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  • Ensemble SuperMusique (ESM) in Le Journal de Montréal

    “Du canot-camping au centre-ville”, Patrick Gauthier, Le Journal de Montréal, March 15, 2002
    Friday, March 15, 2002 Press

    Pendant que les skieurs pensaient avec tristesse à la fin d’un hiver qui n’a jamais débuté, Jean Derome célébrait déjà le printemps avec sa sixième expédition de Canot-Camping, à la Cinquiéme Salle de la PdA.

    Canot-Camping? De l’exploration sonore, oui. Se guidant sur un canevas plutôt permissif, Derome dirige dix musiciens, des défricheurs étoiles, il va s’en dire, qui répondent au chef de l’expédition au doigt et-à l’œil. Littéralement.

    On ne sait plus trop si ce qu’on entend est encore de la musique, mais on est drôlement impressionné par la performance de Jean Derome et l’Ensemble SuperMusique.Si Dubmatique respecte trop les règles, Derome, lui, les repousse d’un couinement de saxophone.

    Canot-camping, expédition 4 in Ici Montréal

    “Compact!”, Catherine Perrey, Ici Montréal, March 14, 2002
    Thursday, March 14, 2002 Press

    Cette expédition 4 est à parcourir d’une traite. Une musique d’ensemble, interprétee par dix instrumentistes, et, comme c’est toujours le cas avec Jean Derome, une musique dessinée sur mesure. Les amateurs en conviendront, les subtilités de cette activité, tout entière tournée vers les bruits extérieurs, la nature sauvage, décoifferont peut-être les trop citadins d’entre nous, coincés entre l’asphalte et l’humus. Sous le signe de la métaphore. Le tout est de bien se concentrer sur le thème du disque, sinon, on perd le contrat! L’impressionnisme sonore est ici à tout crin, confinant quelque part à l’életroacoustique (comparaison très élastique), et commençant par un inventaire conçu à la mode Perec. 8

    L’impressionnisme sonore est ici à tout crin, confinant quelque part à l’életroacoustique… et commençant par un inventaire conçu à la mode Perec.
    8

    Ensemble SuperMusique (ESM) in Voir

    “Évidemment jazz, Prises d’opposition”, Claude Côté, Voir, March 14, 2002
    Thursday, March 14, 2002 Press

    Pour les initiés, il s’agit presque d’une vérité de La Palisse: la scène jazz à Montréal est en pleine effervescence. On pourrait même parler d’une révolution intérieure: les clubs de jazz étant à peu près inexistants, les adeptes de la note bleue apparaissent aujourd’hui dans des endroits aussi improbables que le Cabaret du Plateau, l’ancien Théâtre des Variétés, le Zest, l’Alizé, ou encore la Casa del Popolo.

    Côté labels, ça bouge aussi: Ambiances Magnétiques, surtout spécialisé dans la musique actuelle, lançait récemment son 100e album (Canot Camping, de Jean Derome) et Effendi, qui se consacre exclusivement au jazz, confirme aussi la vitalité du jazz local par le foisonnement de ses créateurs.

    Parmi les événements, la cinquième édition d’Évidemment Jazz, présentée au Zest, offrira une programmation constituée de véritables défricheurs: LML proposera des ateliers d’improvisation pendant trois jours; Voodoo Jazz poussera le jazz funk dans ses derniers retranchements; le Big b’Off alliera poésie et jazz; et la liste s’allonge. De plus, trois nouveaux disques seront lancés lors de l’événement: les premiers du bassiste Normand Lachapelle (étiquette Hursh), et Coral Egan et du guitariste Alex Cattaneo (étiquette Nisapa), ainsi que le plus récent du quintette iks, qui nous livre un quatrième album en cinq ans d’existence.Une belle cuvée.

    Porte-parole, aux côtés de Charles Papasoff, la chanteuse Coral Egan nous propose The Path of Least Resistance, produit et réalisé par ce même Papasoff: “C’est un titre à l’image des deux semaines d’enregistrement intensives avec Alex, parce que le temps accordé était court, et qu’il a fallu foncer sans trop se poser de questions, sans accorder d’importance aux menus détails. Il serait donc erroné d’interpréter le titre comme étant la loi du moindre effort.” Mais pour Coral, ce titre prend aussi une autre signification: “Je me suis inspirée des archers japonais qui, selon les rites de l’art zen, méditent longtemps avec la cible dans la mire puis, au moment opportun, laissent partir la flèche.” Tout vient à point à qui sait attendre, donc. Un adage qu’on pourrait appliquer à l’ensemble du jazz montréalais…

    Quant au disque, il s’agit d’une collection de chansons pop guitare-voix. Des versions dénudées de Lonely (Waits), A Felicidade (De Moraes et Jobim), Le Poinçonneur des Lilas (Gainsbourg), insérées subtilement parmi les immortelles de Rogers&Hart, Irving Berlin et Johnny Mercer, en plus d’une composition originale, New Light, Old Window, livrée en deux versions distinctes. Lors de la première édition d’Évidemment Jazz, Egan nous avait pris par surprise avec une relecture sympathique de Bottle of Blues de Beck, malheureusement absente de la sélection finale de ce disque. “Je travaille beaucoup par instinct, admet-elle, la façon dont je chante me vient très naturellement. Ce qui est difficile, c’est ce qui vient après, c’est le rôle que je devrai assumer parce que l’attention sera portée sur moi puisque je suis la chanteuse; même si le travail d’Alex se démarque tout autant.”

    Canot-camping, expédition 4, Jean Derome in La Presse

    “Pagayer sur les ondes sonores”, Alain Brunet, La Presse, March 13, 2002
    Wednesday, March 13, 2002 Press

    Chaque été, Jean Derome se paie immanquablement une semaine de canot-camping avec sa tendre moitié, la saxophoniste Joane Hétu. Sacs en bandoulière, le couple prend l’autobus au terminus Voyageur. Les tourtereaux traversent ainsi les Laurentides et descendent au Domaine du parc de La Vérendrye afin d’y louer une embarcation et y vivre un rituel de quelques jours en pleine nature, sans l’intention de se prendre pour l’explorateur dont le fameux parc national porte le nom. «On se remarie chaque année, on signe pour une autre», blague le compositeur et multi-instrumentiste, à la veille d’une nouvelle expédition. Sonore, cette fois: ce soir et demain à la Cinquième Salle de la Place des Arts, 10 instrumentistes-improvisateurs regroupés sous la bannière Super Musique seront conviés aux cinquième et sixième expéditions de Canot-camping.

    «Tout dépend du climat, de la température, de l’humeur des acteurs, explique Jean Derome. C’est donc comme une expédition. En canot-camping, tu es obligé d’inventer sans cesse car tu n’as que peu de moyens pour réagir aux éléments. Tout est toujours sommaire, rien n’est établi. J’y vois beaucoup de rapports avec l’improvisation. «Ce qui est transposé à la musique, ajoute le musicien ce n’est pas tant de reproduire les sons perçus lors des vraies expéditions de canot-camping que les idées qui s’en dégagent -vagues des lacs, courant des rivières, vent, pluie, orages, insectes, etc. Ce qu’on écoute au parc de La Vérendrye n’est, d’ailleurs, pas si riche, c’est pourquoi les pièces improvisées par l’ensemble Super Musique s’avèrent souvent contemplatives.»

    Ce qui n’empêche aucunement une variété de climats sonores, assure l’interviewé. Les 11 improvisateurs réunis autour de Jean Derome (le contrebassiste Normand Guilbeault, la claviériste-échantillonneuse Diane Labrosse, le tromboniste Tom Walsh, la saxophoniste Joane Hétu, on en passe) n’essaient pas de reproduire des sons perceptibles dans les Hautes-Laurentides.

    «Il ne s’agit pas d’une description sonore, tranche Derome. Toutefois, plusieurs idées de mes voyages en canot-camping me servent d’images. Par exemple, il m’arrive de diviser la formations en parties distinctes; dans chaque «canot», un leader émet une consigne visuelle et déclenche une pulsation qui rappelle le coup d’aviron. Cette métaphore est le point de départ d’un travail de pulsation en déphasage — puisque chaque canot a son rythme propre. «Les idées du canot-camping, donc, sont fertiles pour les improvisateurs. En fait, ce n’est pas tant le canot-camping qui m’intéresse, mais faire en sorte que les musiciens soient stimulés et puissent improviser un matériel riche. Tu peux ainsi faire en sorte que leur jeu se modifie à chaque expédition.»

    Encore faut-il distribuer des consignes précises, voire évocatrices. Les Butch Morris, John Zorn et autres Fred Frith ont leurs codes distincts lorsqu’ils mettent en branle ce qu’ils nomment des game pièces, jeux d’improvisation sonore répandus au sein des avant-gardes sonores. Or, puisque les consignes de tels jeux improvisés ne sont pas universelles, chaque leader doit inventer les siennes. Jean Derome y a vu: «Nous nous sommes entendus sur une soixantaine de signes visuels, dont plusieurs s’inspirent du langage des sourds-muets.» Voilà qui ajoute à la dimension visuelle!

    On rappellera que la première expédition sonore avait eu lieu en avril 2000 au Théâtre La Chapelle, Jean Derome y était alors artiste en résidence. Puis l’équipée a pagayé sur les ondes sonores au Festival international de musique actuelle de Victoriaville, une autre fois au Festival de jazz d’Ottawa avant d’enregistrer un disque l’automne dernier à la Société Radio-Canada -lancé tout récemment sur l’étiquette Ambiances Magnétiques. Compte-t-on reproduire cette quatrième expédition? Pas du tout, improvisation oblige. «Les expéditions 5 et 6 seront différentes, de garantir Jean Derome. Tout ce qu’on y conservera, ce sont les préparatifs du voyage… qui sont toujours les mêmes lorsque je me rends avec ma blonde au parc de La Vérendrye. Cette approche musicale, en somme, est aussi vaste que le parc lui-même; à chaque représentation, on en explore un coin, on y effectue un trajet différent.»

    … une variété de climats sonores…

    Ensemble SuperMusique (ESM) in Le Devoir

    “Expédition sonore”, Bernard Lamarche, Le Devoir, March 13, 2002
    Wednesday, March 13, 2002 Press

    Rares sont les petites compagnies de musique actuelle qui peuvent se vanter d’avoir cent titres au compteur. À partir de ce soir, les Disques Ambiances Magnétiques atteignent ce chiffre inespéré. La centième prise magnétique? L’expédition 4 du projet de Canot-camping de Jean Derome un des piliers de la scène québécoise, par ailleurs fondateur de l’étiquette Ambiances Magnétiques. Ce soir et demain, Jean Derome débarque à la Cinquième salle de la Place des Arts, avec l’ensemble SuperMusique et ses onze musiciens. Nous irons encore au bois pour les expéditions 5 et 6.

    Le saxophoniste, lauréat du prix Opus 2001 pour l’artiste s’étant le plus illustré à l’étranger, se réjouit à juste titre de la longévité de l’étiquette qu’il a créée en 1983. «C’est incroyable. Ça prend des dimensions sérieuses et internationales. Il a quand même une esthétique générale qui se dégage, associée ensuite à la musique de Montréal.» En rigolant, Derome raconte qu’il y a des musiciens qu’il rencontre en Europe «qui pensent qu’à tous les soirs à Montréal il y a de la musique comme ça. Je dois leur expliquer qu’il y a une petite partie du monde qui fait cette musique et qu’on ne joue pas tous les soirs. Ça devient tout de même une référence».

    Improvisation mixte

    «Sur papier, le projet existe depuis très longtemps, rappelle le musicien. Ça fait vingt ans que je pense faire une pièce sur ce sujet-là, toujours inspiré des voyages en canot que je fais annuellement au parc de La Vérendrye.>, Les premiers coups de pagaie ont été donnés en 2001 à l’exposition de musique du Théâtre La Chapelle. D’autres contrées ont été explorées au Colisée de Victoriaville, puis au Festival de jazz d’Ottawa en juillet 2001. L’expédition 4 a été vécue sur trois jours dans un studio de Radio-Canada, pour être rapportée sur disque. «Là, on a enregistré l’équivalent de six disques en durée. Des trojets différents à travers l’expédition ont été effectués.» Le projet, à onze musiciens Derome n’avait pas espoir de pouvoir le monter de nouveau vu la difficulté de faire tourner des gros groupes. Les onze musiciens-improvisateurs travaillenl dans le calme. «C’est une étude de texture, de température, de microclimat.» L’approche de ce disque est variée. Les idées gambadent sur les flots du jazz, de la musique bruitiste, se veulent référentielles à l’occasion, ou concrètes—les éléments naturels s’y retrouvent, comme le vent, les vagues, les moustiques. L’abstraction reprend parfois aussi le dessus, se rapprochant de l’électroacoustique.

    Le projet reste ouvert, mais les balises sont claires, explique Derome. «Chaque expédition est différente, l’itinéraire change à l’intérieur de la méme réserve.» Le projet est abordé comme une carte géographique. Certaines des courtes pièces sont écrites de façon précise, parfois des figures rythmiques sont écrites, mais le choix des notes est laissé aux musiciens. Le tout est «une étude des manières de composer pour un groupe de musiciens».

    Loin des big band où les rôles des musiciens sont souvent typés, ici les partitions peuvent se résumer à des terrains ou à des rôles que chacun des musiciens visite à sa manière. D’ailleurs, plus que des instruments, ce sont surtout des interprètes qui ont été choisis. «C’est riche comme matière. Rendu à onze, ça devient complexe. Il faut cartographier ça pour se retrouver et atteindre une certaine efficacité dans le déroulement.» Loin des magmas sonores que Derome a déjà explorés, des couleurs et des lignes seront mises en relief pour ces expéditions. Bien que jouées avec retenue, les conditions climatiques peuvent changer rapidement, tous devront être aux aguets pour ces expéditions urbaines.

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