Alors, voilà, ça semble être vrai: Robert Marcel Lepage est de retour. Réjouissons-nous! À l’automne il publiait Le lait maternel, son premier album en huit ans (un colligé de musiques de film réalisées au fil des dix dernières années). Puis, en décembre est arrivé Canard branchu, un vrai disque de groupe, son album le plus substantiel depuis La machine à explorer le tempo en 2003. Canard branchu, c’est 14 compositions dans les 2 à 4 minutes, vives, animées, dansantes et joyeusement tordues — juste un peu, juste assez — métissage de jazz et de cette musique actuelle dont Ambiances Magnétiques, Lepage à bord, s’est faite la pionnière dans les années 80. Non, je ne fais pas dans la nostalgie: c’est simplement que ce disque est un retour en force, fidèle au Lepage de Chants et danses du monde inanimé, d’Adieu Leonardo! et de Les Clarinettes ont-elles un escalier de secours? Ici, il confie ses musiques à un ensemble de quatre clarinettistes (dont Guillaume Bourque et Lori Freedman), auquel il s’ajoute parfois, un joueur de cor de basset (André Moisan) et une section rythmique (orgue, contrebasse, batterie). L’organiste fait aussi de délicats traitements électroniques. Ça coule de source, tour à tour amusant et émouvant, mais surtout c’est un pur plaisir.