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  • Musique de Thelonious Monk dans Club-culture

    «Critique», Francine Charrette, Club-culture, 1 janvier 2001
    lundi 1 janvier 2001 Presse

    Évidence, un trio fondé en 1985, formé de Pierre Cartier à la basse électrique, de Jean Derome au saxophone alto et de Pierre Tanguay à la batterie. Ce trio est entièrement consacré à la musique de Thelonious Monk, un des plus grands compositeurs de l’histoire du jazz. Je vous présente deux disques, l’un enregistré en 1992 et le petit dernier en 1999.

    Retrouvez un batteur époustouflant, capable d’intensité incessantes, avec une drive et un rythme à toute épreuve. On sent le plaisir de l’échange et du partage entre eux, émouvant, permettant des moments intenses. Pierre Cartier utilise toute l’étendue et les possibilités que lui offre la basse électrique, il joue avec une assurance et une maîtrise indéniable. Pour sa part, Jean Derome apporte de belles qualités sonores, parfois veloutées et limpides quelques fois dithyrambiques mais toujours en accord avec le style et la complexité de Monk. Il ne faut pas oublier que sa musique était visionnaire, osée et surtout, très avant-gardiste pour son temps.

    Le disque est bien ficelé, avec beaucoup de goût. L’impression d’aisance, de facilité, de plaisir qui s’en dégage est d’ores et déjà une leçon en soi.

    Deux disques au répertoire: Évidence Musique de Thelonious Monk et Evidence, Live à la Casa, toujours avec la musique de Thelonious Monk. Deux albums chargés d’émotion, d’humour, de rythmes et surtout, plus souvent qu’on veut généralement l’admettre, de douleur…

    Les arrangements respectent l’esprit de Monk, du solide joué avec authenticité. Round Midnight, Ask Me Now, soulignent à elles seules la grande complexité harmonique de ces compositions tout en gardant la tradition classique du jazz.

    Si vous aimez Monk, vous serez emballé par la qualité de ces deux albums.

    L’impression d’aisance, de facilité, de plaisir qui s’en dégage est d’ores et déjà une leçon en soi.

    La musique de mon disque, Pierre Tanguay dans ImproJazz

    «Critique», Alexandre Pierrepont, ImproJazz, no 71, 1 janvier 2001
    lundi 1 janvier 2001 Presse

    L’énumération des accessoires dont Pierre Tanguay s’est servi pour faire son disque et la musique qui va avec est tout un poème, comme en ces listes à la Prévert où n`intervient que le plus farfelu et le plus complice des hasards. Par ordre d’apparition: 3 verres à vin passés dans le ralentisseur (ultérieurement ils ne seront plus que 2 et ils seront accordés); 1 orgue a bouche thaïlandais, lui aussi passé dans le ralentisseur; 1 tambour marocain; 1 derbouka; la branche à Malcolm; le balafon et le ghatam; grognements de Pierre Tanguay; sifflement du même; beua, guimbarde, voix, petite vache (qui reviendra) et tourniquet-oiseau; tuyau périscope et flûte dans le tissu bleu; 3 bols à salade en acier; 2 petites boîtes à musique arrangées pour jouer ensemble; 1 poignée de cocottes de pin; 2 flûtes marocaines à anche incorporée, dont une est passée dans le ralentisseur (la seconde fois: les 2 «normalement»); 1 floor tom; 1 vrombissement de mixette à cocktail; 2 papiers sablés, un dans chaque main et on frotte (ce papier deviendra japonais sur un autre morceau); harpe brésilienne, boulier, 3 sonnettes d’alarme (employées 2 fois), un petit bois à katja, des craquements et des froissements de balais préalablement maganés; voix de Pierre dans le tuyau ti que nana, 2 fois; 2 pistes d’anche de bombarde bretonne sans la bombarde; 1 appeau à moineau; 1 tuyau tourné avec voix; 1 brassée de rideau de bambou; rack à 4 cloches; 2 bâtons de pluie, en shaker (ils seront 3 plus tard, mais sans shaker), 1 tama; clochettes à Dodik; 1 tôle en cuivre, ondulée; l’accordéon diatonique; des tablas; cloches à vache dans le ralentisseur; 1 Winnie the Pooh; du lead gazou; le tambour à Katia; le gros Kalimba de Pierre; 2 boîtes de balles de tennis en 2 contre 3; sac de récupération; plusieurs grillons de Saint-Jacques-le-Majeur-de-Wolfstown; 2 pistes de caxixis; la théière de la grand-mère de Pierre; 1 slap surprenant; 1 bouteillophone; 2 crécelles jouets; graines d’un arbre d’Amérique centrale; gréement de métal et balles de ping pong dans la machine à bingo; flûte locomotive, 2 fois; boite à café avec un spring; 3 grosses cymbales enregistrées de très prés; grincements de cymbale; petit bois; pieds et petit réel. Mais, «ce qu’il y a de plus beau dans tout ça», c’est la manière douce et friande avec laquelle Pierre Tanguay use de ces ingrédients pour fabriquer de toutes pièces, pour mijoter cette musique qui reste joueuse.

    Mais, «ce qu’il y a de plus beau dans tout ça». c’est la manière douce et friande avec laquelle Pierre Tanguay use de ces ingrédients …

    Live à la Casa dans Survivor Newsletter

    «Review», Tom Schulte, Survivor Newsletter, 1 janvier 2001
    lundi 1 janvier 2001 Presse

    This is not just a group’s tribute album to the great Thelonius Monk. Évidence has dedicated themselves since 1985 to performing and exploring his music. The trio reincarnates the great pianist’s music for alto sax, electric bass and drums. The disc opens with Straight, no chaser, one of the great standards Monk delivered to the jazz world. Throughout, the group does a commendable job at conjuring the spirit of this exclusive, post-bop genius> (4,5)

    This is not just a group’s tribute album to the great Thelonius Monk… the group does a commendable job at conjuring the spirit of this exclusive, post-bop genius.

    Tricotage, Joëlle Léandre, Danielle Palardy Roger dans ImproJazz

    «Critique», Luc Bouquet, ImproJazz, no 71, 1 janvier 2001
    lundi 1 janvier 2001 Presse

    Première rencontre? Rien ne nous l’indique, si ce n’est cette force des premières fois, tellement perceptible ici. À Joëlle la terre, l’enracinement, le terreau constructif. À Danielle la fausse fragilité, la légèreté céleste. L’une navigue entre jazz affranchi, improvisation radicale et musique contemporaine. L’autre surfe entre rock d’avant-garde, musique improvisée et conte musicale. L’une est autodidacte, l’autre pas. L’une voyage beaucoup, l’autre moins. Mais de cela, l’auditeur n’a cure et il a raison. Pas de spectaculaire ici mais de la présence avant tout. L’archet rapide, les balais tournoient, Joëlle cite un clair de lune, un chant tribal indien surgit, l’imprévue s’invite, ce vieil inattendue est encore au rendez-vous. C’est l’histoire des rencontres, des combats menés contre vents et marées. C’est l’histoire des décalages horaires, des fatigues et des courbatures. C’est l’histoire d’une musique (et de ces musiciens) qu’aucun marchand ne pourra jamais pervertir. C’est la rencontre de deux musiciennes qui jouent et tissent ensemble. Nous en sommes ici les témoins privilégiés.

    A Joëlle la terre, l’enracinement, le terreau constructif. A Danielle la fausse fragilité, la légèreté céleste.
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