Je savais (eh, j’ai bonne mémoire!) qu’Éric Normand était bassiste c’est pourquoi quand j’ai entendu les premières secondes de son Mattempa j’ai eu peur qu’il soit passé à la trompette ou au saxophone et qu’il s’y essaye en solo au chiantissime canardage de salive. Mais en fait non. Sur cette œuvre (la première d’une série) inspirée par l’écrivain Jacques Ferron (1921-1985), Normand dirige des amis à tour de (clé de?) bras: Raphaël Arsenault (violon), Antoine Létourneau-Berger (percussions), Philippe Lauzier (clarinette basse et sax soprano) et Alexandre Robichaud (trompette de poche).
Nos musiciens s’en trouvent embarqués sur des compositions inspirées par «le» Gaspé-Mattempa de Ferron dont un extrait est retranscrit. Mystérieux, le texte = mystérieuse, la musique. C’est une drôle d’ambiance, pour dire la vérité, qui plane et que peuvent faire éclater (mais seulement le temps de leur durée) une mélodie jouée ensemble par les vents ou un pas de deux improvisé. C’est en tout cas un bel hommage (de Normand à Ferron) et une belle découverte (que ce Normand et que ce Ferron).