Pierre St-Jak doit être un surnom. Un paravent identitaire utilisé pour mieux camoufler la réalité, celle qui gravite entre l’âme et le cœur. Ce diable d’homme a ceci de faussement étrange qu’il ne porte pas son nom. Il n’est pas Pierre St-Jak, simple pianiste et bon citoyen, mais bel et bien Pierre Monk. Mieux
À l’image de la poupée russe, il a l’identité éclatée, donc très riche. Question droit de vote et devoir fiscal, il est St-Jak, Pierre
Lors de la nuit du Off, la nuit de L’Alizé, point de chute par excellence, et occupée, du Off Festival de jazz, il a signé une prestation magique. L’ennui avec ce mot, c’est que son utilisation abondante lui a ôté bien de cette sève qui faisait son sens. Toujours est-il que l’on a eu de la magie. À preuve, on s’est pincé. Non pas pour ralentir le processus de lévitation que ne manquent pas de provoquer les musiques de Ayler St-Jak, mais bien pour s’assurer que l’on n’était pas sous l’emprise de la berlue.
St-Jak Chaplin a amorcé le tout sous l’égide de l’humour, l’éclaté et non le timide. Puis peu à peu, lui et ses prodigieux complices… L’ennui avec ce mot, celui qui constate le prodige, c’est que… Oùkonez
Peu à peu donc, Soul St-Jak a introduit le gospel. Lequel
En fait, pendant deux fois plus d’une heure, le capitaine St-Jak a décliné tout ce qui fait la richesse de cette musique qu’on nomme d’une béquille baptisée jazz. Il lançait un coup de bluespunk là qu’aussitôt Derome prolongeait et que Vendette, l’homme au son plein, l’homme qui a du savant en lui, achevait. Il, lorsqu’il était BuenaVista St-Jak, proposait une gamme de communiste infidèle que Grandmont reprenait à son compte et que Tanguay détaillait dans des rythmes tribaux.
Lorsque Buena Vista St-Jak décidait de tuer les Besame Mucho, c’était pour mieux plonger dans la liberté la plus totale. Là, Guilbeault, par contrebasse interposée, poussait les autres dans leurs moindres retranchements pour mieux marquer cet attachement aux valeurs exposées et mises à jour par les Coltrane, Dolphy, Bley et autres libertaires des années 60 à l’origine de la October Revolution.
Quand ce n’était pas ceci, quand c’était blues, alors c’était blues pas à peu près. C’était blues sans fioritures. C’était très profond et donc très touchant. En fait, ce show fut à l’image de son principal animateur
Ce spectacle a eu ceci de magique qu’il nous a remis sur le droit chemin, celui des traverses. À preuve, une fois rentré on s’est empressé d’écouter les contes ouverts de l’Art Ensemble of Chicago, notamment le Charlie M, pour maintenir l’état de lévitation en éveil.
