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  • Bozzini Quartet in La Scena Musicale

    “Voyages Dublin-Montréal”, Dominique Olivier, La Scena Musicale, no. 7:6, March 1, 2002
    Friday, March 1, 2002 Press

    Les Concerts M, très actifs ces temps-ci, offrent en mars un événement-échange très stimulant avec des musiciens d’Irlande. Les concerts Voyages Dublin-Montréal seront présentés du 12 au 16 mars à la Salle Oscar-Peterson de l’Université Concordia. Au programme, il y aura quatre concerts (dont un électroacoustique, en collaboration avec Réseaux), une vingtaine de compositeurs, plus de 25 œuvres, dont une dizaine de créations et plusieurs premières montréalaises, 6 conférences… Le 13, le Quatuor Bozzini interprétera des pièces des Montréalais Scott Godin, Jean-François Laporte et Jean Lesage et des Dublinois Gerald Barry, Raymond Deane et Barbara Ellison; le 14, le concert électro nous fera à son tour voyager entre les deux villes, avec des œuvres des Montréalais Robert Normandeau et René Lussier (sa Chronique irlandaise) et des Irlandais Roger Doyle et Conor Curran. L’Ensemble Crash, de Dublin, rendra la pareille au Quatuor Bozzini en jouant les Montréalais Michel Frigon, Michel Gonneville et Marie Pelletier avec, également, des œuvres de compositeurs dublinois. Cette semaine d’activités se terminera par un concert conjoint de l’Ensemble Bradyworks (l’autre entité des Concerts M, avec le Quatuor Bozzini) et Vox 21 (de Dublin), où l’on entendra des pièces de Frédéric Roverselli, Ana Sokolović, Tim Brady et Ben Dwyer. Les liens qui unissent les deux villes sont de plusieurs ordres, que l’on pense à la situation politique, économique, aux problèmes d’identité culturelle et à la présence de compositeurs pionniers. Ce programme d’échanges institué par les Concerts M se poursuivra donc et amènera nos musiciens en Irlande à l’automne 2003, pour la reprise de l’événement. On ne peut qu’applaudir l’initiative de cette société de concerts qui donne un nouveau souffle au milieu de la musique contemporaine par son énergie, par l’audace de ses projets et par son ouverture à des répertoires variés.

    Joane Hétu, Ambiances Magnétiques in SOCAN — Paroles & Musique

    “D’un avant garde à l’autre”, Nicolas Houle, SOCAN — Paroles & Musique, no. 9:1, March 1, 2002
    Friday, March 1, 2002 Press

    Au début des années 80, un groupuscule de musiciens travaillait d’arrache-pied en vue de doter le Québec d’une avant-garde musicale qui lui serait propre. Improvisations pures et dures, expérimentations bruitistes, ses créations, sises quelque part entre musique contemporaine et free jazz, en effrayaient plus d’un.

    Vingt ans plus tard, la scène de ce qu’on appelle désormais la musique actuelle a considérablement évolué. Se donnant des moyens à la hauteur de leurs ambitions, les Jean Derome, René Lussler, Pierre Tanguay et consorts ont fait connaître leurs musiques bien au-delà du Québec, acquérant au passage une réputation des plus enviables.

    Les rouages du genre Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) est l’un des moteurs importants du développement de l’avant-garde québécoise. Créé en 1983, il a été — et demeure toujours — une vitrine internationale pour les musiciens, en plus d’être la pierre d’assise du genre grâce à la tradition qu’il a su instaurer. Cela tient beaucoup à la vision du directeur artistique et fondateur du festival, Michel Levasseur, pour qui tradition et avant-garde n’ont rien d’antinomique: «Je ne crois pas au rejet de la tradition ou des anciennes valeurs, on construit toujours à partir de quelque chose, explique-t-il. À Victo, on a cette préoccupation-là depuis les débuts, on a commencé par inviter les anciens comme Sun Ra et Terry Riley pour ensuite établir un lien avec des musiciens de tous les pays.»

    Outre le FIMAV, le milieu a su se doter d’infrastructures particulièrement efficaces afin de permettre aux musiciens de diffuser leurs créations malgré leur peu de moyens. C’est ainsi que divers labels comme le vétéran Ambiances magnétiques ou le récent Alien 8 sont nés, que la compagnie de production Supermémé-Supermusique a vu le jour, ainsi que la compagnie de distribution DAME, qui assure la production, la promotion et la diffusion internationale des diverses étiquettes qu’elle chapeaute.

    «Je soutiens autant les bons coups que les mauvais coups, indique la musicienne Joane Hétu, qui est à la tête de DAME depuis sa création, ii y a 10 ans. Mon but n’est pas mercantile, je bâtis une collection de disques. La dernière parution m’intéresse, mais je garde actif dans mon catalogue celui que l’artiste a sorti il y a 10 ans, car si je ne le fais pas, c’est fini et on passe ça dans le broyeur de l’oubli. Et comme c’est de l’avant-garde, il faut voir ça à long terme: le disque que je sors présentement, je n’en vendrai presque pas. Je vais en vendre dans trois ou cinq ans.»

    Un public grandissant Avec les années, il semble que la musique actueile effarouche moins les gens. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à s’intéresser au genre et les albums des artistes de l’avant-garde québécoise, qui ne s’écoulaient naguère qu’à l’étranger, se vendent beaucoup mieux au Québec. Même un dialogue s’instaure entre les diverses scènes: on a récemment vu le guitariste Bernard Falalse (Minodor, Klaxon Gueule) travailler auprès de Marie-Jo Thério, tandis que René Lussier faisait paraître son album Tombola Rasa sur une étiquette grand public (La Tribu).

    Les Québécois s’intèresseraient-ils davantage à l’avant-garde? «C’est indéniable, croit Joane Hétu. Les choses que l’on pouvait faire dans les années 80 et qui pouvaient passer pour des choses incroyables comme mettre une cymbale à l’envers ou mettre une voix dans un mégaphone, on retrouve ça partout dans la pop d’aujourd’hui. L’oreille bouge, les gens bougent et les gens s’habituent à ces sonorités là. L’avant-garde est toujours récupérée.»

    Cette récupération de l’avant-garde et de divers éléments de la musique actuelle cause bien des maux de têtes à certains artistes qui s’interrogent à savoir s’ils sont en train de se faire dépasser par la présente vague de musique électronique. Crainte non fondée selon Michel Levasseur: «Il y a présentement une tendance à valoriser la nouvelle technologie qui, d’après moi, est erronée, explique-t-il. Car en bout de ligne on parle de musique et de sons, et pour moi la source sonore n’est pas si importante que ça. On peut atteindre l’extase du son par n’importe quelle sorte de moyen, que ce soit par une instrumentation dite conventionnelle ou non.

    Une relève en parfalte santé

    En plus de son public qui va grandissant, le milieu de la musique d’avant-garde compte un bassin de musiciens de plus en plus important. Provenant d’horizons aussi divers que le jazz, le postrock ou la musique électronique, ils sont nombreux à suivre les voies tracées par les Robert Marcel Lepage, Diane Labrosse, et Jean Derome et même à collaborer avec eux, qu’il s’agisse d’Alexandre St-Onge, de Dave Kristian ou de la formation Interférence Sardines. La prochaine édition du FIMAV, qui se déroulera du 16 au 20 mai, devrait d’ailleurs en témoigner avec éloquence.

    Selon l’auteur-compositeur et guitariste Sam Shalabl (Shalabi effect, Detention), l’une des figures de proue de la relève, l’effervescence que l’on trouve dans le milieu s’explique en partie par l’esprit d’équipe qui y règne: «Le dialogue entre les différentes générations de musiciens est excellent et ce qu’il y a de nouveau, c’est l’éclatement du cloisonnement de la langue et de la culture. Les scènes anglophone et francophone ne se mélangeaient pas avant et depuis quatre-cinq ans ça semble vraiment changer.»

    Malgré un creux de vague du côté de la diffusion et des tournées à l’étranger, il apparaît indéniable que la musique actuelle québécoise est en excellente santé et que les conjonctures actuelles laissent présager un avenir des plus prometteurs. Shalabi, qui a quitté l’Île-du-Prince-Édouard il y a dix ans pour s’installer à Montréal ne cache pas son optimisme: «Quand je suis arrivé à Montréal, il ne semblait pas y avoir tellement de musiciens et de gens qui s’intéressaient à cette musique, mais depuis, il y a vraiment eu un boom. Je crois que ça va continuer à être en santé, car beaucoup de ces jeunes musiciens apportent quelque chose de neuf à cette scène et à cette pratique musicale. Je crois que ça n’ira que mieux, peut être pas sur le plan monétaire, mais sur le plan créatif, assurément!»

    Improvisations pures et dures, expérimentations bruitistes…

    Ensemble SuperMusique (ESM) in La Scena Musicale

    “Canot-Camping”, Dominique Olivier, La Scena Musicale, no. 7:6, March 1, 2002
    Friday, March 1, 2002 Press

    L’«instrumentiste-compositeur-chef d’orchestre-improvisateur» Jean Derome nous a habitués à des événements musicaux inusités, et, surtout uniques, débordants d’imagination et de surprises. Mettant à profit l’art du compositeur, la personnalité des musiciens qui l’accompagnent dans ses expérimentations, les aléas du hasard et bien d’autres choses encore, Derome, récipiendaire du Prix Opus 2001 «Rayonnement à l’étranger», nous invite cette fois à une expédition (ou plutôt à deux) en canot-camping.

    Présenté à la Cinquième salle de la Place des Arts et produit par SuperMémé, Canot-camping, Expéditions 5 et 6 nous invite à partager un voyage à l’itinéraire imprévisible et soumis aux intempéries avec musiciens improvisateurs membres de l’Ensemble SuperMusique. Les 13 et 14 mars, Jean Derome et ses accompagnateurs parcourront un «réseau de pièces» appelé Canot-camping et que son créateur accepte (un peu malgré lui) de comparer à une courtepointe aux morceaux de dimensions variables. «Il s’agit en fait de plusieurs pièces reliées. Chacune est appelée par une série de gestes qui annoncent les éléments à venir, les sections libres ou la continuation d’une même action. Chaque fois que j’ai repris Canot-camping, l’itinéraire a été différent. Je fais moi-même du canot dans une immense réserve, le parc de La Vérendrye. Il est impossible de tout visiter en une fois. Dans nos expéditions musicales, le pourcentage d’improvisation est à peu près le même que dans un voyage. Ça permet de ne pas rester pris dans une pièce fermée (à comprendre dans les deux sens du terme…)».

    «Faire quelque chose d’aussi ouvert avec 11 instrumentistes n’est pas de tout repos, souligne Jean Derome. Il est difficile, lorsque la polyphonie devient très complexe, de suivre les mouveménts de chaque musicien. Dans un orchestre symphonique, les musiciens sont nombreux à jouer la même ligne. Ici, la grande complexité ne permet pas toujours d’analyser ce que les autres font. La pièce balise un peu le travail et façonne ce qui se passe». Pour ce faire, Derome et ses complices ont conçu un système de signes, inspirés à la fois du langage de l’improvisation et de celui des sourds-muets. Ce système compte maintenant plus de 60 signes. «Nous avons passé bien des répétitions à simplement apprendre les signes. Maintenant, je peux faire des choses assez intéressantes: m’adresser aux musiciens avec des consignes sur le temps, les pulsations, enfin des choses relativement précises. Ça n’est pas encore suffisamment précis à mon goût, mais nous continuons à développer le système pour qu’il s’accorde à nos besoins.»

    Dans ce contexte, Jean Derome assume plus que jamais le rôle de chef d’orchestre, tout en restant un des acteurs sonores importants de l’expédition. «En général, j’essaie de faire des choses qui se passent de chef, parce que j’accepte très difficilement de tourner le dos au public. Dans Canot-camping, je suis un des joueurs, mais je consacre aussi beaucoup de temps à donner les consignes aux autres musiciens.»

    Sa quatrième version est celle qui a le plus fait évoluer Canot-camping (après une première dans le cadre d’une Exposition de musique au Théâtre de la Chapelle, une deuxième, au Festival de musique actuelle de Victoriaville et une troisième, au Festival de jazz d’Ottawa). Canot-camping, Expédition 4, le 100e disque à paraître sous étiquette Ambiances Magnétiques, sera lancé dans le cadre des concerts Expéditions 5 et 6. «Nous avons accompli en studio un vrai travail de fond», précise Jean Derome, ce qui a fait considérablement évoluer notre musique. «C’est pour moi une approche beaucoup plus abstraite qu’avec les autres productions que j’ai réalisées: il y a eu une recherche profonde sur les textures, les rythmes, le côté aquatique des sonorités et du déroulement. Après Expédition 4, je voulais abandonner le projet. J’étais donc très content que SuperMémé veuille le produire.» Peu optimiste sur l’avenir de Canot-camping en tournée, Jean Derome, à nouveau très motivé par la nouvelle existence de la pièce, rêve maintenant de poursuivre le projet… sur disque. Alors, à bientôt, peut-être, pour d’autres expéditions sonores.

    Joue Free in Splendid E-Zine

    “Review”, Ron Davies, Splendid E-Zine, February 27, 2002
    Wednesday, February 27, 2002 Press

    This Canadian trio’s offering is an intensely interesting jazz exploration of clarinetist Jimmie Giuffre’s catalog. Giuffre made his name in the sixties with “chamber jazz”, a style of highly improvisational jazz that draws heavily from neo-classical traditions in both instrumentation and tonality. The trio consists of Bernard Falaise (electric guitar), Normand Guilbeault (contrabass) and Robert Marcel Lepage (clarinet), and the six pieces included here find all three musicians providing pensive explorations of their instruments. Joue Free may be disturbing to some listeners — not so much due to the wild tempos and dissonant clashes of free jazz, as the bone-chilling clarinet runs provided by Lepage, and the shivering chords the members create together. The effect is much like staring into the depths of a placid lake and having a vague notion of the beasts populating its murky depths; there’s the sudden flash when you realize that one of them could rear out of the water and grab you at any moment, but you can’t help watching for a little bit longer. This may not be some people’s cup of tea, but I find it fascinating.

    … an intensely interesting jazz exploration of clarinetist Jimmie Giuffre’s catalog

    Who’s Playing in Eye

    “Music”, Kevin Hainey, Eye, February 21, 2002
    Thursday, February 21, 2002 Press

    Lee Pui Ming moulds piano and vocal into a gleeful avant-garde concoction that is all her own. She playfully dances upon her keys, strings, framework and octaves with the bombastic grace of a slam-dancer in a rodeo. Sometimes perplexing and always intriguing, her style exudes an exhilarated and innocent freedom that makes it unique, an elegant simplicity hidden within complex expressive release that isn’t oblivious but natural. Ming’s energetic spontaneity (surely a sight when she’s performing live) is Who’s Playing?’s forte, though it often threatens to drown the end results in exuberance. What might benefit Ming is a little more restraint to emphasize her mastery and control of the boxed cables.

    Lee Pui Ming moulds piano and vocal into a gleeful avant-garde concoction that is all her own.

    Le magasin de tissu, Polaroïde in Vital

    “Review”, Dolf Mulder, Vital, no. 313, February 20, 2002
    Wednesday, February 20, 2002 Press

    Two new cds from two reputated canadian musicians. Both are successfull in adding new aspects to their already considerable volume of work. André Duchesne surprises with a trio with Pierre Tanguay on drums and Jean René on alto violin. Duchesne plays classical guitar as he did on his solo effort Réflexions releasesed in 1999. Like Duchesne (Conventum, Les 4 gutiaristes de l’Apocalypso Bar, Locomotive) Pierre Tanguay is known from many other Ambiances Magnétiques releases. In 2000 Tanguay delivered his first and very tasteful La Musique de mon Disque. For Jean René it is his first appearance on this label. He studied composition and conducting and became solo violist for the Orchestre Métropolitain in 1991. He is active in a number of chamber music groups and is interested in the new music, both written and improvised. So this trio must be an interesting context for him, as the music is all about modern chamber music and improvisation. In the older work of Duchesne rock was never far away. In this new work on the other hand he moves away from music that is in one way or the other related to rock. With Polaroïde we enter into the world of modern chamber music. Concentrated and complex music. Igor Stravinsky is somewhere in the neighboorhood. René is very prominent on this cd. He is a very sensible violist and it is a joy to listen to him.

    Jean Derome tells us that he “always has been fascinated by catalogues, lists and dictionaries. They are our somewhat naive attempts to conquer the diversity and complexity of the world around us.” How shall I order my collection of stamps? Land by land, birds by birds, etc.? This are superficial but maybe relevant criteria to bring order into a diversity. From this fascination originated his new cd Le magasin de tissu (The Fabric Shop). He recorded 69 short improvised pieces. Each piece has one instrument. He uses reeds, flutes and all kinds of percussive instruments and objects. It is a catalogue — not exhaustive — of the instruments and sounds Derome makes use of in his music. All pieces last about 69 seconds. In between the pieces they are 13 seconds of silence. After compiling this catalogue of 69 soundpieces he put them in some order in the following way. The pieces were distributed on three different cds. So each one has 23 tracks. Derome played these three cds simultaneously in shuffle mode and re-recorded the result. That is what we have in our hands. So it is one of many possible worlds. Is it the best of all possible worlds…? Composed as it is in a very extrinsic way. A naive attempt to compose music…? “This project was designed to allow chance to show its beauty” Derome concludes…

    … successfull in adding new aspects to their already considerable volume of work.
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