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  • Joane Hétu dans Le Devoir

    «La constance s’appelle Joane Hétu», Serge Truffaut, Le Devoir, 17 décembre 2016
    samedi 17 décembre 2016 Presse

    S’il fallait baptiser la constance, autrement dit lui choisir un nom propre, alors Hétu Joane, avec un n seulement au prénom et sans h, conviendrait à merveille. Oui, à merveille. Car cette femme qui est [saxophoniste], compositrice, animatrice, bruitiste — oui ça existe! — est également productrice déléguée de l’étiquette montréalaise Ambiances magnétiques depuis une bonne trentaine d’années. En d’autres mots, 30 ans, c’est un bail quasi emphytéotique.

    Cette longueur de temps permet par ailleurs d’avancer ceci: chez Joane Hétu, la constance se conjugue avec l’opiniâtreté. À l’évidence de ce trait de caractère, il en aura fallu des doses. On exagère? Nenni!

    Au fil du temps évoqué et si l’on a bien compté, Hétu a mis la main à la pâte sur environ 250 albums. Quand on sait combien il est très difficile de maintenir le cap lorsqu’on est à la barre d’une maison qui a une conception de la culture qui n’est pas celle des industries culturelles, celle dominée par la conception économique dite de l’achalandage, on se dit que 250 disques égalent autant de luttes. De combats incessants.

    Et dans quel but? Afin de donner leurs places aux musiques actuelles, de mettre la lumière sur les artistes qui combinent la musique contemporaine, le free-jazz, les folklores, l’improvisation… En un mot comme en mille, afin d’accorder toute sa place à la liberté. Celle de l’artiste, il va sans dire.

    Soyons honnête, voire franc du collier: des musiques actuelles, on ne connaît vraiment pas grand-chose. Mais voilà, comme on est un affreux privilégié — on reçoit leurs productions —, on a constaté, au fil des écoutes, que cette étiquette montréalaise était plus intéressante qu’ECM. On ne dit pas meilleure, mais bel et bien plus intéressante. Chez ECM, il y a toujours eu un «p’tit» côté BCBG qui explique, peut-être, une certaine timidité devant tout ce qui a trait à la prise de risque que commandent les musiques actuelles.

    On peut être agacé, interloqué, imperméable à cette esthétique, reste qu’elle est l’écho sonore d’un monde dont ses artisans s’appliquent à démonter la complexité. Au ras des pâquerettes, cela s’est traduit par ceci: la publication toute récente de Joker – Chorale bruitiste, sous la direction de Joane Hétu et de l’Ensemble SuperMusique fondé et animé par Danielle Palardy Roger.

    Pour reprendre les mots d’Hétu: «Joker s’intéresse aux sons marginaux, aux défaillances vocales, aux territoires périphériques, aux interstices entre les tons afin d’accéder à un chant choral, non par le biais du répertoire, mais par celui d’une langue à inventer.»

    À cela, on ajoutera que certains des textes déclinés par Joker, qui rassemble douze chanteurs plus un narrateur également chargé des ambiances sonores, sont inspirés du Livre des étreintes d’Eduardo Galeano (Lux éditeur) et de La fin des temps d’Haruki Murakami (Points).

    Quant à l’Ensemble, il regroupe 20 instrumentistes, plus 4 chanteurs, dirigés par Roger et [Jean] Derome. Ils détaillent quatre compositions excédant chacune les 10 minutes. Que ce soit avec Joker ou avec l’Ensemble, la déstabilisation, l’aventure, l’étonnement sont au rendez-vous. On ferait un film muet aujourd’hui que ces albums seraient les compagnons parfaits aux images. Car c’est peut-être cela, Ambiances magnétiques, la traduction sonore de toutes les images du monde mondial.

    … la déstabilisation, l’aventure, l’étonnement sont au rendez-vous.

    Où est-il donc ce rêve? dans SilenceAndSound

    «Critique», Roland Torres, SilenceAndSound, 6 décembre 2016
    mardi 6 décembre 2016 Presse

    Joker est une chorale montréalaise pas comme les autres, prenant les mots pour les faire glisser sur les pages blanches de livres en mouvement.

    Dirigées par Joane Hétu, les 13 voix nous entrainent dans un monde imaginaire fait de balancements et de souffles, d’instants en suspension et de brouillages sonores, où les bruissements se transforment en contes poétiques aux dérives surréalistes.

    Les mots ne sont pas les seuls éléments au centre de Où est-il donc ce rêve?, les intonations, les caquètements, les rires et les onomatopées font aussi partie du voyage, transformant les histoires en instants abstraits, où le rêve, thème central de ces 19 titres, cherche à prendre la poudre d’escampette, pour fuir la nuit et rejoindre une fiction plus profonde, aux frontières oniriques pour opéra absurde aux borborygmes nocturnes tourbillonnants. Fascinant.

    Fascinant

    Spam Me dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, no 1060, 5 décembre 2016
    lundi 5 décembre 2016 Presse

    You may know Quebec-based François Couture for his work as a reviewer of experimental music for his blog Monsieur Delire. He stopped this blog in 2015. One of his last sentences on his blog: “After 20 years of journalism, I finally felt ready to make music instead of writing and talking about other people’s music”. And ends announcing his first musical statement Spam Me, “based on comments published by spambots on this blog through the years”. Why wait so long I asked myself after having a good time with this record which I found a very amusing and worthwhile trip. Yes Couture is ready to make his own statement. The ‘songs’ are constructed from field recordings, noisy textures and some added instruments, plus let’s not forget the voice of Couture. There is a pleasant free anarchistic spirit at work here. Some of the stuff is hilarious, some of it deadly serious. In each track Couture plays a variety of instruments and is helped out by one or more of his mates. Most of the compositions are by Couture. The rest mentions other players as co-writers. Tracks like Moncler Uomo start from a classical Canterbury-RIO aesthetic. Also the title track is evidently inspired from this tradition. Osady Sciekowe again sounds very European and brings Peter Hammill to my mind. Other tracks like the opening piece Payday Loans are a noisy collage, or of a very different nature. You Left Me and You Took All of My Hammill Records, Baby, Now I’m All Alone with My VDGG Cold-Turkey Blues is the most abstract track on this record. A sound work of flutes, voices and objects. To conclude, Couture takes some very directions on his debut album. Whatever he is doing his music is organic, spirited and enjoying.

    … his music is organic, spirited and enjoying.

    String Quartet No. 3; Unhörbare Zeit dans WQXR

    «Alex Ross’s current obsessions: Jürg Frey, String Quartet No3», Alex Ross, WQXR, 6 novembre 2016
    dimanche 6 novembre 2016 Presse

    Jürg Frey belongs to the Wandelweiser group of composers, who tend to write slow, quiet, sparse music, interspersed with significant silences. Frey’s Third Quartet is to some extent a typical Wandelweiser creation, with dynamic markings that range from pp to ppppp. Less typical is the whispery voluptuousness of the harmony, which sometimes recalls Schreker or early Schoenberg. This is music of enveloping mystery and enigmatic beauty.

    This is music of enveloping mystery and enigmatic beauty.

    Mattempa dans Le son du grisli

    «Chronique», Pierre Cécile, Le son du grisli, 21 octobre 2016
    vendredi 21 octobre 2016 Presse

    Je savais (eh, j’ai bonne mémoire!) qu’Éric Normand était bassiste c’est pourquoi quand j’ai entendu les premières secondes de son Mattempa j’ai eu peur qu’il soit passé à la trompette ou au saxophone et qu’il s’y essaye en solo au chiantissime canardage de salive. Mais en fait non. Sur cette œuvre (la première d’une série) inspirée par l’écrivain Jacques Ferron (1921-1985), Normand dirige des amis à tour de (clé de?) bras: Raphaël Arsenault (violon), Antoine Létourneau-Berger (percussions), Philippe Lauzier (clarinette basse et sax soprano) et Alexandre Robichaud (trompette de poche).

    Nos musiciens s’en trouvent embarqués sur des compositions inspirées par «le» Gaspé-Mattempa de Ferron dont un extrait est retranscrit. Mystérieux, le texte = mystérieuse, la musique. C’est une drôle d’ambiance, pour dire la vérité, qui plane et que peuvent faire éclater (mais seulement le temps de leur durée) une mélodie jouée ensemble par les vents ou un pas de deux improvisé. C’est en tout cas un bel hommage (de Normand à Ferron) et une belle découverte (que ce Normand et que ce Ferron).

    C’est en tout cas un bel hommage (de Normand à Ferron) et une belle découverte (que ce Normand et que ce Ferron).
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