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  • February 4, 2019: Jean Derome, récipiendaire de deux Prix Opus

    Monday, February 4, 2019 General

    Lors du 22e Gala des Prix Opus qui avait lieu le 3 février 2019 à Montréal, Jean Derome a été récipiendaire de deux Prix Opus: Album de l’année — Musiques actuelle, électroacoustique pour Résistances et Concert de l’année — Musiques actuelle, électroacoustique pour Canot-Camping, expédition #9, présenté par SuperMusique, le 10 mai 2018 au Le Vivier.

    Les albums Résistances et Canot-camping, expédition 4 sont présentement offerts à 25% de rabais, ce pour un temps limité.

    Félicitations à Jean Derome!

    Résistances in The Squid’s Ear

    “Review”, Massimo Ricci, The Squid’s Ear, June 5, 2018
    Tuesday, June 5, 2018 Press

    When it comes to naming names in the all-encompassing landscape of contemporary music, Jean Derome’s eminence remains relatively unquoted amidst the sacred cows of the last decades. A first-class reedist and composer, he’s indelibly associated with René Lussier — specifically, in the duo Les Granules — beyond significant proprietary works (random memory selection: 1988’s Confitures de Gagaku, on Victo). Derome has shown time and again that his idiosyncratic creativity, compositional skill and ability to put a theory into artistically fructiferous practice are second to none. In its clever mix of conceptual consistency and stimulating interplay, Résistances clearly explains why.

    Though partially scored, the composition’s motility principally depends on the nineteen performers reacting to previously learned hand signals. After acknowledging the crucial elements of orchestration in conjunction with the intrinsic influence of electricity in all forms — including the overall tuning — it takes a moment to realize that the scope of this opus reaches far higher than a simple “conducted improvisation” (note the involuntary irony of the term “conductor” in this context).

    Across a plethora of intermingling styles, the ensemble — comprising several among Derome’s regular partners in crime — connects with the basic vibe through surges of energy dressed as eruptions, conversations, screams or drones, the whole informed by a cracking musicianship. Notwithstanding the considerable emancipation allowed and the absence of jazz-related stereotypes, the lingering sensation is that of a finely regulated mechanism. Still, serendipitous mutations occasionally materialize. The bulk of Piétinements, for example, resembles Igor Stravinsky’s Rite Of Spring played by Pink Floyd circa A Saucerful Of Secrets, lysergic slide guitars and all. In a pair of collective blasts we couldn’t help thinking — in principle — of Frank Zappa’s Weasels Ripped My Flesh. The absurdly jarring funk of Mélodie 2 flowing into a marvelous Danse finale may indeed prompt someone to start jumping around the house.

    Please consider the above references as a mere reviewer’s divertissement. In reality, there’s so much shifting of acoustic identity and abundance of inventive playing here that coming to grips with this particular form of Derome’s imagination could trigger intellectual paralysis in the easily affected. The remedy lies in the very cause: treat the patient to a few additional hours with this remarkable album; then it’s get up, pick up your mat, and walk. Unless one’s dead for real.

    Derome has shown time and again that his idiosyncratic creativity, compositional skill and ability to put a theory into artistically fructiferous practice are second to none. In its clever mix of conceptual consistency and stimulating interplay, Résistances clearly explains why.

    Résistances in Musicworks

    “Review”, Lawrence Joseph, Musicworks, no. 130, March 21, 2018
    Wednesday, March 21, 2018 Press

    While his previous conceptual works, like Canot Camping, conjured paddling through streams, Jean Derome considers waves and currents of a different kind on Résistances — a paean to the hum, crackle, and fizz of electricity. After receiving its premiere at the 2015 Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, this work was recorded at the rehearsals and second concert performance at the Gesù Amphitheatre in Montréal in March 2017.

    While the technical world of circuits may seem distant from the experience of communing with nature on a camping trip, both works share Derome’s primary modus operandi: find a topic, research its details and how to represent them through sound, invite a diverse group of top musicians to participate, and alternate composed sections with directed improvisation through the use of over 140 hand signals developed and refined over decades of experience.

    A group of twenty veterans and relative newcomers to Montréal’s musique actuelle scene contribute to this sixteen-part hour-long work. The musicians play roughly equal numbers of electric and acoustic instruments, including various synthesizers, turntables, electric guitars, and basses, along with woodwinds, horns, strings, and drums. A group sound dominates throughout, and very little soloing. The instruments fuse well, with more textural similarity than one might expect from such a diverse lineup, the acoustic instruments’ extended techniques merging seamlessly with the electronics. Résistances flows through sections that range from minimalistic drones featuring 60 Hz buzzing to swinging big-band movements that positively surge with energy.

    Résistances flows through sections that range from minimalistic drones featuring 60 Hz buzzing to swinging big-band movements that positively surge with energy.

    Résistances in The WholeNote

    “Review”, Stuart Broomer, The WholeNote, no. 23:6, March 1, 2018
    Thursday, March 1, 2018 Press
    Touching on virtually any sound available in contemporary music, Résistances is a bracing experience.

    Résistances in Le canal auditif

    “Le meilleur de LCA (8/10)”, Philippe Desjardins, Le canal auditif, February 13, 2018
    Tuesday, February 13, 2018 Press

    Jean Derome est un artiste montréalais actif dans le milieu des musiques actuelles depuis plus de quarante-cinq ans. Compositeur, interprète et improvisateur, il est également cofondateur de l’étiquette Ambiances Magnétiques sur laquelle sont publiés ses albums et autres créations expérimentales et avant-gardistes. Vous avez peut-être vu son nom passer durant l’Année Jean Derome (avril 2015 à juin 2016), qui proposait plusieurs événements rendant hommage à sa carrière et sa contribution à la création musicale québécoise, dont la sortie de l’album Musiques de chambres (2015) et du documentaire Derome ou les turbulences musicales (2015), réalisé par Richard Jutras. Derome est de retour avec Résistances (2017), un album basé sur le thème de l’électricité, performé de façon improvisée par l’Ensemble SuperMusique, qui était accordé pour l’occasion sur la fréquence de 60Hz (celle du courant électrique).

    Le piano ouvre Tout part du soleil sur un bouillonnement de percussions étouffées et de souffles imitant la combustion à la surface de l’astre et les éruptions solaires. Les cordes apportent une touche humoristique en ajoutant une sorte de guirlande de bienvenue à l’œuvre. Buzz porte bien son nom avec un montage de bruits de tension électrique qui ponctuent des glissandos aux cordes, faisant la transition vers Étagement des fréquences et son tintamarre percussif soutenu par un roulement de tambour. Les cuivres créent une masse dense et scintillante en parallèle aux harmoniques analogiques, et continuent en crescendo pour terminer sur des aigus stridents. L’ensemble s’estompe et se dégonfle en même temps que les cordes se détendent pendant Aurores boréales, seconde pièce transitoire qui semble dégoûter comme une fin de pluie.

    Tableau suit avec une boîte à musique et un piano dissonant, la montée en intensité ressemble justement à une séance d’accordement, jusqu’à ce qu’une ponctuation cuivrée vienne entrecouper la partie improvisée. Le violon un peu nerveux ajoute de la tension et mène à un passage monté en vagues de différentes densités, concluant en filaments de cuivres entrecoupés de chutes percussives. Vamp change complètement l’ambiance en proposant un groove jazz irrésistible et une performance vocale située quelque part entre la virtuosité et l’hilarité, ou un rituel tribal et une soirée cabaret. Le contraste fonctionne merveilleusement bien, comme un interlude entre deux mouvements exploratoires. Le plancher des vaches brise la ligne rythmique et se dégonfle lentement, douloureusement même, pour mener à un passage cacophonique, un peu comme si l’ensemble déboulait la colline au ralenti. La suite donne l’impression que chaque instrument fait sa petite affaire, sans égard à la ligne mélodique. Fréquences-métronomes ouvre sur une série de cliquetis approfondie par un déploiement rythmique créant une espèce de grosse machine à bruits dont les voyants rouges s’allument et s’éteignent frénétiquement pour accompagner l’alarme de feu.

    Le piano dissonant prend toute la place sur Tableau-combat, laissant chaque note s’évanouir dans la pièce jusqu’à ce que les cordes commencent à mimer le grésillement électrique et les cuivres à jouer un (dés-) accord comme un orchestre de klaxons. Piétinements enchaîne naturellement sous forme de trame bourdonnante s’intensifiant à partir d’un passage plus rythmique, qui semble imiter la marche d’une tribu se rendant au combat. Les cordes glissent en différents trémolos sur Trois orchestres, texturés par des itérations électroniques et un tintamarre de plus en plus frénétique à la batterie et aux percussions. Le rythme s’ordonne à mi-chemin pour permettre à tous les instruments d’enchaîner à un passage jazz. Moteur deux temps, moteur trois temps fait débouler une suite d’événements sonores en jouant sur la vitesse de réaction et le niveau d’intensité de chaque impact; très comique.

    Turbine, virgule passe comme un torrent emportant tous les silences sur son passage, coupant abruptement pour reprendre sa respiration et replongeant dans un tourbillon sonore. Les cris et complaintes vocales rappellent l’incantation tribale pendant que les instruments génèrent un rythme rapide et dense. Mélodie 2 nous ramène à la soirée cabaret et au groove jazz, la guitare rythmique accentue les contretemps pendant que les cuivres étirent les temps pour les rendre élastiques. Danse finale garde le rythme comme un big band sur lequel les solos de violon, trompette et guitare électrique sautillent simultanément sur leurs arpèges respectifs. Orage grésille avec bruits de cordes et ronflement vocal, le frottement assourdissant tombe dans un sommeil à la respiration qui cille.

    Résistances de Jean Derome confirme que tout est possible avec un niveau de créativité comme le sien. La richesse de la palette sonore est captivante, intrigante; on se demande quel instrument a bien pu jouer tel bruit. En ce sens, ça sonne moins jazz que sur son album précédent, et plus expérimental avec ses éléments inspirés de la musique bruitiste et du «mickey mousing». L’œuvre est très amusante, et on dira ce que l’on voudra de la musique actuelle, cette fois-ci, elle est aussi accessible qu’un dessin animé pour enfant.

    Résistances de Jean Derome confirme que tout est possible avec un niveau de créativité comme le sien.
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