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Ensemble SuperMusique (ESM)

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    L’hiver de force

    Marie Claude Mirandette, Le Devoir, February 22, 2003

    Nouvelle Musique d’hiver, second volet d’un triptyque en construction, donne suite à Musique d’hiver. Une célébration d’une saison bien québécoise que signe Joane Hétu.

    En 2000, SuperMusique présentait Musique d’hiver, une composition pour quintette de Joane Hétu, toute en atmosphère, célébrant l’hiver québécois. Cette année, la compositrice québécoise revient en force avec Nouvelle Musique d’hiver, second Volet d’un triptyque en devenir. Cette fois, Hétu a construit sa composition autour d’un septuor où s’entremêlent la voix, le saxophone alto, le piano, l’accordéon, le synthétiseur, la batterie, les flûtes, les clarinettes mais aussi divers objets dont un tourne-disque et un cd. Au menu, une expérience «bruitiste» mais néanmoins méditative, où les sons acoustiques et électroniques cohabitent le temps de quatre mouvements qui sont autant de tableaux élaborés autour des quatre mois d’hiver, de décembre à mars.

    «Cette pièce s’appuie sur un canevas et un concept “compositionnels” [sic] laissant la part belle aux musiciens, qui improvisent afin de créer des textures et des climats sonores, de préciser Hétu. Les musiciens sont au cœur de mon travail de composition. Ils sont plus que de simples interprètes; ils participent véritablement au jaillissement de l’œuure via l’improvisation. Dès l’instant où l’on entre dans le processus de répétition, je deviens une musicienne parmi les autres et c’est à ce titre que je participe alors à la création.»

    Œuvre pluridisciplinaire
    Afin d’amener un peu plus loin cette idée de collégialité et de pluridisciplinarité, Hétu s’est adjoint le scénographe-éclairagiste Jonas Slowanski ainsi que le concepteur sonore Bernard Grenon. Ainsi, aux musiques et aux textes de la compositrice se greffent des projections visuelles de paysages hivernaux.

    «Avec ses boîtes de son, Grenon travaille l’espace afin que la musique l’habite le plus pleinement possible.»

    L’hiver risque d’être chaud et haut en couleurs grâce cette production SuperMusique/MNM présentée pour souligner le 30e anniversaire du Centre de musique canadienne du Québec. «À l’origine, on avait pensé reprendre la Musique d’hiver mais dès l’automne dernier, l’envie m’est venue de profiter de l’occasion pour élaborer le second volet du triptyque d’hiver L’idée même à la source du festival, à savoir la présentation d’un mélange, d’une multiplicité de genres, invitait à cela. Le festival MNM est une vitrine élargie qui décloisonne un peu la nouvelle musique en créant un engouement pour celle-ci, une effervescence. Il permet aux musiciens de se positionner dans le monde de la nouvelle musique tout en offrant au mélomane une véritable vue d’ensemble de cet univers éclectique qu’est celui de la musique et de la création actuelles.

    «Si je pouvais formuler un souhait, ce serait que les spectateurs assistant à un concert de musique actuelle soit pleinement conscients que les musiciens sont en train de créer l’œuvre in situ et qu’ils assistent à cette naissance.»

    Du canot-camping au centre-ville

    Patrick Gauthier, Le Journal de Montréal, March 15, 2002

    Pendant que les skieurs pensaient avec tristesse à la fin d’un hiver qui n’a jamais débuté, Jean Derome célébrait déjà le printemps avec sa sixième expédition de Canot-Camping, à la Cinquiéme Salle de la PdA.

    Canot-Camping? De l’exploration sonore, oui. Se guidant sur un canevas plutôt permissif, Derome dirige dix musiciens, des défricheurs étoiles, il va s’en dire, qui répondent au chef de l’expédition au doigt et-à l’œil. Littéralement.

    On ne sait plus trop si ce qu’on entend est encore de la musique, mais on est drôlement impressionné par la performance de Jean Derome et l’Ensemble SuperMusique.Si Dubmatique respecte trop les règles, Derome, lui, les repousse d’un couinement de saxophone.

    Évidemment jazz, Prises d’opposition

    Claude Côté, Voir, March 14, 2002

    Pour les initiés, il s’agit presque d’une vérité de La Palisse: la scène jazz à Montréal est en pleine effervescence. On pourrait même parler d’une révolution intérieure: les clubs de jazz étant à peu près inexistants, les adeptes de la note bleue apparaissent aujourd’hui dans des endroits aussi improbables que le Cabaret du Plateau, l’ancien Théâtre des Variétés, le Zest, l’Alizé, ou encore la Casa del Popolo.

    Côté labels, ça bouge aussi: Ambiances Magnétiques, surtout spécialisé dans la musique actuelle, lançait récemment son 100e album (Canot Camping, de Jean Derome) et Effendi, qui se consacre exclusivement au jazz, confirme aussi la vitalité du jazz local par le foisonnement de ses créateurs.

    Parmi les événements, la cinquième édition d’Évidemment Jazz, présentée au Zest, offrira une programmation constituée de véritables défricheurs: LML proposera des ateliers d’improvisation pendant trois jours; Voodoo Jazz poussera le jazz funk dans ses derniers retranchements; le Big b’Off alliera poésie et jazz; et la liste s’allonge. De plus, trois nouveaux disques seront lancés lors de l’événement: les premiers du bassiste Normand Lachapelle (étiquette Hursh), et Coral Egan et du guitariste Alex Cattaneo (étiquette Nisapa), ainsi que le plus récent du quintette iks, qui nous livre un quatrième album en cinq ans d’existence.Une belle cuvée.

    Porte-parole, aux côtés de Charles Papasoff, la chanteuse Coral Egan nous propose The Path of Least Resistance, produit et réalisé par ce même Papasoff: “C’est un titre à l’image des deux semaines d’enregistrement intensives avec Alex, parce que le temps accordé était court, et qu’il a fallu foncer sans trop se poser de questions, sans accorder d’importance aux menus détails. Il serait donc erroné d’interpréter le titre comme étant la loi du moindre effort.” Mais pour Coral, ce titre prend aussi une autre signification: “Je me suis inspirée des archers japonais qui, selon les rites de l’art zen, méditent longtemps avec la cible dans la mire puis, au moment opportun, laissent partir la flèche.” Tout vient à point à qui sait attendre, donc. Un adage qu’on pourrait appliquer à l’ensemble du jazz montréalais…

    Quant au disque, il s’agit d’une collection de chansons pop guitare-voix. Des versions dénudées de Lonely (Waits), A Felicidade (De Moraes et Jobim), Le Poinçonneur des Lilas (Gainsbourg), insérées subtilement parmi les immortelles de Rogers&Hart, Irving Berlin et Johnny Mercer, en plus d’une composition originale, New Light, Old Window, livrée en deux versions distinctes. Lors de la première édition d’Évidemment Jazz, Egan nous avait pris par surprise avec une relecture sympathique de Bottle of Blues de Beck, malheureusement absente de la sélection finale de ce disque. “Je travaille beaucoup par instinct, admet-elle, la façon dont je chante me vient très naturellement. Ce qui est difficile, c’est ce qui vient après, c’est le rôle que je devrai assumer parce que l’attention sera portée sur moi puisque je suis la chanteuse; même si le travail d’Alex se démarque tout autant.”

    Expédition sonore

    Bernard Lamarche, Le Devoir, March 13, 2002

    Rares sont les petites compagnies de musique actuelle qui peuvent se vanter d’avoir cent titres au compteur. À partir de ce soir, les Disques Ambiances Magnétiques atteignent ce chiffre inespéré. La centième prise magnétique? L’expédition 4 du projet de Canot-camping de Jean Derome un des piliers de la scène québécoise, par ailleurs fondateur de l’étiquette Ambiances Magnétiques. Ce soir et demain, Jean Derome débarque à la Cinquième salle de la Place des Arts, avec l’ensemble SuperMusique et ses onze musiciens. Nous irons encore au bois pour les expéditions 5 et 6.

    Le saxophoniste, lauréat du prix Opus 2001 pour l’artiste s’étant le plus illustré à l’étranger, se réjouit à juste titre de la longévité de l’étiquette qu’il a créée en 1983. «C’est incroyable. Ça prend des dimensions sérieuses et internationales. Il a quand même une esthétique générale qui se dégage, associée ensuite à la musique de Montréal.» En rigolant, Derome raconte qu’il y a des musiciens qu’il rencontre en Europe «qui pensent qu’à tous les soirs à Montréal il y a de la musique comme ça. Je dois leur expliquer qu’il y a une petite partie du monde qui fait cette musique et qu’on ne joue pas tous les soirs. Ça devient tout de même une référence».

    Improvisation mixte

    «Sur papier, le projet existe depuis très longtemps, rappelle le musicien. Ça fait vingt ans que je pense faire une pièce sur ce sujet-là, toujours inspiré des voyages en canot que je fais annuellement au parc de La Vérendrye.>, Les premiers coups de pagaie ont été donnés en 2001 à l’exposition de musique du Théâtre La Chapelle. D’autres contrées ont été explorées au Colisée de Victoriaville, puis au Festival de jazz d’Ottawa en juillet 2001. L’expédition 4 a été vécue sur trois jours dans un studio de Radio-Canada, pour être rapportée sur disque. «Là, on a enregistré l’équivalent de six disques en durée. Des trojets différents à travers l’expédition ont été effectués.» Le projet, à onze musiciens Derome n’avait pas espoir de pouvoir le monter de nouveau vu la difficulté de faire tourner des gros groupes. Les onze musiciens-improvisateurs travaillenl dans le calme. «C’est une étude de texture, de température, de microclimat.» L’approche de ce disque est variée. Les idées gambadent sur les flots du jazz, de la musique bruitiste, se veulent référentielles à l’occasion, ou concrètes—les éléments naturels s’y retrouvent, comme le vent, les vagues, les moustiques. L’abstraction reprend parfois aussi le dessus, se rapprochant de l’électroacoustique.

    Le projet reste ouvert, mais les balises sont claires, explique Derome. «Chaque expédition est différente, l’itinéraire change à l’intérieur de la méme réserve.» Le projet est abordé comme une carte géographique. Certaines des courtes pièces sont écrites de façon précise, parfois des figures rythmiques sont écrites, mais le choix des notes est laissé aux musiciens. Le tout est «une étude des manières de composer pour un groupe de musiciens».

    Loin des big band où les rôles des musiciens sont souvent typés, ici les partitions peuvent se résumer à des terrains ou à des rôles que chacun des musiciens visite à sa manière. D’ailleurs, plus que des instruments, ce sont surtout des interprètes qui ont été choisis. «C’est riche comme matière. Rendu à onze, ça devient complexe. Il faut cartographier ça pour se retrouver et atteindre une certaine efficacité dans le déroulement.» Loin des magmas sonores que Derome a déjà explorés, des couleurs et des lignes seront mises en relief pour ces expéditions. Bien que jouées avec retenue, les conditions climatiques peuvent changer rapidement, tous devront être aux aguets pour ces expéditions urbaines.

    À l’aventure avec Jean Derome

    Patrick Gauthier, Le Journal de Montréal, March 9, 2002

    L’histoire, c’est bien. La géographie aussi. Alors parlons de Jean Derome, dont le dernier projet, Canot-Camping, est justement une étonnante exploration de l’espace.

    Tiré d’une série d’improvisations dirigées, Canot-Camping est une œuvre déstabilisante qui promène l’auditeur aux limites de la musique. De l’autre côté, le chaos guette. On n’y met jamais le pied.

    On écoute Canot-Camping et on se dit que ça doit étre stupéfiant de voir, sur une scène, ces dix musiciens guettant les commandes gestuelles de Derome.

    Ça tombe bien: Jean Derome et l’Ensemble SuperMusique s’attaquent à nouveau aux rapides de la musique improvisée, cette semaine.

    Canot-Camping musical

    Bernard Lamarche, Le Devoir, March 9, 2002

    Jean Derome, qui vient tout juste de se voir attribuer le prix Opus 2001 pour l’artiste s’étant le plus illustré à l’étranger, nous invite à un concert expédition. L’idée lui est venue, alors qu’il pratiquait son sport favori (devinez lequel), de transposer ses impressions dans son art favori (devinez aussi lequel). Avec ses collègues actualistes, ce qui s appelle expédition 5 et 6, il propose donc une forme de jeu musical structuré pour 112 improvisateurs. A vous donc d’embarquer dans cette randonnée musicale où, on peut le parier, le ludisme et le plaisir seront du voyage.

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