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  • Les salines in Le Devoir

    “Jazz & blues — Le duo du courage”, Serge Truffaut, Le Devoir, March 30, 2007
    Friday, March 30, 2007 Press

    En fait, ce n’est pas tout à fait cela. Il n’y a pas deux cordes mais deux séries de cordes. Celles du violon manipulée par Marie-Soleil Bélanger et celles maîtrisées par Normand Guilbeault. Bon, il y en a plus de deux, mais on admettra que l’éventail sonore choisi par ce duo propose en fait un énorme…coefficient de difficulté! Mettons qu’entre un violon et une contrebasse d’un côté et un big band de l’autre, il y a un écart, toujours pour ce qui est de la palette, égal à celui du désert de Gobi.

    Bien, allons-y au ras des pâquerettes. De prime abord, on pourrait craindre que l’association de ces deux instruments débouche sur un résultat aussi aride que sans relief. Il n’en ai vraiment rien. Car cette combinaison de l’eau et du sel, pour emprunter à nos instrumentistes l’un de leur qualificatifs, finit en majesté.

    Pièce après pièce, Bélanger et Guilbeault, pour reprendre un lieu commun, nous font voyager. Un coup, nous sommes plongés dans l’univers de Béla Bartok. Un coup, nous voici à l’écoute de l’univers sonore en vogue au Moyen Âge. Un coup, nous voilà projetés dans un univers échevelé ou plus exactement déstabilisant; il s’agit évidemment de l’improvisation. Un coup, on est au Japon. Et à moins d’avoir la berlue, on a entendu les accents de cette valse qui se jouait, non pas dans la chic et toc Vienne, mais bien dans les guinguettes populaires des bords dela Marne.

    Si vous appréciez être étonné, cette production vous comblera. Chose certaine, du chapitre des risques ainsi que des curiosités, sans oublier celui du courage, Bélanger et Guilbeaultsont les héros. Une dernière décision? Normand Guilbeault n’est pas un grand musicien montréalais, québécois, canadien ou nord-américain. Il est un immense musicien. Point.

    Un huis clos où deux cordes s’aiguisent mutuellement quand bien évidemment elles ne s’entremêlent pas.

    Cordâme in Ici Montréal

    “Critique”, Yves Bernard, Ici Montréal, no. 10:26, March 29, 2007
    Thursday, March 29, 2007 Press

    Premier album de ce trio montréalais regroupé autour des compositions de Jean Félix Mailloux, soutenu par le violon de Marie Neige Lavigne et le violoncelle de Julie-Odile Gauthier-Morin. Que des cordes pour l’âme? Surtout, mais pas tout à fait, puisque trois invités confèrent parfois à cette musique lyrique des accents moyenorientaux et discrètement indiens. On valse, on improvise, on déconstruit à petits coups d’archets, on devient lancinant et même mélancolique, on explore des aires aériennes et aérées, sans que jamais se perde le côté accessible. Le 31 mars au Studio-théâtre de la Place des Arts.

    On valse, on improvise, on déconstruit à petits coups d’archets, on devient lancinant et même mélancolique, on explore des aires aériennes et aérées…

    Karusell Musik in Le Soleil

    “Drôle de mariage”, Nicolas Houle, Le Soleil, March 23, 2007
    Friday, March 23, 2007 Press

    Heureuse rencontre que celle entre Lars Hollmer et la Fanfare Pourpour. Bien qu’il ait fallu attendre 2004 pour qu’il soit célébré, ce mariage de déraison prend racine au début des années 90, lorsque l’artiste suédois, alors à bord de son Looping Home Orchestra, œuvrait avec Jean Derome. On en trouve des traces sur Karusell Musik, la pièce-titre et Eyeliner étant présentées dans de nouvelles moutures. De toute évidence, Hollmer a trouvé en la Fanfare un formidable véhicule pour donner vie à ses compositions nerveuses, inspirées de la folk scandinave. Prêter l’oreille à Karusell Musik, c’est embarquer à bord d’un manège où chaque tour apporte son lot de surprises. Les pièces prennent en effet la forme de boucles sans fin que l’accordéoniste et la fanfare débobinent avec intelligence et sensibilité. Car ici, la simplicité est toujours illusion. Et la folie ou l’exubérance qui se dégagent en surface cachent parfois une mélancolie qui va droit au cœur.

    Les pièces prennent en effet la forme de boucles sans fin que l’accordéoniste et la fanfare débobinent avec intelligence et sensibilité.

    Karusell Musik in Montreal Mirror

    “Disk of the Week”, Rupert Bottenberg, Montreal Mirror, March 22, 2007
    Thursday, March 22, 2007 Press

    Hollmer’s a noted Swedish accordionist and composer with a thing for offbeat collaborations, and in the 18 members (plus choir, at points!) of Quebec’s boisterous big band Fanfare Pourpour, he found a good one. Imagine a wild but well-organized mix of Danny Elfman, Yann Tiersen and Balkan brass-master Boban Markovic, and you’ve grasped the sonic circus let loose here-but hold on, the Fanfare is actuellista Jean Derome’s project, so a fair bit of avant-weirdness pokes through too. It’s all in good fun, though, writ accordingly large. (8 / 10)

    It’s all in good fun, though, writ accordingly large

    Karusell Musik in Voir

    “Disques de la semaine”, Réjean Beaucage, Voir, March 22, 2007
    Thursday, March 22, 2007 Press

    J’avais été littéralement jeté par terre par la performance de la Fanfare Pourpour dans ce répertoire d’œuvres de Lars Hollmer au 22e Festival de Victo, en 2005. Ce disque, enregistré de main de maître par Robert Langlois, fait renaître l’énergie de cette première rencontre, mais une fois l’effet de surprise passé, la magie reste, et s’installe. Sans l’ombre d’un doute le meilleur opus de l’ensemble jusqu’à maintenant, ce troisième disque ne contient que le meilleur de ce que peut offrir la Fanfare: le folklore du troisième type de Lars Hollmer (qui pousse quelques chansonnettes) dans des arrangements brillants de Jean Derome, un dépaysement à saveur surréaliste, et surtout, surtout, des musiciens (19) dans une forme incroyable. Un hymne à la joie. (4,5 / 5)

    Sans l’ombre d’un doute le meilleur opus de l’ensemble jusqu’à maintenant…

    Karusell Musik in Ici Montréal

    “Toutes voiles ouvertes!”, Yves Bernard, Ici Montréal, no. 10:24, March 15, 2007
    Thursday, March 15, 2007 Press

    La Fanfare Pourpour s’associe à la musique du Suédois Lars Hollmer pour la réalisation du disque Karusell Musik. Le carrousel tournoie dans un mouvement incessant. La Fanfare Pourpour processionne et fait intensément pénétrer dans une musique contemporaine qui fait chanter, une musique populaire qui s’écarte de sa route, une musique du monde à l’accent insaisissable. Violonistes, accordéonistes, flûtiste et joueurs de cordes se la swinguent subtilement au milieu d’un bataillon de cuivres et de grosses caisses qui se liguent parfois contre eux, pour mieux soudainement s’effacer abruptement, et doucement les faire ressurgir. Mais les 20 musiciens peuvent ensemble faire les pompes avant qu’un chanteur scandinave lance des airs loufoques. Comme si les MacGarrigle faisaient poum poum… Mélodique, joyeuse et enflammée avec ses rythmes presque naturellement «reelés», la fanfare peut aussi livrer des moments plus tristes sur des airs de valse. On entre parfois au cirque, et Kurt Weill n’est pas loin. Le rythme se casse, l’effet dramatique s’accentue le temps d’un anti-climax, puis l’orchestre continue à augmenter la cadence. Tout semble s’édifier et s’écrouler en même temps dans cet univers pourtant vitaminé. «Le nom du groupe vient du poème "Les nacelles de pour pour"de Claude Gauvreau», se rappelle Lou Babin, accordéoniste et porte-parole de la Pourpour. «Le personnage nous convient parfaitement avec son imaginaire hors normes, toutes voiles ouvertes». En effet, le son de la rue s’élève puissamment, surtout que, pour son troisième disque, Karusell Musik, la grande famille réarrange et interprète des pièces de Lars Hollmer, compositeur et vieux routier des musiques de création européennes qui, depuis la venue de Samla Mammas Manna, groupe culte suédois des années 70, repousse les frontières du pensable. «Lars nous apporte une musique aux accords simples, mais très complexe au niveau de la rythmique. On passe du 15/7 au 5/4 ou au 6/6 dans une même pièce. C’est assez troublant. Moi, j’apprends les musiques à l’oreille parce que, si je me mets à compter, je deviens complètement perdu», explique en riant Luc Proulx, guitariste du groupe. D’abord connus pour leur sympathique déglingue, les rescapés du Pouet Pouet Band, de l’Enfant Fort et des différentes versions de Montréal Transport Limité, ont d’abord opté, à leur création en 1995, pour une musique festive aux parfums est-européens et aux accents de fanfare à la Kusturica avant d’intégrer plus de jazz. «L’arrivée de Jean Derome, Normand Guilbault, Pierre Tanguay et Claude Vendette nous a donné beaucoup de profondeur alors que plusieurs jeunes qui évoluent avec d’autres formation ont insufflé une énergie nouvelle», souligne Babin. Et Lou de conclure: «Même si ça s’est ouvert au jazz et que Karusell Musikest est plus éclaté que les autres disques, la musique qui sort est toujours celle de la Pourpour.»

    … une musique contemporaine qui fait chanter, une musique populaire qui s’écarte de sa route, une musique du monde à l’accent insaisissable.
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