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  • Unstable Friends in The Squid’s Ear

    “Review”, Phil Zampino, The Squid’s Ear, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    The first release on Montréal’s & Records, managed by Fabrizio Gilardino and Michel F Côté, presents the rhythmic song works of Éric Bernier, assisted by Côté himself and Guy Trifiro, with additional musicians from the well known Ambiances Magnétiques collaborators Jean Derome, Bernard Falaise, Normand Guilbeault and Alexandre St-Onge. The songs stay in a easy groove, reminding in many ways of the early works of Holger Hiller. The sonics are fascinating, the songs dark interwining works with odd electronics and insertions. Most pieces are by Bernier, with a Burt Bacharach cover to end the CD (Don’t Make Me Over).

    The sonics are fascinating, the songs dark interwining works with odd electronics and insertions.

    10 compositions in Mouton Noir

    “Le Noir compact”, Éric Normand, Mouton Noir, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    Jean Derome et Pierre Tanguay sont des collaborateurs de longue date. Musiciens polyvalents, ils ont touché à tous les styles, mais leurs principaux faits discographiques, les plus personnels du moins, documentent l’aspect le plus radical de leur démarche.

    Pourtant, leur amour du jazz ne se dément pas. Avec Normand Guilbeault à la basse, les deux musiciens étiquetés «actualistes» forment un trio culte du jazz à Montréal, avec raison. Guilbeault est plus facilement associé à la scène jazz, bien qu’il aime faire des détours par d’autres musiques, traditionnelles ou actuelles, ou accompagner le chanteur Richard Desjardins.

    10 compositions de Jean Derome, réunit des pièces que le trio a progressivement intégrces à son répertoire constitué aussi de morceaux d’Ellington, de Mingus, comme de Lee Konitz. Ludique et enjouée, cette musique se laisse d’abord entendre comme un jazz plus conventionnel, mais dangereusement imprégné de l’esprit tordu de ses créateurs. Sobre, mais généreux, le trio nous entraîne dans les contrées du swing, là où le plaisir est contagieux. Les trois instrumentistes font encore une fois preuve de leur grande subtilité, se jouant sans cesse des dynamiques et des timbres dans la prétendue linéarité du jazz qui coule légèrement. Derome, en avant, est irréprochable; jouant sax baryton et flûte, c’est à l’alto qu’il se montre le plus convaincant. Son jeu, à la fois sensible et calculé, mesure l’excès et dose ses effets comme jamais, évoquant tantôt Sonny Rollins par son emphase rythmique, tantôt Ornette ou Dolphy, mais conservant avant tout ses caractéristiques propres. Sachant contrôler parfaitement les inflexions de son instrument sans jamais chercher à en mettre plein la vue, Derome est fascinant, drôle et touchant tout au long de l’enregistrement. Derrière ce souffle de fraîcheur, la batterie de Tanguay, comme toujours, répand la joie et la liberté avec une désinvolture et une musicalité unique pendant que Guilbeault tient la barre et parfume le tout d’une rondeur qui voudrait nous faire croire que tout arrive si facilement. Disque de maturité pour trois musiciens exceptionnels, 10 compositions est un grand disque de jazz. Tout sauf conventionnel, en fait.

    Prairie orange, Joane Hétu, Diane Labrosse, Les Poules, Danielle Palardy Roger in Signal to Noise

    “Review”, Cristin Miller, Signal to Noise, no. 34, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    The 19th annual Seattle Improvised Music Festival took place this winter over two week-ends in Febuary. This year brought a turning point for the festival, as the long-term orginizers turned over the reins to musicians newly very active in the scene, all of whom are directly or indirectly affialited with Open Music Workshop. Open Music Workshop (or OMW) is a relatively young entity, less than two years old, but has constitued something like a second wave in the improvised music scene in Seattle. This shift in leadership was reflected in the shape of the festival this year, which cast a wider net and included a broader range of approaches to music making.

    The next weekend I also managed to catch Les Poules (Montréal) at Consolodated Works, a large warehouse-like art gallery and performance space. Les Poules have beon playing together for over a decade, and every passing minute of their long history and musical intimacy. Joane Hétu (vocals, alto sax) staked out a minimalist territory of voiceless fricatives and static noises, which she mined over the course of the performance. Diane Labrosse (electronics) explored a similarly focused territory, while Danielle Palardy Roger’s percussion poured out speechlike with orchestraly various gestures accumulating over time into a complex field. A drama of highly attuned listening slowly emerged full of simultaneous starts, frequent finishing of each others’ sentences, and sudden collective laughter. Occasionally, certain silences were allowed to move with grace to the center of the circle.

    A drama of highly attuned listening slowly emerged full of simultaneous starts, frequent finishing of each others’ sentences, and sudden collective laughter.

    The Unexpected One in AllMusic

    “Review”, François Couture, AllMusic, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    A cross-continental meeting between two guitarists and two drummers, The Unexpected One is a studio document of a too rare intermingling between the Montréal and Vancouver free improv scenes. From the Eastern metropolis, we have two of Ambiances Magnétiques household names of late, guitarist Bernard Falaise (Klaxon Gueule, Miriodor) and drummer Pierre Tanguay (a regular sideman of Jean Derome and René Lussier. Joining them in Vancouver are guitarist Ron Samworth (Talking Pictures, NOW Orchestra) and drummer Dylan van der Schyff (also Talking Pictures, Peggy Lee Band). The group doesn’t work as a “double duo” but as a fully-integrated unit, even though there are episodes of various guitars/drums and Western/Eastern groupings. The session is spirited, talkative and occasionally raucous (Falaise and Samworth both have rock music experience and a tendency to foray into avant-rock electric guitar sounds). There is also plenty of pensive moments, like the last half of Cinq Six Boîtes de Tomates Vertes and the middle part of Pink Crimson, an 18-minute epic ending with an improvised quasi-progressive rock motif. The best moments of the set are found in It Was Nice!, Oh My! and Corned Oliphant, all featuring thrilling interplay and ear-grabbing dynamic shifts. Falaise’s use of a volume pedal, pitch shifter and looping device provide an eery, slightly Frippian mood, while the complementary percussive approaches of Tanguay and van der Schyff (and their close center-left/center-right positioning) give the illusion of listening to a single, extremely versatile drummer. This is a very satisfying studio session from a group showing lots of promise as a stable unit.

    This is a very satisfying studio session from a group showing lots of promise as a stable unit.

    Studio — Analogique — Numérique in Revue & Corrigée

    “Critique”, Michel Henritzi, Revue & Corrigée, no. 60, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    Trois mini-cds emballés dans une petite boîte ouatée, enregistrement studio de 2 turntabilists iconoclastes, Martin Tétreault et Otomo Yoshihide, remixés avec l’outil numérique par Otomo, l’autre façon analogique à l’aide de magnétophones à bande) par Tétreault. Ce qui pourrait sembler un disque de plus de platiniste s’avére une expérience étonnante du coté du jeu instrumental et de l’abstraction noise. One, two, three, four! Pur moment de rock’n’roll balancé par les deux platines aveugles, rythmique binaire d’un ploc vinylique boiteux, feedback confondant des têtes de lectures rayant la surface de notre ouïe. La deuxième pièce va se promener du côté des infra-basses et travailler nos fondements. Suivent deux improvisations faites ds scratches suraigus, d’accidents soniques, de buzz et de feedbacks, conduisant leur set à une abstraction radicale, mais là presque plus normal chez les improvisateurs. Aucune citation jouée, Otomo en a fait une règle, sans doute aucun disque non plus, si ce n’est les seules fins de sillons, le vinyle pur scarifié par les têtes de lecture. Concept sauvage asséné à coups de marteaux, platines et surfaces vinyliques malmenées, comme la mise en scène de la théorie du chaos. On entendrait presque leur jubilation d’iconoclastes libertaires à foutre en l’air les appareillages de la répétition et de la reproduction. Le bruit serait le rire de la musique et le leur.

    Analog remix. Défilement speedé des bandes voulant l’accident, Tétreault en coureur de fond, scratchant les bandes comme ses vinyles, poussant les manettes à fond, avec l’angoisse que la bande se déchire dans une telle accélération. La matière enregistrée était déjà pas mal abstraite, ce nouveau passage dans ce qui s’apparente à une machinerie roussélienne grandit l’énigme.

    Digital remix. Otomo a une capacité à retourner les usages et les attentes inouïe. Là où l’on pouvait s’attendre à une suite de clicks et cuts glissants l’un sur l’autre, il balance dans une arythmie de taulier des sons percussifs brutaux (on songe à Einsturzonde Neubauten des débuts), des débordements sales de craquements et des fréquences aiguës extrêmes, comme s’il choisissait d’opposer à la propreté informatique un son trivial, un son authentique, donc sale. Renvoyant toute la laptop music au rayon de la prophylaxie new age. Difficile d’y entendre un son électronique, méme un sample, c’est un enregistrement qui est remonté, mixé, façon analogique qu’on prend dans l’écoute, un truc qui a des aspérités, un grain concret. On va jusqu’à redessiner des gestes qui pourtant n’ont pas eu lieu tellement son approche est confondante. Une belle leçon de remix.

    Une belle leçon de remix.

    Sang 9, Carré de sable, La boulezaille in Revue & Corrigée

    “Critique”, Pierre Durr, Revue & Corrigée, no. 60, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    Pendant ses vingt premières années d’existence, le collectif éditait principalement les réalisations de ses membres, à la rigueur celles de certains de leurs collaborateurs occasionnels. Ce n’est qu’au tournant du millénalre que peu à peu Ambiances Magnétiques décida d’ouvrir son catalogue à de nouvelles entités. C’est ainsi que l’auditeur découvrit peu à peu des musiciens tels que Mirko Sabatini, Bull/Heikalo, des formations comme Zucchini, certains déjà présents sur d’autres labels peu distribués (Sylvie Chénard, Lee Pui Ming, Lori Freedman…).

    Plutôt que de sortir une énième compilation des œuvres plus ou moins inédites des artistes «maison», la dernière compilation s’attache donc, tout normalement, à faire découvrir un aspect du foisonnement musical de la province francophone. Probablement pas exhaustif, Sang 9 rassemble une vingtaine de formations qui émargent aux musiques divergentes. La dominante semble être le style proche des duos ou trios de musiques improvisées bruitistes, inspirées des Granules, par exemple (Pascal Desjardins & Frédéric Léonard) ou des bidouillages à la Tétreault (Face dans l’dash). Quelques formations utilisent toutefois des phrasés d’essence plus jazz (Torngat, Malarafe)…

    Mais l’écoute d’une seule traite de l’ensemble des titres ne permet pas — c’est le lot de la plupart des compilations — d’entrer pleinement dans l’univers respectif de chaque proposition et l’auditeur, selon son état d’esprit du moment, ne retiendra qu’une ou deux propositions qui d’emblée le feront réagir. Je citerai personnellement In Vitro pour ses sonorités d’harmonica traitées, créant une atmosphére quelque peu étrange ou encore le duo Cléo Palacio Quintin & Pascal Boudreault, avec leur radioglyphe et les sons de flûte transformés par l’ordinateur.

    Sang 9 reste cependant un témoignage intéressant de la relève (générationnelle?) qui s’opére autour de Montréal.

    Ambiances Magnétiques consacrent justement une de ses récentes productions à un musicien présent sur Sang 9. Guido Del Fabbro y apparaissait au sein de Concorde Crash. Carré de sable est une œuvre soliste dans laquelle le traval du violon est confronté à divers instruments, genre tourne-disque ou machine à café. Le bidouillage y est la règle à travers raclement de cordes et autres bruitages plus ou moins percussifs, mais non exclusivement, certains titres, courts, offrant une sorte de respiration mélodique. Les pièces les plus intéressantes sont toutefois celles qui combinent les deux approches, telle «Drimarni» dans laquelle émarge l’un des deux invités Pierre Emmanuel Poizat à la clarinette basse ou dans les derniers titres aux couches sonores plus denses. Carré de sable se révéle intéressant en particulier pour le savoir-faire de Guido Del Fabbro, qui mêle adroitement un aspect ludique — le côté bac à sable? — et une volonté créatrice.

    Pierre Tanguay est lui devenu un pilier du collectif. Sa batterie, ses percussions donnent la réplique à Jean Derome (Plinc! Plonc!) ou à Lussier {les deux volets de La vie qui bat), sans oubiler son délicieux et pétillant album solo, La musique de mon disque. En s’associant dans La boulezaille au souffleur Pierre Langevin (clarinette, flûte, cornemuse, chalumeau, chifonie(?)…), que l’on a pu découvrir aux côtés de René Lussier dans Tabula Rasa (La Tribu Trib21570), il renouvelle une approche intégrant la diversité de son inspiration. Cette propension à marier divers styles trouve un partenaire idéal en Pierre Langevin, lequel passe allégrement d’un contexte folk à un travail plus expérimental de ses instruments.

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