisme culturel professionnel et de très haut niveau qui se développe à Montréal au cours des dernières années. Elle est, comme le dit la responsable de la gestion de sa carrière, une artiste polymorphe tant par la multiplicité de son expression que par le foisonnement de ses origines culturelles.

    Elle est entourée d’artistes d’ici issus de diverses cultures et héritiers d’autres musiques, disons d’espaces musicaux variés et riches. Elle crée ainsi un nouveau langage musical à partir du folklore argentin traditionnel en le juxtaposant aux influences classiques, aux accents turcs, aux audaces contemporaines et aussi au jazz.

    Irem Bekter exprime à travers ses chants, son exploitation de la scène remarquable avec son talent d’actrice, ses danses et ses rythmes toute la richesse de son bagage métissé. Née en Turquie et formée en Angleterre, Irem Bekter grandit en Argentine y développe son art multiforme et consacre une part importante de sa création enracinée désormais dans les cultures des Andes. Femme de théâtre, de musique et de danse (zapateo, podorythmie argentine), elle compose avec pour matière première les chants, les outils que sont les instruments et les rythmes autochtones, réorchestrant et réinventant le folklore argentin.

    Depuis son arrivé à Montréal en 2006, elle multiplie les collaborations et enrichit son vocabulaire musical de nombreuses trouvailles. Elle a le don de faire corps avec les rythmes, les sons, l’intimité des cultures. Elle pénètre les voies de la chacarera rythmée, donne un relief autre, attaque et joue avec la zamba ronde et lente ou la podorythmie du zapateo qu’elle vit dans toutes les nuances: danse, émotions, gestuelle totale et une voix riche et exceptionnelle. Avec la complicité de ses musiciens Nicolas Cousineau au violoncelle, Damian Nisenson au saxophone, Willy Rios au charango et guitare et Daniel Emden aux percussions, elle propose un spectacle empreint d’un long et riche parcours.

    Avec la complicité de ses musiciens […], elle propose un spectacle empreint d’un long et riche parcours.

    Tremblement de fer in Le son du grisli

    “Critique”, Luc Bouquet, Le son du grisli, April 26, 2011
    Tuesday, April 26, 2011 Press

    Pierre Labbé compose et dirige un ensemble de douze musiciens (Jean Derome, Aaron Doyle, André Leroux, Jean-Nicolas Trottier, Josiane Laberge, Mélanie de Bonville, Jean René, Emilie Girard-Charest, Bernard Falaise, Guillaume Dostaler, Clinton Ryder, Pierre Tanguay). Pierre Labbé aime la clarté et ne s’en cache pas. Voici donc, en sept compositions, des cadences familières, des improvisations soignées (Jean Derome et son alto dolphyen) et des superpositions qui intriguent. Ainsi, tel accent ternaire se désagrégeant au fil des secondes pour finir cisaillé par un quatuor à cordes vindicatif. Ailleurs, c’est un jazz vif qui pulvérise des violons aux aromes orientaux. Admirables moments que ces antinomies joliment animées et parfaitement assumées. Le reste, sans surprise (s) certes, est d’un intérêt tout autant soutenu.

    Admirables moments que ces antinomies joliment animées et parfaitement assumées.

    Bréviaire d’épuisements, Récits de neige, Tryptique musique d’hiver, Pinta, Niña & Maria, Bryologie in Vital

    “Review”, Dolf Mulder, Vital, no. 778, April 26, 2011
    Tuesday, April 26, 2011 Press

    Four new releases from Ambiances Magnetiques. One of them is by veteran Joane Hétu, who worked on a career that more then 25 years now. You may know her from all-women groups Wondeur Brass, Justine and Les Poules. Avant rock was their thing. Gradually Hetu moved however to more abstract territories and profiled herself as a composer. Récits de neige is the third part of a trilogy about winter, this time a very snowy winter. Effectively Hetu evokes and visualizes this climate. Helped out by the Ensemble Supermusique. Prominent is a french spoken text no doubt about winter and snow. The music often plays a servile role for the performance of the texts, and that works tiring from time to time. Many of the pure instrumental parts however, sometimes jazzy and always very inspired, learned me more about the winter. I enjoyed the interplay of the musicians and easily forgot all discomfortable aspects of the winter through this emotional work. Speaking of Danielle Roger Palardy I can repeat the above introduction as she walked a similar route as Hetu. Again we are in the company of a core member of the Montréal “musique actuelle” scene since 1980. She Works as a self-taught percussionist, composer and improviser. Her newest release Pinta, Niña & Maria, has much to offer. It brings together three pieces written for three very different ensembles: GGRIL, Ensemble SuperMusique and ECM+. This way Roger provides us an excellent overview of her new music activities. In the first composition by Roger many dissonants are included, in a context of thick and noisy sounds in part 3, whereas in part 4 and 5 the music is more subtile but again staying close to noisy textures and tensions. The second work blends electronics with acoustical instruments, composed in an more traditional style with rock elements. The third piece starts like a piece of string-based chambermusic, but is mixed with percussive and other sounds of electronic and acoustical origin. With Rouge Ciel we are in the company of younger generation of musicians but not necessarily presented to more up to date music. Bryologie is the third effort by this avant rock group. A band led by Guido Del Fabbro (violin and electronics), and completed by Simon Lapointe (keyboards), Antonin Provost (guitars) and Nemo Venba (trumpet and drums). More then on their earlier records they profile themselves as a rockband. Continuing a line that had more representatives in the past of Ambiances Magnetiques. Now they are most close to Miriodor considering this aspect. One could think from this Rouge Ciel lives in the past, but that does no justice to them. Using forms that we know from the past they are not into a simple retro journey without any phantasy. Far from it. Their instrumental music is rock-based but intelligently combined with improvisation. Although they play with energy and drive, their compositions miss that little extra to make it really worthwhile. The true surprise this time comes from Isaiah Ceccarelli, a drummer, improviser, composer and singer from Montréal. His newest work, Bréviaire d’épuisements, is composed for two singers, two bass clarinets, viola da gamba and solo percussion. It is a collection of short pieces composed in a stripped down manner for texts by poet Marie Deschênes. In contrast with the other three CDs is one chooses for a much more sober approach. From a drummer one expects playing dominated by rhythm. But that is not the case here. In contrast Ceccarelli is more involved in drones and textures, that is illustrated impressively by the opening track. The first of four instrumental interludes that are mixed with seven vocal parts. Like the composition also the singing and playing is very disciplined, giving all the subtleties maximum strength. I don’t know what the poems are about, but the work almost has the effect on me of some kind of prayer. It is not for this association that I liked this one most.

    I enjoyed the interplay of the musicians […] through this emotional work.

    Ensemble SuperMusique (ESM) by Florence Leyssieux

    Ensemble SuperMusique: les oiseaux rares de la musique actuelle”, Florence Leyssieux, April 15, 2011
    Friday, April 15, 2011 Press

    C’est à un concert stimulant et intelligent de musique actuelle et improvisée que nous conviait l’Ensemble SuperMusique le 23 mars dernier dans la Salle Multimédia du Conservatoire de musique de Montréal. Dix interprètes, six compositeurs et un public très réceptif étaient réunis pour explorer des espaces sonores aléatoires, inédits et éphémères. Tant pour les interprètes que pour les auditeurs, aborder la musique actuelle c’est désapprendre ce que l’on a appris: pas d’académisme ni de conformisme ou d’émotions préfabriquées dans cette forme d’expression; mais une utilisation non conventionnelle des instruments et de la voix pour en retirer toutes les possibilités sonores et expressives, des partitions graphiques ou des indications verbales du compositeur, des sons enregistrés, des bruits, des textes quelques fois. Il faut lâcher prise et accepter de se laisser surprendre pour pénétrer dans un territoire vierge où rien n’est figé ni standardisé mais où tout est à découvrir et à construire. Pour les interprètes, chaque représentation est un nouveau défi à relever. Qu’ils soient des vétérans ou des nouvelles recrues, les musiciens de l’Ensemble SuperMusique savent maîtriser l’imprévisible et être à l’affût d’une idée nouvelle sur laquelle ils pourront rebondir. Ils allient instinct et savoir-faire tout en jonglant avec spontanéité et réflexion. Ils associent improvisation et virtuosité dans un geste créateur qui prolonge et finalise la pensée de l’auteur.

    La sincérité et la générosité qui émanent du jeu des interprètes nous invitent à pénétrer dans l’univers des compositeurs. Progressivement, on se laisse envoûter par une musique dont on perçoit peu à peu l’organisation, la logique et le sens. À travers les dissonances se crée une fusion harmonieuse entre la salle et la scène. On apprend ainsi à goûter la saveur particulière des silences de John Cage et à se laisser happer par l’univers méditatif de Danielle Palardy Roger. On explore l’aléatoire en feuilletant Les cahiers de Diane Labrosse. Tel un magma se mouvant lentement, les strates sonores de Jesse Stewart nous enveloppent progressivement, tandis qu’en se déplaçant, les musiciens recomposent l’espace sonore de Malcolm Goldstein. Quant à Sandeep Bhagwati, c’est à une réflexion musicale et spirituelle qu’il nous invite avec ses Oiseaux d’ailleurs.

    La grande part de liberté, mais aussi de responsabilité, que le compositeur laisse à l’interprète valorise ce dernier et reflète le respect mutuel et la relation de confiance qui s’est instaurée entre eux. Quant aux qualités humaines des membres de l’Ensemble SuperMusique, elles se manifestent dans la complicité, l’émulation et le plaisir de jouer ensemble qui transparaissent tout au long de la prestation.

    Plus qu’une expérience esthétique c’est une véritable remise en question de notre attitude réceptive que nous avons vécue en nous immergeant dans la musique actuelle et improvisée.

    Plus qu’une expérience esthétique c’est une véritable remise en question de notre attitude réceptive que nous avons vécue en nous immergeant dans la musique actuelle et improvisée.
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