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  • (juste) Claudette in FunkiMusik

    “Le Disquaire”, Alexandre Fontaine Rousseau, FunkiMusik, November 30, 2007
    Friday, November 30, 2007 Press

    La scène des «musiques actuelles» montréalaise peut, aux premier abords, sembler ardue à définir précisément; chose certaine, le travail de Michel F Côté en a fortement modifié le code génétique au cours des vingt dernières années. Fusion entre le jazz et l’expérimentation plus libre, éclatement des conventions rythmiques, évocation du minimalisme et du bruitisme: tous ces éléments se retrouvent, en pièces parfaitement rattachées, sur son plus récent projet (juste) Claudette. Certains diront qu’il s’agit grosso modo d’un nouvel album de sa formation Klaxon Gueule, puisque l’on reconnaît au générique les acolytes de cette aventure Alexandre St-Onge et Bernard Falaise. Mais (juste) Claudette est autre chose, à la fois distillation accessible des tendances plus agressives de Côté et configuration nouvelle d’une entité musicale préexistante. Au trio initial — guitare, contrebasse, percussions — s’ajoute ainsi le clavier mordant de Jesse Levine, instrument qui dès Des prunes affirme son importance au sein de l’ensemble. Tout au long de l’album, ses contorsions abrasives se feront tour à tour moteur dramatique de l’action puis tension en arrière-plan, contrastes comiques puis jurons violents. Levine ajoute au chaos ambiant tout en le structurant, ses pulsions frénétiques précisant la charge rythmique constamment fascinante de Côté.

    Malgré quelques instants de calme, (juste) Claudette se concentre davantage sur la tempête. Sur l’excellente Arms Oil, le quatuor est sauvage et son énergie à la limite tribale; les instruments s’entrechoquent dans leur échange, la guitare de Falaise bourdonnant une progression torturée tandis que la batterie et l’orgue dialoguent au gré d’un swing menaçant et enivrant. Les mélodies y sont des blocs de bruit, les solos de foudroyants exorcismes. Frost Mohawk, morceau le plus instantanément accrocheur de l’essai, évoque par son va-et-vient séismique et ses orgues de film d’horreur l’esthétique du Amon Tobin de Permutations et Supermodified; c’est une plongée du bord de la folie, formidablement cohérente dans son abandon de la raison. Suite immédiate de ce morceau-clé, la courte et délirante Raccourcir en séchant pousse ce délire plus loin — jusqu’au point de rupture, en fait. L’oasis de sérénité Descente centrale nous replace joliment les esprits, pause essentielle en plein cœur d’un ouragan qui reprend de plus belle avec le tumulte de Trou du jour.

    Désordre savamment orchestré, le disque concocté par Côté et ses comparses brille par la maîtrise avec laquelle il oscille entre saturation aliénante et relâche libératrice. Sur (juste) Claudette, les catégories musicales sont éclipsées pour laisser toute la place à différents degrés d’intensité. D’une pièce à l’autre, le groupe peut glisser d’un drone épars à une cascade de notes criardes avec une aisance confondante. Les genres musicaux ne sont plus que différentes manières d’articuler différentes idées: «Esthétiquement, Claudette ne saurait être étiqueté avec précision. Comme toujours, je fuis les appellations contrôlées. C’est une musique sans nom», affirme Côté pour décrire cet ensemble. Ses musiciens collent à cette vision, lorsque par exemple la guitare très électrique de Falaise pousse quelques intonations hard rock avant de faire volte-face pour enchaîner sur des accords jazz autrement plus modérés.

    En dépit de son brio technique, le groupe refuse de sombrer dans le trompe-l’œil spectaculaire; les débordements de ces échanges sont inspirés par une totale synergie entre les musiciens et non par leurs égos respectifs. Cette musique a beau être improvisée, le mouvement global y paraît parfaitement dirigé. Les pièces sont concises et incisives, motivées par une idée claire que le groupe exécute avec une assurance hors de l’ordinaire. Chacune dévoile une facette nouvelle de la même identité complexe: Par en avant, mystérieuse et nocturne, Progress Is Made, abolition de la notion de thème au profit d’un pur crescendo de violence. Puis, pour finir, cette mélancolique reprise atmosphérique du Was de Vincent Gallo

    Toutefois, (juste) Claudette impressionne d’abord et avant tout parce qu’il détruit toutes les conventions associées au jazz mondain et conservateur. La guitare de Falaise mitraille les échanges d’éclats noise-rock imprévisibles, et l’orgue de Levine canalise l’outrance psychédélique de Sun Ra. Malgré toutes les nuances dont il fait preuve, Côté bat ses peaux avec une ardeur brute qui ferait fuir moult hommes des cavernes; St-Onge dévoile pour sa part un jeu raffiné, à la fois classique et contemporain, qui sert de fondation à cette musique éclatée. Le quatuor embrasse l’excès, domine le chaos, et ressort triomphant de son dangereux pari esthétique; celui de concilier l’avant-garde à une certaine intelligibilité, de refuser l’hermétisme sans compromettre l’intégrité d’une musique acerbe et farouche. Sans contredit, (juste) Claudette est l’un des disques jazz les plus férocement originaux de l’année 2007. Et son rayonnement dépassera sans doute les cercles fermés pour trouver preneur chez les amateurs de rock plus téméraires. (8/10)

    Sans contredit, (juste) Claudette est l’un des disques jazz les plus férocement originaux de l’année 2007.

    Geisteswissen­schaften in Jungle World

    “Prima Kunstkrach: Platte Buch”, Thomas Blum, Jungle World, November 29, 2007
    Thursday, November 29, 2007 Press

    Es muss immer weitergehen/Musik als Träger von Ideen. Sample, Zitat, Cut-up, Collage, Verfremdung, Dekonstruktion. Der kanadische Komponist Aimé Dontigny hat einst das Free-Noise-Kollektiv Napalm Jazz mitgegründet. Seither widmet er sich der Improvisation, der Musiktheorie und dem freimütigen Herumfuhrwerken mit elektronischen Tonfetzen. Und so zur Gänze verstrahlt ist auch, was er auf seinem Solodebut produziert: eine Geräuschorgie sondergleichen. In Nordkorea etwa würde dergleichen sofort verboten werden. Geht es Dontigny doch hörbar darum, althergebrachte musikalische Schemata bedingungslos kaputtzuhauen, bis kaum mehr etwas übrig ist. Heraus kommt eine ganz prima und ratzeradikale Totaldekonstruktions-, Kunstkrach- und Hardcore-Kopfmusik, in der nicht nur ziemlich viel aus der Musikgeschichte (Klassik, Jazz, HipHop, Noise, Industrial, moderne E- und U-Musik etc.) zusammengeworfen wird, sondern in die auch Partikel aus Mathematik, Kunst, Literatur und Philosophie (Heidegger, Koons, Nietzsche, Debord usw.) hineingemengt werden. So heißen die Titel etwa Holzwege, Begriffsschrift oder Wirkungsgeschichtesbewusstsein.

    Bis zum Gehtnichtmehr wird alles verfremdet, durch einen großen Häcksler gejagt, zerschreddert und neu zusammengesetzt. Ein gewöhnungsbedürftiger Sound, der nach aufgeschlossenen Hörern verlangt. Eine jede Grenze kühn überschreitende und deshalb großartige Seltsamkeitsmusik, von der man bei längerem Hören gewaltige Kopfschmerzen bekommt, und so muss das auch sein. Der Titel des Albums ist Programm.

    Étymologie in Vital

    “Review”, Dolf Mulder, Vital, no. 603, November 26, 2007
    Monday, November 26, 2007 Press

    This trio is around for more then a decade now, and two CDs preceded this dvd. The first dvd-release by Ambiances Mangétiques if I’m not mistaken. The three musicians need no further introduction. All three of them are veterans of the Montréal jazz and impro scene. Most of the time they play their own work or any other modern music. But from time to time all three of them show their love for the tradition of jazz. Guilbeault did a project on Charles Mingus. With his quintet Réunion Tanguay played work from Duke Ellington and Ben Webster. And also in this trio-format they concentrate on the history of jazz, although on their first CD 10 compositions, they did only pieces by Derome that he composed during different stages of his career. On this dvd they play compositions by Eric Dolphy, Duke Ellington, Lennie Tristano, Misha Mengelberg, a.o. Plus 2 compositions by Derome. One of them is Etymologie, a piece dedicated to and composed in the style of Ornette Coleman. Tanguay plays drums, Guilbeault doublebass and Derome plays saxes, flute and voice. In their interpretations they show their deep affinity with the material. They stay close to the original pieces, but not in a nostalgic way. In their reworking labour they try to proof the relevance and beauty if these pieces for the present time. From what I read, they are successful in reaching a younger public and younger jazz musicians. I don’t know why they chose the dvd-format for this particular release. But it opens the opportunity not only to hear but also to see the interplay between these three gifted musicians during a concert at the L’Off Festival de Jazz de Montréal in 2006.

    … they show their deep affinity with the material. They stay close to the original pieces, but not in a nostalgic way.
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