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Review
Fair enough, we’ve heard plenty about records made like movies. Yet there’s no other way to describe Rene Lussier’s ambitious, astounding document.
Lussier’s recent Winnipeg gig with partner Jean Derome was productively rambunctious and intuitive. Le Trésor de la Langue (The Treasure of Language) is controlled and methodical—another world entirely, but equally exciting.
Drawing from his research of the oral francophone traditions of his native Québec, Lussier weaves a dense, glittering tapestry of words and music. Speakers and instrumentalists (including Lussier, Derome, Fred Frith, trombonist Alain Trudel and cellist Tom Cora) play with field recordings of the spoken word, often playing virtual phonetic melodies keyed to the cadences of speech De Gaulle’s infamous Vive Québec libre speech and the FLQ manifesto are folded in, as are hot and cold bursts of Lussier’s guitar, brass jollity and much, much more.
René Lussier cherche le son derrière le mot
La langue. La langue parlée, et non écrite, est le sujet du nouvel album de René Lussier, guitariste et compositeur. La langue de bois et la langue du bitume, la langue de salon et la langue épicée, la langue claire ou sombre, la langue dans tous ses états, la langue qu’on emploie à toutes les sauces a été mise en notes.
La langue et son enveloppe sonore qu’on a baptisé
Ce projet à la fois original et ambitieux, dans le sens le plus noble du terme, Robert Lepage l’a expliqué ainsi,
Question de méthode, voici maintenant comment les choses se sont déroulées. Il y a deux ans et demi René Lussier et un de ses complices travaillant dans le milieu cinématographique, soit Claude Beaugrand, sont partis à la chasse aux mots et aux sons. Ils ont loué une auto qu’ils ont baptisée le
Au cours de ce périple de cinq jours,
A ces petites phrases dites à haute voix, Lussier a ajouté des
Musicalement, le travail accompli a été fait en étroite collaboration avec le saxophoniste et flûtiste Jean Derome, le guitariste britannique Fred Frith, le contrebassiste Claude Simard, le tromboniste Alain Trudel, alors que Claude Beaugrand était en charge des Ambiances magnétiques.
Pendant deux ans et demi Lussier a donc enregistré des paroles. Ensuite, il a transcrit leur enveloppe musicale sur la portée musicale. Puis, il a fallu arrangé. n a fallu trouver la note du mot qui correspondait à la note de la clarinette, de la guitare et autres. Un véritable travail de bénédictin.
Le résultat de cette aventure unique dans les annales est étonnant détonnant. Rien n’a été fait à l’aune de la gratuité. Tout a été fait avec soin. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’une production qui s’écoute confortablement. Nous sommes à mille lieux du racolage sonore. Nous sommes dans notre propre musique. Celle de chaque instant du jour ou de la nuit. Le trésor de la langue,
Critique
Paroles de musicien
On appelle ça un disque important. Et même
L’idée de départ est pourtant toute simple
La pertinence des extraits qu’il a choisis ne fait aucun doute. Que ce soit de Gaulle et son célèbre Vive le Québec libre (
Guitariste autodidacte et as de la musique improvisée, Lussier a remporté, avec Le trésor de la langue, le prix Paul-Gilson de la Communauté des Radios Publiques de Langue Française (CRPLF), prix couronnant normalement une composition de musique contemporaine. Avec ce contenu plutôt subversif, imaginez la surprise de la société d’État, prise au piège de la diffusion de cette œuvre… La prochaine étape pour Lussier est maintenant de monter Ie concert, mission quasi impossible…
Critique
C’est ainsi que débute la pièce musicale Le trésor de la langue de René Lussier, qui vient de remporter, en mars dernier, le prestigieux prix Paul-Gilson (musique) 1989. Insigne honneur pour ce jeune compositeur de 32 ans, ainsi que pour le Service musique radio de Radio Canada qui n’avait pas remporté ce prix depuis 26 ans. D’une valeur de 10 000 francs suisse, il fut décerné à l’unanimité par les jurés de la Communauté des radios publiques de langue française (CRPLF), réunis cette année à Bruxelles.
Pourtant, René Lussier n’est pas connu comme un compositeur de musique contemporaine.
Compositeur, René Lussier joue de la guitare, de la basse, des tambours et des percussions, en plus de jouer des voix, des micros, des magnétophones, des mixeurs et autres appareils, comme des instruments. Autodidacte, il n’a qu’une passion
Membre d’Ambiances magnétiques, un regroupement de musiciens et musiciennes de même
Depuis quinze ans, il a fait de nombreux spectacles avec une douzaine de groupes dont Conventum, Arpège, Les 4 guitaristes de L’Apocalypso Bar, Les granules, etc. Comme si ce n’était pas suffisant, il contribue à une quarantaine de musiques de films, dont celle du dernier film de Jacques Leduc qui vient de prendre l’affiche à Montréal avec grand succès,
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Dans le document accompagnant la pièce, le scénario est raconté comme suit
C’est là qu’ils découvrent Le trésor de la langue
Donc, on se retrouvait avec un os, sans viande autour. On n’avait pas grand chose
De plus, j’avais pensé à Octobre ‘76, au manifeste du F.L.Q., à De Gaulle, à des points importants de l’Histoire du Québec, que j’ai été chercher par la suite à Radio-Canada. Alors le voyage est interrompu par des éléments politiques qui prennent beaucoup de place. Je n’ai pas la prétention d’être un historien C’est même plutôt l’inverse
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Après cette étape, on entrait en studio pour enregistrer l’instrument qui allait suivre la voix, phrase par phrase. Comme il n’y a aucun rythme standard dans la parole, ce n’est pas facile d’aller le chercher, de le suivre avec un instrument. Il y a une détermination, une précision dans la voix. Elle est souvent plus complexe rythmiquement, que la musique contemporaine
Une fois la voix doublée par un instrument, ce n’est pas fini. Il faut faire la musique maintenant, les chansons, les orchestrations, sur toutes sortes de rythmes
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Le trésors de la langue est une œuvre audacieuse, qui explore un
Review
Pop music is rainproof,” observed René Lussier. back in 1984 on the release of his first album, Fin du Travail (Version 1).
“We are the rain” At the time, the “we” of the guitarist’s tidy metaphor was a small community of musicians in Montréal, French-Canadians who shared a similarly inquisitive perspective on contemporary music.
In the years since, during which time a few additional Lussier albums have been released—among them, the free-blowing Chants et danses du monde inaminé in collaboration with reedman Robert Lepage, and a pair of albums (the meticulous Soyez vigilant… restez vivants and the just released Le retour des granules) assembled with multi-reedist Jean Derome— his “rwe” has taken on an international dimension. Another album, a collaboration with New York guitarist Fred Frith that also involves members of David Moss’ Dense Band and the German trio Cassiber, was recorded live at the Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, and issued under the Québec festival’s own Victo label.
Lussier, 30, has had a remarkably productive career in Montréal, initially in progressive-rock, film, theatre, and jazz, and now with a unique music that draws deeply on French-Canadian traditions. He mixes old and new freely, folk reels and rhythms with free improvisation and post-Hendrix sonics— a kind of Québécois Van Dyke Parks travelling in a material world, and on a budget at that.
His recordings, released under the co-op Ambiances magnétiques label, have a cinematic quality, with a sense of montage, of manipulated image, and of real time and place. For his recording with Frith, both the musicians and the hall were micted, and the ambient sound—the conversations back at the bar, for example—is integral to the finished work. He is careful not to lose the human element in his music
“We are not into industrial music. Yet. Everything is possible, of course’… “ He admits that he has bought an old synthesizer, one of the earliest available commercially, but he is cautioned by the memory of recording Soyez vigilant… restez vivants. “Jean Derome had a really old synth that didn’t work all the time. We’d take it out, open it up, fix it, bring it back to the studio
With or without the DX-7s, though, his music would remain very specific to René Lussier and his milieu. That, surely, limits its potential audience. Lussier sees it differently “The more you are grounded in your own culture,” he says now, “the more you have something to say to other people.”
