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Ellwood Epps : Le combat ordinaire
Vous connaissez déjà
L’histoire du jazz a démontré à maintes reprises que le métissage des sons et des cultures est primordial à son évolution. Votre récent voyage fut rendu en partie possible grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, situation de plus en plus rare ayant d’ailleurs fait les manchettes à plus d’une reprise depuis l’arrivée au pouvoir du Parti conservateur. Comment le musicien d’aujourd’hui doit-il affronter cette nouvelle réalité où les coupes dans la culture sont monnaie courante
Cependant, il y a un autre côté à tout cela, et certaines personnes me détesteront de le dire, mais la production d’un son n’est pas monnayable. Nous ne devrions jamais nous laisser distraire pas une subvention que l’on croit nous être due et ensuite nous laisser désillusionner par l’idée qu’il est impossible de créer sans elle. En me promenant dans Harlem, où les rues et édifices sont nommés d’après les
Pourrions-nous dire que la sédentarité forcée des musiciens locaux permet de solidifier et créer une meilleure dynamique de jeu, un meilleur communautarisme musical
EE
À L’envers, j’essaie de présenter la meilleure musique qui m’est possible, qu’elle provienne du Mile End, de Chicago ou de la Russie. L’envers est une place où les musiciens peuvent se rencontrer et travailler ensemble, une chose que nous aimons et devons faire en tant qu’improvisateurs. Je veux que les gens aient la chance d’ouvrir leurs horizons. Certains seront surpris d’apprendre qu’il y a de la très bonne musique à Toronto, à Calgary ou au Texas, et d’autres découvriront que de grands musiciens habitent et travaillent à Montréal. J’aime les voir ensemble sur la même scène, en même temps.
Nous sommes vraiment chanceux d’avoir un festival comme le Suoni à Montréal. Sans eux, nous n’aurions pas la chance d’entendre nos musiciens américains et européens préférés œuvrant dans la sphère
Comme leur nom l’indique, les musiques improvisées se veulent rarement fondées sur des thèmes préconçus, favorisant de facto l’écoute d’une performance en direct plutôt que la rigidité d’un enregistrement figé. Cela explique probablement le peu de documents disponibles sur le marché vous mettant en vedette. Vous avez tout de même publié quelques rares CD-R reflétant votre musique et celle de notre scène. Quelle importance attribuez-vous à l’enregistrement sonore d’aujourd’hui
EE
J’aime bien exploiter ma petite étiquette (Mr E Records). J’étais un poète et un éditeur pendant presque 12 ans dans le milieu de la presse indépendante et artisanale de Toronto. J’utilise des CD-R que je peins à l’aérosol afin que le tout demeure abordable. L’emballage est fait à la main et numéroté afin que le produit soit différent chaque fois. Le plus récent, mon duo avec
Je crois qu’il demeure important de rester en contact avec l’objet physique. Je déteste le gaspillage et l’idée que nous achetons par milliers des CD manufacturés qui prennent la poussière dans nos placards. Soyons honnêtes, toutes les maisons de musiciens ressemblent à cela
J’aime bien faire un tirage de 47 CD-R, mais j’aimerais aussi que ma musique paraisse sur une étiquette comme ECM, car j’aime bien lorsqu’un produit est bien fait. Les maisons de disques sont comme des familles, leurs histoires sont évocatrices.
Le jazz, la musique créative, quelle que soit son niveau d’abstraction, demeure avant tout une musique profondément engagée, motivée par des esprits forts. Comment votre jeu, votre musique et sa création sont-ils affectés par les enjeux sociaux, politiques. De quelle façon l’activisme et la musique peuvent-ils jouer un rôle clé dans le climat houleux planant sur les nations québécoise et canadienne
EE
Que peut-on attendre de
EE
Je suis aussi ravi de notre série de concerts d’improvisation, Mardi Spaghetti, qui célébrait son 4e anniversaire le 27 mars dernier. Quelle chance d’avoir le Cagibi qui nous offre leur espace depuis tant de mardis… j’imagine que cela fait plus de 200 mardis déjà
L’envers aussi prévoit se lancer dans de nouvelles aventures. Les lundis accueilleront une nouvelle
Il faut continuer de suivre notre curiosité et notre appétit. Éteignons nos petits jouets et plongeons dans l’instant présent.
XFest 2010: Real Time Together. 26, 27, 28 February. 119 Gallery, Lowell, MA, USA.
The first guest, trumpeter
Review
Jazz on Mars at the Cheval Blanc
Of all the great breweries in Montréal, one of my favourite is the Cheval Blanc. Luckily all of us music lovers have an extra incentive to drink from the horn of plenty this month
This just after the bar expanded, buying the adjoining property and nearly doubling the space. If it lost some of the intimacy of the old Cheval, it made up for it in décor. The new space has a sort of
The music series, called
Granted, Saint Patrick’s Day might not have been the best night for an acoustic jazz show at the bar. Some subtlety was lost under the din of Irish wannabes. But the mood was festive, as I’m sure
Improv Al Dente
Mardi Spaghetti celebrates a year of twirling improv at Le Cagibi.
The front room of Le Cagibi, the comfortable, funky neighbourhood café at St-Laurent and St-Viateur, is normally populated by students and post-university types huddled over their laptops. But for the last year, the back room has been the scene of
L’Envers and Gordon Allen
Walking into L’Envers is like entering a scene from the ’70s East Village. If
The mastermind behind the scenes is
Along with three other like-minded musicians, he’s responsible for this new hotspot. Together they’ve worked to create a space committed to presenting music, dance, and performance — “anything that involves improvisation” — that would otherwise have trouble being shown. Their mandate is to offer the excellent musicians of Montréal a comfortable place to play, and to build an audience that comes curious, listens carefully, and leaves satisfied.
But
On Saturday, January 17th, L’Envers opened its new year of programming with a celebration of Art’s Birthday. (It took a couple of weeks for the members of their mailing list to realize that they weren’t talking about a guy named Arthur, but rather celebrating the birth of Art, which
I arrived just as Gordon took the stage with his trio
Even the loud students next to me stopped talking and I saw their facial expressions change to concentrated curiosity as they craned their necks to see how those three musicians were making such otherworldly sounds.
“When audiences are more attentive,” Gordon had told me earlier in the week, “the musicians have to scrutinize their own work more. Consequently we’re pushed harder to create, and the music advances. I’ve seen that here, and it’s an incredible thing to be a part of. Worth all the work we’ve put into it.”
