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  • Érick d’Orion in Voir Saguenay/Alma

    “Le traducteur”, Jean-François Caron, Voir Saguenay/Alma, May 15, 2008
    Thursday, May 15, 2008 Press

    Séquence présente une installation sonore de l’artiste Érick d’Orion, qui démonte le piano et le montre dans tous ses états.

    Avec Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste, Érick d’Orion présente des pianos édentés, éventrés ou renversés dans une ronde immobile et bruyante. Il s’agit d’un vibrant rassemblement d’instruments qui n’ont plus grand-chose de leur élégance d’antan. La posture est parfois encore droite et placée, mais leur aspect usé présage des déconstructions musicales dont ils sont capables.

    Alors qu’on se serait attendu à voir les touches des instruments s’enfoncer en suivant le doigté d’une présence fantôme, les pianos à demi morts ne semblent plus pouvoir être que des caisses de résonance. Ils vrombissent dans un tumulte aliénant, devenus vibraphones presque grossiers, digérant l’impulsion de moteurs intégrés qui les rend indépendants de tout musicien. L’un se montre franchement grave, l’autre plus aigu, et les six se relancent, s’étouffent, se suivent, puis se relancent de nouveau, suivant un protocole difficile à décrypter.

    Ce n’est qu’après avoir parcouru toutes les salles d’exposition que l’on peut comprendre le véritable objet de ces mastodontes estropiés de la musique. Tout au fond, un avenant salon d’écoute laisse entendre une musique plus conventionnelle. Des partitions patientent sur une table basse, à portée des visiteurs.

    En fait, Érick d’Orion semble mettre en scène une multiplicité de lectures et d’interprétations de la musique. Une première transposition de l’écrit vers le sonore fait entendre ce qui était encodé sur des pages et des pages de portées, donnant des morceaux comme ceux auxquels l’oreille est habituée. La traduction la plus frappante est toutefois celle qui transforme cette première musique — des solos de Sun Ra, Duke Ellington et György Ligeti —, appréciable par quiconque est prêt à l’écouter, en une série de vibrations et de signaux sonores moins digestes. Il suffit de tricher en entrouvrant le rideau mitoyen et de se poster dans l’entrebâillement entre les deux salles pour percevoir la correspondance entre les univers musicaux qui semblaient de prime abord diamétralement opposés.

    L’organisation de l’espace, proposant d’abord les pianos traducteurs, puis le salon d’écoute faisant entendre les pièces originales, permet au visiteur de s’approprier peu à peu l’exposition, appréciant sans idée préconçue les différents instruments, découvrant leurs particularités, écoutant leur sonorité précise. On voudrait percer leur secret, attendant que leur individualité émerge. Chaque piano, d’ailleurs issu d’une époque différente, est envisagé comme unique malgré son association évidente avec ses semblables, ce qui n’aurait pas été possible si le trajet du visiteur avait été inversé.

    À noter que, pour ceux qui auraient particulièrement apprécié leur expérience, plusieurs œuvres sonores d’Érick d’Orion sont proposées à la carte, à l’entrée de la galerie.

    Érick d’Orion semble mettre en scène une multiplicité de lectures et d’interprétations de la musique

    Jean Derome et les Dangereux Zhoms in La Presse

    “Ces Zhoms de Derome qui aiment le danger”, Alain Brunet, La Presse, May 15, 2008
    Thursday, May 15, 2008 Press

    Un portrait signé Dyane Raymond (éd Varia) le décrit par l’expression «homme musique». Pour ceux qui le connaissent depuis le début de sa carrière, c’est-à-dire plus d’une trentaine d’années, il est aisé d’affirmer que Jean Derome est un barde redoutable.

    On ne peut qualifier le compositeur, leader d’orchestre, flûtiste, saxophoniste voire multi-instrumentiste de dangereux personnage. Sa musique, toutefois, peut fréquenter le danger. Et le mélomane qui ratisse le champ gauche, ne lui est-il pas essentiel de mettre ses certitudes en péril? Voilà ce à quoi nous convient ce soir les Dangereux Zhoms de Jean Derome, en ouverture du 25e Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

    «Le 13 décembre dernier à La Sala Rossa, rappelle le musicien, j’ai présenté une longue pièce intitulée Traquenards pour célébrer les 25 ans de travail des Productions Traquen’Art — spécialisées dans les musiques d’avant-garde. Michel Levasseur, directeur artistique du FIMAV, y était.

    «Il s’est montré intéressé à reprendre le concept tout en me commandant une autre pièce que j’ai intitulée Plates-formes, en lien avec les Productions Plateforme qui organisent le festival de Victo et qui célèbre aussi ses 25 ans. Chaque pièce fait plus d’une demi-heure — 35 et 32 minutes. Fait à souligner, on ne jouera pas le matériel du dernier disque des Dangereux Zhoms (To Continue), paru en décembre.»

    Il faut également indiquer qu’un quintette forme le noyau du concept: Jean Derome aux saxophones et flûtes, le contrebassiste Pierre Cartier, le pianiste Guillaume Dostaler, le batteur Pierre Tanguay, le tromboniste Tom Walsh.

    Or, dans le cas qui nous occupe, les fresques au programme requièrent sept musiciens supplémentaires: aux Zhoms de Derome se joignent la saxophoniste Joane Hétu, le trompettiste Gordon Allen, le guitariste Bernard Falaise, la violoniste Nadia Francavilla, l’altiste Jean René, la clarinettiste Lori Freedman, le DJ Martin Tétreault. «C’est donc une occasion de poursuivre le projet, j’ai deux autres pièces en banque pour cet ensemble. Donc, l’équivalent de deux concerts complets. Le problème à venir n’est pas tant le répertoire disponible que l’embauche de 12 musiciens! Mais… il y a le plaisir du compositeur qui dispose de plusieurs crayons de couleur! Finalement l’idée me plaît, les Dangereux Zhoms peuvent avoir leur configuration «de luxe».»

    À travers Traquenards et Plates-formes, Jean Derome estime avoir dressé une sorte de bilan de la musique actuelle.

    «J’ai voulu en présenter les différentes approches: jeux d’improvisation, parties écrites, références au jazz contemporain, bruitisme, etc. C’est assez composite, mais je pense qu’il y a une unité. Par ailleurs, je me suis inspiré des titres des pièces pour en nommer chaque partie. Ainsi, pour Traquenards, il y a Trompe-l’œil, Malentendu, Attrape-nigaud, etc. Pour Plates-formes, il y a Plateforme continentale, Dérive des continents, Plaques tectoniques, Plateforme électorale, etc. Ces pièces me semblent consistantes, les musiciens sont très concentrés. C’est beau à voir!»

    Pour ceux qui le connaissent depuis le début de sa carrière, c’est-à-dire plus d’une trentaine d’années, il est aisé d’affirmer que Jean Derome est un barde redoutable.

    Jean Derome in Voir

    “Jean Derome, ambassadeur du FIMAV”, Antoine Léveillée, Voir, May 14, 2008
    Wednesday, May 14, 2008 Press

    Nous n’avons qu’à faire le compte des participations de Jean Derome au Festival international de musique actuelle de Victoriaville pour constater l’importance du saxophoniste et compositeur sur la scène de la musique actuelle québécoise. Nous pourrions presque dire qu’il a un compte parfait tellement ses visites ont été fréquentes au cours des 24 éditions précédentes.

    Pour cette 25e année, il était tout à fait naturel pour le directeur général de l’événement, Michel Levasseur, de convier le musicien à participer au concert d’ouverture avec une création afin de souligner ce quart de siècle d’activité musicale. «Quelquefois, je deviens presque jaloux des artistes étrangers qui passent par le FIMAV», avoue Jean Derome en se remémorant le nombre de créations qu’il a présentées lors de ce festival. «Nous, les artistes ‘locaux’, sommes très souvent approchés pour une commande. Je comprends parfaitement Michel lorsqu’il nous demande une exclusivité, mais dans ces circonstances, je me ramasse toujours avec ce stress énorme de jouer une composition pour la première fois. Les artistes qui viennent de l’extérieur ont eu le temps de se familiariser avec leur répertoire. Des fois, j’aimerais bien m’en sortir de cette façon.»

    Plongé dans ce contexte de célébration, le saxophoniste renoue avec son orchestre fétiche, les Dangereux Zhoms, et présente Plates-formes en compagnie de ces 12 virtuoses de l’improvisation. «Lorsque je compose, j’ai en tête la personnalité d’un musicien et la couleur de son jeu. C’est un prétexte pour une rencontre. Très souvent, je m’amuse et je pose une simple question aux compositeurs que je croise: ‘C’est une pièce pour qui?’ Ils vont me répondre que c’est une pièce pour clarinette, saxophone et contrebasse, par exemple, en faisant totalement abstraction des interprètes et du son qu’ils ont en tête. Quand l’improvisation est au cœur d’une composition, c’est fondamental.»

    Et des musiciens, il en a beaucoup en tête: Pierre Tanguay (batterie), Tom Walsh (trombone) et Guillaume Dostaler (piano), pour en nommer quelques-uns, sont autant d’instruments de musique que de personnalités uniques qui concrétisent ses idées musicales. Pour le prouver, nous n’avons qu’à faire l’exercice en lui demandant quels sont ses souvenirs les plus marquants après toutes ces participations au festival. «Il y en a tellement! Dans mes souvenirs personnels les plus marquants… Ma collaboration avec l’accordéoniste Lars Hollmer fut exceptionnelle. C’était pour le concert du Looping Home Orchestra, qui a d’ailleurs été immortalisé sur disque. Il y a eu aussi les concerts avec le guitariste Fred Frith et celui avec Louis Sclavis… Il y en a trop!»

    Scat in The Squid’s Ear

    “Review”, Paul Serralheiro, The Squid’s Ear, May 7, 2008
    Wednesday, May 7, 2008 Press

    Teaming up with an Australian new-music ensemble, Montréal electric guitarist-composer Tim Brady lays out some tightly written, impressively played music that is superbly rendered by the unusual quintet that is Topology (bass, violin, viola, piano and piano/sampler) with the addition, in one piece (Dark Matter), of percussion, clarinet and bassoon.

    In 7 pieces written over the last 10 years that range from controlled, driving, rhythmic lines to airy atmospheric pieces, listeners are treated to shades of Terry Riley, as in the 3rd section of the tri-partite title composition, Scat, and in the opening keening violin, cascading piano arpeggios and double bass bottom that sustains the developing melody of (Dark Matter (Primal Pulse)). But Brady takes the music his own way, varying rhythmic cells and letting the melodies flower as they will rather than restricting them to a minimalist pinwheel development.

    The atypical instrumentation makes for a kind of hybrid sound that is hard to categorize. It could be musique actuelle, could be jazz, could be contemporary classical. But is categorization really necessary when one gets caught up in such swirling pieces like the piano, samplers, violin, viola, double bass and soprano sax chiaroscuro impressionism of Lightning Field — Darkness / Illumination? In Dark Matter the composer has weighed his sounds carefully and the piece is a study in nuance and contrasting textures and tempi, like a chamber ensemble reduction of a Bruckner symphony. The language, although eclectic, echoes western art music, especially post-romantic and serialist styles in melodic contours and instrumental colors, as the clarinet and bassoon are added to the mix. Another stylist reference point that comes to mind is the crisply-articulated rhythms of Astor Piazzola.

    In contrast to the chamber-music for the 21st century feel of most of the disc, we get, in the final cut, the more high-voltage abstract expressionism of a viola and tape piece titled (Struck Twice by Lightening, in which violist Bernard Hoey plays a possessed Paganini to Brady’s Star-trekking guitar-sampler track, an apt way to wind up this appealingly quirky set of music.

    We get, in the final cut, the more high-voltage abstract expressionism of a viola and tape piece.

    To Continue in The Squid’s Ear

    “Heard In”, Paul Serralheiro, The Squid’s Ear, May 7, 2008
    Wednesday, May 7, 2008 Press

    Ironic attitude with an approach to melody that is best described as angular and cubistic, but softened by a lilt of French impressionism, is what we get from the 5 improvising men that are DeromeTom Walsh on trombone, Guillaume Dostaler on piano, Pierre Cartier on electric bass, Pierre Tanguay on drums and all five on vocals in the title cut. (Cartier also does the singing in the fable La Grenouille et le Bœuf).

    In rendering the six Derome compositions on this disc, the quintet of Montréal voices delivers a distinct group sound. Derome, known to many in the improvised music and musique actuelle scene (he is also one of its production motors), possesses a recognizable alto saxophone voice, with its driven sense of direction and acrobatic ingenuity that is the aural equivalent of a refined circus act. He’s accompanied by equally distinct voices, starting with his usual partner in musical adventure, Pierre Tanguay, a drummer who plays from simple, centered ideas that mutate into sophisticated variations. Walsh’s trombone voice is rich in overtones and humor, while Cartier’s electric bass stitches the tunes together with a firm sense of purpose. Pianist Dostaler leaves lots of space, which he incorporates into his conceptions, even in his featured solo spots, not unlike Monk.

    There are many interesting musical moments both quirky and serene throughout the disc, including the English word-based title cut and the setting of the La Fontaine fable La Grenouille et le Bœuf (“The Frog and the Ox”) that Cartier intones in fine-form expressionistic contortions. The best, however, is the longest: Prières (“Prayers”), a 25 minute piece that is a lesson in textures and the blending of voices and interweaving of the composed and the improvised. It features a piano solo accompanied by very spare band responses, then builds into a slow whirling of lines and textures that gives way to a trombone solo where Walsh gets the chance to “testify”, then on to a drum solo and more building, with, from time to time, solo statements taking the upper hand. Then a return to piano solos and more development of motives wrought into the earlier exposition. A study in form, contrasts, colors, voices, lines, and harmonies at the center of which is Derome’s saxophone soaring in fearless inventiveness.

    A study in form, contrasts, colors, voices, lines, and harmonies at the center of which is Jean Derome’s saxophone soaring in fearless inventiveness.
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