C’est pendant qu’il enseignait à l’université Concordia à Montréal que Jean-François Denis, fondateur et premier président de la Communaute électroacoustique canadienne, toucha du doigt pour la première fois l’extraordinaire vivier que représentait la somme des œuvres pour bandes accumulée par sa terre natale: les compositions, pour la plupart indisponibles sur disque, auxquelles il avait alors accès émanaient pourtant d’artistes reconnus dans le monde entier grâce à des prix remportés dans des concours internationaux consacrés au genre. De là est venue l’idée de mettre sur pied DIFFUSION i MéDIA, en 1989, avec le musicien Claude Schryer, qui depuis n’en fait plus partie: une structure née à Montréal, dédiée à la diffusion des arts médiatiques, montée parallèlement aux labels empreintes DIGITALes (consacré à l’électroacoustique) et SONARt (axé sur les musiques instrumentales et les créations radiophoniques). Servi par la qualité graphique et musicale des productions, empreintes DIGITALes rencontre rapidement un certain succès. Au point que le spectre des musiques diffusées va s’élargir de façon cohérente à la musique électro-instrumentale, interactive et concrète, et à des compositeurs venus d’ailleurs que du Canada. Ainsi seront éditées (parfois méme rééditées) des œuvres de Robert Normandeau (dont un disque a été depuis sorti par Aphex Twin), Francis Dhomont (qui passionne DJ Spooky ou Jack Dangers) et Gilles Gobeil. Mais aussi Jon Appleton (qui a enregistré avec Don Cherry), Michel Chion, Michèle Bokanowski ou Hildegard Westerkamp, dont on parle beaucoup aujourd’hui depuis sa participation à la réalisation de la bande originale du film Elephant de Gus Van Sant.