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  • 20h17 rue Darling in Le Journal de Montréal

    “Critique”, Le Journal de Montréal, April 26, 2003
    Saturday, April 26, 2003 Press

    Compositeur et musicien discret, Robert Marcel Lepage est de la trempe des alchimistes. Seul dans son studio, mais la tête pleine d’idées, il «concocte» depuis plus de vingt ans des musiques de films tout aussi belles les unes que les autres. De La plante humaine a Full Blast en passant par Callas: la diva et le vinyle, il a su donner à ces courts et moyens métrages un son et une musique essentielle. 20hl7, rue Darling, qui court sur nos écrans avec en vedette Luc Picard, ne fait pas exception a la règle. La musique est sombre, envoutante et touchante, surtout quand le pianiste Richard Raymond fait son apparition dans la Sonate pour piano et violon no 7 ainsi que, dans la Sonate pour piano no 21 de Beethoven. Absolument remarquable! 5/5

    Un moment de bonheur in La Presse

    “Un peu moins de mordant sur disque que sur scène”, Alain Brunet, La Presse, April 19, 2003
    Saturday, April 19, 2003 Press

    L’économie de la musique actuelle étant ce qu’elle est, la rencontre du Québécois Jean Derome (flûtes, sax alto, guimbarde) et du Français Louis Sclavis (clarinettes, sax soprano, objets) ne pouvait être cogitée et répétée pendant des mois. Deux compositeurs majeurs et grands improvisateurs allaient donc mettre en commun des canevas épurés, plutôt simples, question de laisser libre cours à l’improvisation ici et maintenant. Je me souviens d’avoir assisté à un concert excellent, en mai 2002. La réécoute de ce concert sur disque, toutefois, ne me fait pas passer le même moment de bonheur, pour reprendre le titre de cet album qui résume la soirée. Tout à fait valable au demeurant, ce disque témoigne certes d’une rencontre qui prouve toutes ses qualités lorsqu’on est sur place, suspendu aux notes de ces virtuoses qui s’époumonent pour un auditoire aussi enthousiaste qu’averti. Or, sur disque, il arrive si souvent que ces rencontres free perdent de leur mordant, question de production et de… Faut-il croire que l’improvisation libre est aussi un art visuel? Un geste théâtral? J’ai parfois l’impression que si.

    … suspendu aux notes de ces virtuoses qui s’époumonent pour un auditoire aussi enthousiaste qu’averti.

    Montréal Free in Ici Montréal

    “Compact!”, François Couture, Ici Montréal, April 10, 2003
    Thursday, April 10, 2003 Press

    Depuis son ouverture en 2000, la Casa del Popolo donne aux artistes d’ici la chance d’expérimenter. Un laboratoire en quelque sorte, il s’y fomente une nouvelle musique improvisée aux caractères encore mouvants mais fortement montréalais: ce n’est pas Chicago, Londres ou New York. Malgré la vivacité de cette nouvelle culture, les documents sur disque demeurent trop rares. L’étiquette No Type a décidé de combler le manque avec ce coffret de quatre disques. Il ne s’agit pas d’une compilation, mais plutôt du regroupement stratégique de quatre nouveaux albums par autant de formations. La guitare électrique domine, les électroniques sont absentes et au centre de ce cortège on trouve le guitariste Sam Shalabi. Avec le saxophoniste Philémon, il forme le duo ’Gypt Gore, dont la musique a le tonus de la Fire Music afro-américaine. Avec Rainer Wiens (guitare), Alexandre St-Onge (contrebasse) et John Heward (batterie), il adopte le nom de Po et une attitude plus londonnienne, bien que métissée avec le rock improvisé américain et un quelque chose de «cheu nous» dans l’ambiguïté des échanges. Shalabi et Philémon réapparaissent au sein du sextuor Balai mécanique, avec Thierry Amar (Godspeed…), Will Glass, Jacques Gravel et Jesse Levine, pour une séance excessive et follement désordonnée. Un trio beaucoup plus nuancé du guitariste Chris Burns avec le bassiste Nicolas Caloia et Heward complète la matière de ce superbe coffret, que dis-je? de ce Nouveau Testament! Espérons que ceci saura évangéliser les amateurs d’impro libre d’ici et d’ailleurs. 9/10

    … de ce superbe coffret, que dis-je? de ce Nouveau Testament!
    9

    20h17 rue Darling in Voir

    “Disques”, Réjean Beaucage, Voir, no. 837, April 10, 2003
    Thursday, April 10, 2003 Press

    Lepage est un compositeur très éclectique, un touche-à-tout de génie dont on reconnaît habituellement tout de suite l’empreinte stylistique, que sa musique soit expérimentale (avec René Lussier ou Martin Tétreault, par exemple), rock ou médiévale. Ici, pourtant, le compositeur s’efface un peu pour se laisser emporter par la musique de Beethoven, à travers quelques extraits d’œuvres du maître (principalement le Trio no 5, bizarrement appelé ici «en mi bémol», alors qu’il est en ré…), qui conditionnent ses propres compositions. Beaucoup plus qu’une simple «bande originale du film», le disque est plutôt un petit film sonore narré par Gérard (Luc Picard), dont le monologue intérieur ponctue l’ensemble entre les très belles mélodies mélancoliques et graves de Lepage. 4/5

    … le disque est plutôt un petit film sonore…

    All Is Bright, But It Is Not Day in KindaMuzik

    “Kritiek”, Bas Ickenroth, KindaMuzik, April 8, 2003
    Tuesday, April 8, 2003 Press

    2003 het jaar van Fred Frith? Het lijkt er wel een beetje op. De avantgarde gitarist laat dit jaar het een en ander van zich horen: in de laatstwe week van vorige maand waren er uitvoeringen van zijn gecomponeerde stukken door het ASKO ensemble in Amsterdam en Rotterdam, in mei zal dit zich herhalen in Victoriaville, op het Hollandfestival in juni zal hij verscheidene composoties met orkest ten gehore brengen, en hij zal samen met o.a. John Zorn optreden in een hoogst unieke reunie samenstelling van het legendarische Naked City. En nu dus All is bright, but it is not day op het befaamde Ambiances Magnétiques label van Joane Hétu. Samen met freejazz duo Derome en Tanguay, en ‘real-time sound manipulator’ Myles Boisen, heeft hij de plaat vol geïmproviseerd. Met freejazz heeft het echter nagenoeg niets te maken. De heren zijn hoorbaar van alle markten thuis, maar verkiezen sfeer en instant-compositie boven vrije instrumentale expressie. Met een gedrevenheid en intensiteit die af en toe doet denken aan Frith’s impro-noiserock band Massacre (samen met Bill Laswell en This Heat-drummer Charles Hayward) rocken de mannen zich door het afwissellende materiaal dat de ene keer bijna meditatief van aard is en het volgende moment lekker hard kan blazen. De elektrische gitaar van Frith lijkt de voornaamste geluidsbron, maar vergeet niet al die bizarre blaasinstrumenten van Derome! De man kent zijn objecten door en door, en is in al zijn subtiliteit behoorlijk virtuoos. Tanguay slaat op alles wat los en vast zit, en laat zijn percussie perfect aansluiten bij de andere muzikanten. Het is echter geluidsmanipulator Boisen die voor de spreekwoordelijke krenten in de pap zorgt. Hij laat het complete groepsgeluid door filters en effecten gaan, versterkt het ene en verminderd het andere, en laat daardoor een compleet ander, en redelijk psychedelisch, geluidsbeeld ontstaan dan je op basis van vrije improvisatie zou verwachten. Indrukwekkend plaatje.

    Ensemble SuperMusique (ESM) in Ici Montréal

    “Joane Hétu là”, François Couture, Ici Montréal, April 6, 2003
    Sunday, April 6, 2003 Press

    Si Joane Hétu est demeurée plutôt discrète ces derniers temps, c’est que les festivités entourant le 10e anniversaire de sa compagnie de disques DAME l’ont tenue occupée au cours de la saison 2001-2002. Elle revient maintenant en force avec Nouvelle musique d’hiver, une œuvre qui sera présentée lors du premier Festival Montréal/nouvelles musiques. «J’avais envie de présenter une pièce intègrant les instruments acoustiques et électriques, ce qui est une grande caractéristique des musiques actuelles», explique la formidable touche-à-tout. C’est une des raisons pour lesquelles elle a écrit ce nouveau cycle, car Musique d’hiver (l’originale) est de nature très acoustique.

    Cette première mouture remonte au début de l’an 2000, moment où elle a été présentée devant public et enregistrée. Évocation de l’hiver québécois en quatre tableaux, Musique d’hiver repose sur un matériel mélodique à tendance minimaliste, appuyé par des éléments bruitistes. Le nouveau cycle conserve la même structure et le même sujet; pour le reste… «C’est exactement l’inverse, souligne Joane Hétu. La base de la pièce tient sur une structure d’intervention à caractère bruitiste à laquelle parfois s’ajoutent des thèmes musicaux, ou plutôt des interventions tonales.»

    Pour l’exécution, Joane Hétu s’est tournée vers l’Ensemble SuperMusique, un groupe à géométrie variable composé de membres de l’écurie Productions SuperMusique. «Jamais ma musique n’a été jouée par un grand ensemble!» s’exclame la joviale dame de DAME. Ils seront sept: Martin Tétreault, Lori Freedman, Guillaume Dostaler, Diane Labrosse, Pierre Tanguay, Joane et son conjoint Jean Derome. Mais… ces quatre derniers ne formaient-ils pas déjà le groupe Castor et Compagnie il y a dix ans? «Faut croire que je trouve qu’ils rendent bien ma musique… Je suis de tempérament fidèle. Vingt ans avec le même homme, quinze ans dans la même maison et mon signe chinois est le Chien: rien de plus fidèle!»

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