Le trésor de la langue
René Lussier
… “masterpiece” can hardly express all the sweat and time put in the work, the impact it had and the critical acclaim it received. — AllMusic, USA
Le constat, parfois drôle, souvent douloureux, prend tantôt les couleurs d’un manifeste politique, frôle tantôt la dérision. — Guide ressources, Québec
The narrative of this uber-classic of musique actuelle revolves around the quest of two adventurers, set out on the old Chemin du Roy, headed for Québec City. Along the way, they ask the people whom they meet
One often hears the notion expressed that each language has its own music. René Lussier takes this notion litterally. All of the music in this radio work is drawn from the flow of its words. Every sentence has been transformed into notes and rhythms and orchestrated as accompaniment to the verbal narrative. The result, as one would expect from Lussier, is miles away from any known beaten track. Neither academic or political,
An unanimous decision, the jury members of the Community of French-speaking Radio Stations (CRPLF) awarded the 1989 Grand Prix Paul-Gilson for musics to René Lussier for this work.
- Composer(s): René Lussier
- Performer(s): Claude Beaugrand, Céline Chaput, Tom Cora, Jean Derome, Richard Desjardins, Fred Frith, Jean-Denis Levasseur, Claude Simard, Pierre St-Jak, Alain Trudel
- Cover image: Louis-Pierre Bougie
- Graphic design: Luc Beauchemin, Jean-François Denis
CD (AM 015, 1989)
- This item is not available through our website. We have catalogued it for information purposes only.
- You might find more details about this item on the Ambiances Magnétiques website.
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- 6Le message d’la reine + Échange de bar, 2:59
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- Label: Ambiances Magnétiques
- AM 015
- 1989
- UCC 771028101528
- Total duration: 65:45
On the web
In the press
Critique
L’un des premiers disques du label à avoir été récompensé au Canada, en 1989, par le prix Gilson.
Review
Words come short when trying to describe Le trésor de la langue, as “masterpiece” can hardly express all the sweat and time put in the work, the impact it had and the critical acclaim it received. René Lussier’s second solo album only, six years after Fin du Travail (Version 1) (but there had been two LPs by Jean Derome and René Lussier and one LP with Robert Marcel Lepage), Le trésor de la langue would always remain the album to which Lussier’s subsequent efforts would be compared to Le trésor de la langue (The Treasure of Language) is built on two fundamental artistic directions. Its content is focused on the importance of speech in French-Canadian history
Éloge de la musique libre
Meilleure vente du label à ce jour, Le trésor de la langue sera aussi la dernière production vinyle d’Ambiances Magnétiques. Le guitariste René Lussier se sert des discours du Général de Gaulle, René Lévesque et Michel Chartrand afin de
Critique
Alors que les French B’s n’avaient pas encore signé leur fameux
Muzyka godna polecenia
La musique des mots, selon Lussier et Racine
0n connait bien ce que les écrivains, les dramaturges et les poètes peuvent faire avec les mots. Pour leur donner un sens, ils ne peuvent généralement que les aligner les uns après les autres. Mais quand un musicien et un créateur en arts visuels s’en emparent, les mots de la langne connaissent un tout autre sort.
Pour le premier, c’est la musicalité de la langue française — non pas pour écrire un texte de chanson sur une musique, mais bien pour donner une sonorité aux mots — qui fut à l’origine de son Trésor de la langue. Pour le second, les mots ont visuellement et musicalement pris forme, à partir du dictionnaire, pour donner naissance aux Pages-miroirs et à son Terrain du dictionnaire A/Z.
Figure dominante de la musique actuelle, guitariste, compositeur, improvisateur et multi-instrumentiste, René Lussier compte à son actif un nombre impressionnant de réalisations dont une douzaine de disques, une quarantaine de trames sonores de films, de multiples participations à des enregistrements, des œuvres commandées et des tournées européennes. Le musicien est aussi l’auteur d’une œuvre exceptionnelle, née à la radio, devenue disque, exécutée en spectacle, transposée sur film et dont on tirera bientôt une trame sonore comportant des extraits de concerts
Remontant le Chemin du Roy vers Québec au milieu des années 80, Lussier et le preneur de son Claude Beaugrand ont d’abord recueilli des témoignages sur la langue et visité des archives sonores, à la recherche de nos racines linguistiques. Des extraits de discours de Charles de Gaulle, René Lévesque et Michel Chartrand, de conversations entre les musiciens, de poèmes de Jacques Ferron et Patrice Desbiens, et de textes de Richard Desjardins ont également été sélectionnés pour compléter le portrait. Une bonne part de ce matériel a subi un traitement qui consiste à transcrire la musicalité des mots sur une portée. Résultat final
En cours de processus, étalé sur une période de cinq ans d’écoute, de transcription et d’arrangements — disposant de suffisamment de matériel pour faire un coffret de plusieurs disques
Intemporelle, cette œuvre du musicien construite de façon intuitive et spontanée,
Critique
Vous avez beaucoup tourné — compris en France — avec le spectacle Le Trésor de la langue basé sur une musique de la voix parlée, où De Gaule tient une part importante…
J’avais commancé à doubler à la guitare une dame qui parle dans un film et j:ai fini par trouver une methode de notation, puis d’exécution qui soit le plus proche possible de la voix. J’ai essayé plusieurs choses
Vous ètes l’un des créateurs du label Ambiances magnétiques…
Après avoir autoproduit un disque, Je me suis associé avec Robert Lepage. Aujourd’hui c’est une sorte de coopérative comprenant une quarantaine de disques. C’était orienté vers ce qu’on appelait les
Est-il difficile d’être musicien au Québec
Le Québec est comme une enclave, nous sommes nés à l’ombre de l’empire du Big Brother américain, et le reste du Canada est anglophone. Méme si on fait une musique instrumentale, il n’est pas facile de tourner, il faut se renouveler sans cesse, donc faire des gros projets, composer de la nouvelle musique tout le temps — dans ce sens nous sommes des musiciens de fond. Nous avons la chance de faire de la musique pour le cinéma, j’ai fait une cinquantaine de musiques de film, surtout des documentaires, ce qui nous permet de vivre pendant de longues périodes avec des moments creux. On se relaie un peu à travers un cercle de musiciens, d’amis. Il y a une certaine fraternité musicale chez nous.
Catalogus
Ondanks 400 jaar strijd is de enig overblijvende Franssprekende gemeenschap in Noord-Amerika nog steeds bedreigd. De Amerikaanse hamburger-cultuur rukt gevaarlijk op en niets lijkt bestand tegen deze vorm van terrorisme. Toch heeft de intelligentia zich nog niet neergelegd bij de gang van zaken en is men van plan terug te vechten, maar dan op een eigen en originele manier. René Lussier is zo n Fransprekende Noord-Amerikaan met een accentje. Centraal in Le Trésor de la langue staat de vraag of het belangrijk is Frans te spreken in Québec. Terwijl hij op zoek is naar het talenarchief in Québec stelt Lussier voorgaande vraag aan verschillende voorbijgangers en het antwoord is evident. In het archief vindt Lussier niet alleen historische opnames over Québec, zoals de historische speech van De Gaulle, maar ook Le Trésor de la langue
Critique
Recensione
— andva di pari passo con la promozione a tambur battente de Le trésor de la langue di René Lusebr (proposto per la prima volta in versione live), I’awenimento del nono FIMAV.
Il concerto (Lussier era accompagnato da Jean Derome, Alain Trudel, Pierre Tanguay, Bob Ostertag, Richard Desjardins e Jean-Frangois Martel) è parso piuttosto buono, anche se non ottimo
Non ci pare che l’abbattimento delle frontiere si concilIi con l’idea stessa di nazionalismo, qualunque esso sia, anzi…
Ed è stato per lo meno awilente constatare che nessuno ha avuto nulla da ridire su questa
Critique
Langue au vinaigre. Récipiendaire du prix Paul-Gilson, Le trésor de la langue, de René Lussier, morceau de bravoure et d’anthologie, est un portrait surréaliste de notre parler et de notre histoire. Avec sa guitare et ses collaborateurs, Lussier suit, note à note, le discours parlé de vous et moi mais aussi celui de René Lévesque, Michel Chartrand, du général de Gaulle, et de Gaétan Montreuil lisant le Manifeste du FLQ. Probablement le travail le plus abouti et, paradoxalement, le plus accessible de la carrière de Lussier.
Un trésor de haute voltige instrumentale
Une œuvre dont le noeud est la langue de chez nous, ses particularités, sa fragilité et surtout sa musicalité, une œuvre échafaudée sur la thématique de notre survie en tant que société, sur notre culture menacée, voici ce que Le trésor de la langue propose d’entrée de jeu.
Vendredi soir à Victo, étions nous en train de revivre les annees soixante
Avec un sujet redondant et essoufflé, René Lussier fait quelque chose de brillant et de très puissant sur le plan orchestral, sans toutefois faire l’unanimité sur la fraicheur et l’originalité du propos.
C’est qu’il redonne vie à une thématique que tout amateur de culture québécoise a machouillé depuis des lunes la nation, sa langue, son avenir, le pouvoir qui l’anime, les Amérindiens qui y sont écrasés, etc. Voilà les prétextes de la représentation poétique et sonore du Trésor de la langue. C’est vrai, ce thème est usé à la corde, mais la question nationale n’est toujours pas réglee et soulève encore les passions.
L’adaptation en concert dont le
D’excellents musiciens
Le guitariste, d’ores et déjà une vedette pour les festivaliers de Victo, na d’ailleurs pas lésiné sur le casting du premier Trésor de langue sur scène.
Outre l’Abitibien Richard Desjardins, une équipe de haut niveau bossait à ses côtés. On aura remarqué Alain Trudel, le meilleur tromboniste à Montréal, le multi-instrumentiste Jean Derome (complice de Lussier dans le tandem Les Granules), le percussionniste Pierre Tanguay, le bassiste Jean-François Martel sans compter un sorcier du sampling, le New-yorkais Bob Osterag, qui distribuera les fragments du Trésor de la langue, emmagasinés dans ses ordinateurs à sons.
Si le noeud du Trésor de la langue, œuvre maîtresse de René Lussier, est la langue parlée, cela n’est pas si évident en début de concert. Mais, progressivement, les bribes de discours (de Gaulle, René Lévesque, Michel Chartrand, etc. ) et de commentaires anecdotiques finiront par être mitraillés vigoureusement, rappelant davantage l’enregistrement sur disque.
En guise de préambule, Richard Desjardins prend le micro, relate les grands noms des BoisFrancs (dont Victo, on le sait, est la métropole) et fait rigoler la compagnie
Puissante machine
Puis, la machine orchestrale se met en branle, Belle machine, puissante, précise, qui ne craint pas les vitesses de pointe. Il y a certes quelques petits défauts dans la livraison, quelques séquences me semblent superflues, l’opération n’en demeure pas moins une réussite. On s’attendait à des moments de puissance, à de la haute voltige instrumentale. Les festivaliers auront été servis.
Sans cesse, on y zappait d’un canal à l’autre, passant allégrement de la ballade quétaine au rock hardcore avant de swinguer la baquaise dans le fond de la boîte à bois et de blues-rocker sur une envolée oratoire de Michel Chartrand.
Un happening d’avant-garde
Pour quelques milliers de têtes chercheuses et tympans insatisfaits des normes émises par la musique dite
Jusqu’à lundi soir, le plus important happening de musique d’avant-garde à l’est de ce continent présente une multitude de concerts fascinants. Pas moins de 22
Cette année, le clou du FIMAV risque d’être le concert d’un Québécois
Dimanche et lundi, on retiendra le concert du brillant pianiste afro-américain Anthony Davis, sans compter l’ensemble de musique nouvelle de VilnIus et la formation japonaise After Dinner. Moldavie, Lituanie, USA, France, Japon, Allemagne, Québec, Grande Bretagne… Jamais le FIMAV n’a été aussi international, aussi représentatif de la nouvelle Europe et de la planète musique. Sur papier en tout cas, cette programmation semble des plus excitantes.
Le trésor de la langue, en concert
Si vous connaissez Le trésor de la langue de René Lussier dans sa version disque, vous étes sûrement très curieux d’en connaitre la version scènique. Ce trésor prendra forme de concert ce soir, à 22 h, au Grand Caté de Victoriaville.
Cette fresque musicale, miroir de la langue parlée au Québec, était déjà un défi à réaliser sur disque, du fait du matériel et des techniques utilisées. Un matériel abondant allant d’extraits de discours célèbres (René Lévesque, Charles de Gaulle, etc.), jusqu’aux expressions les plus quotidiennes. Une technique qui calque l’enveloppe des mots et des phra ses parlées, pour en faire un discours musical en parfait synchronisme avec la langue.
Sur scène
Il est intéressant de souligner que les musiciens choisis pour créer la version scénique du trésor, proviennent de milieux et d’influence disparates (folk, country, électroacoustique, contemporain, jazz… ).
Mais là où il n’y aura pas de changement, c’est au niveau de l’impact. Le méme que l’on a ressenti sur disque.
Donne ta langue, trésor!
Les deux sœurs de Trois-Rivières, l’anglaise de Québec, le gars du Irving, mme Xavier Martin, le message d’la reine, le manifeste du FLQ et le p’tit Jésus de M. Chose. Kossé ça
(Style journalistique de circonstance) Le moins que l’on puisse dire, c’est que les explorations musicales de René Lussier sont indescriptibles. Dans les années 70, il faisait partie de Conventum, la première véritable formation de musique actuelle au Québec. Après la dissolution du groupe, Lussier sort deux disques dans les années 80 avec les Granules, un duo musical satirique qu’il forme avec Jean Derome. En 1989, il met sur le marché un troisième album solo, Le Trésor de la langue, un collage sonore de documents d’archives et de gens interrogés sur la route entre Québec et Montréal. La même année, le disque de Lussier se mérite le prix Paul Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française.
Après le disque, René Lussier montera sur les planches avec six musiciens à Victoriaville pour présenter la version en spectacle du Trésor de la langue.
Dans le débat constitutionnel actuel, il y a lieu de se demander si René Lussier va en profiter pour nous livrer un message nationaliste dans son spectacle.
La nouvelle coqueluche de la critique montréalaise, Richard Desjardins, participera au spectacle de Victo. Lussier et Desjardins collaborent depuis plusieurs années.
Après Le Trésor de la langue, René Lussier prévoit sortir d ici Noël un nouvel album des Granules qui s’intitulera Le Royaume du silencieux.
Offbeat new-music festival features evocative “Trésor”
René Lussier’s hand weaves through the air like some crazed mosquito. “You say weird melodies every day, and very complex melodies too, when you talk,” the guitarist and composer says. His hand continues its agitated path, to illustrate what he’s talking about.
He hums along, an insistent, nagging stream of nonsense syllables that, sure enough, rather rcsembles the contours of speech.
Lussier knows whereof he speaks, or in this case, hums. Two years ago, the unassuming avant-gardist released a stupefyingly ambitious map of those vocal contours, an amusing, confusing and fascinating record called Le Trésor de la langue.
A stew of sounds
Years in the making, a thick stew of archival voice recordings, person-inthe-street interviews and painstaking musical accompaniment, it was a heartfelt tribute to language — the French language,version Québécoise — that immediately solidified Lussier’s position as the darling of Québec’s musical avant garde.
Now he’s getting ready to tackle the mammoth project again. Live, in concert. The prospect clearly scares him half to death. Lussier puts the blame for his fix on Michel Levasseur, the organizer of the Festival de Musique Actuelle de Victoriaville, a world-famous celebration of annotated anarchy that, every Thanksgiving weekend, turns the sleepy little town into a bastion of music’s anti-establishment establishment. “For two years, Michel has been saying, hey, you’ve got to do it (perform Le Trésor de la Langue live),” Lussier said. “It takes somebody who’s not a musician to suggest that, because it’s impossible.”
Still, there’s something attractive about attempting the impossible, so Lussier finally caved in. Friday, at Victoriaville’s Grand Café, Le Tresor will go live. It promises to be the highlight of a heady five-day festival. And it won’t be a simple recreation of the CD. In his 1 5-year career of improvisation and unpredictable composition, Lussier hasn’t gained much of a reputation for repeating himself, after all. In a series of rehearsals, Lussier and an eight-piece band have been looking for ways to tum the CD—achingly planned, mapped down to the second — into a flexible, unpredictable performance.
Touchstones of nationalism
Where the spoken word reigned on the CD, it’s the notes that will fly at Victoriaville. “I want the evocative power of the music to be stronger than the concept. “ But words, both recorded and spoken live, will still be there. And since Lussier takes some of the touchstones of Québec nationalism as his text, from Charles de Gaulle’s 1967. “Vive le Québec libre” speech to the FLQ manifesto, questions about his own political views will arise again. He’s content not to answer the questions. “The thing that I like the most is that people look at this project all differently,” he says. “Some people’are really excited about the politics, other people don’t f---ing care, they just want to see how (the music) is done.” How it’s done—how note joins with word in a marriage more intimate than the cheap fling of everyday song and Iyric—seems to be what fascinates Lussier the most, too.
“You can spend your whole life on this stuff,” he says distractedly. Then, after the briefest of pauses
Guitarist René Lussier adapts his award-winning La Trésor de la Langue for Victoriaville
Somewhere between the cultural straitjacket of the Arpin Report and the rampant eclecticism characterizing the music of the late 20th-century lies René Lussier and Le Trésor de la langue.
Picture a young guitarist honing the folkloric traditions of Québec during the Me decade in Conventum, yet hooked on a progressive musical revolution across the Atlantic in European groups like Henry Cow, Etron Fou Leloublan, Stormy Six, Magma, and Faust. Imagine a music where everyday sound, folklore, free jazz and social protest meet at the crossroads Québec has dubbed musique actuelle.
Put them together and you get Le Trésor de la langue, a painstakingly assembled musical composition inspired by the spoken word, an archival document that lives and breathes, an award-winning work (the Prix Paul-Gilson, awarded for excellence in radiophonic work) that’s souvrainiste in principle, yet not political. In short, music that’s neither fish nor fowl. Or, more appropriately, mi-figue, mi-raisin.
“It’s a funny thing,” says Lussier, relaxing in the kitchen of his renovated turn-of-the-century house by the shore of the Richelieu in bucolic Mont-St-Hilaire. “Québec will encourage anything that is in French. But the minute you’re doing music, even if you’re French, you have to get some help from outside Québec. It’s not like the printed word, like books or the theatre. To cultural bureaucrats, instrumental music doesn’t mean that it’s culturally French. They’ve got a problem with their brains in this sense. “
Lussier counts the early inspirations for Le Trésor de la langue
Above all, it was the sing-song timbres of everyday speech he wanted tocapture. “There’s always something melodic in everyday talk. So much music all around us. In talking, there’s very complex rhythms and melodies, often all in the same breath. Sometimes more complex than contemporary music. “
So, with Claude Beaugrand, a stack of tapes and a Nagra, Lussier set out on the road for Québec City.
Lussier and Beaugrand certainly had it easier than the first archivists in the 1950s, who ran a long wire and microphone from their running cars (to provide current for the huge recorders) into storyteller’s shacks in the countryside, capturing the legend of Ti-Jean or the tale of the Crooked Man for posterity.
“My original idea was to do a compendium of different accents in French in Québec. I was listening to one woman’s tale, and I didn’t understand a word. I was just writing phonetically. And it wasFrench. It was not so far from here. There’s some people who have very strong accents. And it’s not dialect. At a point I decided to not become a monk, I left that to the linguists. “
On the record Lussier thanks two people for their collaboration and their complicity Claude Beaugrand and Richard Desjardins. Beaugrand is an old friend, a skilled sound tech who was at home recording in the field.
“At the beginning we were so shy,” recalls Lussier. “I didn’t have much experience in interviewing people, like you do. You’ve got a purpose, you have a subject, a list of questions. We didn’t. Even Claude, who had done a lot of documentaries, didn’t have a camera to hide behind. “
The question they wound up asking—Is it important to speak French in Québec
Enfin Oui René
Needless to say, many of the interview subjects responded in the positive. Add to this excerpts from speeches by Charles de Gaulle and an extract from the FLQ Manifesto, and, at least on the surface, Le trésor de la langue appears to resonate with nationalistic vibes, a sort of Enfin Oui René set to music.
“I was excited about those speeches, probably more about the FLQ than De Gaulle, but my initial idea was not to provoke,” Lussier claims. “lt was me learning my own history. When I went to get those archives through CBC or other sources, I was acquiring pieces of my history that I wasn’t aware of when they had happened.
“Some people of course saw it as a nationalistic statement. I didn’t consciously write it that way, I see it more as a historical work, with others might say it’s a linguistic work, or a musical work. I did think it would freak out a lot people at the state radio. So people at Radio Canada really like it, while others said it’s really interesting, but we’re gonna have problem with this FLQ stuff. “
Many have asked Lussier if province’s political climate play any part in the release of the album but he takes the fifth. “Personaly I’m not so interested in the nationalistic politics. I think they’re laugh,” he says. “ln Québec, we have some problems we’d like take care of ourselves. I can understand that. But when they wan build a cultural bureaucracy it will judge if a book, a record, art work, a play, is worthy of be produced or not, that’s dangerous. That’s going to be a big probem. For all of us. “
A few humble suggestions on how to improve annual extravaganza
Now’s the time to showcase an other avant-gardist, Montréal guitarist René Lussier. He has a real audience — a respectable number came to his Spectrum show during last fall’s New music America festival
More important, as his album Le trésor de la langue showed, Lussier gives eloquent expression to Québécois nationalism, wich isn’t exacly likely to fade away by summer. Publish disclaimers (“The opinion expressed in this concert are not necessarily… “) if you want but seize the chance to give this festival some political bite.
Interview [with René Lussier]
A growing interest for
Perhaps
••• You use Québec traditional music in your work, often with humor. Why
I started to stamp my feet when I was playing reels with
That was at the time of the 1976 nationalism growth, during the last stretch to the 1980 referendum that I was discovering traditional Québec music. I was thrilled by it, for was it was. I even build an electric footboard so the stamping can be amplified.
The defeat of the referendum caused the death of traditional music. It was dropped quite violently. A total reject. So I was learning to play that music at a time when the majority in Québec was renouncing its musical origins which were associated with the independence movment. When the referendum was lost, tradional music was representing a failure and it went down the drain.
In the case of the duo with
••• In those cases, it is a Folk “flavor” but
It continued to develop. I met Jean Derome who’s a fan of Soldat Lebrun, of French Canadian songs from the beginning of the century. One day he said
We naturally came to look into that repertoire. But we don’t play that many songs. If we were doing any at the time, if we were inspired by them, it is because we like them. It was somewhat against the current since most Québécois were pushing that music away. I felt it was strange to disregard our roots, our origins, the stuff we’re made from… so I still play Folk songs.
••• There are also originals songs that are “ Folk”. I am referring to the song about unemployment insurance (on the Absolute CD)… It’s in the style of a fun fair.
•… where the lyrics are part of the “contemporary folklore” of Québec, of Canada…
The text was written by the Department of Employment of the Government of Canada.
••• But is Folk music only another sound source
It is one sound source amongst many others. I’m interested in Folk music as much as I am in contemporary music, progressive rock or Ornette Coleman’s Free Jazz. I equally like Messian — in the right context — Louis Tipou Boudreau, Johnny Winter, or Naked City. It’s the idea to not refuse anything. Æsthetically, I do not reject anything. It is quite clear that by playing those pieces we are making a link with folklore. But we somewhat stay off-mainstream. Instead of trying to have the same sound as everybody else, we have our own material and background, our own references. It is attached to our national identity. Somewhere we’re still for the independence. We were born in that environment
••• And politics
The work we do is to compose, to perform and to improvise our music which deals with a large variety of issues. This being said, there is a political side if one wants to see one. We talked about political issues in our music with humor, with Folk, with out of control things and incontrollable things too. There are pathetic moments as well. We have fun when playing the song about unemployment insurance with the polkas… but it also has its moments with incredible chaos. I never considered myself as a politically involved musician. I feel more involved now, but that is because I am hired more. But I was never given any gifts. If we made albums, shows and tours, it is because we created our own gigs. We made a lot of music for film, making our living for a while.
What’s special in Québec, because we’re French speaking, is its isolation both on the cultural and geographical levels. The door isn’t that open to go to the USA (where we have performed because we were playing with other musicians). In Canada, we just started to play there.
So you either stay in Québec or you go a little bit in Europe (and that’s every time a big thing). The musicians who write and perform are obliged to renew/refresh themselves quite often. You cannot play the same show a large number of times here. It isn’t like in the USA or in Europe. Thus the musicians have written a lot and been through all kinds of musical experiences.
Elsewhere in America — and that’s very surprising — it isn’t as strong culturally. Not because they don’t have any talent. It is rather because their cultural environment has not put as much pressure on them as our own has here. It think that’s important, I may be wrong…
••• When you perform Folk flavored songs (such as the unemployment insurance one) in French in… Winnipeg, what is the reaction of the public
When we play in places where they don’t speak French, we try to make ourselves understood. I don’t want to be cut from anyone. I want the people to be concerned with what we’re doing, when we’re there, with them. We’ve succeeded in bringing them in the room, that’s already something. So we take care of them. In the case on the song on unemployment insurance, we tell them that, anyway, it’s the same thing. We’re singing in French, but it is the same thing in English. There’s enough people on unemployment insurance in Manitoba for them to know what we’re saying. The questions are also in French on their cards.
••• What about humor in your music
It is a key. We don’t prepare jokes. We places ourselves in a humorous mood, just like we place ourselves in a improvisation mood or in a performance mood. Humor is used also to have fun and to reach the public. Sometimes we really need all of our resources, including humor, but not only humor. It is like Eugene Chadborne who uses humor to make his music reach out. I, too, don’t do stand-up comedy, I do music.
••• And with
The so-called alternative music and improvisation sphere is quite a harsh environment. For many, being a musician it’s dealing with career plans. We don’t care much about our careers. We continue to play. We’ve been on our own since the beginning… We did get support, at times. We’ve always done our music our way, without compromise and trying to have fun doing it.
•••
But there is something that is clear
••• Where do you place yourself in the musical panorama of Montréal
Between four chairs… I’ve never associated myself to the world of Jazz music because I don’t know how it’s made. I don’t have neither the background nor the ability as a performer for Jazz. I listen to it… Mingus, Ellington, Dolphy… and I appreciated it too, but without associating myself to that style.
But I’ve improvised with Jazz musicians. I think that improvisation is a common ground for many styles. Musicians interested in improvisation may eventually work together. The common ground is the liberty, the maximum of openness.
In Montréal, I fell like an “illegitimate” musician
••• How do you see Montréal’s music panorama
The Jazz becomes more and more sophisticated. There are very clever and skillful Jazz composers, very solid musicians in Montréal (such as Pierre Cartier, Jean Baudet, Michel Ratté), super musicians who are associated to Jazz because it’s the style that resembles most what they do. There’s the new music community, with composers, which has certain similarities to Rock or improvisation (to name three
For example Alain Thibault fills in the gap between contemporary music, electroacoustics and… pop. With
There are many musicians and there is a lot of music created in Montréal. As I say earlier, musicians are forced to compose more because of the small size of the community and to renew their material a lot to be able to live. The musical community in Montréal is in good health but the industry didn’t follow (and that’s not unique to Montréal). In Canada, outside Québec, there are not as many musicians working in free improvisation. Jazz is quite strong in Canada. But I don’t know everybody. Most of the interesting people are hidden. Hidden because the industry is to impermeable/impervious to them or because they’ve abandoned the idea of making themselves heard and have preferred to continue to do what they want to do.
••• What are the differences in support from the governments, the institutions or the concerts societies for the “composers” and the “improvisers”
There are all of the differences. The composers are a lot more supported. It’s always been a management anarchy for the improvisers. Usually, improvisers don’t play in a band on a permanent basis. Musicians get together to share a language which is improvisation. There has been sporadic projects, but none were ever “institutionalized.”
On the other hand, composition — we know — is a lot more supported. Another difference is that composers work alone. The solitary composer
Furthermore, the performing rights societies don’t give anything to improvisers because they consider that on an eight minute piece there is about 30 seconds of composition.
••• So, economically speaking, improvisers are on their own
We’re on our own. It’s a sideline. I don’t make a living with it, but it makes me alive. It is with composition for film, for the concert that I make a living. Improvisation brings in a little bit of money, but never as much as film music does.
Review
Le manifeste du musicien
Le Trésor de la langue de René Lussier est un disque choc. Il y a longtemps qu’un enregistrement n’avait eu sur moi l’effet d’un tel coup de foudre. Est-ce dû à son originalité
René Lussier, guitariste, multi-instrumentiste, électro-acousticien, s’est fait une réputation de chercheur de sons. Avec son fidèle partenaire Jean Derome, il a toujours travaillé à dé- et recontextualiser les sonorités de notre environnement. Plutôt que de créer des sons nouveaux à l’aide de synthétiseurs, il puise à même notre habitat musical. S’il y a des voyeurs, Lussier est, quant à lui, un écouteur. Son oreille guette le moindre bruit dans le but de le relocaliser et de lui donner, par le fait même, une signification insoupçonnée. Le Trésor de la langue est donc en quelque sorte l’aboutissement d’une recherche commencée il y a déjà une dizaine d’années
Du bon travail
Lussier a fait parler les gens de la rue et les a enregistrés, il a réécouté des paroles politiques fort connues, il a interviewé les petites gens et leurs frustrations. Cette banque langagière a ensuite été transcrite sur partitions musicales de façon à rendre les mélodies, les motifs, les rythmes propres à ces paroles. Une fois ce travail accompli, Lussier a orchestré ces partitions en y superposant des instruments comme la guitare sèche, le violon ou le trombone qui suivent, grâce à un synchronisme parfait, le débit de ces paroles. Le résultat est fascinant puisque nous entendons un chant jusqu’alors imperceptible. On ne peut s’imaginer toute la musique qui se cache derrière des paroles, même fort insignifiantes.
Ce qui vient d’être décrit demeure avant tout intéressant pour le musicien sensible à la technique de son art. On est frappé par la précision de la dictée musicale, par l’intelligence de l’orchestration, par la qualité du mixage, mais ce beau travail n’aurait été qu’un beau travail, rien de plus, s’il n’avait relevé le défi de découvrir, par la musique, un sens à ces paroles.
Politique et musique
Le Trésor de la langue s’organise à partir d’une quête
On le voit, le choix des paroles (le Référendum, de Gaulle, le manifeste du F.L.Q., la Française, l’Anglaise, etc. ) implique une position politique. Ce que Lussier a pressenti et qui devient de plus en plus évident à l’écoute de son disque, c’est que la musique, utilisée de cette façon, est bien plus qu’un simple support à un projet politique, elle en constitue peut-être même l’essence.
Le trésor de la langue: Un Québec éclaté
Une œuvre artistique qui traduit la réalité sociale dans toute sa globalité mérite qu’on lui porte attention et analyse. Sensible à son époque et à l’histoire, René Lussier a surmonté le défi de nous entretenir de la langue sans tomber dans les platitudes nationaleuses. Sa fresque musicale, Le trésor de la langue, sortie en format vinyle et en disque compact au mois de janvier dernier, pose les bal ises du Québec contemporain et virtuel, une culture québécoise à plusieurs dimensions qui ne s’épuise pas à la seule question linguistique.
Une œuvre à plusieurs sens
D’emblée, Lussier nous propose un projel musical complexe et aventureux
Les voix se trouvent accompagnées par un instrument, le plus souvent la guitare ou le violon, donnant l’impression de chants. L’interaction parolel musique est à ce point forte qu’on se demande, aprés écoute, si ce n’est pas plutôt la parole que l’auteur a voulu coller à une musique déjà écrite. Mais alors que cette musique seule pourrait se justifier, si l’on accepte l’idée d’ume musique contemporaine où les notions de mélodie, d’harmonie et de rythme sont différentes, le lien parole/musique enchâssé dans une tapisserie musicale bigarrée produit une œuvre puissante par les multiples chemins ainsi créés.
Avant tout, cette musique générée par les mots ne suit pas une trajectoire bien déterminée lorsque jouée sans paroles. La direction musicale indécise s’accentue davantage puisqu’une phrase répétée n’est jamais pareille. C’est donc vers le hasard que nous conduit le travail de Lussier.
Autre piste explorée dans Le trésor de la langue
En continuation directe avec le travail entrepris ailleurs (voir REBELLES, vol. 1, no. 4), Lussier laisse une place majeure à l’improvisation des instrumentistes, relançant toujours plus loin la dialectique de l’improvisation et de la composition dans une œuvre. Ce n’est pas sans me rappeler, avec bonheur, la musique de Frank Zappa et de John Zom dont les ponts communs sont la simultanéité, la discontinuité et la diversité des sources sonores et musicales, et bien sûr l’humour.
Le travail de studio (entre autre, le mixage) est partie intégrante de la conception générale. L’audition avec casque d’écoute permet de constater la vivacité musicale, la séparation puis l’assemblage entre les paroles et leur mélodie particulière, ainsi que les différentes orchestrations. Bref, pour qui veut y porter attention, la pièce a des richesses qui se laissent découvrir en plusieurs moments.
Politique
Telle une odyssée, Le trésor de la langue plonge dans la quête de l’identité. En faisant alterner des gens qui répondaient à la question
À un niveau plus profond, il montre l’identité culturelle et sociale du peuple québécois dans leur appropriation originale de la langue française et les modalités de sa survie dans un contexte nord-américain d’acculturation. Le langage quotidien des gens, une manière de
Une radiographie sociale
Gagnant du prix Pani-Gilson- 1989 de la Communauté des Radios Publiques de Langue Française (CRPLF), René Lussier a réussi un exploit hors du commun. Il faut comprendre que le thème, la langue parlée au Québec (que plusieurs, au sein de la francophonie, considérent tout juste comparable à un dialecte du français de Paris) et le style de musique
Le véritable tour de force tient dans le résultat percevoir, aprés l’absorption d’une telle musique, la radiographie vivante d’une société. Percevoir le présent et les contours du futur
Speech as musical treasure. Bold, brilliant track charts Québécois language
Language is music to his ears
René Lussier has mined the rich musicality of Québécois French and literally turned speech into music. His bold, brilliant record Le trésor de la langue traces the history of his mother tongue, representing a timely contribution to the language debate and an artistic breakthrough for the young composer.
Le trésor de la langue is important
Lussier, a self-taught avant-garde guitarist, spent more than two years taping interviews and colleaing archival recordings —Charles de Gaulle’s “Vive le Québec libre” speech René Levesque’s referendum-night concession speech and lesser-known snippets.
Then he wrote, for an 11-piece ensemble, music to match the rhythms of every word. That’s quite a tas~ It means you need an ear musical enough to hear, for instance, that Ç’é ca qu’on va faire translates into a pick-up, triplet eighths, and a quarter note if you put a rock beat behind it. Then you need to repeat the trick over and over for nearly an hour’s worth of speech.
The point of it all is to illustrate the wonderful music of everyday speech —the treasure of language, indeed. And because Lussier chooses Québécois as his text everyday and landmarks of nationalism—plus a reading of the FLQ manifesto—it’s clear enough which language he treasures, and alrnost as clear what political inferences he draws.
This is not easy listening. The dissonance of conversation is made clearer when filtered through Lussier’s mind. But there’s something here to amuse, intrigue, and certainly lo enrage any listener who cares about music, language and culture.
Critique
René Lussier est surtout connu dans les milieux dits alternatifs. Il est même une vedette attitrée du Festival international de la musique actuelle de Victoriaville depuis plusieurs années. Guitariste. bassiste et compositeur il a une feuille de route bien remplie. Il a joué dans le groupe Conventum. dans l’ensemble de musique improvisée de Montréal (EMIM)
La véritable originalité de ce disque réside dans son concept et dans son procédé unique de composition. Le point central se trouve dans la question initiale
Au départ, nous retrouvons des
Lussier procède souvent par tâtonnements et essais. Il l’admet d’ailleurs lui-même
Le sujet de la langue se prête à de hautes dissonances, non seulement politiques, mais musicales. Voici probablement un point qui en rebutera plus d un
Le Trésor de la langue s’avère un disque important, sunout à cause de son sujet, la langue française. Mais, sur le plan musical, le résultat n’est pas des plus probants
Discos
Narrar aqui la trayectoria del compositor, improvisador y productor canadiense René Lussier es harto dificil dada la capacidad metamórfica que posee para travestir su estilo en mil y un formatos. Prueba evidente es la cantidad de nombres que se le asocian
Entre sus obras, y aparte de su abultada discografia, hay que señalar también sus bandas sonoras para más de cuarenta peliculas, amén de sus obras de encargo, o las inmunerables colaboraciones con otros músicos. Todo ello reconocido a través de los premios concedidos por diversas agrupaciones que lo acreditan como uno de los grandes compositores contemporáneos.
Su discografia resulta tan sorprendente como inesperada, el rock más inteligente, la improvisación o la investigación electroacústica son sus géneros predilectos.
Review
Fair enough, we’ve heard plenty about records made like movies. Yet there’s no other way to describe Rene Lussier’s ambitious, astounding document.
Lussier’s recent Winnipeg gig with partner Jean Derome was productively rambunctious and intuitive. Le Trésor de la Langue (The Treasure of Language) is controlled and methodical—another world entirely, but equally exciting.
Drawing from his research of the oral francophone traditions of his native Québec, Lussier weaves a dense, glittering tapestry of words and music. Speakers and instrumentalists (including Lussier, Derome, Fred Frith, trombonist Alain Trudel and cellist Tom Cora) play with field recordings of the spoken word, often playing virtual phonetic melodies keyed to the cadences of speech De Gaulle’s infamous Vive Québec libre speech and the FLQ manifesto are folded in, as are hot and cold bursts of Lussier’s guitar, brass jollity and much, much more.
René Lussier cherche le son derrière le mot
La langue. La langue parlée, et non écrite, est le sujet du nouvel album de René Lussier, guitariste et compositeur. La langue de bois et la langue du bitume, la langue de salon et la langue épicée, la langue claire ou sombre, la langue dans tous ses états, la langue qu’on emploie à toutes les sauces a été mise en notes.
La langue et son enveloppe sonore qu’on a baptisé
Ce projet à la fois original et ambitieux, dans le sens le plus noble du terme, Robert Lepage l’a expliqué ainsi,
Question de méthode, voici maintenant comment les choses se sont déroulées. Il y a deux ans et demi René Lussier et un de ses complices travaillant dans le milieu cinématographique, soit Claude Beaugrand, sont partis à la chasse aux mots et aux sons. Ils ont loué une auto qu’ils ont baptisée le
Au cours de ce périple de cinq jours,
A ces petites phrases dites à haute voix, Lussier a ajouté des
Musicalement, le travail accompli a été fait en étroite collaboration avec le saxophoniste et flûtiste Jean Derome, le guitariste britannique Fred Frith, le contrebassiste Claude Simard, le tromboniste Alain Trudel, alors que Claude Beaugrand était en charge des Ambiances magnétiques.
Pendant deux ans et demi Lussier a donc enregistré des paroles. Ensuite, il a transcrit leur enveloppe musicale sur la portée musicale. Puis, il a fallu arrangé. n a fallu trouver la note du mot qui correspondait à la note de la clarinette, de la guitare et autres. Un véritable travail de bénédictin.
Le résultat de cette aventure unique dans les annales est étonnant détonnant. Rien n’a été fait à l’aune de la gratuité. Tout a été fait avec soin. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’une production qui s’écoute confortablement. Nous sommes à mille lieux du racolage sonore. Nous sommes dans notre propre musique. Celle de chaque instant du jour ou de la nuit. Le trésor de la langue,
Critique
Paroles de musicien
On appelle ça un disque important. Et même
L’idée de départ est pourtant toute simple
La pertinence des extraits qu’il a choisis ne fait aucun doute. Que ce soit de Gaulle et son célèbre Vive le Québec libre (
Guitariste autodidacte et as de la musique improvisée, Lussier a remporté, avec Le trésor de la langue, le prix Paul-Gilson de la Communauté des Radios Publiques de Langue Française (CRPLF), prix couronnant normalement une composition de musique contemporaine. Avec ce contenu plutôt subversif, imaginez la surprise de la société d’État, prise au piège de la diffusion de cette œuvre… La prochaine étape pour Lussier est maintenant de monter Ie concert, mission quasi impossible…
Review
For years, Montréal guitarist and provocateur René Lussier has been aggressively cataloguing and documenting French language and culture, with a guitar in one hand and a tape recorder in the other. Lussier’s research reaches a timely apothe osis on his latest release, a vital examination of the language issue in Québec. Two language historians embark on a trip to Québec City to visit the National Language Archives. Along the way, Lussier’s arrangements and instrumentation both echo and throw into relief the musicaiity of the Québécois tongue (an English woman struggling with French directions is an edifying and hilarious highlight). Recalling the multilingual jazz/art jumble of Heiner Goebbels’
Critique
C’est ainsi que débute la pièce musicale Le trésor de la langue de René Lussier, qui vient de remporter, en mars dernier, le prestigieux prix Paul-Gilson (musique) 1989. Insigne honneur pour ce jeune compositeur de 32 ans, ainsi que pour le Service musique radio de Radio Canada qui n’avait pas remporté ce prix depuis 26 ans. D’une valeur de 10 000 francs suisse, il fut décerné à l’unanimité par les jurés de la Communauté des radios publiques de langue française (CRPLF), réunis cette année à Bruxelles.
Pourtant, René Lussier n’est pas connu comme un compositeur de musique contemporaine.
Compositeur, René Lussier joue de la guitare, de la basse, des tambours et des percussions, en plus de jouer des voix, des micros, des magnétophones, des mixeurs et autres appareils, comme des instruments. Autodidacte, il n’a qu’une passion
Membre d’Ambiances magnétiques, un regroupement de musiciens et musiciennes de même
Depuis quinze ans, il a fait de nombreux spectacles avec une douzaine de groupes dont Conventum, Arpège, Les 4 guitaristes de L’Apocalypso Bar, Les granules, etc. Comme si ce n’était pas suffisant, il contribue à une quarantaine de musiques de films, dont celle du dernier film de Jacques Leduc qui vient de prendre l’affiche à Montréal avec grand succès,
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Dans le document accompagnant la pièce, le scénario est raconté comme suit
C’est là qu’ils découvrent Le trésor de la langue
Donc, on se retrouvait avec un os, sans viande autour. On n’avait pas grand chose
De plus, j’avais pensé à Octobre ‘76, au manifeste du F.L.Q., à De Gaulle, à des points importants de l’Histoire du Québec, que j’ai été chercher par la suite à Radio-Canada. Alors le voyage est interrompu par des éléments politiques qui prennent beaucoup de place. Je n’ai pas la prétention d’être un historien C’est même plutôt l’inverse
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Après cette étape, on entrait en studio pour enregistrer l’instrument qui allait suivre la voix, phrase par phrase. Comme il n’y a aucun rythme standard dans la parole, ce n’est pas facile d’aller le chercher, de le suivre avec un instrument. Il y a une détermination, une précision dans la voix. Elle est souvent plus complexe rythmiquement, que la musique contemporaine
Une fois la voix doublée par un instrument, ce n’est pas fini. Il faut faire la musique maintenant, les chansons, les orchestrations, sur toutes sortes de rythmes
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Le trésors de la langue est une œuvre audacieuse, qui explore un
Review
Pop music is rainproof,” observed René Lussier. back in 1984 on the release of his first album, Fin du Travail (Version 1).
“We are the rain” At the time, the “we” of the guitarist’s tidy metaphor was a small community of musicians in Montréal, French-Canadians who shared a similarly inquisitive perspective on contemporary music.
In the years since, during which time a few additional Lussier albums have been released—among them, the free-blowing Chants et danses du monde inaminé in collaboration with reedman Robert Lepage, and a pair of albums (the meticulous Soyez vigilant… restez vivants and the just released Le retour des granules) assembled with multi-reedist Jean Derome— his “rwe” has taken on an international dimension. Another album, a collaboration with New York guitarist Fred Frith that also involves members of David Moss’ Dense Band and the German trio Cassiber, was recorded live at the Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, and issued under the Québec festival’s own Victo label.
Lussier, 30, has had a remarkably productive career in Montréal, initially in progressive-rock, film, theatre, and jazz, and now with a unique music that draws deeply on French-Canadian traditions. He mixes old and new freely, folk reels and rhythms with free improvisation and post-Hendrix sonics— a kind of Québécois Van Dyke Parks travelling in a material world, and on a budget at that.
His recordings, released under the co-op Ambiances magnétiques label, have a cinematic quality, with a sense of montage, of manipulated image, and of real time and place. For his recording with Frith, both the musicians and the hall were micted, and the ambient sound—the conversations back at the bar, for example—is integral to the finished work. He is careful not to lose the human element in his music
“We are not into industrial music. Yet. Everything is possible, of course’… “ He admits that he has bought an old synthesizer, one of the earliest available commercially, but he is cautioned by the memory of recording Soyez vigilant… restez vivants. “Jean Derome had a really old synth that didn’t work all the time. We’d take it out, open it up, fix it, bring it back to the studio
With or without the DX-7s, though, his music would remain very specific to René Lussier and his milieu. That, surely, limits its potential audience. Lussier sees it differently “The more you are grounded in your own culture,” he says now, “the more you have something to say to other people.”
