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  • Visions fugitives op. 22 in Coda Magazine

    “Review”, Ken Waxman, Coda Magazine, no. 338, March 15, 2008
    Saturday, March 15, 2008 Press

    Nearly 90 years after its Petrograd premiere, Visions Fugitives the “savage and sensational” 22-minute piano piece by Russian composer Sergei Prokofiev (1891-1953), has been admirably recast into nearly an hour’s worth of quartet jazz, by expanding the improvisational qualities of its 18 themes. Credit for this re-imaging goes to bassist Pierre-Yves Martel, a Vanier, Ont.-native, who produced, arranged and music directed the CD. But the transmutation of the piece depends on the contributions of all members of the Montréal-based quartet: trumpeter Gordon Allen, Phillippe Lauzier, on alto and soprano saxophones and bass clarinet and drummer Isaiah Ceccerelli. Martel, who also plays early music on viola da gamba and with the Ottawa Symphony Orchestra, instinctively knows how to recast classical pieces so the improvisations aren’t segregated from the themes. Instead the composer’s atypical pitch and tempo direction are given added fillip with improv-jazz techniques. Maintaining a reverence for the original composition, Martel still allows his team to, for instance, transform Con vivacità with inferences from Classic Jazz, including slap bass lines, pressured growls from Lauzier’s horn and Allan’s wah-wah trumpet. Similarly, Inquieto see-saws between droll buffo interludes featuring rubato trumpet braying and sweeping sul tasto string work and a brisk parade ground pulse, strengthened by pedal-point, bass-clarinet snorts.

    A notable landmark, the CD not only suggested unexpected material available for jazz exploration, but proves that rethinking and remaking a score can create a musical invention that’s as profound as — or even an improvement on — the original.

    … rethinking and remaking a score can create a musical invention that’s as profound as — or even an improvement on — the original.

    Érick d’Orion in Le Devoir

    “Ventres de pianos”, Marie-Ève Charron, Le Devoir, March 8, 2008
    Saturday, March 8, 2008 Press

    Un concert inusité a cours chez Oboro. Érick d’Orion, surtout présent sur la scène artistique de la ville de Québec, signe ici la composition d’un solo [Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste] qui a la particularité de se passer de musicien. Artiste audio et en nouveaux médias, d’Orion présente une installation sonore de son cru, faite de pianos droits décrépits et de dispositifs électroniques.

    Cinq des six pianos annoncés par le titre de l’installation (l’autre étant trop usé ou exploité uniquement comme sculpture) vibrent étrangement grâce à des moteurs désaxés placés sur les tables d’harmonie. Les vieilles carcasses s’animent par à-coup, générant une musique concrète qui pourrait avoir des liens de parenté avec Dada et John Cage.

    En fait, au dire de l’artiste, son travail revisite une référence moins lointaine qui est celle du «ruined piano», domaine de recherche développé par Stephen Scott et Ross Bolleter. Pour eux, les pianos sont de préférence trouvés en ruine, en quelque sorte déjà «préparés» par la nature. De là un usage non conventionnel de l’instrument dont l’usure profite à la découverte de sons différents.

    L’approche de d’Orion s’enrichit d’un axe électronique. À Oboro, les moteurs insérés dans le ventre des nobles instruments sont activés par un programme informatique, lequel analyse en temps réel une pièce musicale, un «plunderphonic». Inventé par John Oswald, le plunderphonic est un collage sonore fait de pièces musicales différentes toujours identifiables, dans un esprit de libre partage des sources.

    Intitulé Sun Duke Dirty, le collage sonore réalisé par d’Orion se fait aussi entendre chez Oboro, dans un petit salon confortable aménagé pour l’occasion. Sous le haut-parleur qui diffuse le son dans la pièce trône un autre piano droit, lui tout neuf et muet. Baignant dans la lumière naturelle, cette petite salle tranche avec l’éclairage dramatique réservé aux pianos désuets.

    L’écoute du concert soulève l’enthousiasme à partir du moment où l’appariement se fait entre le collage sonore et les vibrations de pianos. La progression de la pièce va, par exemple, d’un fragment de L’escalier du diable de György Ligeti aux rythmes de St Louis Blues, interprété par Sun Ra. Les univers sonores se juxtaposent, puis se dédoublent simultanément dans les pianos trafiqués, donnant des échos un peu plus familiers mais qui, assurément, déroutent aussi les oreilles, même les plus avisées.

    Les univers sonores se juxtaposent, puis se dédoublent simultanément dans les pianos trafiqués, donnant des échos un peu plus familiers mais qui, assurément, déroutent aussi les oreilles, même les plus avisées.

    Érick d’Orion in Ici Montréal

    “Un cimetière de pianos”, Christophe Bernard, Ici Montréal, no. 11:22, March 6, 2008
    Thursday, March 6, 2008 Press

    Érick d’Orion s’approprie la musique d’autrui et la dépouille jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un squelette.

    À la musique abstraite s’oppose la musique concrète, née dans les années 40 et développée par des compositeurs aussi importants que Stockhausen ou John Cage. Dans un travail de spatialisation, le son est sculpté jusqu’à ce qu’il forme un objet purement sonore, un fluide malléable qui écrase souvent les idées traditionnelles d’harmonie ou de rythme.

    C’est peut-être à la célèbre image du «couteau sans lame, auquel manque le manche» qu’Érick d’Orion répond par son Solo de musique concrète pour six pianos sans pianiste. La démarche de cet artiste de Québec, auteur de compositions noise ou électroacoustiques, s’inscrit, s’implante et s’invente avant tout dans une matière bruyante, manipulée comme de la pâte, où résonnent certains dogmes et antidotes de Dada et du surréalisme.

    La résonance, c’est là le nerf que d’Orion titille dans l’installation présentée au centre d’artiste Oboro, vecteur, depuis un quart de siècle, des pratiques culturelles émergentes liées de près aux nouvelles technologies. L’œuvre se déploie en deux temps, et dans autant d’espaces. Dans une première salle — décor austère et lumière crue — se trouve un premier piano, qu’on dirait apparu soudainement. Il en sort une musique inconfortable, minuterie sans fin au terme de laquelle se déclenche une attaque cérébrale qui ne vient pas: un collage qui pille et recompose des sources diverses en une trame éclectique, tirée de morceaux d’hip-hop, de classique contemporain et de free jazz. Le résultat est si schizophrénique que le confort latent du lieu est annulé par les sons qui l’habitent.

    On passe ensuite dans la salle des machines. Six pianos éventrés, tordus, craqués sont disposés en arc et leur caisse de résonance lâche le râle ininterrompu d’une baleine en train de mourir, résultat surround de la musique montant de la première pièce, ici décomposée, diffractée, torturée, accueillie par six pianos qui la filtrent et l’amplifient pour en révéler la vraie nature inconsciente. On a l’impression d’entrer dans cette chambre psychique de Twin Peaks, dont les seules parois sont de lourds rideaux écarlates et flottants, et où parle à l’envers un nain inquiétant…

    Solo de musique concrète pour six pianos sans pianiste est une installation parlante, évocatrice, dont le sens précède — enfin — l’explication qui l’accompagne. On n’avait rien vu de tel depuis ce piano robotique et sensible à notre présence, conçu par Jean-Pierre Gauthier et présenté l’hiver dernier au Musée d’art contemporain. d’Orion s’écarte de sa recherche strictement audio pour explorer des techniques acoustiques qui, du plunderphonic de la première pièce à sa perversion totale en cours dans la seconde, incarnent une véritable symbiose du son et de la matière. L’effet de cette œuvre hybride et toute en distorsion, où la musique est enfouie dans les pianos plutôt qu’elle en est extraite, a quelque chose de légèrement monstrueux: très étrange d’entendre ces pianos sans mouvement et dénaturés, amputés de leur pianiste devenu fantôme numérique.

    D’Orion s’écarte de sa recherche strictement audio pour explorer des techniques acoustiques qui, du plunderphonic de la première pièce à sa perversion totale en cours dans la seconde, incarnent une véritable symbiose du son et de la matière.

    Geisteswissen­schaften in Sands Zine

    “Recensione”, Alfredo Rastelli, Sands Zine, March 1, 2008
    Saturday, March 1, 2008 Press

    Esce allo scoperto Aimé Dontigny, personaggio sempre troppo (volutamente) ai margini della scena canadese e internazionale, e lo fa con un disco solista (dovrebbe essere il secondo), sebbene sia coadiuvato da un manipolo di collaboratori storici come Paul Dolden, Diane Labrosse e Jon Vaughn. Diciamo la verità, nonostante i numeri li abbia tutti, il nostro non si pubblicizza nemmeno poi molto, preferendo rimanere ancorato a posizioni, forse un po’ idealistiche, di indipendenza e libertà; eppure ci sarebbero di cose da dire sul suo contro, basterebbe ricordare che intorno a lui gira Actuellecd nonché l’etichetta No Type, ed alcuni dei progetti musicali più belli in ordine a manipolazione elettronica selvaggia e libera (morceaux_de_machines, Napalm Jazz, etc.). L’esperienza decennale di A_Dontigny viene qui condensata, tramite una raccolta non differenziata di materiali vari, in un immenso lavoro di “taglia e cuci” tra gli innumerevoli samples, i bit elettronici e le parti suonate (la chitarra elettrica, il basso e il violoncello) che fanno da contrappunto alle forme iconoclaste dell’elettronica a largo uso. Le origini dei samples sono varie e difformi, la loro natura è fatta salva, ma la forma si manifesta mutevole: è la disintegrazione dello spettacolo (musicale), a sua volta strumento di unificazione, ed unica, vera e necessaria rappresentazione del mondo. Non servono altre parole. Grande.

    … una raccolta non differenziata di materiali vari, in un immenso lavoro di “taglia e cuci” tra gli innumerevoli samples, i bit elettronici e le parti suonate […] Grande.

    Geisteswissen­schaften in Touching Extremes

    “Review”, Massimo Ricci, Touching Extremes, March 1, 2008
    Saturday, March 1, 2008 Press

    Aimé Dontigny (1975) is a Canadian composer, also a contributor to projects such as Napalm Jazz and Ensemble Camp. This is his first solo release, and despite not presenting anything really unexpected it sounds interesting for its large part, with a quantity of selected emotional moments as a bonus. The author figures that this work would achieve maximum potential “in the margins of electroacoustic music, electronica and audio art.” It must be said that nowadays the no man’s land comprised by these definitions can accept loads of elemental artistries that aren’t always worthy of consideration, often just made of pre-existing snippets. Dontigny avoids the typical annoyances of the “overly intellectual,” in premise by keeping things short and concise (all tracks last a few minutes or less), then enclosing parameters from distinct worlds and styles, sometimes in full-mix mode, somewhere else deepening a single concept. Thus, some parts of this record might recall a “more accessible” John Oswald, while other sections — perhaps we should call them the most lyrical ones — could be associated to a kind of nostalgic turntablism in the vein of Philip Jeck. Still, Geisteswissenschaften remains a pretty personal statement sounding like a hundred different snapshots — lo-fi and hi-fi, convulse yet linear, physically tolling and coldly digital at once. An apparent gathering of contradictions whose balance is exactly the necessary key to penetrate the creator’s vision. For sure one listen is not enough, and I’d also suggest beginning with an attentive scrutiny, then trying this blend as a stimulating alternative ambient. Those momentary presences and interferences will mesh with life’s soundtrack without a problem.

    Those momentary presences and interferences will mesh with life’s soundtrack without a problem.

    «Dis, Blaise…» chanson du Transsibérien, Chansons de Douve, Chansons de la belle espérance, Dirigeable, Les fleurs du tapis in Wonderous Stories

    “Canzoni per sperare: la crepuscolare francesità di Pierre Cartier”, Vincenzo Giorgio, Wonderous Stories, no. 12:35, March 1, 2008
    Saturday, March 1, 2008 Press

    Una voce evanescente e calda. Sontuosi panneggi bassistici. Jazz crepuscolare. Insomma, quando ascoltai per la prima volta Pierre Cartier fu la classica Rivelazione e, da qui, l’imperativo (kantianamente) categorico di ascoltare il più possibile del musicista/cantante/bassista del Canada francofono e membro degli ottimi Dangereux Zhoms di Jean Derome.

    Già perché Pierre Cartier Chansons de la belle espérance — Ambiances Magnétiques 2006 63:43 è davvero un disco affascinante grazie a quell’impasto ostinatamente melodico che Pierre riesce ad estrarre da sei testi poetici, uno dei quali firmato niente di meno che da Guillaume Apollinaire. Fin dall’iniziale Dédicace de la belle espérance si può godere della capacità di Pierre di saper declinare la forma canzone in contesto avant-jazz: undici minuti di poesia purissima dove il sax di Jean Derome disegna ampie parabole assecondato dal delicato interplay tra il trombone di Tom Walsh e la viola di Jean René. Un’atmosfera che può essere facilmente rintracciata anche nelle tracce successive: dalla quiete di Plus belle que les larmes guidata dalle percussioni arabescate di Pierre Tanguay e dagli arpeggi armonici della chitarra di Bernard Falaise fino all’ammiccante deja-vu di Il nous aurait fallu (unico brano in cui Cartier scrive anche il testo). E così La chanson de Marie dalle arcane cadenze di danza etnica, l’incontaminata fragranza di Portrait, la sinuosa Figure d’éternité e, per finire, l’intricato tessuto armonico di Mirabeau.

    Risalendo il Fiume del Tempo mi sono poi imbattuto nel più ambizioso Pierre Cartier «Dis, Blaise…» chanson du Transsibérien cd1 49:38, cd2 37:54 AM 2002 dove il musicista di Montréal si confronta con La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, poema composto da Blaise Cendrars nel 1913. L’opera presenta tutti gli elementi della poetica cartierana anche se l’elemento jazz appare più in sottofondo a favore di un’opzione oscillante tra il lied e la musica da camera di stampo tonale/novecentesco. Il risultato è, comunque, ragguardevole con le uniche riserve di una certa prolissità e qualche forzatura nella resa melodica dei testi di Cendrars. Di grande impatto il prologo En ce temps-là con quella sua repentina mutazione da sofferto lied a jazz elettrico di vago sapore post-davisiano così come le timbriche sospese di Si j’étais peintre.

    Continuando ad assecondare le sue “ansie letterarie”, esattamente un decennio fa, il bassista canadese pubblica Pierre Cartier Chansons de Douve cd1 55:48 cd2 43:10 AM 1998 su testi di Yves Bonnefoy. Per il sottoscritto è stata una piacevole sorpresa scoprire inaspettate contiguità zehuliane nell’inaugurale Je te voyais, quasi quindici minuti di inquietanti cromatismi para-magmatici giocati su di una sincopata sezione ritmica dove l’impasto vocale di Angèle Trudeau e Noëlla Huet (rispettivamente soprano e mezzo-soprano) e le cadenze da big band impresse dai fiati di Jean Denis Levasseur, Ivanhoe Jolicœur, Jean Derome, Sylvain Jacob e Tom Walsh trovano una base sicura. Ma il resto dell’opera non è da meno puntando su di una musicalità rarefatta ed essenziale (Présence exacte, Vrai corps, Mais que se taise) non scevra da certi riferimenti minimalisti (Le seul témoin 1) e pre-barocchi (Vrai corps, Douve parle (passacaille)).

    L’ultima speranza è che ci sia un tempo per poter ascoltare le sue tre opere più lontane nel tempo: Les fleurs du tapis (1996), Chanson du fil (1989) e Dirigeable (1987).

    Una voce evanescente e calda. Sontuosi panneggi bassistici. Jazz crepuscolare. Insomma, quando ascoltai per la prima volta Pierre Cartier fu la classica Rivelazione…
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